PETIT BULLETIN
I>£S TttEATRCS DE PAAIS*
Il est de ces êtres malheureusenneiit organises qui ne ' savent envisager les choses que sous ie point de Tue où elles se présentent naturellement ; qui toujours prêts à tirer des inductions de ce qu'ils ont vu , ou •ntendu s'en rapportent bcliucoup plus à leurs yeux et à leurs oreilles qu'aux raisanaements spécieux qu'on leur oppose. Placez ces gens-là aux spectacles , qu'ils jr soient témoins de l'avidité avec laquelle tous les assistants aocueillent et saisissent les moindres allusions ^ vous aurez beau leur faire lire ensuite les journaux der Paris , ils persisteront à croire que l'esprit public n'est pas aussi bon , l'enthousiasme pas aussi grand que le repètent chaque jour la Quotidienne , la gazette de France, le journal des Débats, voire même l'Oracle «le BruxeUee. Qu'entre les mains de ces mêmes gens, il vienne ^ tomber l'article suivant rédigé'avec toute la candeur dont • nous sommes .capables et vous \e» entendre» déduire des conséquences qui les feraient condamner à l'amende de 5oo florins , si jamais la fantaisie leur prenait de les faire imprimer. Avec de pareils ttres il n'y a rien à espérer , et nous le déclarons net , car nous ne voulons pas payer l'amende , ce n'est pas pour ^eux que nous rendons ^ compte de l'opinion du parterre. ♦ ^
La comédie du médisant obtient chaque jour plus de succès. Ce n'est point le fond de la pièce , le développement des caractères, le comique des situations, Pinteiligence de la scène qui charment le public ; on r applaudit avec fureur plusieurs portraits qu'on croit reconnaître, et une foule de traits de circonstance tels que les vers suivants : ^
» L'autre grand délatcuc s'en va Poreille bssse , » il a beau dcnouccr , il n''aura pas de pince, u A la même .représentation le drame d'Eugénie n'a p^is offert moins a occasions au public de manifester ses sentimens. La salle a retenti des appjaudfssemens le^ plus nombreux et les plus prolongés, au moment où
Qoo^^
le p^re de cette intéressante victime de là scélératesse d'un gentilhomme a répondu à madame Murer qui l'en(B;age II marier sa fille à un lord :
« Jamais, jamais^ il la rendrait trop malheureuse; est- « ce çue je ne connais' pas ces petits grands seigneurs?
Mais les bravos ont encore augmenté lorsque !• même personnage ajouta en parlant de son a^tre gendre« Pour celui-là il n* attend rien des favei^rs de la courf il a festime de toute tarmée.
• Si le jeu des acteurs du théâtre Français, et du théâtre de l'Odéop, n'offre aucun point de ressem^ blance , les habitués de ces deux s{fectacles paraissent animés du même esprit. Dernièrement à la représen-* tation du Faux Stanistas *, M^e. Fleory a dit «vec beaucoup de naïveté en voyant le roi en colère ah mon dieu comme il est méchant ce bon roi / et le pitblic d'applaudir comme si elle avait dit une malice. L'académie royale de musique a reçu , il y a queK
Îues jours , un opéra de M. Bouilly , intitulé CUmence saure. Dans le cours de la pièce , la fondatrice des jeux floraux distribue aux vainqueurs , une ^glantine^ un souci et une^ t^iolette. M. Nodier membre du co^ mité de lecture a exigé, sous peine du rejet de la
Eièce , que l'auteur changeât la violette en Ijs. Mais i parterre est dans la confidence, et cette fois ce ne sera pent-étre pa& le bruit des bravos qu'il fera entendre. Eff province il règne un autre goût. Chaque fois que quelques individus demandent l'air de Heyri IV, la masse des spectateurs erie fallemande , rallemantie. Il ne serait pas facile de dire ce que le public entend par là. Sans donc nous assujétir à, donner {explication du mot, nous nous bornons à remarquer que ce goût pour r allemande gagne tous les jours.
Ou répète en ce moment au théâtre Français , une tragédie d'Absàlon. La police littéraire a beaucoup retranché dans cette pièce •, mais qu'y gagne- t-on ? si l'on , n'applaudit pas les vers mutilés par la censure , on les apprend par cœnr *, c'est ainsi qu'on répète dans tous les salons la réponse que fait David à un de ses ci>urlisans qui lui conseille le meurtre d'un grand nonJ)re de rebelles.
Le supplice d^an seul sufUt 2i ma vengeance Pour im roi sujxs pitié , le ciel est ians clv*meDo««
Qoo^^
— n Aucun de» commissaires envoyas par les diSi^rente^
f>uissaDce8 à l'île Sainte Hélène n'ëtait encore arrive , orsque M. le marquis de Montchenu a débarqué sur cette plage. Ni les sentimens de conTcnance, ni lç« représentations du gouverneur n'ont pu le déterminer il attendre l'arrivée de ses collègues. Il a vouhi verbaliser à l'instant même pour constater la présence d* Napoléon. Sa tournure , ses manières , son empresse-^ ment ont' beaucoup diverti tous les babitants de l'iU et en particulier rex-empereur , qui le traite avec les plus grands égards et ne l'appelle jamais autrement que votre excellence , et monsieur l'ambassadeur.
— M. Hennequin , l'un des peintres distingués dt Técole moderne , va faire paraître incessamment à Liège une gravure représentant la distribution de l'étoile de la légion d'Honneur à l'armée des côtes de l'Océan* L'effet de cette gravure est très-pittoresque , l'ordon^» nance est grande et belle , le lieu de la scène est très^ fidèlement représenté. On regrette seulement que l'artiste ait Commis un anachronisme imjlardonnable ^^ ea choisissant pour héros un tout autre personnage que Henri iv , qui est, comme on sait, le véritable fondateur de l'ordre. ^
— On assure que Napoléon qui n'a jamais perdu l'es* pçir de revenir en France , a sauté de joie en lisant le projet de loi contre la liberté de la presse. To^s les cas semblent prévus en sa faveur. £n effet s'il usurpe la couronne une troisième fois ,' l'Europe se lèvera de nouveau en masse contre lui , et bien qn^ la guerre lui soit déclarée pour le fait même de son usurpation , la UgUimUé de son gouvernement ne pourra être révoquée en doute.
L£ lAGOIâ DE PEESE (l}.
Rien de nouveau tous le soleU.
Qu'«st-ce qui fut deux fois précipité du trône , y remonta deux fois en dépit de la nation , et mourut enfin de frayeur ? Est-ce Louis~le-Débonnaire ? Non c'est le Schàfi.
Qu'est-ce qui fut imposé au peuple par une puts^ ^ance ennemie ? Qu'est-ce qui se vengea cruellement de son exil ? Est-ce Louisd'Outre-Mer? Non c'est le Schah.
Qu'est-ce qui ne sigdala son règne par aucun acte
(i) Cut Is catéchistiu hktprit^ut à T usage du petit S«kalu
Qoo^^
Iiouorahie ^ qui n'eut point d'cnfans et fot le dertfter de sa race? est-ce Louis-Ie- Fainéant? Non c'est le Schah^
Qu'est-ce qui fut continuellement en guerre arec sei fujets , grâce aux intrigues d'une île voisine? £st-Mf LoUis-ie-Gros? Non c*eù le Schah,
Qu'est-ce ^ui fit égorger ses sujets, dans le midi dm fOu royaume , à oause de leur croyance religieuse ? £st^ ce Louis- cœur- de-Liou ? Non c^esi le Sçhah.
Qu'est-ce qui accabla son peuple d'impôt^ , et fut oUigé de diiliirer son -sacre à cause du mëconteotement général ? Est-ce Loui»-Je*llutin ( ou l'Entité } ? Non c^est le Schalu
' Qu'est-ce qui fut soupçonneux, IijrpocrUe et cruel ^ jaloux de son pouvoir , opiniâtre dans ses préjugés , implacable -dans ses vengeances , étranger h tout prin-^ Cfpe de justice • qu'est-ce qui disait que celui qui ne tait pas dissimuler ne suit pas régner ; qu'est-ce qui gouverna par la fourbe et par la terreur ; qu'est-ce qui 6idL -aux oilicicrs et aux magistrats leur charge pour les . donner aux rebelles qui l'avaient suivi dans sa retraite % qu'est-ce qui regardait la France comme un pré qu'il pouvait faucher tous les ans et d'aussi niH^s qu'il lui plaisait ; Quel est le tyran dont la barbare défiance encombra les prisons , entoura le château royal de gibets , fit punir tant de citoyens par la main du bourreau , et eut pour ami un prévôt qui fut le juge , le témoin et l'exécuteur de ses vengeances \ qu'est-ce qui abâtardit la nation et lui procura cette tranquillité qu'un historien ingénieux compare à celle dont jouissent les forçats ? Est-ce le roi ti'ès-chrétien Louis xi f Non c*est le Scliah. /
— Ou demandait h M, de Talleyrand ce qu'il pensait du nouveau factum de M. le vicomte de Châteaulu'iant. Il me semble , répondit le grand chambellan du roi, qu'il y a des morceaux qui sont faits de maindematlre*