‹ Le Nain jaune réfugiéChapitre 3 sur 88 · REVUE LITTERAIRE · texte numérisé non relu

REVUE LITTERAIRE

Histoire de S» M* Louis xviii surnommé le Désiré* Deuxième Article*

Les Bourbons , en ressaisisssant l'héritage de leujrs ancêtres , ont comblé le vœu de l'Europe entière \ tel est le sentiment de M. Antoine, et je suis entièrement de son avis , à une nation près , ce qui ne vaut pas la peine de disputer. Mais par quelle main a pu être relevé ce trône antique dont tous les débris étaient dispersés ? Où est le puissant génie qui a dirigé cette révolution miraculeuse 7 C'est ce que M. Antoine ne nous dit pas , c^est ce qu'il n'est pas facile en effet de décider. M. l'abbé de Pradt revendique hautement toute la gloire de la restauration \ Louis xviii en fait honneur au prince régent d'Angleterre , et M. de Chateaubrîant nt cesse 4'eQ rendre grâces à la providence.

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Le peuple a^est suffisammeDt prononce , que je sache ^ contre ropinion de M. (le Ghateaubrîant. Restent le prioce^ de Galles et Tarclievéque de MaUnes entre lesquels on est obligé de choisir \ il n*y a pas de milieu. Je me garderai bien de faire connaître mon opinion dans un dc^bat où Ton ne peut se soustraire à FanimadVersion d'un souverain, qu'en s'exposant au ressentiment d'un abbé. J'expose les faits •, j'établis la question , et j'imite respectueusement la prudente réserve de M, le comte d'Artoit qui , devenu lieutenant géncSral du rojraïune et voulant rester neutre dans ce " grand procès , imagina fort habilement de fiiire chanter par- tout des Te Deimt , de livrer les places fortes an royaume aux Anglais , et d'élever M, l'abbé de Pradt à la dignité de grand-chancelier de la légiond'honneur.

Quoi qu'il en soit , Louis xviri après une longue et mémorable absence , descend sur le rivage français ^ apportant à ses. peuples l'heureuse expérience d'un monarque qui règne depuis /près de vingt ans dans diverses contrées de l'Europe .> Qu'on se figure tous les transports que dut fhire éclater une population affamée y comme ou dit , de voir son roi ! Ds plus grand nontbre des Français ne connafssai't pa« encore Louis XVI ri ; il fut accueilli sur tout son passage avec uo enthousiasme e?;traordfnaire. M.^ Antoine décrit , avecun soin ti'ès-remarquable les circonstances les plus, ttiir^ nutieuscs de ce magnifique voyage dU roi de Francedepuis sa bonne^ ville de Calais jusqu'à sa Bonne ville dcCouipiègne , où l'attendaient Tes maréchaux^ qui pour la plupart fui étafent demeurés constamment fîdèles. Le monarque reconnaissant distnigne aveçlc plifs délicat enïpressement ceux dont fe zèle dé^iuféi*essé » déjà prévenu sa bienveillance.. IF adresse aux ducs de^ Reggfo , de Castiglione et de Raguse dts paroles pleines d'obligeance et de grace^ F^otts as^cs été blessé' er^ Espagne ^ dît^ifà ce dernier , et votts avez pensé perdre^ Ma bras ^ Oui y sire ^ répond le macéchaT, mais je £ai^

MfCft^e ptatr le service de ivoire mafesùfi Oa a Hew teconnit en effet toivte fa fausseté dc5 bruits <iui avaient été r<?pandiis sur cet officier , et Ton sait parfaitement »njourd*Iim que le maréch»t Marmont tCa pas toujiours été mancfiot^ '

L*augtrste famHiarit^ du monatrque fte se renferme pas dans le cercle des personnages ^minentt qui Ten- Vironnent ; les sujets^ les plus obscurs n'en sont )amai» exclus^ M# Picard est admis em sa présence et lui pr<?-» sente le recueil de se» comédies. Le prince les apprécie toutes eiï deux mot». Tai pu , lui dit-il , repté^ senter s^os pièces avec un plaisir' extrême dans lespayt étrangers ; et sur-le-champ M# Pfcard est décore dcr ïa croix du lys--.v Voilk pourtocnt le souverain que de» factieux ont représenté comme Fennemî des sciences et de^ lettres ! î Smis son règne f ant-ib dit , les^ arts iSLiï» protection et sans- honneur expirent dans la per-^ sécutkm ^ oh lauguî^ent dan* rindigence«#.«« calomniafeurd infSmes f demandes^ ^ M# Lacretelle le jeune ef il Mé de Casses ^i les geii^ de lettre» ne sont pas magnîfiqiteraenf payés#

Letf étroites limiter de cet article ne me permettent pas de rétractée k^ flombreuTif bieRfait» qui signalèrent h restdufatîoit* Le tableau de cette brillante épo-' que occupe di* page» dan» TouVrage de M* Antoine , et il est cependant bien loin d'avoir tout dît* Que ceux qui n'auraient pad ertcrtre entendes parler de tant de merveilles Sff contcrntent d'apprendre que l*harame ob^ seruateur comme les politiques les plus profonds étaient étonnes de td rapidité a\fec laquelle la France fittirchait au bonheur* Cette félicité ne devait pas tar-* der hélas 1 à être troublée* L*en>ïemi du genre humain et des Bourbons méditait de nouveaux attentats* Le premier mars , il quitte le rodier de l'île d'Elbe et vieàt à la tête d*une poignée de rebelles attaquer le trône de SU Louis et d'Henri tv* Ici du moins on n*é- |>rmive pas la même incertitude qu'au retour do Louis XVIII î ce n'est à coup sur ni l'abbtf de Pradt , ni !•

Digiti

prince régent qui ont fait cette nouvelle révolutio^i , «t i*oft citerait bien peu de personnes qui en aient accusé la providence. Trente-huit individus parmi lesqneb on compte des ministres , des généraux , des préfets et des conventionnels , sont évidemment les seuls auteurs de Tévasion de Bonaparte ; e,t les preuves de cette conspiration sont si frappantes , qu*an a proscrit tous les conjurés en masse sans qu*il ait été né^ cessaire de les juger préalablement*

Qui poarrait ne ptui admirer l'héroïque résignation mvec laquelle le roi de France vint annoncer aux re* présentants de la nation qu*il était résolu de terminer SSL carrière en mourant pour la défense de la patrie ? Ce bon prince l'aurait fait , comme il l'avait dit* Mais heureusement le comte d'Artois dont le patriotisme ar%> dent veillait sur les destinées de la France parvint à loi conserver le roi* |]jOuis xviii ne put résister aux tendres soUiq^tions de Monsieur ; ce monarque est

si bon frère , comme on sait ! il soupe encore le

19 mars aux Tuileries avec de fidèles serviteurs , quitte la capitale pendant I9 nuit pour se dérober aux ac-«clamations de ses sujets , et afin d'enlever aux fac^ tieut le plaisir de penser qu'il renonce h. ses droits hé* réditaires , il èmpoite avec lui les diamants de la couronne, emblèmes précieux et impérissables de la royauté. Les lecteurs n'attendent pas de moi le récit des évé^ ' nemens qui ont rempli l'affreuse période des cent jours* Le reste est trop récent pour que je dqive m'en occo^ per* Je m'arrête donc au départ du roi , et j'invite ceux qui veulent aller plus loin à consulter TouVrage même* Il me resterait à payer à M. Antoine le tribut d'éloges qui lui est dû* Mais quelle plume pourrait louer dignement une pareille entreprise ?•«•* Louis xviii , Antoine , vos deux noms sont désormais inséparablement unis dans la mémoire des hommes , et la pos« térité la plus reculée confondra dans ses hommages re-? toôn naissants le héros et V historien.

VHemiitM dû Brabant.

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