‹ Le Nain jaune réfugiéChapitre 28 sur 88 · X. Non. Mais les Bourbons ont seuls le tort de n'avoir · texte numérisé non relu

X. Non. Mais les Bourbons ont seuls le tort de n'avoir

^anaeis eu raison* Rapellés par la révolution la plus inespérée ; ontrils cru que c'était leur gouvernement qu'on

-redemandait ? toute expérience a-t-elle été perdue pour eux t les faits ne leur ont - ils pas appris ce que les peuples qui détestaient la totalité de l'ancien système^ réprouvaient dans le nouveau ? C'est le nouveau , sauf )es institutions réprouvées , qu'il fallait maintenir ; car oe notait pas de sa constitution , mais de son gouver-

' nement que la Frahce s'était détachée. L'empereur n'avait pas été abandonné par dégoût pour les bases du gouvernement , mais pai* dépit de ^e qu'il ne les respectait pas. La France tenait plus que jamais à sa li^berté. Il y avait peu de choses à faire pour réparer , .pour perfectionner le grand édifice de ses lois , édifîce approprié aux mœurs , aux besoins , aux lumières de ce siècle. Les Bourbons ont trouvé plus sage de l'abattre pour relever sur ses ruines leur palais barbare auquel ils ont scrupuleusement rendu et les vices qu'il tenait de l'ignorance de ses premiers architectes, et les avarie» qu'il devait à sa vétusté.

Z^ Que conclure de c^s faits? Que les Bourbons ayant

K/^tabli Icscbosçs sur le p^d oh elkt^ étaient en 17%^' les evencmens de 1 789 se renouvejileroiijt ?

X En peut-il être autijeu^eiit? Les Frapçs^i^ qui^ apj*.ès quatorze siècles d'esclavage ont ^ompu levrs cJkatiiiii^A poal^. conquérir la liberté qu'ils pe coivu^issai^ot pci« , spIlt^ ils vcritablement résignés à supportejrles mêmeg cliaioei». Hpr^s vingt-cinq ans de liberté?

Z. Je crois que les Français, retour per^ienjt yolontie^ 'à la liberté, s'ils le pouv^i^nt» Mais le penveQt-il^? xnais cette tendance n'est-elle pas réprimée par tqqtçs Ijbm précautions dont le gouvernement le plus t^rE^uD^^^iM qui ait existé , s'environne ^ par cette survejlli^njce 4!iMift police plus active que jamais \ par une tAi*reitr toujouR% croissante, entretenue par des lois qui tftutes. t^rjij^ll^^i qu'elles sont , le sont moins encore que le^ irîbimfm& de fous genres qui en font Papplicatioo ?

X. Le passé nous instruit encore ici de l'avenir» Cd^ n'est pas avec la terreur que Ton consolide un gpuvei^r nemettt. On obtient, par elle , une obéissance passagère^ on parvient à étc^uficr momentanément les cris > n^aift le moment vient , 011 une circonstance, imprévue fait; éclater d'une manière effroyable , des sentimens qu'on, croyait anéautis et qui n'étaient que comprimés. C'est hi poudre qui dormait innocente et silencieuse dans la^ mine jusqu'à ce qu'on en eût approché l'étincelle» Les résultats de la première terrem* annoncent assez ceys qui naîtront de la nouvelle* Les moyens de rigueur peu-* tent être employifs avec succès par la politique , dans, l'intérêt de la population contre la résistance d*un parti ^ «nais employés par un parti contre la résistance de la population , ils ne peuvent qu'assurer la ruine des e^^ travagants qui en usent.

Z. Cela est juste , pour une natiom indépendante des autras nations. Mais la France est dans un état d'ex-> ception. Environnée de troupes étrangères , elle ne peut rien dans ses propres affaires , sans raveu , sans le con-* ccrt des puissances qui l'assiègent* Or l*ïntér^t de ces paissances , si long^tems^ palUeureuse^s- de la prospérité

àft )a France I n'est-il pas de youtoîr la continaatîôA îi'an ëtat de choses qui la ruine ?

JT. li'intërét des puissances ^tait de faire cesser un ftat de choses qui les ruinait» Cet ob[et rempli , Uur .intérêt est d'empêcher la ruine absolue de k France , ruine plus nuisible qu'utile h TEurope.

Z. Je t'arrête ici« Explique-moi en quoi la nullité de la France peut être nuisible à l'Europe,

JT. Deux mots suffiront : parce que cette nullité n'est pas absolue. La France nulle pour elle-même , ne l'est pourtant pas pour ceJles des puissances qui par leur iituation géographique peuvent agir immédiatement sur elle, et jugeraient utile de s'aider des ressources qu{ lut restent. La France dans l'état actuel , ne peut pa» prendre les armes pour elle-même et ne peut pas ne pas 'les prendre pour telle puissance qui voudrait Vf Contraindre. Or , toutes les puissances sont-elles en si« tuation de l'j contraindre ? La Russie , par exemple , pourra-t-elle sous ce rapport, ce que peut l'Angleterre ? La France", dans l'état actuel , est vraiment en politique ce qu'en arithmétique est le zéro. Sans valeur par elle-» même , elle peut accroître dans une grande proportion la valeur de la puissjince qui se l'adjoindrait. N'est-il pas de l'intérêt de l'Europe de la voir sortir de cet état par leqnel sans poids pour conserver Téquilibre Éfiropéen , elle peut être d'un grand poids pour le rompre? n'est-il pas de l'intérêt de l'Europe, de lui laisser iepren« dre la valeur que lui rendrait la révolution oh elle tend t

Z* Sans doute.

jr. Patience , donc^

Z* Attendons.

X* Espérons.

BOUCHE DÉ FER

«^ Le Nain Jaune, disait dernièrement un libraire^ me jert de bjoassole pour conaaître l'esprit de tou« ka

QjOo^z

«abinets de l'Europe^ — Comment cela ? — R^fugi^«et accueil! en Belgique , il est bien yu en Russie , re^ douté en Angleterre , désiré en Prusse , toléré en Al^ lemagne , mis à l'Index en Italie , proscrit en France «t brûlé en Espagne.

-^ Les docteurs Itard et Alibert vivaient à la «our dans la meilleure intelligence, tous deux royalistes beaucoup plus purs que médecins habiles« Le roi tombe malade, grand sujet d'inquiétude pour nos deux docteurs. — Quel remède appliquer ? On se consulte et comme il arrive toujours Hypocrate dit oui et Gailien dit non. Bref l'avis d'Aliberf l'emporte et l'on applique à sa majesté un emplâtre qui la met en peu de jours, aux portes du tombeau. .A cette nouvelle Itard ne se sent pas de [oie, .Tamour propre du méaecin l'emporte dans son cœur sur 1 amour du sujet et dans un transport dont il ne fut pas maître , il s'é* ci'ia : &i le malade était mort , mon rival en crèverait de dépit. Depuis ce tems le Bulletin de la santé de M. Alibevt est devenu d'un intérêt public.

-.-* Au milieu des bruits de guerre dont on s'en^^tretient dans tous les salons de Paris, le gouvernement Bc paraît s'occuper que de la pluie et du beau tcms. Des prières de quarante heures sont ordonnécb.^ On promènera incessamment la châsse de St.-Genéyiève , le Suisse sera brûlé dans la rue aux Ours* Déjà l'on agite le bourdon de notre Dame pour implorer de beaux jours , mais on assui'e qu'ils ne luiront en France qu'au son du tocsin.

— Le Moniteur qui ne laisse jamais échapper l'occasion d'honorer le caractère belge, a fait justice de la dénonciation de l'Oracle contre les ofliciers généraux Fressinet et Excellemans. Il a su allier , dan^ cet article , le style grave et touchant qui convient à la situation dos dénoncés avec le ton d'ironie et de supériorité qu'on doit prendre à l'égard des dénonciateurs.

— M. Cafardo vient d'enrichir lu langue d'une nouvelle locution ; lisez dans l'Oracle son article sur le petit monstre jaune, et vous ne direz plus seulement: il parle , mais il écrit fravS^ai^ conujie une t^aclte es-^ pagnole*

«T £fiiUTVM de rOrach* Dans la fable des Abeilles

# 4ia CropaïKit M. Hubip se n^eUant I\ii-m^e en. BQ^i^ dit. qu'il figuire parmi le» ruc/t^^ ; lisez: p^iriiii les efUthêis*

-rrr. A pvopoft d© Qett« &ble,. ûa ëlève du' lycée, répétait ce dicton populaire , ma foi ! ce fabuliste est chargtf^ éUmprU çomms un crapaud de plumes.

-^ Le sermeot dos maréchaax rappelle pour le fond ceiui q.u'on exige dès agents de la police, et. pour la foroM les sertnens libelles par Rabelais et prêtes es naind de Gargantiia par sea Heutenans géncranx.

— C'est après plusieurs mois de l'ëclusion et au moment même du séjour de M. le duc d*Angouléme à Lyon que le lîeuienant général Mouton- Du vernet est tratiuit... non pas devant un conseil ck' guerre mais devant une amr prevfôtale* Certes les autorités lyonnaises ne pouvaient porter plus loin l'attention pour flatter les goûts et les inclinations d^un prince du sang.

— ^^ juillet. Est «ce comme expiation , ou par un ràflnement de cruauté que le gouvernement français a fait concorder la mise en liberté de messieurs Wilson» Bruce et Hutchinson avec l'anniversaire du jour où irent^huit Français ^ecommandables Y par leur mérite ou leurs services, ont été portés sur une liste de proa« cription ?

— On assure que S. M. en décorant de la grand'croix de la légion d'honneur son frère et ses augustes neveux et cousins , a fait déposer dans le tombeau dev son ayeul Henri IV un insigne de cet ordre que le bon roi avait oublié d'emporter en mourant , bien qu*il en fict, comme chacun sait , le fondateur*

— Tous les journaux de Paris font mention de l'ae^ cneil distingué que le Dey d* Alger a fait h M. Dubois Thinyille, consul de France. Mais ils n'en ont pas rapporté fidélen>ent la véritable cause» Ce n'est pas en eHet parce que M» Dubois Thinville parle passaolcment l'a-^ rabe , que le Dey Ta trouva digne d'être ture mais bien parce qu'il est sujet du prince qnî a inventé l'am^» nistîe et autres gentillesses tout a fait barbare sque s.,

Depuis que les reWlatiùn» du sieyr Verneuil, chevalier de St. - Louis ont été louées en plein tribunal plusieurs militaires qu'on avait contraints d'accepter un ordre qui impose des devoirs si honteux , ont renvoyé kur détoratiott. Les serviteurs même les plus de*

Qoo^^

▼ourfs au roî rougissent de porter un signe jur^dt-» quement avili* Dernièrement le duc de Brancas a été arr«të pour avoir dit publiquemem '^e pour étrt di^e aujourd'hui de la croix il fallait avoir mérita la corde.

— L'Oracle qui n'est susceptible d'aucun sentiment noble , d'aucune affection généreuse , trouve fort étrange, qu'en prenant le deuil pour l'anniversaire de Waterloo , nous donnions des larmes au courage malheureux de nos braves compagnons d'armes. Il ne peut concevoir non plus que la proscription des couleurs,nationales ins* pire de justes regrets à ceux qui furent témoins du jour mémorable où le roî , d'accord avec son peuple , jura de maintenir la liberté des Français. I^ous devrions bien le laisser raisonner sur toutes les couleurs en véritable aveugle et ne pas répondre à ses sottes questions. Cependant comme il se montre jaloux desavoir quelles couleurs nous adopterons aux époques désas^ tieuses de la révolution j voici^notre profession de foi : nous continuerons d'arborer les couleurs qu'ont portées les Lanjuinais ^ les Lafayette et tant d'autres victimes des fureurs révolutionnaires , qui combattant toujours pour une sage liberté , ont été et sortt encore persécutés par toutes les factions et honorés enfin , comme nous le sommes aujourd'hui par l'Oracle, des invectives et des calomnies de ce que la lie des journalistes compte de plus ignoble.

— Cette fois ce n'est plus une plaisanterie : notre imprimeur est sommé , en bonne et due forme, de com«> paroir par-devant le juge d'instruction^ Nous aurons soin de tenir nos souscripteurs au courant de cette affaire. Génie de Beaumarchais ! nous t'invoquons; guide nos pas dans cette carrière environnée d'écueils : dis-nous comment , sans être condamnés par la gravité de nos juges , nous nous ferons absoudre par nos lecteurs qui sont aussi nos juges, et dont la gravité n'est pas le défaut l

AVIS

Quelqqes exemplairei de la XXVII"" Kvraison ont été distribués avec une feuille fauiÎTe. La feuille blanche page 19^ doit commencer par cette phrase : aurait cbanffé h son gré et lors'^ ^u*il en était encore tenu la face de la révolution. Pour jr pan^" ^ nir «te etc. On prie les. souscripteurs à qui Ton n'aurait pas en- ' voyé la feuille corrigée de la faire demander anx divers bureaux " de sauseriptiojis où elle a ét4 remise pour leur éUt délivrée ca échange et sans auçuA frais.

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