JUIN — DÉCEMBRE
PUBLIC LIDRAUY
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LE
NAINJAUNE'
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SOMMAIRE
«|p|f sur a9^is% -^ ^lur grands numx (es grande nmèdê^^ — Eux et nous* — Première partie dum hktoirm dvnt la demies sera mcessamment annoncée dane des journaux^ — Hcdnte ! vùiu» galons l — £• ^» ^* P*
fiotre opîs touchant le IV*. Totamc c)« Kaîn Jaune , «ât itn* imgmc poor pudiques penoai^es. Ce s'ett pas la -craint» , mai» respérance qmi l^a dicté. U ne sVgissait pas du gouvernement bel|;e , mais du gouvrmctnent français. On doit avoir trop bonne opiuiçfi de Ton pour oraîpidre ^^ «t trap oaovcise dv Taatra poaT ne pms espérer.
TAWXrrES HISTORIQUES.
TJn coin du rideau qui cachait aux orangers la ytiTri-*' fable situation d^ la France ^ vient d*être lève» Il ne a^agft pdos de prédire , il oe faut qu*expliquer. L'^Tenir* ne peut plus ^tre que la consommation du présent ( et s^'it'st encore difficile de prévoir ks résultats extréme9 de la fiomvotioo , il' ae Test pas d'en recoanaitre 1|l cause et -d'en indiquer le remède.
Les puissances forcées , pour leur propre conservation^' d'intervenir dans les Qlfau*os de la.Fi^noe, et d*y étouffer f anbition e&énée d*un seul homme , sôutedue par Fhu* aneur belliqueuse d*un grand peuple , ont cependant Voulu que ce peuple restât maître de se donnci* ma j^oa** Veroement compatible avec le système politique de l'Eu^v» l^pe et couforiue au vcsu national* jLa victoire a deux
Qoo^^
fois tonronné Its promisses de cette grande entrepriie t l'iutrigue en a deux fois altéré les consëquences*
En i8i4, «ne cotterie ambitieuse disposa de la cou"ronne et trompa les desseins généreux d'un prince magnanime: elle se trompa elle-méait. Il B*y a plus au-* jourd'hui aucun doute sur cette double déception ; Tun des suppôts de cette machination funeste (i) , en a fait une confession solemnelle. On pi*é$enta à Tempereur Alexandre quelques démonstrations rares comme l'élan spontané de la volonté publique ; et Ton réussit à détruire les ciispositions contraires que sa sagacité et Tétude des temps modernes avaient fait naître en lui. Du reste ce n'était pas précisément la maison de Bourboa qu^on voulait rétablir , mais tine famille qui , étonnée de retrouver un trône perdu ^ depuis 25 ans, se contenterait des hochets de la puissance , et livrerait aux restaurateurs l'entier exercice de l'aittorité. Ce .n'était pas Louis xviii que Ton rappelait , mais un monarque affaibli par l'âge et le malheur , qu'on se flattait de concentrer dans son palais et ses habitudes domestiques. Ce n'était «pas un roi , mais un premier ministre qu'on voulait.
Ridicule espoir qui prouve bien la vanité des réputations et que la politique a toujours des pièges cachés ou les plus habiles se laissent prendre !
Il fut bientôt facile de reconnaître que la natiott ftvait été immolée h ces calculs de l'ambition person-^ nellc , et que le nouveau roi incapable de se plier aux institutic^Tis , aux idées et aux habitudes formées pendant son absence , se consumait en vains efforts pour rallier tout dans le cercle étroit de ses propres idéesè Il fut fiacile de voir que l'inQuence du premier ministre ae tenait plus qu'au besoin momentané qu'oki aurait de lui. Ce n'était plus qu'un trucfiement dontL^uik "Xvui , étranger h la lan^e diplomatique de l'iiurope , mwH encore l>esoin de se servir.
(i) M. «it Prailt. -^ Kc«it d«s «véaMMOc d« 3i marf.
■ Aossî des sjmptèmts alknnans se manifestèrent - ili aussitôt. La nation , jalouse de ses droits , observa d'ua œd inquiet la marche lentement rétrograde de la cour , et par des murmures frequeus , annonça une disposition ferme à ne pas se Ifusser rameaer , même par degrés , à cette monarchie qui , selon l'expression ingénieuse de Cbamibrt , n'était autrefois tempfiree que par des chansons.
Il ne fallait qu'une occasion pour secouer le joug avant Jnême qu'il ne fût tput-à-fait imposé; le» évèneraens du mois dt» mars la procurèrent. Malheureusement pour la France , ce moyen de délivrance, était précisément le seul qui dût , en mâme temps , allarmer. l'Europe et reproduire lés causes de la guerre exté^rieure. Louis xviii expulsé se retrouva au milieu du conseil Ae% rois et , par le seul fait de la présence de^ Napoléon, sa querelle devint la leur. Ils avaient afTaijre à un ennemi commun : c'était Ih un motif de rappro-^ chemeut , et pourtaiit les alliés sentirent bien que l'pn ne pouvait avouer la protection accordée aux Bourbons^ sans courir le danger Tdle réconcilier Napoléon avec toute la France. Ils évitèrent prudemment de se dire les auxiliaires du rpi détrôué \ ils rcnouvellèrent la promesse de ne point exercer d'influence sur les suiTragcg du peuple. Confiante dans leur parole , la nation ne fit rien pour réparer les désastres de l'armée , et pendant la vacance du trône , on délibérait sur TorganisatloD de la monarchie.
Louis xvfii parut pour la féconde fois dans la eapi-*
talc il ressaisit le sceptre abandonnée L'aveu tacitm
que les alliés donnèrent à son retour , fit croire pu peuple qu'il était le résultat d'une transaction jusqu^alors dissimulée. Cependant l'accord ^q deux ministres avait tout fait *, et lorsqu'on connut ^organisation du ministère , tout fut expliqué. La diiEculté et le danger qu'il y aurait eu , peut-être , à consulter la nation , contribuèrent à amener ce dénouement , ut cette grande luttQ , comme celle d'Albe et de Eome , se tec^.
fbina fêr vm petit no»bre d'homme» de^ deux partis ,- ^ui S6 partagèrent les dignités ^ pour se le« voir bieàtot ravir par un acte cjui tient à la foi^ de la justice et de l'ingratitudet
Mais si lea espéranqes des Français furent trahies en cette occasion , le but de la -coalition ne Ait pas mieui; atteint* Napoléon , exclu de l'Europe et réduit à Tim-. puissance d*agir , n'était ijue la moindre des oombi liaisons des alliés. Eteindre le foyer des troubles civils , limiter cet esprit de controverse politi<]ue que le mé« contentement alimeiitait en Frf^nce ; faire cesser l'exemple dangereux des émeutes , des. révolutions *, donner à ï^ France un système constant de politique extérieure qui pe* peut se trouver que sous une organisation durable : voilàee qu'exigeait l'intérêt de TEurope ; voilà le premier » le plus pressant besoin da l'humaDité,
Of rien de tout ceia étail»-il possible avec un gon«* Ternement également repoussé par le mal qu'il avait fait , et par celui qu'il avait reçu ; sous un gouvernement dont la seule pré^pce rappelle des injures souffertes , des humiliations et des pertes immenses \ un gouvernement que le malheur aigrh et ne corrige pas ) sous des princes cjui , long-temps oubliés de l'Europe entière, paraissaient être > comme les Stuart , i|'révo«« cablement descendus dans la condition privée ?
Encore s'ils avaient pu triompher d'eux-mêmes , réparer leurs fautes passées et se dire , qu'après avoif Teconquis la France , par les armes de la coalition , ils devaient conquérir le Cfeur des Français , par la (dodérati^n , l'impartialité et une juste répartition dea faveurs et ^$ emplois ; s'ils avaient eu la facile pru- 4enq^ de placer leur tràne à l^bri des institutions « Tordre aurait pu . s'établir et se consoUderi C'était 1^ pensée des ministres qui , liés par de grands sacrifices %u nouvel ét{it de .choses et éminemment versés dans la marefae des révolutions , devaient inspire^' une double ConQancc* C'était le vœu des puissances qui , après ^ «{uoiçlusioii de la paU , p^biièrei^t çettç note mé^no.r^lp
èb , par un bienfait supérieur «u don <!• 1« eôtiretiAe , tUes enseignaient à Louis xviii les moyens de régner*
Mais c'est le propre des hommes ensevelis dans les préjugés de l'orgueil et dans les vieilles habitudes , de ne donner tfucun accès aux plus utiles inspirations. Les le^ns de la sagesse et de Tadversilé glissent sur eus •ans tes effleurer.
Les ministres furent forcés d'abandonner les réne.«, •t léguèrent , à leurs successeurs , un exemple inutile et ^e ^nUireê prédictions.
Les puissances virent leurs conseils méconnus, et prirent iine attitude d^observation , que leur commandait la prévision de nouvelles calamités.
Cependant le gouvernement livit? îi lui-même , c'està-diie , 1 tous les excès qu'engendre la peur , fut bientôt entraîné hors de toutes limites. En paix avec l'Europe , il ne s'occupa plus que de iaii*^ la gueiTe h. set sujets. Chaque jour vit se reproduire et s'augmenter le système perpétuel d'une violence infatigable mt d'une sourde compression qui n'était interrompue
e par des supplices. Louis xi , au château du Plessis, fut pas plus ombrageux , plus timide et plus (éroce« Tout prit la teinte sombre de ce régime qui n'était i[u'un tissu de délations , d'arbitraire et dé <u*uauté. l«es chaînes accablaient ceux qu'on n'osait pas livrer «lu glaive^ La clémence elle-même devint hideuse , parce que tout l'effet de la grâce se réduisit à encombrer les prisons.
Il était impossible que les esprits , déjà si mal dis-posés , ne fussent point dès-lors portés au plus haut degré de fermentation. De là les rumeiu's souterraines , les présages menaçans , et ces nouvelles dont le besoin de consolation dissimule l'absurdité f de là. ces efforts que la pensée ingénie;use fait pour briser se» liens ; de là cette attitude suppliante de la France à l'égard des souverains considérés par elle comme les auteurs im^o-^ fontaires du mal qui l'opprime ; de là enfin , ces révoltes partielles ^ ûru|t da désespoir et du mépris d'une
vie d^vou^e h la mîs^re et à rignominie; de là cet. mouvemeus q^ie les journaux expliquent si mal , et que les hommes iudicieux entendent ai bien.
Vainement on cherche h les présenter comme le résultat d'une compiration. S'il en était ainsi , ils seraient bien moins redoutables. On déjoue une conspiration , on Téteiut dans le çang des conspirateurs \ mais , à moins de réaliser le vœu de Cali^ula , on n'arrête pas ^explosion de la coUue publique \ quand tout est cornbu^tible , l'incendie dévore tout* Les oppresseurs et les opprimés «ont enveloppés dans une ruine commune , Ja. guerre civile se montre avec l'app.ireil des repre'^illea, et après les convulsions les plus déplai*ables , la victoire vient absoudre l'insurrection.
Vainement on s'autorise de l'exemple de la cotiven» tion nationale et de Napoléon , p^our espérer qu'on parviendra à soumetti^ au frein , l'indomptable majorité d*nne nation à laquelle vingt--cinq ans de discorde ont révélé le secret de ses forces « 11 n'y a pas la moindre pari lé.
A la première de ces deux époqueê , la masse ign^ rante et trompée sonlenait la révolution jusque da>& ses excè#« Elle se précipitait au-devaut du torrent, pour applanir les obstacles et en faciliter le cours. La crainte de se voir ravir les bienfaits de la réforme , la portait à s'en ^ndre indigne en n'épargnant pas même ce qu'il aurait fallu conserver. Les moteurs secrets de ces dé-* «ordres avaient pour eux toutes les ressources de l'enthousiasme , et le levier puissant de la liberté. Ils agissaient sur un peuple neuf, accessible à toutes leg illusions , et dont les idées sur l'organisation politique des états , n*avaient pas été mûries par l'expérience.
A la seconde, il ne s'agissait que d'opérer une diversion , et de tourner vers la gloire , les esprits jusqu'alors enivrés dé la passion déréglée de la liberté. En intéressant l'amour - propre de tous et 'l'ambition du grand nombre , on parvint b connaître toutes les forces^ ifoe la révolution evait remuées^ et de cette fuaoft
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nCarope yit sortir le colosse de la puissance militaire qui a couvert le monde de ses débris»
' A la première 9 toutes les fortunes particulières èn^ vahies formaient un capital unique et qui paraissait inépuisable* L'or avait perdu sa valeur dans Topinioii. Au milieu de tous les crimes , on voyait régner cette vertu qui porte à dédaigner las richesses et à ne rien disputer k l'état.
A la seconde , les dépouilles de l'Europe amoncelées , réconomie alliée à îa mafçnificenee et aux profusions la théorie des impôts portée à une effrayante perfection , avaient établi une fortune publique capable de supporter le fardeau âes plus gigantesques entreprises. On répondait aux murmui'cs par âes succès , et le citoyen se consolait de ^ détresse en marchant soa3 des arcs de triomphe.
Aujourd'hui , une armée d*ofïicîers et le tonneatl de DanaTdes...*. voilà les seuls remparts qui défendent le gouvernement contre l'indignation universelle , et les séditions qui éclatent de toutes parts. Il s'éteindrait languissamment et de lui-même..,., comment pourraitîl résister aux efforts violens et redoublés de l'opi^^ nion ?
. Le gouvernement révolutionnaire est tombé. Le sceptre
de Napoléon a été brisé , et l'on douterait encore d«
Fimpossibilité de gouverner la France par la terreur I.«,«
«t ce dessein dans lequel \es forts ont échoué , pourrait
6*aecomplir sotis une administration dont tout révèle
IsL /hiiflesse et qui chancelle au moindre chocl.,^.... .
On peut éviter un péril , on peut i-etarder les effets
de la cootagion en isolant les citoyens et en rompant
toutes les communications. Mais de nouveaux périls suc^
cèdent , les barrières sont tut ou tard effacées et dès
;que les opprimés s'entendent , c'eu est fait de leurs
oppresseurs.
Telle est la pente, on ne dît pas seulement iZtfAinetfe , iUs^smke. des évéfxemeBS. ^
Qoo^^
• Mm pour «ririTCP 1i ce point ^els horribUB ckc^ juins il faudra parcourir! quelles chances que 'eelletf, d^une résistance désesp<^rée ^t des réactions qui suivent la victoire ! Ou s'arrêtera le gouvernement s'il parvient 3t réprimer lès premiers élans ? où s'arrêtera le peuple a'il parvient à rompre ^es fers? Les nations long- temps ennemies de la France et qui ont noblement vengé ^ par la guerre ^ les affronts que la guerre leur avait; faits , fouffriront-elles que la France se déchire de ses propres mains ï TEmpereur Alexandre verra-.t-il sans 'en être ému , les suites déplorables de Terreur à la-* quelle il fut entraîné ? laissera- t-il imparfaite cette résolution généreuse qui fut , en 18149 si cmellement neutralisée ? voudra-t-il que la gloire attachée au renver^ «cment du despotisme militaire , soit souillée par la protection accordée au despotisme civil ? le libérateur de la Pologne deviendra- t-il le complice de Tasser- Tissement et de la ruine de la France ?
Il y a , indépendamment de Thonncur , d'eux raisons d'intérêt qui semblent exiger qu'on ^^gle par avance les conséquences de la révolution prévuel . Les roouvemens populaires vont toujours trop loin» î^cur premier fruit est Tanarchie , et dans la confusion qu'elle engendre , les pins violentes résolutions sont' relies que Texaltation accueille avec plus d'avidité* Les princes eux - mêmes ont peine à ne pas abuser de la victoire : comment les peuples pourraient-ils résister ^ Tivrcssc qui l'accompagne ? Qui pourrait se promettre do le i*ctenir dans de justes bornes , d'empêcher que des maximes désastreuses ne viennent troubler de nouveau l'harmonie européenne , épouvanter les rois , relâcher tous les^ liens de subordination , et donner le •îgnal aux débordemens de la licence ?
D'autre part il est temps que les droits de la nation tie soient pas usurpés par des hommes* habiles è pro-^ fiter des intrigues , prorapts à s'interposer , et h faire ^lore subitement des résultats que Topinion publique désavoue , mais auxqucU elle te trouve enckaîoée avant
^eÙi À'^it ptL fie ttrnïiîfe^ter. La' |1cfirè ^es ^iiYef a)nê xQtisiste à ne pas sçcoiïdar ces spéculaticms fondées sut fintêrét privé ^ ttk>bilé xîOiniDe lui , et qui ati Ke\i d* tarir ia sonrc6 deq* grandes caiamités , ne font que ieâ Suspendre ^ velin» palliatifs qui ne prolongent la vie que pout itaite précéder* . la raott > d*uaa knte «t cruelle %gonie.