AUX DÉFENSEURS DE LA LÉGITIMITÉ
C'est un ëvènement bieo remarquable danâ leapre^ fhières années du dix-neuvième siècle , que- Cette ap^ parition subite de la légitimité des dynasties , au mi tietP de six cent mille bayonnettes; que ce manifeste de guerr^ politique contre les peuples » après que les iroi^ ont ré-» tabli la paix du monde ! Les principes avoués par la raison ^c passent de cet imposant et redoutable ap^ pareil. On conçoit que le f^u des éclairs et le bruit du tonnerre aient servi d'interprète au législateur d*ua penple ignorant et grossier ; cette circonstance dépose contre le principe et excite les plus justes défiances contre âes auteurs.
Ouvrons Thistoire , et nous verrons comment des gou- Yernemens qui se sont établis de fait , soit par la con« ^£te , soit dans les troubks publics , soit par qu«K( T. 4» i8.
fuWtre cause, ont acquis une incontestable légiti^ mité.
Les Romains oubliant , ^ous le rc^gime modère et paternel d'Auguste ,4e8 horreurs commtses'par les Triumvirs, Teconnurenti^spn autorité ; leur bonheur sanctionna une révolution qui s*ëtait opérée par la violence.
Quand Childéric m , dernier rejeton de la race des. Mérovingiens, laissa tomber de ses faibles mains les r^nes deVétati et "que les grands du royaume, aprbs l'avoir relégué daws un tnonast^re , mirent la couronne suf la tite de Pépin , les peuples protégés , par son épée , contre les ennemis du dehors, plus heureux au--dedans €Ous la protection des lois, légitimèrent par leur con^ sentement et leur obéissance ce changement de dynastie ; et lorsquVnsuite les descendans de Gharlemagne , étant toml>és dans le même état de faiblesse et d'incapacité , ci que le comte de Paris > Hugues Capet , arracha le sceptre dès mains impuissantes de Louis le simple , la nation entière couvrit par son accession l'usurpation de ce chef de la troisième race.
PourqXioi la légitimité des Stnarts ne les a-t-elle pas jnain]:G;nu8 sur le tronc de la Grandc-Bictagtie ? parce qu'étant originairement une concession du peuple anglais^ -celui-<n la leur a retirée , et l'a déférée avec la couronne à< Guillaume , prince d'Orange et à ses descendans. '
Ce qui étonne dans les débats dont la légitimité est aWJ0urd*hui la cause ou le prétexte , c'est qu'elle soit, défendue par la seule intervention d'un peuple qui doit 8a grandeur 9 ses [Prospérités et ses rois à l'exercice qu'il a fait de sa souveraineté , en se donnant une constitution qu'il n'eut pas acceptée, même plus parfaite, du Wihçe qu'il a choisi ; et ce peuple et son rôi s'arment , pour imposer à la France un roi qu'elle rejette , une charte octroyée , un régime d'oppression et de sang qui n'aura] de durée que celle de la violence.
Est-iï d'autres causes des révolutions que les acte^ iyranniquce, contraucs à la liberté, à l'honneur, aiu
dîvcrs intérêts des peuples ? L'hîstoîre oflre-t^elle ui| seul exemple dn renversement d'un gouvêrnen^ent pro-t tecteur et fidèle' «x^cuteur des lois ! ,
Combien elle attegte , au contraire , la reconnaissance des peuples enyers les princes qui se sont signalés par de grands services rendus à IVtat , quels que soient d'aii* leurs les vices , les faiblesses ^ les crimes qui souillent une T΀ politique et privée.
Les Anglais tiennent compte à ce Guillaume , duc de^ Normandie , d'avoir comprimé Panarchie féodale , et lui -pardonnèrent son cruel despotisme. Ils comptent parmi leurs plus grands souverains le capricieux et sanguinaire Henri viii , qui affranchit l'Angleterre du joug des superstitions romaines et qui rompit tout pacte avec la papauté. Et quel rang n*occupe-t«il pas dans Testimet comme dans l'histoire de la nation anglaise , cet illustra usurpateur qui , après avoir ti*ainé à Téchaf^ud le roi légitime administra l'état en grand homme , fonda la puissance maritime de sa nation , fit reçh^cher son, alliauce par le plus superbe des rois et mourut ^ sinon regretté , du moins admiré , né manquant rien % sa haute fortune qu'un fils plus ambitieux et plus capable de tenir après lui les rênes de Tétaty ]1 est probable que si Crom%rel eût eu l'intention et le tenjs de rendra an peuple sa liberté , sous la garantie d'une constitution parlementaire , la seule qui lui convienne , il eût laissé l'empire h sa postérité , et que l'usurpation au-* rait été légitimée dans la personne de Richard par le consentement du peuple (i).
Les royalistes constitutionnels qui déplorent le^ n^ur passés , qui en craignent le retour à la suite de me-
' (i) La France , cRt un homme célèbre , que ses compaUiotcs re* grcttent et que les étrangers honorent , avait souscrit à la p^issanco^ de Napoléon ; cite lui avait m4me conGrmé le surnom de Grand ^ que ses flatteurs s'étaient trop pressés de lui donner; et cettamâm^ nation sera -plus vigouretne aujourd'hui envers spn prince UgitimtL, parce que quand on fait chasser quelqu'un pour oçcupef »a pUtc^ on prend rengagement de faire mieux que lai. ( Mémoire a^ roi par Coroot ).
ttiresuqtii ont tous les caractères d*uiie réfaction ccni-* Jbinée et complettc , prévoyent , avec un mortel eftroi, le terme , o& peut tout entraîner ce principe de la, légitimité des dynasties , applique , par les royalistes purs 9 ^ Louis XVIII avec un enthousiasme qui tcs'^ «emble aux accès du délire , aux fureurs de la démence* Us semblent avouer par là que le titre du meilleur des^ tois à la royauté héréditaire était perdu , é\ que le congrès de Vienne en a fait la découverte , comme d4n- ^énieux fossoyeurs ont découvert , dans d'immenses monceaux de cendres , celles de deux rois ses prédétesseurs. Nous ne nous en étonnops pas , sous nn règne inarqué par tant de faveurs de la providence. Tout ce ^ui a embelli celui de Louis xi et de Chartes ix , a allumé dans Louis xviii une si noble émulation qu'une seule année de son glorieux règne , les actes de sa clé-^ inence et sa loi d'amnistie effaioçnt déjà tout ce qu'imagina pour satisfaire sa piété et sa justice , le génie fécond de l'un , tout ce que l'autre déploya de haute politique et de bonté , pour ramener dans ses bras , paternels dés enfans que l'erreur et la persécution en avaient éloîgnésJ En effet les Bourbons avaient déchîrrf de leurs propres mains leur titre de succession héréditaire au trône des Français , titre confirmé en faveur de son dernier roi par la France réunie en assemblée nationale. Nous ne rappellerons pas ici l'émication de i ^93 , plus que tolérée par Louis xvi 9 qui recevait ^ux Tuileries les émigrans à mesure qu'ils arrivaient des provinees , avec une publicité qui fut observée et non contrariée. Les infortunes de ce prince , sa fin tragique marquée au doigt de la fatalité ; quel-, ques qualités privées subjuguées par les intrigues d'une cour qui n'était pas la sienne , tout nous impose un a^eligieux silence à l'égard de ce dernier roi légitime de la famille des Bourbons.
Mais la conduite des frères du roi nous dégage, à leur égs^*d , de tout ménagement et de ces pieuses obligations qu'imposent «uix âmes sensibles des malheur»
^i ne sont pas mëritës. C'est pourquoi nous dirovtf ^^ nous publierons , contradicloirement à ia légitimité perpétuelle des dynasties , qu'ils ont intenompu ; pour eux ^ la ligne de succession qui les appeilait au trône.; ei qu'ils se sont exhérédës eux-mêmes , en désertant leur patrie , en provoquant contre elle et contre spn roi constitutionnel la guerre extérieure, et Thorrihle fléaa d'e la guene civile , en suscitant des factions dont iU tenaient les artisans et Us chefs à leur solde , enre« présentant la constitution comme un appel à la ré« Tolte et le roi comme captif; en soufflant la discorde au sein du royaume , pour ouvrir aux arknées , ennemies et ^ leurs nombreux cmbaucheurs un chemin plus facile à travers la confusion et les désordres , enfant dégénérés du grand Henri , qui jamais ne se montrèrent à la tête de leur parti pour conquérir leur héritage, I
VOYAGE EN ENFER, Poëme en quatre chapitres et en prose sublinîe, par F. A. de Chateavbrmht de l'académie française et chevalier du St,-Sépulcre , traduit en langue vulgaire par A. F. B:coqx7eteiike , de l'académie de Heaune et chevalier de Tordre de Féteignoir*
Préface des éditeurs.
II importe peu au public de savoir comment cet ouvrage inédit est tombé entre nos mains ^ mais 4 lui importe de le lire. Nous ne le croyons pas moins digne d'occuper l'attention que les autres ouvrages du même auteur , y compris Atala.
Ce poëme est originairement écrit en prose si sublime^ qu'il était presque toujours an-dessus de l'intelligence des lecteurs. C'est ce qui a déterminé le chevalier de Bicoqueterne 'k le traduire en prose vulgaire. Ce tra-*^ ducteur qui , sous «e rapport , ne le cède en talent à. quelque traducteur que ce soit, pas même au célèbre Gail, chevalier de Saint^Ane , professeur au collège de»
Qoo^^
iPranee, a parfaitement réussi dans son entreprise* BfJ de Ch0£eaubrtant qu'il rapetisse aurait mauvaise grâce 4e s'en ûîcher. Comme Gulliver au milieu des Lillipu* ^ns, il faut que ce géant consente à s'^abatsser, toutes les fois qu'il voudra se mettre h la portée du commun des hommes. M. de B ico que tenus ^ au reste, ne hn a imposé que les sacrifices indispensables. La quan* tité de passages obscurs et bizan*es, que les esprits timides croiront rencontrer dans cette ti'aduction,* attestent le respect et l'admiration de oe traducteur pour notre original.
Bbns ce poëme comme dans ses Martyrs^ Fauteur mâle souvent le profane et le sacré, la mythologie et la bible , le roman et l'histoire , le présent et le passé, le grave et le bouffon, l'éloge et la satire. U n'c^ pas inventeur en ceci. Un ^autre homme de génie , le Dante l'avait fait avant lui dans cette satire politique qu'il a intitulée Dwina Çomedia. Ne dissimu* Ions pas qu'une partie des beautés de IVI. de Château-» triant rappsile les défauts des grands poëtes ; mais qu'on nous accorde aussi que ses ouvrages abondent ei> beautés qui lui sont propres et que pour la plupart du tems ils ae ressemblent à rien*
GHAFITBE ler.
Le sommeil, la sibylle, les pèlerins , la meute. H y avait long-tems que je me reprochais non pas d'avoir fait un poëme épique , mais de l'avoir fait sans enfer et sans paradis. Je ne songeais qu'il réparer cette omission. Je me creusais la tête pour trouver quelque chose de neuf à dire à ce sujet sur lequel on a tout dit. Voulant être à la fois original et sublime je relisais mes ouvrages ', quand atteint insensiblement par cet ennui -qu'on éprouve quelquefois î^ la lecture des plus belles choses , je m'endormis d'un sommeil de plomb , d'un sommeil si profond , que là chute de mon hvre, ne me réveilla pas ; et j'eus bientôt une vision ti bigarre; qu'il me sembiait jne relire encore* Sans
aToir rendu Tesprit, sans evoir fignr^- dans ses tjib*^ sèques académiques qui signalent la mort dé chaqut immortel , sans avoir été asperge' de Peau consacré^ et parfumée des heaumes du ciel ; sans avoir entendu le d^ profnndis ducurd, sans avoir reçu le dernier adieu du per* pétuel , M* Suard qui depuis ^i long-tcms enterre sell confrères avec tant de grâces , il me semblait que je n^e'lab plus sur la terre des vivants, et que j'avais entrepris ce terrible voyage que font tous les mortels, et dont personne n'est revenu, si ,ce n'est Orpbée^ Hercule , les fils de. Leda , le vainqueur du Minotaure , le. père d'Ascagne , le fils d'Ulysse , l'amant de B^atrix (i) \ et l'intrépide Epistemoh [a] , coropagnqn dé Panurge et de Pantagruel* '
Comment ont -ils obtenu Uentr^c des sombres demeures ? Comment en ont^ils trouvé la sortie ? Telles étaient les pensées, qui roulaient dans ma tête commç les cailloux entrain cfs par les eaux du tondent ; quand la voit d'une fçmm« vint frapper mes oreilles^ et ,iKkè retira des profondes réflexions oh mon apjie était abi« niée. C'était la voix d'une sibylle!
Cette pytonisse n'était ni celle de Cumes ^ qui cùn» dursait les héros dans l'empire des morts , ni cette âPEndor qui évoquait les ombres des prophètes 9. Pobseurité lui est cependant a^sez faïqiilière. Sons ^tr^ assise sur le trépied , elle rend des oracles qui sou*vent ne sont pas plus clairs que ceur de Delphes. Vètne d'une robe aux couleurs changeantes comme la gorge de l'oiseau qui roucoule, les bras nus ,. les cheveux en désordre, l'œil égaré plutôt qu'inspiré, elle: roule ^ntre ses doigts une petite girouette , et débite aa milieu d'un cercle de statues qu'elle prend pour des interlocuteurs , un éternel monologue qu'elle prend pour une coYiversation ; torrent de paroles , assemblage bizarre de lumière et de ténèbres , de sagesse et d*extravagances , de poësîe et de métaphysique , oà
(i) Lt X)«iUc. (a) JVabcIaif, Uvr« a. chap. 3o« . *•
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tdût le galimathias de Kant est alli^ k tout le ga]i« inathias de Corinne.
Je devine ,1e sujet cpii vous amène , me dit-elle , %ans me laisser le tems de lui adresser une question; je TOUS entends; vous voulez aller, quô pius JEnèas ^ ^uo TuUus dives , et Ahcus pulvis et unibra ; aux lieux q\x le pieux Enëe , où Topulent Tullus , où Tan tique [\\ Ancus ne sont plus qu'omhrc et poussière. Sachez de moi , qui endoctrine volontiers les autres , queU tnoyens et quel chemin vous devez prendre. Marches ou ne marchez pas , vous arriverez. Le tems vous traîne sans que vous le sentiez. Le difficile n*e$t donc pas de descendre mort chez les morts , mais d*y descendre vivant et sur-tbut d'en revenir vivant. Rei^ocare gradum^ êupenuque ei^adere ad auras , hoc opus , hic labor est. Pour y réussir, muuissez-vous d'un triple ca-* deau, un pour Garon , un pour Cerbère et l'autre pour le diable. Caron , comme les sieurs Cheron et Roux-Lahorie , ne fait rien pour rien. Quoiqu'il soit moins avide qu'eux , il ne vous passerait pas sans argent* Vous n'en devez pas manquer quoique vous en redemandiez sans cesse. S'il ne vous reste rien des dix mille francs que dans les jours de sa prospëritc^ , ▼eus donna à titre de prêt , là Sémiramis de Lueques^ ejt qu*aut jours de son malheur vous ne lui avez pas rendus , il doit vous rester au moins un écn des quinze mille francs dont Roi^igo paya les ëloges que vous aviez donnes à son maître , et que depuis leur chute vous avez si courageusement démentis; presentez-le à Caron et vous en verrez l'effet. Quant à Cerbère, si vous n'avez pas de gâteau à lui donner, prenez au hasard quelques feuilles dans vo« divers ouvrages, pë-' trissee-les , fbrmez-ea une boule , jcttez-la au monstre )i triple gueule , et vous en verrez feffet ! reste à faire Ja part du diable. Ne pensez pas au rameau d'or. Le
ri ■ * M y ... I ■ - ■ *■ I II ■ — ^n—
, (i) w^/ici^acqui a'^t pas dauilelaU)i«st<;videaiJneat mis ici pour. irsaph9ait«
ffinet in *pàriibu$ , q\ii rë^gne stir fc« Vîen^^téi m pa»^ par ici, il y a quelque» heures; non seulement •i a cuetlK le rameau , aciais i4 a emporté Tarbre en^-r tier , mais il en a afYaclié jusqu^aux moindres racine^v Il n'y a pas mène à glaner 4à oh il a moisonné^ N*im-» porte : Orphfe artané de Aa lyre triômplia de la vo«> lonté de Flutoii. L^nstrument que vous possédez, aurait-il moins ée pouvoir' sur le drable? recoutez-;f dans Poccasion 5 et votR en verrez IVf^ l Elle dit : et rentrant dans lé rercle silencieux de* ses immobiles auditeurs , eHe reprit son incassable conversation sans œ donner le loisir de lui «dresser seulement une parole^
Apres ravoir remerciée pat signes je suivis le pre-' nier diemfn qdi s'offrit à moi. C*était le bon. H était large comme îe lit du Mescliassebé ; et couvert de pé*» îerins ^uî tous mariaient dans <e mf me Sens , se pous*» tent avec murmul*e , tiiomute les vagues tlu fleuve. Lea tins fiaient , les aùtVeis pleuraient , les utis sautaient ^ les autres se iràtuàfètit , marcliant vefrs le but avec plut ^o moins de vhesse , et pour la plupart n*ayant pas ' î*tir cPy penser. Parmi cette miiltitude d^iirconnus s6 trouvaient qu^lqties personnes que ^reconnus tfès-bien*
(i) Un vieilterd attira particuK^Tment mon atten* tîoD, C'ëtait un liomrae ^ la taille ^evée , li la figure J>âle et décliarnée ; on voyait qtie sea jours muaient eli ynauvûis , et tes rides de son fhOnt montraient les T}eUet ticatricês des passions gtteries J son net aquilin ^ sét longue har^e aidaient (fneique chote de sUhîime dans ïeuf "quiétude ^t comme d'aspirant à îa tombe par lear dh^ fection natàrel/e c^ers la terre. Est-tre Vous , pîïre Aubiy ^ ^rrai-Je ^ ce^ homme des anciens fours f Est-ce vous ^enfant de thomme h la chair blanche ? me répondit f ancien des hommes^ Oîi alle^-vous avec tant de pré-
{1) M. D« Ch«te«ffibrianci se répète quolquefoit. Lefl p-àtiSL^e» «uirqutU ta itaUqati dans «43 (^oè/Ê m retrouvent dant ses autres
èîpitètîon , «jouta le chef de la pr*i^ère,f An diàhUi Hpondis-je à Chomme du désert. Dien vous y cowduise , répliqua f homme de paix , dont les PietAr- ai s'étaient ranimés par tardeur de la charité. »
Cette cooversatioti fut interrompue par des acclama^ tions mêlées de joie , d'admiration et de désespoir. £Uef étaient excitées par Ik présence d'un homme qui , en^ toaré de sa famille dont ses domestiques font aussi partie, revetiâit dn but vers lequel notis tendions, et semblait s'éloigner des portes de la mort. Sur sa Bgure se pei^ mait k calme d'une conscience sans reproche et d'un courage inaltérable* Le viéigc; de sa femme , snr Is'^ quelle il s*appuyait , rayonnait d*une joie céleste , de cette iole qui «'^appartient qu'aux eceurs les ptus tendre^ qui aant auasi les plus généreux ; de cette joie qui rçini-* mait Aleeste mourante , quand elle se dévouait pour ^on époux. Je vis qu'il y avait des. larmes au fond de 4eur histoire^ Derrière ce couple heureux marchaient trois hommes vêtus de ronge , qui le prot(^aient dans -^a retraite , et le défendaient contre un^e meute de chiens furieux , obstinés à les poursuivre et dont les hnrlemens semblaient redemander leyr proie. Ils avaient tous le nez plus long encore que celui du père Aubrjw <^uels hommes formaient cette troupe héroïque»? Est-il besoin de le dire ? Ce sont les noms des méchants qu'il faut écrire sur le papier ; ceux des bons sont gravés dans le cœur des hommes. Il me sembla que ces héros le-> vaient les épaules et qu'ils se disaient je ne sais quoi de mystérieux ep me regardant d'un air ironique , mode qui commence à gagner. Cependant les chiens enragés les harcelant de plus belle , ils les apostrophaient en ces termes', Tais-toi, Bouville ^ disaient- ils à iin roquet qui tâchait de leur mordre les jambes. C'est un enragé, que ce Sesmaisons^ disaient - ik à un vilain cfaoupille auquel l'un d'eux adressa un coup de pied que l'animal ne reçut pas dans la gueule. A la cour , Bel^ lartj disaient-ils ^ussi , a un vilain caniche noir qui les menaçait en se tenant hors die leur portée. Cache*
tèi , monstre , crièreat^ il) tous cnscinblê 2i un VIetti mâtÎD ^dentë y freinte , ëclopé qui , tou^ en boitant ^ ' )rs poursuivait de ses rauques aboiements et dans i'in^ lame museau duquel j*ai cru reconnaître la noble tête de M* Férand : et la loule répétait cache- toi ^ monstre l
Nous arrivâmes bientôt à l'entrée d'une caverne dane laquelle disparaissaient tous les pëlerins qui m'avaient procédé. Je n'j vis rien d'abord. Mais une fois le seuil franchi , je distinguai , k la faveur d'une clartë que jf ne saurais définir , les objets que je vais, décrire*