‹ Le Nain jaune réfugiéChapitre 41 sur 88 · EXTRADITION · texte numérisé non relu

EXTRADITION

Je suis , ainsi que tant d'honorables victimes , Fran^ çais et réfugié* L'antique hospitalité des Belges, la loi fondamentale , la loyauté du monarque nous offraient en Belgique^ les plus touchantes comme les plus sûres garanties : c'est donc au gouvernement de la Belgique que nous sommes venus , pleins de confiance , (demander, asile et protection* Que de titres, depuis cette époque^' et le prince et son peuple ont obtenus à notre recon% naissance ! Ah ! s*il en est parmi nous dont les ouvragée aillent à la postérité ; de quelles énergiques couleur^ ib lui peindront et nos infortunes et les bienfaits deK nos protecteurs !

Mais c'était trop peu pour nos nouveaux compatriote! • de se montrer à notre égard , hospitaliers de fait; eus mêmes se soat «2apre»séft de prodanier fi9$ droits à lei^

hSspîiiJîifi îî n'est pas un journat , qtféHe que soît 1*6^ nion politique de ses rédacteurs , qui ait combattu ce généreus principe ; et la piôpart ont élevé la voix en sa faveur. IfOhien'ateur a sigAaté avec force et courage une première * infraction ; le Moniteur Belge m consacré h cette vertu, dont il fait un devoir, un article spécial oîi la noblesse du style ner le cède point à la noblesse de la pensée ; le Mercure^Surueillant sl traité la question du droit {Tasile avec toute l'éloquence de 1» raison- e% de Thumanité.

Tout récemment i au sein des états-généraux , cette cause sacrée a été solennellement défendue ^ l'enceinte auguste de la représentation nationale a retenti de ces paroles :

Xa liberté individuelle de tjiUconijùe se trouve sur ie tgrrîtolre du royaume dès Pttys^Bàs lui est garantie p£ir bs loi /b/idamentitie....* et la loi fondumentàle ne sera pas éhei hotts un vain Jbrmdlaire^

tikxïk cëtife même séance M. d'Otrenge a invoqué à Tappui de cette liberté la constitution « le serment spécial de la chambre , les vertus et la bonne foi du sou*» Terain : son discours, consigné dans toutes les feuilles publiques , fut accueilli par lés àpplaudissemens una* Q.imes de ses concitoyens dont il était l'organe , par le$ larmes et les bénédictions des infortunés dont il protégeait les droits. Pour moi , fort d'une déclaration aussi authentique , }e me reposais , avec sécurité , sur la double sauvegarde de la parole nationale et royale^ lorsque le bruit se répand qu'au mépris de cette parole » la liberté individuelle vient d'être indignement violée dans la personne du sieur Simon , Français réfugié.

Cet acte porte un caractère si odieux , offre une telle complication de cruauté , de perfidie et de témérité ^u'il me semble impossible d'en pénétrer le mystère. Quoi ! au moment niéiiie ou la seconde chambre accueille la réclamation d'un citoyen , au moment oii en sa faveur , elle rappelle avec énergie les garanties eonsc tituttonneJJes I au iMoiûent oà la loyauté du monarque

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ç$J iovoqurfc, lin individu , k pr^Cl^r^tur «rMOHIlil fif Luxembourg , décide cç qjai est en (iéï'ihéf^iii^^ , et . de son autorité privée > JJvre, pied? et pQip^s lies, ]UOf victime qui conipte p^^Tni fej ayoç^t^ Iç^ r^pr^^eotfii^ de la nation. Quoi ! )ç spuyersiip ^st ^ppjié dç f^irç procéder à un examen , et le syj^çt fpoeç{éAç / ,Q}^q> ! le réçnicole protjfgé par tp^tpç Ip^ j^is , t^'pj: ,çp'iji V^st pa» jugé , est traité en criminel par un fonction n^niff cbar|;é de faire re^pepter les loi^ î Qjiqi î .lQjr^qi\e la chambre est convaincue qu*ii importe au roi % h ^O; ?î^r ïion , à toutes les parties dit service public , qu^ àf canstitution ne soit violée , ni par la participation m par la conni\*ence ni ipétne par le silencç 4c Cfiucç quf do lisent en assurer le maintien , ui^ mtigistrgt Is^ violp dans le point qui intéresse et doit le plus i^ivçment ^ le plus constamment intéresser tous ceux dont ellç geir^ rantit Içs droits * ^ il la yiqle pvibliquement « i^mpudep-i* ment aux yeux du roi et de la nation I On Taçcuse d'a^^ voir injustement plongé un citoyen dans les fers^ et i^ répond en l'envoyant à la mort! Il se justifie par ^x^ assassinat ! Où en sommes-nous , grands dieux ! Si notr^ ^xistence est abandonnée à la merci d'ui^ indiyi,dvt qi^i peut se jouer dç la sorte de la majesté nationale $t .royale , et outrager impunément la nature et les lois ! Quelfcs inductions pe peut-on pas tirer d*up attentat semblable commis à la face de TEurope ! Quejs soupçons naissent en foule !••••• Est-ce un trafic du sang humain ? Est-ce un piège tendu à la bonnç foi ? Soinmes^ nous dans ces contrées sauvages , au milieu de cjfs hordes barbares qui vous co^nblent de caresses pour vou» ^i;orger plus sûrement ?

Non sans doute *^ cai* nous vivons sous Teinpire d'aine constitution que les membres des etajs généraux ont jure d*obsenrer et de maintenir et dont ils ne souffriront as que Von s^ écarte sous aucun prétexte quelconque .."^ [ous vivons sous les lois d'un monarque dont le cœuf les principes et les {^rtus * nous offrent d'in£aillib^s

* TeJU« du proj^ct dVdi'osM.

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garanties. Vu grand exemple va donc être donn^ ; nnt éclatante yiolation du droit des gens ya donc être ef« facëe par une réparation non moins ^datante : Tin* JBuIte publique faite à la nation et au roi sera publia fixement vengée , et un gouvernement perfide et ty- 3 «unique aura vainement tenté de compromettre un l»ouvememeni libéral et franc en l'associant à ses for^ (lliits*

Les ÏTATS-GÉifÉEAUX n'oublicrout pas qu^une represefi" talion nationale , tombée dans la déconsidération y nm peut plus être utile ni au peuple qui s^en d^ , ni au roi ^ dont la coopération suffirait pour rendre les inten^ tions suspectes^ * Et si la seule arrestation illégale d'un xegnicole a éveillé toute leur sollicitude , son extra^ dilion armera toute leur justice et toute leur puissance. *

Cependant qu'il me soit permis de déplorer ici Ift lenteur nécessaire des délibérations et la funeste activité du pouvoir exécutif: je plaide aujourd'hui pour les principes , et peut-être n'est-il d-éjà plus tems de plaider pour l'homme envers lequel ils ont été violés ! Nouveau Calas, son ombre seule obtiendra justice ! Met

craintes ne sont-elles pas trop fondées : c'est aux Bour* bons qu'il a été livré !

El le retentit encore dans tous les cœurs cette voix noble et touchante qu'il éleva du fond des cachots:

ic Prêt à quitter le sol de la Belgique , s'écriait > il , SI ce sol que tranquille , libre et soumis aux seules lois » je m'attendais à ne quitter jamais ; auquel pourtant m la violence m'arrache aujourd'hui , je crois de mon \

•> devoir , et comme homme et comme citoyen , de pro- I» tester contre l'acte qui non-seulement me repousse I» de ma nouvelle patrie, mais me livre à la vengeance 1» de mes ennemis les plus acharnés, n

Mais c'est en vain qu'il fit parler l'humanité, la justice et les lois : le procureur criminel fut impitoyable , et acheva froidement son ouvrsrge. Cet acte si révoltant de sa nature , si funeste dans ses résultats , est

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mcore «nvironn^ de circonstances tellement aggravantes^ qu'on ne sait si le délire ne Temporte pas sur Tatrocité. Un d<lmenti solennel est donné par un particulier ^ la nation et au roi! l'opprobre est publiquement déversé sur ce qu'il y a de plus auguste , de plus sacré ! Ues plaintes de Finnocence sont étouffées , la plus insigne biarbarie éclate au milieu des cris d'allégresse et de bonheur ^ au moment de l'arrivée d'un prince généreux l Le sang d'une victime injustement immolée jaillit presque sotis ses yeux \ et le poignard de la trahison se lève et frappe au moment oîi apparaît au milieu de ndus un héros si renomjné par ses vertus chevaleresques ! '

Naguères encore , paisible au sein de sa retraite , l'infortuné Simon blâmait un ami d'oser concevoir des allarmes. « Moi , craindre ! disait-il ^ ' et quoi ? Tarbi- » traire ? la constitution est là* Les lois ? je m'y con- > forme. Le prince ? je serais un monstre si je payais » d'un soupçon l'hospitalité qu'il m'accorde. Non , non , » Y extradition est rangée maintenant au nombre des assas- » sinats. Si le gouvernement des Pays-Bas dont je n'ai » jusqu'à présent reçu que des bienfaits , voulait , » contre toute vraisemblance, changer de conduite, un acte » législatif ne nous laisserait aucun doute sur sa vo- » Içùté *, ou, du moins , à tant de bienveillance il ajou- » terait une dernière grâce , celle Ae noxxs prévenir ç^mq » nous ne pouvons plus compter sur sa protection. » Non , mon ami , encore une fois, non je n'ai rien à » craindre» »

J'ai tenu long-tems ce langage : un exemple fatal ne m'en fait point changer : j'attends avec confiance la décision qui calmera les inquiétudes de tant d'infortunés , ' et tous les Belges qui attachent quelque prix à la liberté et à la loyauté ne l'attendent^ pas avec moins d'assurance. Plaise au ciel que l'infortuné Simon vive encore afin que le triomphe de la justice soit en mcroc, tems cfilui de l'humanité !

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(4o6J DIALOGUE

J)|C5 PLrf DRÔLES*

Vous arez été à Paris ; vous avez par conséquent dîne chez f^ery , au palais royal , galerie de la Rotonde, assez près du fameux cafë Montansier où les gardes da corps remportèrent en iSi5 une rictoire si mémorable* Madame F^ery est , comme vous savez , une femme accortc, polie et gracieuse qui ne refuse Tentrëe de sa maison à personne , et rien ne peut empêcher quatre intrigants qui sont en fonds d*allcr s'y faire servir un repas magnifique à côte des plus lionnétes gens de Im, tnrre. — Que signifie ce préambule , et oh voulez-vou* eu venir ? — Un peu de patience , ami lecteur ^ veuilles mVcouter jusqu'au bout. Vous connaissez de réputation M, CJieron l'agent d'affaires. — Sans doute. — M. Chazet le vaudevilliste. — Parfaitement. — M. Mjirtinvil le journaliste. — A merveille. — M. Suard }e libelliste. — Tout aussi bien. — Comptez un peu; cela ne fajt-il pas quatre ? — . Assurément. — Eh î bien , apprenez donc que ces quatre messieurs sont depuis plus d'un an dans fhabitude de se réunir en piquenique chez Very le trente de chaque mois , jour oîi chacun d'eux touche h la caisse générale les honoraires dont un ministre protecteur des beaux-arts se plaît à gi'atifier les talens utiles. Vous seriez curieux , n'est-il pas vrai , de savoir ce que d'aussi bons amis peuvent se dire dans ces moments de joie et d'abandon ou le

crcnr se montre à découvert? Cest un plaisir que

je veux vous procurer à l'instant même ; vous allez avoir sous les yeux la relation véridique d'une conversation assez insti'uctive qu'ils ont eue le mois dernier inter po-cula et scyphos ; ils la nieront indubitablement , ils yengagerontjnéme leur parole d'honneur; mais j'ai «ne confiance sans réserve dans la sincérité du garçon restaurateur qui m'a transmis les détails que vous ailes lire, et cela par les quatre raisons que voici: i^* ce domestique a lonjours été fiçlclç à ses maîtres , %^* il

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ftiît sôil iervicê sans être insolent , 3^. il n'est point espion de la police , 4^. on n'a point d'escrocjuerie à lui reprocher.

N* B. Je ne me suis pas permis de faire le moindre changement au manuscrit du garçon restaurateur , attendu que j'ai une peur effroyable d'être attaqué en calomnie.

MartinvU ( s^ adressant à Chazet ). Eh bien ! che- Valier , nous apportes-tu le Nain Jaune*?

Chazet* En voici un exemplaire que lé petit Villemain vient de me remettre eh me recommandant de lié le montrer absolument qu'à vous xr6is.

Che'roru Garçon , laissez-nous.

Suurd. Laissez-noiis , garçoli.

{ Je me rétirai l'espace d'environ un quart d'heure après lequel je fus rappelle par un coup de sonnette ti*ès - violent, 'i^rôis de ces messieurs paraissaient fort agites^ ils avaient la figure enflammée et l'ceii agard« Quoique les bouteilles fussent encore toutes pleines }•

MartinviL C'est abominable.

Cheron* Cela crie vengeance.

Chazet. Ce sont des scélérats à qui on devrait couper lé poing droit , comme à Tolleron , afin de leur apprendre à écrire.

àuard. Un peu de modération, mes amis , je vous en conjure. Ne peut-on se venger sans faire du bruit ? eit Térité , mon cher Martinvil , aussitôt qu'il est question du Nain Jaune je ne vous reconnais plus; je n'entends absolument rien à votre courage ; vous recevez en héros je ne sais combien de coups de bâton pour le soutien de la cause légitime , et vous vous révoltez comme un enfant contre une epigramrùe î Cette épigramme est ua

peu vive; j'en tombe d'accord Gela vous 6te-t-il

vôtre croix d*honneur ? J'en dis autant à Chazet , j.*en dirai autant à Ckéron , aussitôt qu'il sera décoré. Je serais votre pcre à tous , moi qui vous parle , messieurs* Sàvèz-vous qu'ij y .a soixante ans que je brave les faç^iïéï et lés quolibets de la meilleure compagnie de Pariât

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tvcz-^TOus fait le compte de tous les pamphlets et de tous les journaux où Ton m'a dëchiré sans pudeur quoique je n'aie pas composa uq seul ouvrage ? avec-voiis jatr' mais essuyë à vous trois le quart des aiironts que Chéuier m'a fait à l'institut , moi présent? et aujourd'hui même -, si le meilleur des rois ' n'avait enèhaîaé la liberté de la presse , pense^vous qu'on aurait le moindre ëgard

pour mon âge ? Groyei-moi , mes amis , la colère

est un mauvais .conseiller. Où voulons-nous en venir ? quel est l'objet de vos vœux et des miens ? la suppression du Nain Jaune , n'est- il pas vrai ? La chose n'est pas aisëe , j'en conviens *, mats elle n'est pas impossible si l'on se -coi^duit avec prudence. Nous tra^ ^ %'ailloDs tous quatre *aûx journaux , grâce au ciel; nous écrivons sans nous Hatter d'une manière assez drôle , et pourvu que nous ne signions pas nos articles , leur efiet me pal*aît infaillible. Or , voici , ce me semble ^ ^ la marche que nous avons à tenir : couvrir nos ressentimens personnels du masque de l'intdrtt général , affirmer que le Nain Jaune est fait par des jacobins qui ont résolu le renversement de tous les trônes , et menacer adroitement le souverain des Pays-Bas d'une révolution prochaine dans son empire , s'il ne livre pas au roi , notre doux maître , les auteurs de ce libelle incendiaire. En agissant ainsi , soyez surs , mes bons «mis , que nous arriverons k nos fins.

Ckéron. Fort bien dit , si le roi des Pays-Bas entendait raison : mais le moyen de persuader jamais de pai*eiUes choses à un souverain qui n'a pas su se mettre au-dessus de la constitution qu'il a donnée et qui laisse écrire contre lui dans ses propres états!

MartinvU. Ce n'est donc pas un roi légitime que ce roi - là ?

Chéron* Si fait bien , quant à la naissance , mais non pas quant aux principes. Vous lui demandez l'extradition d'un proscrit ? il vous envoie en réponse un articledesaloi fondamentale. L'arrestation d*un écrivain?. •• Ce serait le plus volontiers du monde , mats la loi foa«

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JlaiBMtelc è^f oppose eipreM^meiin Veicpulsion A^nm fétvL^é ?•••* La loi fondamentale qaî a toi»! prëvu con« 4ient encora nne disposition formelle à eet ëgard^... et toujours la loi fondamentale ; il ne sortpa$de ià* Quant & moit messieurs, je crois <|uUi n'y a pas deux partit )i prendre ^ puisqu'on ne peut pas supprimer It H9i^ Jaune il faut gagner les rédacteurs»

MartinQil* £b ! eh ! cette idëe a du bon* , ChazeU Le moyen ne réussira pas*

Cheron^ Je soutiens moi ^ que ces ttioyeQS*»!^ l^^OS*: tissent toujours.**** Mes amis permettez-moi une sup-* position doD{ je vous prie de ne pas tous offenser et. l^Taide de laquelle je rendrai ma proposition plus sen^ eible* Figurez-vous un moment qu'au lieu d'être dans les bonnes grâces de M. de Gazes , vous avez encourtt ton animadversion, qu^au lieu d'être redoutés ^ Paris ^ V«us êtes exilés à Bruxelles , qu'au lieu de défendre les intérêts d'une fkmille adorée^ vous serVeft ta cause da peuple , en un mot que vous êtes les rédacteurs dit Ifain Jaune^ Un négociateur habile vient voUs trouver | il vous retrace avec les plus vives couleurs l'oubli d<i ¥09 de0oir$ , le danger de vos écrits ^ tes bienfaits de la restauration , et fait briller à vos yeut une somme d'or considérable ^ prix légitime dont le meilleur des rois veut payer votre retour aux vrais principes et votrA flévoûment à la plus juste des Causes* Répon<des-moi 8 ne vous convertiriez-vous pas sur-«le -champ ? ne ren^ trerîez-vous pas avec transport dans le chemin de thonr neur et du devoir ?

Tous^ Assurément* --

Oheron* Pourquoi donc ne pas (aire usagé d^une re« cette si efficace ?

ChateU EfEcace sur des hommes comme nous « sur . d'honnêtes gens chez lesquels tdute ressource n'est ja^ mais perdue , et qui , dans leurs écarta les plus blâ« jnables conservent toujours un fond de sensibilité* Mais les rédacteurs du Nain Jaune ! T pensez-vous ^ Che-> f on ? pouvez^vous juger de leur (me par la vàtrt ?*••

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Bê mrc»*t^MS pûê qti^îk se sont exJlù ^N>loiltâii*«tWifl et poor FnoiqQe satisfaction décrire aveè liberté ? né tevs sonvient-il plus de leur Nain Noir , de leur Naih Tricolore, da roi de la Chine, dn roi de Persëpolià et de tairt- d*autl«8 abominations qui vous ont si jns** tement révolte et qui ont même fait rougir M4 Suard ?...é En rérïXé plus j*y rëflëchis , plus fe suis convaincu qu'il n*7 a plus qu'un moyen d'atteindre le but ; il est violent , mais il est infaiHible : c'est de faire enlever tes rédacteurs. Jt ne veux pas qu'on leur f^^sse âvt mal f ^ dietk nte plaise ! je d^ire seulement qu'on les mette liors d*état de nous traire en l'assumant de leur per-^ sonne , et qu'on les lîrte tous ii Tmépuisablé clémence un tof*

Suard. Un rapt !' chevalier; la proposition me paraît un peu grave.

Cheroiu On n'enlève pas un homme j comme umi •aisse.

Siuwd* Mes amis, j'ai déjà eu l'honneur de vous dire que fe ne suis pas on enfant^ enlèvement de vive forte ^ offres d'argent \ je connaissais tout cela avant que vous fussiez nés. Croyez-en mon expérience , experie creda Roberto , le plan que je vous ai tracé est le plus simple et le plus à notre portée. Répétons jusqu'à satiété que les auteurs du Nain Jaane sont des révolutionnaires^ des jacobins , des maratistes ^ des septembriseurs. Peu de personnes savent que les rédacteurs sont des jeunes* gens qui étaient encore au collège lorsque je travaillais déjà au journal de Feuillant sous les ordres de mes amis St-Just et Danton. On nous accusera d'abord d'imposture : nous persisterons \ on hésitera , et l'on 6nira par nous croire: ainsi vont les choses. En attendant rien n'empêche qu'on ne prenne les mesures les plus sévères pour empêcher l'introduction do Nain Jaune* Il existe déjà trois lignes ^de douanes ; je ne vois pas d'inconvénient à ce qu'on en établisse trois de plus* Nons pouvons dès demain nous mettre à l'œuvre ^

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€t 3t nafre procb^in nout aviseront ee qu*il ly^rt tiendra*

Tbus. Approuvé I

Suard. Mes amis , voilà <[u*il se fait tard *, |e iuif Qblige' de vous quitter ; j*ai à terminer ce soir un ar«» licle contre la liberté de la presse*

ChaxeU Et moi j*ai un rendet-vous chez M» da Çazes.

Martùwil* Et moi , je va^s rejoindire ma maîtressç qui demeure à deux pas d*ici*

Cheroju Et moi j*ai deux mots à dire an caissier à^ gerçure.

COMMISSION DES BECLAMATIONS.

Séance géiulrale du 5 septembre i8i^

' T^us les rédacteurs du Nain Jaune étant réunis (et leur nombre est plus considérable qu'on ne pense) le secrétaire donne lecture des lettres cî-apr^*

Mon cher Nain , ' Personne ne s*était avisé de me soupçonner de cons«^ piration , lorsqu'un beau matiii l'on m'a vu figurer sur la liste des. 38 cooune un conspirateur avéré. Depuis «e jour , errant , signalé à foutes les polices de l'Eu^ rope y obligé de cachcur un-no^l que tant de geos avaient ignoré jusqu'alors , j'avais fini par imaginer que je de*vais avoir trempé , à mon insçu , dans quelques com.r plots y ptûsque toute l'Europe ministérielle avait signé mon arrêt; je ressemblais à Cadet Roussel esturgeon. auquel on répète si souvent et si affirmativement qu'iJL est poisson , que le pauvre hoifime se persuade à 1« Sn, qu'en effet, il pourrait bien être poisson.

Mais voilà qu'un procès célèbre m'apprend que toute assertion injurieuse dont on ne peut pas administrer la preuve Ûgale est une calomnie. Cette idée est ui| tiait de luoj^ière pour moi ; elle me rappelle que je n'ai fubi aucun jugement, et qu'en conséqi^ence celui qui la'acçvs^ d^ Qpnspira^ion est un €lLl9aniflte^r puisqi^'il

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lui «tt imposrible de fournir \m preuve t^^€Uè deee&ièJ Ce procès m'apprend ansM qu'un souverain ne d^daign* pas d*enirer personnellement en lice avec un simple par^ ticulier , d'oti i'infère qu'un simple particulier peut fort l>ien intenter à un souverain l'action de calomnie lorF- <qqe celui*ci lui a impute un fait dont il ne peut pas apporter la preuve légale. J'ai donc l'avantage devons prévenir , mon cher Nain , que je vais citer devant les tribunaux coimpétens Fauteur cie l'accusation calomnieuse sous le poids de laquelle je gémis depuis si long-tems t ce n'est pas ma faute si mon calomniateur est un souverain , et encore moins si ce souverain est Louis z\nu

La commission 9 va son ineompétence , renvoie le rtf* clamant parrdevant la cour de Liège.

Un membre : mes^eurs , j'arrive de Paris oîi , entre autres serviteurs du roi, j'ai vu le grand fossojeurle^ quel s'occupe sans retôche d'exhumer les ossemens des ancêtres de S. M. T. C. pour les replacer dans la tombe de St«*Oenis* Quelle a été sa surprisa do trouver près du corps d'Henri IV le billet suivant!

Ventre-saint-gris ! Je n'entends pas* cela , mes chers neveux ; vous me mettes en ^ à tout propos , et si cela continue ma réputation sera bientôt dans un aussi bel état que cette pauvre France que ^'avais conquise moins par mes armes que par pues bienfaits. Vous en^ châsses à tort et à travers des expressions qui » chea moi y partaient du cœur ^ et mes furons jurent étrange» ment dans votre bouche* Vous vous êtes servis de moi comme d*un marchepied pour gravir jusqu'au trône , et en récompense vous me compromettes de la sorte f Adressez^vous à Henri trois si vou9 cherches des traits de ressemblance ; mais , ventre-saint-gris , laisses-moi en repcfs , et sous le prétexte d\ine parenté dont je n< réponds pas , n'accoliez pas vos noms au mien -, et surtout, ne me rendes pas coupable d'un faux en gravant «non eJ&gie sur une décoration que je n'ai pas instituée!

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Est-cé doBC unt consolation pour tous d'expôstr aussi ▼otre aïeul à la Hsée des braves ? Nous nous veiTons bientôt.

Henri Quatre.

Passé à Tordre du jour.

Un muet , après un long préambule , nous a dit en style oriental qu'il était chargé de nous remettre les 4eux firmans ci-après, scellés du sceau du grand seigneur» Cçnstantinople.

Monsieur le Nain ,

Sa hautesse, mon auguste maître , cousin de la lune , frère du soleil , arrière-petit-fils de Mahomet , grand seigneur de la porte ottomane se disposait à vous attaquer en calomnie par-devant les tribunaux compétens. Mais , moi , son premier visir, quoique je ne sois qu'un atome > j'ai osé lui faire observer que le nom d'un souverain tel que lui n'aurait pas auplrès des )uge$ de votre pays l'influence d'une majesté européenne. Des catho* liques , lui ai-je dit , ne donnent jamais gain de cause à un Turc -, j'en appellerais plutôt au tribunal même de mon agresseur \ car il est en guerre ouverte avec un roi très-chrétien , d'où l'on peut inférer que sans être croyant il se montrera impartial h notre égard. £h bien I a daigné me répondre sa hautesse , qu'il soit fait comme tu le dis : ta tête me répond du succès.

C*est donc auprès de vous , monsieur le Nain Jaune , que va réclamer la chef ^e Tempire du croissant. Le grand P^igir.

Un Nain qui s'est introduit dans l'appartement de ma sultane favorite a fait retentir jusqu'à mes sublimes oreilles une comparaison capable d'exposer à la haintt ou au mépris un descendant du prophète ! On a établi un injurieux parallelle entre le gouvernement turc et le gouvernement paternel. Je suis un despote, cela est vrai , et je m'en glorifie. Mes sujets sont mes esclaves : ils le savent aussi bien que moi. J'use en maître qui ne doit compte à personne de sa conduite , du droit de vie et de mort; mais j'en use francheioent et sans

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iéïmwr. Je tf^ai u donaë ai accepta 4e.4a(uutittttiQaf le se prends le «urpoia m de désiré, ni de père di% peuple ^ quand i*honore du cordon un de mes saiets ^ \e lui envoie un muet qui Texpédie promptement et avec dextérité , et jamais je ae me suia avifé de commuer une peine d'une seconde» ep des tortures de vingt années ; yamats je n*ai proclamé de pardpn en faisant rouler de% milliers de letes , J9«9ais |e ae me suis mia à pleurer lorsque le supplice d'un ennemi me comblait de joie. En un mot , je ne .sui« nullement grand sei-> çueur dans l'acception légitime ; je suis turc » firchi^ turc , et si vous tenez tant aux comparaisons » compares.inoi au lipi> , mais non pas au serpent qui, pour donner la mort , se cache sous les fleurs , ou au crocodile qui f erse des larmes^ pour mieux dévorer ses victimes*

Allab • ^ Signé s Mahamoud.

Le muet r chargé d'une rétraction en bonne et doQ forme, a été invité à regagner la porte»

Le secrétaire continue ;

Messieurs les Rédacteurs y ' Je lis dans 4a gaaette de France du sS aoât , souc la rubrique de Bruxelles , une note concernant quel« ques vÎQtimes àe l'ordonnance du d4 piilet 181& Ca journal m'y &ÂI l'honAeur de rappeller mon nom , an^ quel malgré tous lea efforts que je iais pour vivre ignoré » il veut absolument donner d^la célébrité ^ il me signal^ comme le principal rédacteur du Nain Jaune. Ce n'est certainement pas l'espion qui le tient au oourant de ce qui se passe chez vous , qui lui aura fourni un pa^ ml renseignement. On sait bien à Bruxelles que je nlMi« bite pas la Belj^que , et l'on sait encore mieux où j# suis, qne je n'écris pas pour les journaux. U est visible» qm les limiers d'nn parti impUqable m'attribueilt à Parts vos saillies, afin d'attirer aur moi une persécutioa nouvelle.

Je signe en général ce que j'écris. .Lorsque je Am frappé par l'ordoiMi^Poe 'du a4 )uiUet« c{ae la police

MitntffusAlt TM\t ^b ]e vivarfs da\M k rMie de Mo«t* Morency 9 et ^e l'o» fusillait les premières Tiotimei ^i'une r^aeti<m aussi imprudente que cruelle , je n'bd-r àitai peint )i attacher mon nom h un m^sietre justi«r ficatif , en m^eecprimaut areo cette franchise et cette fermeté ^que personne nt} sVst encore avisé de me con-* tester , je ne craignis pas d'allumer tout ie c^rroiui des réacteurs parmi lesquels je vivs^is«

Si )*entreprenais aujourd'hui de me plaindre du déni de justice dont je suis Tune des victimes , me gêneraîje plus que je ne Tai &tt il y a un an dans la chambre des représentans , face à face de nos persécuteurs qui menaient à nous sous Tétendard de la vengeance ? et U liberté de là presse dont on jouit hors de France , ne Bie fournirait-elle pas les moyens d'attaquer sans déguisement ce qui choque les yeux de toute l'Europe • Ils me connaissent bien mal ceux qui croient que ^ garderais Tanonyme si je voulais me plaindre tout haut , et me moquer desgens que }e ci*ois méchans ou ridicules !

Je vous prie messieurs de vouloir bien donner un démenti formel à la gazette de France, qui m'a accordé d'un trait de plume , plus d'esprit que {e n'en ai jamais eu. Ne croyes pas au reste , messieurs , que ce soi% parce que je ne partage pas vos principes , que )e soU licite de vous cette démarche-, je m'estimerais fort heureux d'être l'auteur, de la presque totalité des grands articles <|u'on m^attribue*, j'applaudis aux efforts qijte vous faites pour venger la France désolée , des outrages qu'elle éprouve* Il serait à souhaiter que certains princes vous hissent , il n'est pas douteux qu'ils trouveraient chei vous de salutaires conseils , mais il ne faudrait peut-être pas mettre aussi souvent l'absinthe au bord de la coupe au lieu de mieL

J'attends de votre impartialité , messieurs , que voua voudrez bien insérer dans votre prochain numéro cette lettre telle qu'elle est*' . J'ai l'honneur de vous saluer , etc. ,

BoRY D( SAIJiT-VllICEIlT*

Aix-la-Chapelle , ce 3o août.

Nous sommes (Strhéê que M. le cokmel Borjr de St«^ , VîDcent se croie oblige , pour sa suretë personnelle , de démentir les bmits que font circuler les journaux Arad<^ çaîs. Sans chercher à les accréditer, nous avions tu avec plaisir designer au nombre de nos collaborateurs^ un écrivain dont le nom ne pouvait qu*ajoutef ua nouveau prix à notre feuille* La séance est levée.

GARGANTIANA.

GaicahtuI était à-la^fois.un homme paissant parlé poids et pesant par la puissance. Il trouvait son peuplé trop léger , et son peuple . le trouvait trop lourd.

Les Parpailloru étaient en effet extrêmement légers ^ extrêmement mobiles , extrêmement vains» Cela porte*» rait il croire que Parpailion pourrait bien ne signifier que Papillon. Les Parpaillons se bigarraient de diverses couleurs* Les plus estime n'étaient pas les blancs* Ainsi en 'e8t>t-il despapillonSé Ménage et Tabbé MoreUet no\i$ ont donné des étjmologies tirées de plus loin*

Gabgaivtua avait une grande idée du caractère que devait avoir un roi* Le roi , disait-il , devrait être. \m premier en tout et partout* Aussi ne sortait-il pas de son palais et s*j montrait-il toujours entouré de sa cour* Entouré des sujets les plus minces , il j paraissait d'autant plus gros 9 escorté de nains il j paraissait d'autant plus grand.

Gia^GiifTUA fesait peu de cas de notre espëee* Voici Téchelie de la proportion dans laquelle il distribuait ses affections. J'aime mieux , disait-il , un hoBuf qu'un cochon , un cochon qu'un mouton , un mouton qu'ait dindon , un dindon qu'un chapon , un chapon qu*an homme ; mon neveu excepté.

GâRCA!«TUA affectait d* être papiMane^ id est Ûteophage , et n'était au fait que gastrolâtre\ secte qtii adore la divinité sous la forme d'un ventre. C'e^t îi ce dieu qu'il sacrifiait tout. Son cred^ commentait ainsi : credo in

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knufJï dèum centrent ; (je croîs qu^iiti^y a A dteu ^ it Centre )*

C'est dans le ventre que GiÈGiNTtJA pkçait le centre île ses affections. Ainsi que madame la duchesse deMamà^ moiichi^ il avait le cœur au ucntt^ , sans être toutefois sen-^ sible ou sensuel de la même manière. MUord Bâ/ingtoii lui demandant de ses nouvelles à la suite d'une grand*e disgrâce ; fai bien dine\ milord , fai bien dîné , répon-* dit - il, en frappant sur «on ventre •, c* était pour lui , mettre la main sur sa conscience.

Gargantua aimait les animaux , il en était sans cesse entouré jusque dans son conseil \ observons cependant <}u'il y avait une exception : il ne pouvait soufffir les aigles.

GAAGAimrA n'a jamais eu beaucoup à se louer de $e% sansonnets quoiqu'ils aient répété très-exactement tout ce qui sortait de sa bouche royale \ mais H a eu beaucoup à se louer d'un certain Merles D'ordinaire c'est lé maître qui prête des bons^mots à l'oiseau ^ dans ce cas - ci , c'était l'oiseau qui prêtait des bons-mots au maître.

Gaigahtva était le plus clément des princes* Nul nç B'est plus efforcé que lui d^oublier les torts réels et même supposés. Chaque matin il se fesait rappelierpar %in secrétaire les choses qu'il voulait oublier.

Gargantua n'avait que des goAts. raisonnables^ Il n'a eu ni maîtresse ni confesseur. Il n'était passionné ni pour l'amour ni pour la gloire , mais il aimait les lettres et les huîtres.

Gargantua avait une telle modestie que jamais il ne disait ce qu'il pensait de lui-même. Seulement lorsqu'il ▼oulait faire connaître ses di'oitsà l'amour de son peuple, il rappellait ses ayeux et invitait les Parpaillons h se ressouvenir qu'il était le petit-- fils de son grand père*

Gargantua était optimiste. Tous ses discours le prou- Tent. A tout propos comme h tout venant , il disait» il répétait, je suis content^ très -^content ^ çn ne peift 4- V* 53

pMs plus tônient. A rentcndre, son long rîïgne n'a ^t<? qu*uoe longue suite de sujets de contentements.

Garcantt A aussi confiant que constant en amitié , n'a— Vait que des amis déroués. Apprenant qu'un de fea affidés , le capitaine Vafras , était sur le point d être pendu pour lui, c'est dans l'ordre , dit-il, je n'ai que des amis h pendre et à dépendre,

Gargahtua ne manquait cependant pas de sensibilité. L'anecdote anivante le prouve. Comme Henri /util dont l'histoire a servi de patron à celle de la Barbe bleue , -Gargautua était souvent incommodé de la goutte. Une femme implorant un jour à ses pieds la grâce de son mari , les embrassait et les pressait de tonte sa force. Une vive émotion se peignant sur la figure du fils de Grandgousier \ je vous ai touché. Sire ! je vous aï touché! s'écria-t-cUe avec l'accent de l'espérance. Omj , madame , répondit-il avec cette grâce qui lui était particulière , i^ous nCavez touché les pieds^

Gargaktua non moins clément que sensible , voulait qu'on mît de la douceur en tout même dans hi sévérité. On lui demandait unjour son agrément pour trancher la tête à quelques-uns de ses ennemis. Les égorger dit-il , serait trop sévère , il suffit de les égorgetter. Il avait donné à l'exécuteur de haute justice le nom d'exécuteur de haute clémence.

GARGAimjA ambitionnait surtout le titre de père du peuple. Il se montra paternel dans tous les actes de son autorité. Le besoin qu'il avait de persuader à ce sujet les incrédules , car il y en a toujours, fut tel qu'il condamna à mourir du supplice des parricides , des scélérats convaincus d'avoir été soupçonnés de douter de sa paternité.

Nous terminerons cet article par quelques mots sur ' les Parpaiilons auxquels nous revenons pour n'y plus revenir. Nous avons fait d'immenses recherches à leur sujet. Nous savons et nous avons indiqué d'une manière assez précise l'époque a laquelle florfssait cette Batjon •, mais nous ignorons en quelle contrée. La terr^

j8tt pleine de sa renommée et Ton ne sait quel cpia de terre elle occupait.

Voilà un peuple plus maltraité encore par la fortune que les Romains. Ces maîtres du monde après Tavoir rempli depuis les sources de TEuphate jusqu'aux bouches du Tage ^ depuis les sables de Lybie jusqu'à ceux de k. Chersonnèse Cimbrique , ont fini par se replier sur euxmêmes , par rentrer dans leur coquille comm« le limaçon , et ne plus occuper que Rome qu'ils n^ont pu remplir. Les peuples de Parpaillouie qui ont été aussi de grands conquérants , ont fini , non par se resserrer dans leur capitale , mais par disparaître avec elle. Les Romains ont été réduits à ^mw/V arithmétique, les Parpaillons à zcro» Cela ne prouverait- il pas qu'une puissance perd souvent en solidité ce qu'elle^agne en étendue, semblable au métal qui à force de se dilater sous le marteau , finit par se réduire en poudre impalpable* Sujet de méditation pour kes conquérants !

BOUCHE DE FER

— Le Journal de Gand s'élève avec force cop'tce Textradition du malheureux Simon. Nous citerons le passage suivant : «• en se retirant dans le royaume des Pays-Ras , il a choisi un asile que la loi constitutionr nelle doit"^ rendre inviolable ; il s'est jeté dans dos bras qu'il croyait hospitaliers et généreux , et ces bras l'ont enchaîné et livré à ses bourreaux. C'est donc pour avoir cru à nos lois et à notre générosité qu'il est sur la route de l'échafaud. »

— Par décision de S. M. T. C. Un ordre du jour défend expressément aux troupes de pousser des accla^ mations eu aucune circonstance. Cette mesure n'est pas mal-adroite \ aussi se propose-t-on de l'étendre h toutes \*is réunions publiques des fidèles sujets de S. M. — Ils se taisent , direz- vous •, eh ! c'est par excès de dé-

MowiMot. — Cette maoïère d'Iattrprétcv le $3emtm D*est assurément pas d*an despote. ^

— Un Journal roiauUfriel aoglais , The Courier^ pour prouver Ja parenté de la maison de Bourbon avec I^ iamille royale d'Angleterre , offre un arbre généalogiqn* des princes et des princesses qui se sont succédés de* puis Jacques I^. jusqu'à sa majesté très - chrétienne^ Mais , cbose'assez singulière , il résnlte de cette généa» logie que le prince d'Orange appartient ^ la branche régnante , et que Louis xviii descend en ligne directe de la braucbc détrônée,

—7 Le ciel semble avoir ouvert tontes ses cataractes, depuis la belle ordonnance du roi sur la pluie et depuis les prières publiques recommandées par les vicaires généraui, — En vérité , disait un bon curé de village p le roi a dans cette circonstance compromis gratuite-» jneot son autoiité et notre crédit* — £h ! poarquc^i diable , répondit un paysan » vous mélez^vous , l'un et l'autre des afiaires du tems?

~-r Malgré refTroyable supplice des patriotes de i8i(> , la cour est loin d'être tranquille. Vraiment , disait un

capitaine des gardes à la princesse de V ; je ne

suis pas sans inquiétude pour les jours de S. M. — Eh ! qui peut vous donner de si funes'tes pressentiments? — Je ne sais; mais comme on Ta fort bien dit pour son ayeul Henri IV , les bons rois trouvent toujours des assassins. — En ce, cas, réplique la princesie, je sois assurée qu'il mourra comme on dit desa belle mort,

•— Plusieurs capitalistes ont ofibrt de fortes sommes au gouvernement français , s'il voulait leur accorder ainsi que le faisait Bonaparte pour les denrées colo-» ni a les , des licences d'importation en France pour des Ti^ains Jaunes et d'autres écrits imprimés en Belgique ^ mais M, Laine s'est vivement opposé à cette proposition en répondant que ee qui entrait alors était tout suorç,

< — On va incessamment instruire le procès da gé-»

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pÀ'al Becaen. UopinioQ des juges, est connue d'a^. Tance ; et les royalistes purs ne doutent point de Fis* sue du jugement. — A quand Texëcution , demandait 'l'autre jour un de ce» messieurs au prince Tallejrand f -^ Je rignoi*e , mais demandez à M. Papillon Lafert^. — lÀfertél et qu'a-t-il de commun ? — N'est-ce pas lui qui est l'intendant des menus plaisirs de la eour i *

— • On sait que madame Mouton Duvemet estrenuç, •e jetter aux pieds du roi pour demander la graiee des son mari , que le maire de Lyon s'est rendu aux Tui-v^i }eries pour implorer au nom de tous ses concitoyens la clémence de S. M. et qu'à toutes ces sollicitations le meilleur des rois s'est montré le plus inexorable des princes. Maïs ce que l'on ignore , ce que l'on aura peine à croire , c'est qu'après l'exécution du général les ageuii du pouvoir royal ont impitoyablement refusé à cette malheureuse veuve le corps de son époux, '^i ses prières ni ses larmes , n'ont pu lui faire obtenir une faveur qu'où accorde même aux parens des derniers criminels. Elle et sa fille ont été arrachées de vive force de leur appartement et Conduites hors de la ville par une bri-* gade de gendarmerie.

— Depuis que M. Lai^tte a présenté au gouverne-' ment un nouveau plan de fi nance , on remarque que les cours prévôtales n'appliquent plus la peine de mort à^ ceux qui sont en état de payer des sommes considérables. Le jugement des sieurs Rosset , Lavalette et autres soi-disant conspirateurs condamnés à une longue réclusion et à fournir chacun cent mille francs de cautionnement , prouve que le gouvernement légitime connaît aussi les moyens de battre monnaie

— Comme on observait au général Mouton que de se constituer prisonnier c'était se livrer entre les mains des bourreaux , que voulez-vous , répondit- il en sou-» riant , je serai donc le premier mouton qui se, soit présenté de lui-même h la boucïierîe»

«— L^ sagacité du grand-prévôt ayant été mise

|plmîettrs fob en dé^Tautil est question de lui adjoindre le docteur Gall pour reconnaître les protubérance» s^* «Ktieuses des prévenus.

LES VIKGT-QUATBE LKTTRtS JJZ l'aLPBAIZT*

Les YÎsifes se multiplient ; les plaignants. abondent ,. ' et comme il noiis est impossible de suf&re à la r(fdac^ tion et à la conversation , nous nous sommes détermines à nous adjoindre un rédacteur du pitrioir. Le lecteur jugera , par . le récit d'une seule matinée de diétlègue combien cette ntesare était nécessaire*

Hier se présentent cniatre personnages , suivis de si^ autres auxquels se joignent successivement de nou^veaux visages dont le nombre toujours croissant comme dans les comédies de Picard , s'élève bientôt à vingt— . quatre et remplit Téti^oite enceint^e de notre bureau»

— Monsieur je suis désigné dans votre feuille* — Et moi aussi. — Et moi. — Moi de même. — Comment , expliquez-vous ? — Monsieur^ mon nom commence par un i A- — Ah ! — £t il y a un A avec des points dans votre n^. — Monsieur , vous vous êtes permis de mettre un

B* — Bail ! — Un C Un D. — Un K. — De grâce—*

— Un F. — Un BK^nient , s'il Vous plaît. — Un F , vous dis- je. — Sans doute; mais vous avez tort: -car à prendre les choses au, pied de la lettre, il n'y aurait que la moitié de votre nom ; mais , messieurs , puisque vous avez si bien commencé , achevez votre croiso de par dieu* — C e K que veut-il dire ? — Diable ! ce cas est grave , j'en conviens* — Et cet O. — Ob ! -^ Et cet Â. — Quel air chantes» vo us ? — El l'S» -^- C'est uae peilCesst:, — Comment une petite S. — Oui , messieurs , c'est une folie ; une lettre initiale ne désigne personne |iar cela même qu'elle désigne trop de personnes. — Cela est vrai •, nwiis après L , vous ajoutez c'est un royaliste» — Après l'N , c'est un imbécille. — Après le 'r , c'est un éteignoir. — Eb bien ? — Eh bien ! c'est moi. — C'est moi. — C'est moi» — Ah î c'est vous ! Eb.bieni bon soir! Nous ne voulons avoir affaire ni à des royalistes , ni à des éteignoir$. — Mais vous n'entendez pas. — Ah ! vous ne Têtes pas ; vous vous plaignez donc à tort ; ainsi , MM. tes gens de lettres^ bon soip.

— • Penrquoi le duc d^Otrante a-t-il attendu jusqu*à

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présent pour publier un manifeste en forme de wd^ moire? (i)

Pourquoi lord Wellington et tout son ^tat«4na)or •nt>ils i|uittd Paris?

Pourquoi le prince Talleyrpnd est-il arriva ^ Paris en même tems qu'un ^rand persontiage étranger; 'et 6^est>il retiré au moment du d^pai-t de ce personnage ?

Pourquoi le recrutement de Tarmee royale est-<tl f objet de tous les soins du miuistre de la guerre ? Pourquoi le mini«tre des finances prfeente-t-il tousiles ionrs <k nouveaux projets ? Pourquoi les ministret a*asserablent>ils si souvent ? Pourquoi la réception du corps diplomatique u'a-t-elle pas eu lieu le 3 septembre ?

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