‹ Le Nain jaune réfugiéChapitre 4 sur 88 · TOUS ET CHACUN · texte numérisé non relu

TOUS ET CHACUN

. ^^-*- Moi ! mon cher ami ; je suis iadigné ; c'est une tjrannfc o(|ieuse , intolérable , et si , pour la renverser , je voyais que la partie fût bien liée , ou , du moins y qu'il y , eût un noya^ respectable , je serais le premiér.*...

— J'entends. Lorsque tout le monde aura pris les armes , vous serez le premier à parler hautement ; lorsque tout le monde aura secoué le joug , vous mareherez le premier î et , le premier , vous couronnerez votre front de la palmé que vos concitoyens auront cueillie.

— Vous exagérez tout. Maïs , de bonne foi , qu'estte qti*un individu de plus pu de moins ? Puis-je , seul, faire pencher la balance? Il y aurait plus' que de la folie ; il y aurait une vanité ridicule h fe tenter. -

— J*ai plus d'orgueil que vous.^ Vous avez un nom , de la fortune et des clients , je ne suis que simple soldat dans l'armée des libéraux , et je crois mes efforts utiles y nécessaires à la cause commune»

Si chaque individu dont se compose une armée ,. cédant II cette modeste persuasion de son inutilité personnelle , se dispensait de charger son fusil parce qu'une balle de plus ou de moins ne décidera pas de l'affaire ^ la bataille serait perdue avant d'être livrée \ mais tous sont forts du courage de chacun: quelques-uns succombent , plusieurs portent dc« coups inutiles , le reste frappe et tue : tous cependant ont également contribué à la vicfoire. Il y a plus , et cette différence distingue essentiellement l\irméc c/wi7e de l'armée militaire. L'opposition manifestée de chaque citoyen y la certitude de trouver dans chacun d'eux, une égale résistance h l'injustice siiflit pour les rendre invincibles: c'est une force d'inertie plus puissante que les plus puissantes ait»-, que$>

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Des volontés particulières réunies se forme le faisceati de la volonté griiérale que rien ne peut rompre. Aussi ^oyez avec qwelle adresse le despotisme nous détache de la masse pour nous briser successivement. Chacun alors dans soû imprudent éçoïsme cède , et tous suc*» combenti tandis que la résistance proportionnellement égale de chacun eut assuré le salut de tous.

Que puis-je seul P dites-vous. Cette excuse si clic est bonne pour vous , l'est aussi pour moi , pour cha-* cun , pour tous ; eUe Test aujourd'hui , elle le sera demain , elle le sera toujours. Que puis-je seul ? ré-* pondez-vous , et répète après vous chaque citoyen. Je Yous réfute par la réponse contratre : que ne puis^-je pas ? profondément sentie et publiquement énoncée par vous et par chacun. Dans le premier cas nous nous avouons vaincus avant de combattre » dans le second , nous sommes vainqueurs sans avoir combattu. Chacun partage le sentiment de tous \ que chacun l'exprime : nous nous acc<M'doDS tous pour nous taire ; accordonsnous tous pour parler ; quel risque avons-nous à courir puisque nous pensons tous de même ?

C'est la conscience individuelle de nos forces qui fait la force générale / c'est de chaque opinion particulière que se forme l'opinion universelle ; mais cVst de la manifestation individuelle et générale de cette opinion que naît l'esprit pnblic et le patriotisme. Voilh ce qni assura si long-tems la liberté anglaise ; voilh ce qui mieux que les bayonnettes préservera les Espagnols de toute invasion étrangère ^ voilà ce qui manque aux Français. Tous sont impatiens du joug ; rfaacun conrbe la tête \ tous ont la même pensée ^ chacun se garde de la manifester : tous enfin sont victimes de la dissi^ mulatioh de chaoua.

Au tems de Néron , lorsque ce prince qui fut célèbre aussi pour sa clémence, comptait autant d'ennemis que de sujets , Rome silencieuse semblait ne plus attendre cpie du ciel le salut qui était eçtre ^es mains*

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Uo cîtoyen courageux , Vindex , ayant assemblé se- 6rètement le sénat , osa le premier se rendre l'interprète des sentimens de tous«

A aucune époque , dit-il , la hainfc d*un gouvernement monstrueux n'a été plus générale ; à aucune époque les oppresseurs n'ont été plus lâches et moins nombreux. Si l'on pouvait réunir dans la même enceinte tous les Romains , une clameur universelle d'indignation se fêtait entendre. Cette même masse divisée n'a plus de ▼oix* Quelques insurrections partielles provoquées par le vœu de tous n'ont servi qu'à mieux prouver la pusil* lanimité de chacun. Pison ', Flavius , Asper , ont payé de leur tête leur dévouement à la cause commune. Libres , chacun leur tendait les bras comme à des libérateurs , captifs , chacun les a méconnus : ils ont été conduits au supplice par leurs concitoyens , tous , au fond de l'ame , complices de ces braves , dont ik se ^lisaient , par peur y les bourreaux , pour devenir bientôt après les victimes de la peur de leurs amis. C'est ainsi que , grâce à la stupidc prudence de chaque citoyen , tous les jours de nouveaux cadavfes viennent étayer le ti'ône chancelant.

Pourquoi s'insurger? pourquoi prendre les armes • Bomains , pour vous délivrer du joug vous n'avez point de' dangers à courir. Vous n'avez tous qu'un sentiment ^ qu'une pensée , qu'un désir \ vous le savez. ^ vous connaissez vos forces , vous n'avez qu'h vouloir, mais d'une Tolonté ferme , hautement manifestée par chacun et par tous , ou plutôt vous n'avez qu'à cesser de feindre. .Que chacun de vous réponde à celui qui prétend le rendre l'instrument ou la victime dé ses flireurs : je ne veux pas* Toute la rage de vos oppresseurs viendra •e briser contr» ce mot. Que chacun répète je ne t^eius pas qu'un tyran m'opprime , et le trône du tyran s'é-f croulera.

L'assemblée convaincue eut enfin le courage de par-* 1er , el Néron tomba.

Eh ! bien , monsieur , dire^vous encore : ^/ue puîs-je seul ? U n'est pas question ici de s'insurger ou de cons^

pirer ; il ne faut que donner Texemple de la franchise. Et qui sait ? mille personnes , qui en entraîneront chacune mille autres , n'attendent peut-être que vous pour se déclarer ^ Thonneur du signal vous est peut-être réservé ^...^

— l'apprécie vos raisons et votre zèle ; mais , s*il faut vous Tayouer , mon insuffisance m'aiTéte moins qu^ane sorte d^apathie naturelle , de timidité même : il y a dilTérentes sorte6 de courages , et quoique dis-» posé à seconder l'impulsion , je ne me sens pas capable de la donner

— Allez , mauvais citojen \ car k la fin la patience m'éehappe ; allez dans un char élégant que traînent des coursiers magnifiques , insulter aux misères du peuple à qui vous devez tout et qui n'obtient rien de vous. Personne n'est dupe de votre feinte timidité. Cette excuse cache un sentiment plus lâche que la peur. Votre hôtel , vos tré3ors , ces trésors qui vous furent prodigués moins cpmme la récompense de quelques services passés que comme un encouragement pour des services nouveaux , voilà votre patrie , voilà ce [qu'il &ut conserver avant tout. Ami de tout le monde , vous attendez paisiblement l'issue du combat ^ si elle est heureuse, vous pi^tagerez les honneurs du triomphe^ si elle ne Test pas 9 vous triompherez encore* Il est commode , j'en sonviens , de jouir des douceurs de la paix et des fruits de la victoire : cette tactique n'a que trop long-tems réussi; mais tant de révolutions ont ouvert les yeux aux pins aveugles* Le peuple se la8;se enfin de verset •on sang pour maintenir au faîte des honneurs et ies richesses quelques intrigants dont il n'obtient pour récompense que des refus et des mépris. Cette fois le sort des faux amis sera pire que celui des ennemis dé^ clar&. Songez;^y bien , et puisque de plus nobles mo-* ti& n'ont aucun empire sur vous , soyez du moins courageux par prudes^ce çl généreux par calcul.

BOUCHE DE FER

— V Observateur^ comme une sentinelle avancée , jette Talarme dès qu'un ennemi* met le pied sur le territoire constitutiontieL

Ses deux derniers numéros ne sont pas moins re-» • marquables que les précédents par la sévérité des principes , par la force et la clarté des raisonnemens. L'ar« txcle relatif au colonel Latapie est doublement honorable sous le rappoi^ du talent et sous le rapport de Thos-pitalité. Heureiu les étrangers ^ui trouvent chez leurs notes même des défenseurs aussi ardents !

Le procès du Mercure-Surveillant a fourni à tOb^ servateur l'occasion d'aborder la question de iiroit en matière de poursuites judiciaires. Ce sujet est traité avec une vigueur de logique , une indépendance de pensée , une franchise d'expression qui prouvé qu'en Belgique la liberté de la presse est respectée par le. souverain autant que le souverain Test lui-même par son peuple.

— La consternation est devenue générale à la nouvelle d'une troisième amnistie. Chacun voulait partir et se soustraire ^ la clémence royale qui n'est pas encore épuisée quoi qu'en ait dit la Quotidienne* Les journaux ont été tancés pour cette mal adresse , et l'on a donné ordre aux prétets de ne point délivrer de passeports pour l'étranger. Il y a mieux ; depuis . auinze jours le gouvernement français a envoyé dans plusieurs villes, et particulièrement à Bruxelles , des émissaires chargés de faire des propositions de raccomodement. On a été jusqu'à offrir à quelques réfugiés , des indemnités pour les pertes que leur avait occasionné l'eiiK

« Il en est jusqu^à trois que je pourrais oiter. » Bans ce nombre, deux, dit-on, s'y sont laissé prendre, mais le troisième qui savait plus d'un tour , a répondu comme le rat de Lafontaiue ;

Ce bloc enfariné ne me dit rien qui Taille ,

S'ocria-t-il de loin au général dcc chatc ,

Je soupçonne dessous encore quelque nxachine.

Rien ne te sert d*étre farine,

Car^ quand tu seraii sac , je n'approcherais pas.

^»^Ili. AA. RR. ont visita et complimenta les gardes casernées rne de Babylone* k Allons enfans , disposez» » vous à partir pour une campagne qui sera courte et

» glorieuse » Une demi-heure après , les corridors

étaient couverts de ces mots écrits au charbon : u Tous n prêts contre les ennemis de la Franc j , personne conti*e 1^ les Français.» Le départ a été contremandé survie-. champ.

— Les purs sont furjeui de la nomination de Laine ^ ils ont entoyé fouiller les registres de la société populaire de Bordeaux oîi ce ministre a porté le oonnet rouge , et ils ont offert cinquante louis pour se pro-^ curer la proclamation sanguinaire qu'il publia en 179^ à l'aniversaire du ai janvier.

— On assure que Louis xviti doit se retirer incessamment dins son royaume de Navarre.

— LX)racle a cru faire un trait d'esprit et de malfee eç rapportant textuellement le jugement du tribunal de Ltége sur la plainte du roi de France , et voici k sens de sa phrase :

Le roi d*i France maltraité^ injurié ,hxifbué fCapour^ iant point été calomnié.

Ce pauvre Oracle ! ù ressemble \c Tours qui assomme sou ami en vocdant lui rendre service.-

— On nous écrit de Lîéffe que MM.^ Lenxhéte et Jean-Sucre viennent d^être décorés dvr grand cordon, de Pordre de FEtelgnoir.^

— Ua de nos souscripteurs d'Amiens nouff envoie le* documens suivans- sur les sociétés secrettes qui viennent d^étre supprimées

Les ultra- royalistes ^ autrement appelles les cacardescertes , avaient établi un clyb dans la ville d'Amiens*. Des termes cabalistiques , des signes à la> manière de»; francs-maçons , le mot d'ordre ie bon vieux tems , ser— vaienf aux initiés à se reconnaître entre-- eur. Il y avait pnrmf \e» Purs des missionnaires ^ chargés ne? prêcher la foi et de- recrute» rarméé Jîdëlt -^ mais aucun soldat ' n'était admis qu'après 16}* épreuves les plus longues et les pli^» étrange?.. Ces mystères aussi odieux^ que fidicuîcS sont enveloppés- par lar. police dans une- Trait profonde*.. Nous savons seulement qu'il fallait jurer sur révïiogîte d^abolic toute constitution y et vouer ii»

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chaqae Sonapartiste' ( c'est-à-diVe i tônt îndmda enfployë 80U8 Bonaparte ] la même haine qu*à ^atan. Le Socîëtë prenait le nom de Ruche par allusion , sans doate , au gouvernement des abeilles , dont le chef éstnne reine. Par les mâles ou bourdons que \es abeilles tuent lorscfu'îls dÂ.viennent inutiles , on entendait sans doute aussi les re'volutionrt dires encore employas par les royalistes , et dont les services cesseraient un jour d'être nécessaires* Voilà tous les détails qui sont par-» ^enus à ma connaissance , et sur l'exactitude desquels "Vous ponveai compter. Voici maintenant la cause de ]a suppression dé ces sociéiésd

Cette église des fidèles avait un sanctuaire autrement appelé t Arche Sainte o\x se réunissaient , à Tins^u du teste dés initiés , un très-petit nombre de purs par excellenoe qui prenaient le nom ctAngesi Nous ne savons rien de leur mystères ; mais on peut juger de . ttuf zèle pai* celui des simples e'ius* Quoi qu'il en sort, un initié de id Ruche se trouvant avec un initié de r Arche ^ ce dernier par distraction , fit le signe dcf fAhgé âtK lieii du signe de C Abeille* U Abeille stupéfait lié répondit pas. UAnge s'appercevant de son erreur^ îtlstîs tctùt*^à--frfît décdncerté , prononce cependant le mot d'ordre des initiés de la RucliCd Mais V Abeille allarmé jrépond tolit de travers, et toois les deux conçoivent de si violents soupçons l'un de l^autre , tous les deux perdent tellement la tramontane , qu'ils s'embrouillent de plus en plus 4 confondent tous les signes , et comme ie marcliana de l'Avocai i^atelin , parlent de drap à

£ropos de ihouions et de moutons à propos de drap« ref, r Abeille elTAn^e se quittent fort inquiets , né eommiiniquéiit à personne leur importante découverte , partent o'n roeme-tems pour Paris , quoiqu'h l'insçu l'un de Tautré , *it vcmt mutuellement se dénoncer dans k jpersnas^om qu'ils sont trahis.

— ' A la nouvelle du prix que ïe gouvememefif a donn^ pour ta tête du général Alouton - Uuvef net et pour celle de Didier , les janissaires ont présenté une idresse au gouvernement français pour solliciter dii service attendu que chez eux la tête même d^un ennemi ne se paye pas au-delà d'un sequin*

ê^ L^ifttrépidité dont le duc de BcUune » donné

dernièrement un si bel exemple , en arrêtant lui-m^me un séditieux^ a fait naître Tidëe de rétablir une ma-» rtfchaussee connue ' soiis le nom d'archers des goeux« S. £• en a reçu )e commandement en chef*

— On a demandé pour<pioi Napoléon lors de son dernier règne de trois mois n'a pas fait abattre la statue ëquestrc d'Henri iv , érigée sur le Pont-Neuf par ordre de Louis xviii. Peu de personnes savent que loin de songer à détruire ce monument Bonaparte se proposait au contraire de s'en approprier la gloire en J faisant graver l'inscription suivante :

Le roi de Rome à son ayeul Henri it.

C'est M, Lacretellt le jeune , professeur d'histoire et membre de l'institut, qui avait donné, cette ingénieuse idée; Ce savant annaliste avait trouvé le moy«n de prou- Ter que le sang du Béharnai^ coulait dans les veines dn fîls de Bonaparte ; il fondait son assertion sur ce que Philippe v , duc d'Anjou , petit-fils de Louis iv , eut pour fils Charles m, lequel est père de Ferdinand IV , dont la fille , épouse de l'empereur d'Autriche , est mère de l'impératrice Marie-Louise , et ayeul du voî de Rome^

D'après cette généalogie le jeune Napoléon sp trouverait , dans l'ordre des successions , précisément au même degré qne les enfans qui naîtront de l'union du duc de Berry avec la princesse de Naples.

— Le diable boiteux , sous TallégoWe du jeu de reversi fait le tableau de la situation actuelle de la France et par conséquent la satyre du gouvernement. Est-ce simplicité, est-ce prévoyance de la part du minbtre protecteur de cette feuille? Le diable est-il ici mystificateur ou conripëre ? M. de Cazes a trop d'esprit pour être dupe : on ne peut donc que le féliciter de la sagacité avec laquelle il juge les événemens , et de l'adresse avec laquelle il se ménage déjà les moyens de fournir incessamment aux libéraux, la preuue écrite de l'opinion qu'il professe intérieurement*

— Le Ministre de la police a fait réimprimer chez MM. Michaud frères plusieurs numéros du Nain Jaune réfugié, qu'il vient cl'adresser à toutes les personnes qu'il veut compromettre et contre lesquelles il ne peut pas se procurer de dénonciations.

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Mous, le 3 juia iSiG.

M. le Nain ,

Rajouterai quelques d^aîis ^ ccui que vous aves donnes dan» votre i8« livraison sur les Français blessés et recueilli? à Bruxelles.

Api es les batailles de Fleurus , "Waterloo , etc.; je las chargea, en ma qualité de chii;urgien-maj6r, du service des blessés Français. Etablis dans Tégiise du grand Séguinage ^ Brnxelles ; je trouvai ces malheureux au nombre de plus de 4oo y étendus sur un peu de paille et n'ayant pour tout secours que le* soins douMés par les liabitans de Bruxelles»

Le lendemain je reçus la visite de deux individus tenant leur mouchoir devant le nez* L'un d'eux me demanda , avec hauteur , oomment ces blessés se trou* vent-ils? <— Assez mal i^ur répondis- je; leur nombre est trop considérable pour Tespace où ils sont renfermés. — Us sont trop bien encore pour des coquins comme eut ^ interrompit brusquement le second personnage. Ces hommes si compatissants aux souffrances de leurs compatriotes nVtaient autres que M, de Dillon et l'ordonnateur Augier. A une seconde visite , Tun de ces deux messieurs me dit , que S. M* le roi de Finance voulait venir à leur secours ; en conséquence , il me chargea de prendre des infirmiers qu'il payerait au nom de S. M. h racson d'un franc par jour. Des arrangemens furent pris avec le sieur Thiebault , restaurateur ; mais en définitif , la commission de bien-^ faisance de Bruxelles^ a t(Ait payé , et la ma^sté rien*

Chirurgien^mojfor de la garnison de Mons*

— Tandis que le sieur Fauche-Borel ^ n'obtient devant les tribunaux qu'une réparation insakante^ il reçoit, dit-on , de Bonaparte ^ un cadeau du plus grand prix. Justifié de sa sévérité envers Picbe^u et Moreau par ks aveux du sieur Fauche (i) , rex-empereur a voulu en

( I ) Voyez le Précii Historique de» différentes missions , dans , lesquelles Fauche -Borel a été employée pour la cause de la ■lonaichie. Prix 3 francs, à Bruxelles, chez Hor guies-Renicr , Marcht* -an-Bois, Le Cbarlier, libraire, Moutagne do la Gour^ et AVahlcB, imprimeur libraive^ va« de PÈTéquo, n," i33#»

témoigner toute sa reconnaissance. On ne Joute pa^ qu'un jour il ne fasse des remAxîmens publics h s-on successeur qui semble avoir pris à tâche de faire re~ gi-etter son despotisme.

— Le père Elisée qui n*a jamais été chirurgien majoi* que dans l'armée des princes , est peu accoutuiué au siffllement de la mousqueterie. Il sVtait rendu à l'école de médecine pour j prononcer un discours contre l'organisation actuelle de cette institution. A peine mont<? en chaire , il a été criblé de projectiles d'une espèce nouvelle , et forcé de quitter la place. Il s*est trans* porté chez M. de Gazes pour y dénoncer les élèves de l'école comme fauteurs d'une tentative d'assassinat. Mais des agents civils et militaires chargés d'aller reconnaître les lieux , ont rapporté que les balles n'étaient que des boulettes.

— Tandis que quelques personnes aiment encore à s*aveugler sur la situation de la cour de France j celle--ci avoue publiquement que sa maladie est sans remède et sa fin'procnaine. En se mettant au régime des at/re^^e^ que l'on a surnommées le viatique des Rois. Napoléon , au moment de sa chute , était accablé (Tadresses , ec les adresses se multipliaient ITannée dernière sur la route de Paris h Gand. Elle ne se multiplient guères moins aujourd'hui , et les journaux nous en promettent de la

1>art de tontes lès villes , de toutes les lésions , de tous es corps civils et militaires, voire même des protes-tans et des prisonniers. Ce qui n fait dire au prince Talleyrand que si le gouvernement tombait ce ne serait pas faute a adresses^

— iV. B. Les réponses à la question proposée dans notre livraison XIXm£. ne seront insérées que dans la XXIme livraison.

AVIS

La ceepnde Mition du Nain Jaune r^fuMie formant le troifième volume de Tancien Plaîn Jauoe publié à Paris , est actuellement S004 presse et paraîtra dans quelques jours. On pourra se procurer chaque Hvraison séparément à raison d^uu franc , et les 18 iirrai- . sons réunies eu un volume avec la table , pour i5 francs , k Bruxelles , au bureau général de souscription , clie« Horgnies-Reoier / cabinet littéraire , Marché au Bois -, cLc^ Le Cliarlier , libraire , Montagne de la Cour , et che% Wahleu , imprimeur-libraire , rue 4« rÉv^quc , n-» i33o ; et pour rétr«og<r , cho» tous les dircoftun de postf de la frontière.

— Lef soins que M. Graam , éditeur des fables de •M. Aniault , donné à i'-oxdcution typographique de ce recueil , ne lui permettent pas de faire paraître cette nouvelle édition avant trois senmines. Il nous engage è en provenir le public , et nous prie d'insérer , en attendant , la fable suivante :

L£S MBUHtSaS BT LS MAEGUILLUU FABLE.

Entre nos frères les meuniers

Et nos frères les charbonniers , J'ai TU régner long-tcms*unc haine assez forte.' A quel propos ? C'était.... que le diable m'emporte p

Si plus qu'eux-mêmes je l'ai su.

Eh ! n'est-ce pas souvent pour un nul-entendu

Qu'un premier combat se donne.

Ce tort en est h. tons comme il n'est a personne Au second , ou l'on rend ce que l'on a reçu , Ou Ton se bat du moins parce qu'on s'est battu. Mais revenons au (ait : ainsi qu'on peut le croire ,

Chaque héros dans sa valeur,

Se signalant pour sa couleur Criait haro sur l'autre, et tombait , dit l'histoire , Charbonnier sur la blanche et meunier sur la noire p

Par la senle nature armés.

Les voyez-vous de eent manières

Les bras tendus ^ les poings fermés

Venger l'honneur de leurs bannières ?

Que de coups donnés et rendus !

Que de flots de sang répandus ; par tous ces nez cassés des mains de la victoire !

Chantre de Jeanne et de Bourbon ; C'est ta voix qui devait trmisraettre la mémoire De tous ces preux couverts de gloire et de charbon ,

Couverts de farine et de.gïoîre !

Ceitaiu jour cependant que ces poudreux guerrier»

S^* reposaient sur leurs lauriers ;

Un philosophe , uri-philantrope, Un marguilier, mortel ennemi des combats, ' Tenta démettre un terme à ces- trop longs débats»

D'un manteau neutre il s'enveloppe ; Et ! le voilh du matin Jusqu'au soir , De Pun à l'autre camp sans ceêse en promenade , Qui va , vient et revient <3i courtier d'ambassade ^

Du noir au blauc , du blanc au noir.

Or » k son drap qui n'est noir ni blane mais pistache. Tantôt le blanc, taptôt le noir laisse une tacne. ^mme on en murmurait d'un et d'autre c6té ; Charbonniers et meuniers , dit-U , parlons sans feinte» Voit-on les deox partis , sans prendre np peu U tsftnie

Pe« gens k qui l'on s^esi frotte.

IVm€ VOLUME. — Aimii 1816.

KAÏN JAUNE

RÉFUGIÉ. ' '

Le petit l>eldi«a9art vft 4a««r«)'..k»;'

SOMMAIRE. ;i/'

fietii LaBrvyère à Vmc^ des tofutferains^'^^'Pmkht'k i^oir que , du moins , Us se rendent jusitcèé -^' Eut politique j comme à Spccrîe ^ lé larron adroit est *lè hon (orront '—^Surpiise. -^ Lés Oaikqûéurt Citant lé champ-de-^atàille. — Us né SoM pliiS f'—'Tràph^èé

j ^s gàrdes-^i^éorps* — 'Vous, Modérerez que le sei-^ gneur votre dieiu r— V ordre et ta f/idr)âHe au te ^e'àptè ^n liesse. > — £a voità , la voUà ; pour deux sols k Mùut le mande. — Chacun son tour\ ou le présttge%.

' — Fier à bras. ^ OptmièJ — ? '" • i

DU CARACTERE: vDANS UHOMMÈ D'ETAT. ' Le mnître à danser de M% Jaucdai^ ^ ^tU^ibyie ,Jk4 fr^ls <{iiarts des fautes faites ici bas à ce ,^ue/les hommes qui les commetteùt n'ont pas suflâsamraent étu*« dte la danse; soft maître de musiqitie^ (prétend lut qu'elles proviennent de ce qu*ils n'ont .pas sérieusement étudié la musique; je ne puis éU*e> tout naii|L que je suis^ de l'avis de ceâ deux grands hommes, je crois que Tétude de là danse que M» de Vèau^lane a portée très-loin^' celle de kr musique dont M^ Ctarie «'est essentiellement occupé, sont encore moins atile$ à an homme dVtat^ que Tétude des caractères»

Qu'est-ce que? lé èarçictèrc ? n^est-ce pas une te»^ dance irréaistihlii k laquelle Thomme obéit «ans 8*c«,

ïfetiter, une dispositioîi d'a^r^s laquelle , s'fl esttiban« donne à lui-même , il fera nécessairement la même chose dans la même circonstance ? N*est*ce pas la gravitation aux lots de laquelle les torps obéissent ? la pente que suit lé rutsseau î l'inètinct qui conduit la bête ? • Le caractère différencie entre eux les êti-cs doués dé raison, comme la t*aison dinsfingue Tanimal auquel elle tst exclusivement donnée par la nature^ de ceux qui n*en ont r^eçu que l'instinct : il est au moral , ce que ta figure est au physique ; le caractère est la physionomie de l'âme. r

Il est clair que l'homiiie qui aura étudié le caractère 4es.. hommes iiveç Ijçsquels il vit, et à plus forte rai*- BO^ auxqqcb il commande , connaissant leurs penchants, leurs, aptitudes, en tirera un bien plu9 grand parti que celui k qui ces connaissances sont étrangères^ Il est clair qu'il évitera des fautes où Tighorance de cette sci^jAce jçtte continuellement des hommes qui connais* sent tout exqepté les hommes.

/, C^^si à la connaissance ou h Tignoranee de cette ^ci^pt^e, dans ceux qui nous ont gouvernés, c*est à l'estime ou au mépris qu'ils en ontfait, que la France, doit, en grande partie, attribuer les prpspérités et les adversités excessives qui signalent son histoire depuis vingt-cihq ans ; et plus particulièrement depuis le éomfheneement de ce siècle.

' Napoléon est une grande preuve de cette vérité. Il a conquis l'empire avec «le génie de César; il l'eût Jfardé avec- celui de la Bruyère. Ce n'est pas qu'il ne connût les hommes; mais il n'a pas tiré tout le parti possible de eette connaissance. Il n'en a fait usage qu'au commencement et à la fin de sa grandeur; Elle lut «vaif servi à s'élever, elle l'aurait empêché de tomber si pendant le long cours de ses prospérités, il n'eût tout-)i<-fait dédaigné d'en faire usage. Après avoir accordé à chaque homme une estime quel* conque, analogue à leurs taltns et k leurs opinions, il levait fini par la leur retirer et par ne plus les voir |

de r^«vatian oîi il ^taît parvenu, ^^arec ud égtl mépris. GT^st- alors qn'iX les appeUait presque tous indifi'éremnieat aux nuâi&es emploisi non parce qu'ils lui pa-r raUsaient tous y être propres; omis parce qu'ils ne.lui paraissaient giiëi*e y être plus pro près les uns que Jes autres; mais parce qu'il regardait les aptitudes et les habitudes, les vocations et les opinions, comme de faibles considérations^ qui devaient s'évanouir devant ses volontés % Semblable à ces seigneurs russes qui décident a« hazard que tel de ses esclaves sera tailleur et tel autre musicien, il a pendant un certain tems distribué d'après son caprice les emplois de toute espèce 9 et tel homme qui n'avait fait que la guerre fut souvent préféré ^nr une place administrative à tel autre qui n'ayant étudié que l'administration, se voyait condamné par la faveur du prince à faire un métier qui lui était tout»à-fait inconnu. Bien plus ne tenant plus compte ni des opinions ni des affec* lions, et regardant commcr nuls les témoignages de dévouement ou d'aversion, d'après ses faux calculs , on 1'^ vu fermer son palais à ses vieux amis et l'ouvrir à la vieille noblesse; persuadé qu'il était que tous les çavacthrcs devaient plier sous son ascendant ,• et que quelle que fut la tendance des esprits , il les entraînerait tous dans sa sphère d'activité par une puissance égale dans le système politique,* à celle que le soleil exerce sur ses satellites dans le système planétaire. Pour que cela fût toujours vrai, il fallait qu'il restât toujours fort. Sa puissance affaiblie chacun devait retomber sous pelle de son propre caractère^ aussi Napoléon fut-il trahi par les gentilhommes, les abbés, et les biandais auxquels il avait livré le palais, le ministère et Tarmée.

Ces faits ne doivent pas être moins médités par les princes de la terre, que ceux qui ont fondé la puissance prodigieuse de cet homme dont la chute ébranle encore plus l'Europe que son élévation ne l'avait ébranlée.

Or , cette cliûte , je le répète , doit être attribuée, en grande partie j^ au peu dVgard qu'il avait eu

^hdftnt un cer^in tes» , poar Tinflitenoe <k80«i«Atèr«^ Je B€ fiais pas par qi^i sera définâtivemeAl gouver-r j^ée cette France aujoiird^hui si .lâdieiDeiit. tjrrannisëé} ^Êkais si le hazar4 me faisait rencontrer fltomnie que f attends plus que je ne l'espère, liiomme qui avec la volontë de finir nos* malheurs en aurait les meyens , ou avec les moyens en aurait la volonté , fet qu'il me permît de lui indiquer si non les gens dignes, de sa confiance , du moins ceux qtti eu sont indignes , je. lui dirais ; sire , ce' n^est pas tout pour vous que de conndhre le talent, le crédit des. personnes . dont vous vous entourerez,, c'est aussi leurs caractères qu'il faut connaître.-

Vous aves besoin d\in premier ministre non parée que vous voule:^ abandonner les affaires pour étudier Horace , et négliger les devoirs d'un souverain pout laire ceux d'un écolier de réthoriqne , mais parce que n^ayant pas vécu au milieu de nous pendant les 55 aiis qui viennent de s'écouler vous connaissez peu les choses et point du tout les hommes. Eh bien! prenez un homme qui connaisse les hommes et les choses.. Mais ne prennes pas le premier qu'on vous présentera ou qui se présentera. Il connaît ^ vous dira-t-on ou vous dtra*t-îl , la révolution dès son origine ; il en a étudié toutes les phases ^ il en explique toutes les ca« tastrophes ; il analyse à merveille le système des trente gouvernemens qui tour-à-tour ont pesé sur nous; il possbde le secret dé toutes les factions, et celui de tous les cabinets. Cela est vrai, mais ,^ si c'est parce qu'il s'est jette dans la révolution en spéculateur et non eu ami de la liberté; s'il a successivement êontribué à amener les diverses secousses dont l'état est brisé f s'il a servi tour-à-tour les divers gouverneaiens qu'il a successivement culbutés ; s'il a ti*ahi lea secrets de tous les fîûbinets auxquels il ^vait livré les nôtres; si c'est en détrônant Louis XVI, Barras, Napoléon et Louis XVIH qu'il a fait preuve des tJiLeatA qu'on vante eii lui et dont il se vante

serait-il Bien prudent de prci^dre plu^ de ecn-r fiance en ses talens que de méfiance en son caractère. Non répond le roi. — Sîre ne lui donnes donc pas le ministère ; donnez>lui plutôt un archevêché. — Oubliez - vous qu'il n'est plus prêtre et qu'il est toujours marie? Qu'il n'en «oit plus- question. Mais qui pré» «idera mon conseil ?car il lui faut un président : si ce n'est pas sous la soutanne que je le prendrai , «ce sera sous Tu* niforme. On m'a parlé d'un militaire qui ne manque pas non plus d'expérience daïis les afiaires* Il est gé« néral , il a été ministre , il a été un des premiers k ro'offinr ses services sans rien exiger que le bôton de maréchal. C'est l'homme qu'il me faut. — C'est l'homni« qu'il ne vous faut pas. Sire connaissez son caractère et vous serez de mon avis. Par quels moyens, militaire > fans courage , ministre sans capacité ,• s'est-il élevé ans premières fonctions • dans le conseil et dans l'armée ^ &'est-il signalé une seule fois par une action hardie; par une opinion généreuse ^ Son concurrent au moins déclara la guerre avant que de la faire ; il avait blftmé son bienfaiteur dans l'intimité avant que de le diffamer en public y la trahison se trouve alliée en lui à quelque courage y et sa perfidie a beaucoup d'habileté. O n'en est pas ainsi de l'autre : perfide et non pas habile , servile et non pas souple , lâche envers ses mattret dans ses outrages comme dans sesservices; et quand il s'affranchit comme quand il obéit, les actes de tyrannie qu'il dénonce ne sont-ils pas ceux qu'il a exécutés avec le plus de rigueur ? aucune de ses délections a-t-ellc jamais eu le moindre caractère de courage ? ne sont-ce pas plutôt des désertions que des révoltes ? ne sont-elles pas plutôt d'un valet que d'un soldat ? Militaire de plume , intrigant d'épée , plus prodigue de son encre que de son sang , vain de ce qu'il vaut parce qu'il s'estime ee qu'on Ta-* chette ; le seul fruit qu'il ait tiré de son. expérience est -il autre que de savoir vendre à propos l'homme auquel il a su se vendre à propos ? Chacun de ses grades •st le prix d'un pareil marché* Il s'est livré à vous pour

)e l^ton de maréchal ; £1 vous livrerait à un autre pour iVpee de conn<^table i car il aime son avancement.' Mais non 9 sire , son caractère connu , eût-il tout le talent qiii lui manque, jamais vous ne le feres même dernier ministre*

Je renverrais plutôt en Irlande. Tout aussi bien, «i-^ une autre personne en vue. Pour celui-«»là, c*e&t un habile homme r depuis vingt ans il est occupé à calmer la France. Il avait bien embrassé , dans Tpri** fine , des principes un peu sévères , mais il en fcsait application avec tant de douceur; il fbt bien chargé' de tems à autres , d'un ministère un peu rigoureux » ^Biais il Ta rempli avec tant de modération , tant d'hu* manîté i il a si bien su se faire aimer là où M. de Gaze a si bien, su se faire exécrer ? c'est ifn si grand homme d*état j ic'est un si bon père de famille ! Oui sire , c'est un excellent père. Toute sa vie poIitic|ue le prouve. Il avait tant. de vocation pour être père, que faute de mieux , il se fit d'abord père de l'Oratoire ; il fut depuis père du peuple î il est . sans doute père de ses enfans. Et jusqu'où ne va pas sa tendresse pour eux? C*est une passion qui lui a donné toutes les autres ; celle du pouvoir qui mène à la fortune , ^lle de la fortune qui mène, au pouvoir. Il est si bon père qu'il ne serait plus bon moine , et qu'il ne fait plus qu'à ses enfans les sacrifices qu'autrefois il n'eût fi&iisqu'à lui-même. C'est Brutus renversé. L'autre immoi lait ses enfans à son pays ; il immole , lui , son pays à tes enfans , et certes il y a du mérite; car jamais idoles n'ont moins justifié l'idolâtrie. Dans la sublimité de se& vertus domestiques , ne pourrait-il pas vous immoler aussi ? ne pourrait-il pas sacrifier votre fortune à la conservation de la fortune de sa faQfiille à laquelle il a naguère sacrifié la fortune de la France ? Tel est , sire , le caractère de ce bon père. Confiez-lui si vom^ votdez le gouvernail. C'est un pilote habile , mais n'en concluez pas qu'il sauvera le vaisseau. Il s*est toujouA

MSLVLvé du naufVage ^ il s'en est toujours sauv^phis riche ^ mais il n^en a jamab sauvé que lui • mais il n*a jamais^ jette aa patron du navire en détresse , un^ corde que pour Tétrangler. — Qu'il reste donc père de famille ou' qu'il redevienne père de l'oratoire s'il le veut; mais qui me donneras-tu en sa place ? — Ce ne sera ni le «émillant de Pradt , ni le turbulent Vitrolles , «î le doucereux Montesquiou , ni l^Hictneux Betignot , ni le métieuleux Barbé-^Marhoîs , ni Chalekubriatit l'amphi^^ gouHque , ni ytau-hlarîç l'cnipliatîque , ni Latfy le pa»-

thétique, ni Bellart\t frénétique , ni — Qui sern-co

donc , Nain , mon ami , si ce n*est toi ? — Riez-vous , sire ? Je ne manque ni de courage , "ni de bonne volonté ; je n'ai jamais trahi la bonne cause. Mon carac-^ tère m*hoiiore et je m'honore de mon caractère. Si petit que je sois , je n'ai pas craint de me mestircr avec phi* d'un gi*and homme et peut-i^tre rie' me manque-^t-if que d'entrer dans le conseil pour parattre un géant ^ ma's tout bien considéré , je préfère l'indépendance à la grandeur , et quok[uc capable de faire des sottises aussi bien qu'un autre , j'aime mieux continuer à me morqfiier des sottises que les autres auront faites* Au moinf î« ne ferai pleurer pci*sonne.

CORRESPONDANCE

Paris, ie 6 jjain 4816.

Mon cher ami ,

Tu te plains de mon silence, et tu n^aspas tort; il y a six semaines que je ne t'ai écrit parce qu^l y a six semaines que je suis en prison pour correspondance polîlique et injurieuse au goiwernemenU Cette nouvelle doit te surprendre , toi qui sais que j'ai la politique en, horreur et que je ne m'occupe jamais , soit par écrit , soit de vive voix , que de mes affaires de commerce ^t de mes affaires de famille. Pijisque me voilà devenu politique maigre mol , il faut bien que je t'apprenne de quelle manière j'ai conspiré sans le savoir.

La police intercepta , il y a deux mois ^ une (et^re

<fae |e facfressaîs à Bruxelles* Je vais te transcrire îct le passage suspect ou s^dîtiçux comme tu voudras ; puis y je te rapporterai le cqmmentaire de ces mes«sîeursV

« Notre gros oncle le chanoine est mieux portant qi^e jamais pour notre malheur. Je crois , dieu me pardonne » qu'il s*engraisse des chagrins qu'il cause ; c'est le plua sournois dévot que je connaisse. Les pauvres enfans de cœur de son église sont autant de martyrs , et s'ib ont trop de piété pour l'envoyer à tous les diables , je t'assure qu'ils voudraient bien le voir en paradis» Sa nièce , ( car c'est ainsi qu'il l'appelle j , est plus ^é* * chante et plus acariâtre que jamais. Ou dit que c'est elle qui l'endoctrine contre nous ; mais ^ pour moi , je pense qu'ils ne sp doivent rien* Au reste^ c'est moins son héritage que not;re tranquillité qui me fait désirer sa mort : car il dépense tout avec les étrangers et ne léguera pas un liard à sa famille. Mais laissons là le ladre chanoine et son chapitre j je me console avec m« phi-* losophi/e : il .faut bien pour compléter l'échelle des êtres qu'il y ait des animaux de toutes les espèces : ceU^ cxpUque l'existence des ours et des panthèi*es«

Pourquoi ne m*€nvoies-tu pas la lettre de recomman-» dation que je t'ai demandée ? Je ne puis sans cela lier connaissance avec la charmante Nina* Tu n'es pas bon parent, etc. etc. »■

Eh bien ! mon cher , croirais*tu que ce commérage a été transformé par la police en un crime de lèze*. xiiajesté ? On m'arrête , on me jette dans un cachot » en me réduit à l'impossibilité de continuer mon commerce parce que j-ai un gros oncle chanoine. Le diable m*cmporte si j'oserais publier ce que l'on m*a dit le plus sérieusement du monde. Je n'ai pu m^empêcher , malgré ma frayeur , de rire au nec des graves magistrats qui m'interrogeaient.

Oui ,' monsieur , me disaient- ils , le gros chanoine qui nç vU qu€ pour notre malheur' n'^$i autre que Louis

Yviiu — Mais , messieurs , je vous jure que j'aî un grù^ oncle ckanôine ; vous j»ouVez facilement en acquérir là, preuve. — Et tes enfàns de cœur qui sont autant dé mà.rtfrs , ne sônt-oê pas lés militaires français ? — Mai»^ messieurs , je vous juré* encore que je n*aî jîoint en« tendu malice à toUt cela ; c*est Vous qui insultez le i»oi en prêtant à mes expressions un sens quelles n*ont pas* — C'est bon , lûônsiéur , nous y voyons clàif' , et la nièce a:cariàtre et méchante ^ n^est-cë pas évidemment là duchesse d^Angoulèine ? -^ Avec celte méthode , messieurs , îl n*est rien dUunôcent que vous ne puissiez ehipoisonner , et il n^y a pas de rai^où pour ne paé relnïermer tout ^arîs. — Vous croyei vous sauver pai^ vôtre effronterie; monsieur; vous vous trompez; uû aveu franc et sineère vous 'serait beaucoup plus utile ; oh pourrait vous recommander à Id clétnence de su majesté. — Cèl\iî*là est un peu fort , messieurs, fet votre justice ressemble furieû'sément à la chanté de Finquisition qui vous condamne si vous n'avouez ptls, et qui , 51 Vous àvouei , vous eôndamne encôrCk — I^oint dt propos séditieux , ou..». — Il né s^agit pas de sédition ^ jnessieurs, et je puis ïttfe révolter contre vos indignes procédés sans attaquer le trône» — Non , monsieur. Mais voici ce qui vous convaincra peut-êtl*e. Tenez , lise* vous-même : Je ne puis sans cela lier connaissance at^ec la ùhafTnûnte Nîna. — Eh bien ! mésjàcurs , qn*y a-t-il donc dé si criminel ? C'eàt une femme que j'adore. Estce que vous Ile contevex pas qu^on. puisse aimer ? — Trêve de plaisanterie , monsieur ; nous savons et voiis savez tout aussi bien que nous , que Nina est l'an agramme de iVà/H. C'est le Nain Jaunis^ c'est cet affreux libelle que Vous priez vôtre corjespondanl de vous en-n voyer. — Le Nain Jaune ! mVcriai je eil i^clatant dé rire. Ah ! dû coup c'est bien lé cas de 'dire que lés gens qui ont la jaunisse voient tout en jaune. Entendotis-nous de grâce , messievirs^ entendons-nous. Perlticttez>rabi der me défendre par des faits puisque j*a{ tant d^esprit en parlj^lt que j'attache sans /n'en douter

nn sens my^erieux et profond à chacune de met expresr ^ions* D'abord je ne connais eâ fait de Nain Jaune qu^un certain jeu que m'a appris mon oncle le chanoine qui n*e$t pas Louis xviii quoique vous en disiez. Secondement , toutes les infocmations que vous avez pu prendre sur mon compte vous auront. prouvé que j'étais un honnête homme. — Il est vrai , monsieur , et vous n'en êtes que plus dangereux. — J'avoue que si vous me comprenez trop, je ne vous comprends pas du tout. — Sans doute, les honnêtes gens qui ne pensent pas bien font beaucoup de mal par leur exemple ; voik pourquoi nous avons tant de peine à maintenir la tran* quillitë. — ïroisièmenïent , messieurs, je vous prie d'en* , voyer à Creue-^Cœur ( de grâce ne prenci pas encore ce nom pour une plaisanterie séditieuse ) à Creue^Cœur, di$-je , village situé près de St.-Denis, et vous pourrez y constater l'existence d^ mon onde et de sa nièce. Quant h Nina permetiez^moi de ne pas la compromettre. La vérité de ce que je vous ai dit bu sujet du cha* noine ne vous laissera aucun doute sur Nina.

Après trois semaines d'attente , on est enfin venu m'annon^ber que l'on avait reconnu l'exactitude des faits énoncés dans ma lettre , que l'on m'accordait en conséquence la grâce de sortirde prison , mais sous la cornd«tion expresse de ne plus parler de Mi^ot sournois , , de méchante Jkmme , éCours ni de panthère , si je ne voulais prêter le flanc a aucune accusation d'allusion injurieuse. ^

— Entre le brigand et le conquérant , il n*y a que la différence du petit au grand , c'est-à-dire d'un mal moindre h un plus grand mal. On se rappelle à ce sujtt , la réponse d'un corsaire à un guerrier célèbre. Nous ne savons si le dey d'Alger a voulu y faire allusion en remettant, a un envoyé du cabinet St.-James le tableau ci -après \ mais personne n'ignore pue le résultat de la démarche de lord Exroouth a été la conclusion d'un traité de paix et d'alliance entre les bar- Barcsqucs et les Anglais.

TiBi.Biv iUs îles el/tabliss^u^ns ccjfiniaux qtic P^n^leterre a escamotés , pour la plupart , aiuc autres puis s am:e s.

IfOMS DES îtiq

PO«SS$«EUBS

▲ifCiBifS.

ROIfrKÀOX.-

EV EUROPS*

Gibraltar («).

Espagnol j.

Às^Iaii.

Malthtf.

Chcvaiicrs de i'or-

id.

drejpuisPraiiçaia.

Goze et Comino.

id-

id.

Corfou (b).

Cerigo.

Paros.

ADrinaroa.

St<;-3fanre.

^ id.

(Véwt^puîaFhmç.

Ithaque.

Céphaionia.

Zante,

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