‹ Le Nain jaune réfugiéChapitre 74 sur 88 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

Messieurs de TÉteignoir l'emportent donc ! t4 JfainJaune est suspendu. Combien de rimailleurs, d'écrivassiers^de grands etdepetitsintrigansayaienc conspiré sa perte ! C'est la plume à la mainqu^ des .ennemis généreux nous auraient combattus ^ maîf jces messieurs ont trouyé plus facile de répondre â nos épigrammespar un coup de poignard : c'est ainsi qu'un poéte-tyran neréfutaitscscritiquesqu'enles envoyant aux Carrières. Ils se sont tous coalisés , ilg jont aiguisé dans l'ombre leurs armes ordinaires, là calomnie etrhypocrisie j et parvenus , en rampant, ^squ'à l'autorité , ils lui ont représenté le J^ciiii JTawne comme un journal dangereux, séditieux, plui A>rmidable9 lui seul, qu'une armée de dix mille hommes j que sais^je enfin ? l'amour-propre ofieqs^ ^stsi éloquent sous le masque du zèle et du patrio-^ tisme! Ils ont fait de leur ressentiment particulier june affaire d'élat, et leNainJnune.j pour avoir faiÇ )ia guerre à quelques brou liions , à de plats écirivains^ h de vils folliculaires, aété déclaré pernicieux pour la cbose publique. La nomination d'un rédacteur ^responsable eut fait Cesser tous les prétendus incon« véniens qu'ils signalaient; la chose publique alors n'eût couru aucun danger : mais la vengeance de cea pbauds amis du prince n'eût pas été satisf<ii te: ils y qur laient un coup d'éclat; ils voulaient assassiner celui qu^il» désespéraient de vaincre. O joie I dnoBU

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trîomplie! LWdre e$t donné: à quatre heures du matin la police descend en force chezrimprimeor du Nain Jaune , et le criminel d'état est arrêté. Pour parler sans figuré , Timpression de notre jour^ nal est défendue au moment même où l'on publiait Tçrdonnançe sur la liberté de la presse , lorsque hoùs venions de recevoir du ministère l'avis de la domination d'un censeur.

\ Cependant le propriétaire du Nain Jaune court cle bureau en bureau , se transporte chez tous les fonctionnaires dont il espère obtenir quelque» îéclaircissemens j il demandé pour toute grâce d'être traduit devant les tribunaux , s'il est coupable } î! ^sollicite V ordre écf*it qui suspend ou supprime soâ journal} il se plaint de ces voies tortueuses qui le })rivent de sa propriété sans qu'il puisse même don** ner la preuve qu il en a été privé : partout iln'ob— lîenFque des réponses évasives, ou plutôt un véri« table déni de justice.

' Dè« que les journalistes se furent bien assura Ijue le Nain Jaune était dans l'impossibilité de se défendre , ils se déchaînèrent contre lui ; semblables i ces oiseaux de proie qui ne s'acharnent que sur les ibadavres. Triomphez^ magnanimes adversaires; ac-« euseZ) dénoncez, égorgez des gens désarnués; si Toa nous a fermé la bouche , le public tout entier sera notre avocat; le public tout entier a répondu pour ^ 'nous, en témoignant le mépris et le dégoût quehd inspirent vos feuilles anti— françaises *.

Puisque cesmessieurs ont donné tant d*impor<« tance à un petit journal , il faut bien que je m 'eu

». f Nooi luMioni «« lecteur le loin de faire de jostes esLcepUoBS^

^6nne un peu ; |e cesse de parler coUectfyeiiteii^^ Ce n'est point au momentile la persécution cfue j% veux rester sous le manteau. Le Nain Jaune u^est j>oint de ma part une simple spéculation : les prin^ cipes qu'il professe sont l'expression de mes senti«*^ mens. Quelques articles, je l'avoue, s'y sont glissés malgré moi ^ mais ce qui forme sa couleur générale^ Vesprit d'indépendance , llionneur français porté jusqu'au fanatisme peut-être, la haine desgothiques' |)réjugés , qu'on ne pourrait ramener sans boulé**' verser de nouveau l'état, le vœu si hautement ma-< nifesté pour une constitution qui eonsolidera le trône en assurant les droits du peuple , la douleur profonde qu'inspire à tôutbonFrançais la désolation cle notre patrie j voilà les sentimens et les opi-« nions qu'on s'est plu à reconnaître dans le JSfain Jaune'^yoilk mes sentimens et mes opinions. Je ne prétends point pour cela me donner les honneurs de la rédaction : je lify ai qu'une Lien faible partj mais si des articles écrits dans ce-sens «ont des crimes, je suis bien criminel, car je les ai adoptés aveo empressement lorsque je ne les ai pas provoqués» J'ai cru et je crois encore qu^un journal constitu-^ tîonnel, qu'on appelle journal d'opposition, était indispensable dans un état vraiment libre } qu'une feuille où l'on trouvait tout à la fois cotirage , pa« triotisme et gai té était une feuille essentiellement française; je l'ai cru , et je persiste à croire que la suppression d'une pareille feuille serait un at» tentât à la liberté de la presse et une insulte faite a la nation elle-même.

Je devais cette profession de foi au pubjUc et k

qMÎ-méiftej^é (k>kmaintenâiitq«iQlq^esex{Jicatîoq|^ k mes abonnée. Le désir de satisfaire aux engage^ mens que j'ai pris avec eux, est un des principaux, motifs qui m'engagent à mettre au jour cette bro*-> diure : elle leur tiendra lieu des numéros qui leur manquent. J'espère que la défense qui s'oppose à la publication àa Nain Jaune ^ sera bientôt levée; et je fonde cette espérance sur la jusûsce des tribunaux et des deux chambres, qui ne permettront pas qu'ua citoyen soit arbitrairement dépouillé, de sa pro-^ priété ; je la fonde sur la bonté et sur l'équité du roi y à qui cet écrit fera sans doute connaître l'acte illégal par lequel ses ministres osent donner uju démenti à ton ordonnance.

* Si, contre mon attente et contre toute justice, je ne puis rentrer dans une propriété dont l'acquisition et ragraudissem^ntm'ont forcé à des sacrifices considérables , je me réserve de dédommager mes souscripteurs d'uneautre manière. Quantaux per.sonnes avec lesquelles j'ai contracté des engagemens pécuniaires , qu'elles ne soient pas moins tranquil«* les : tout ce que je possède sera consacré à l'acquit de mes dettes \ et si la nécessité de vendre dans un moment aussi peu favorable, me réduit à une hono« jable pauvreté , je me consolerai par le témoignage de ma conscience , et par ce témoignage de mes concitoyens : Lorsque tant d'illustres auteurs ont fait leur fortune en écrivant de dangereux menson-»^ geS|.ila perdu la sienne en publiantd'utiles vérités»

CAUCHOIS-LEMAIRE, '' Editeur des Fumistes. -

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FANTAISIES

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