CONSIDÉRATIONS POLITIQUES
(^uiKiE jours se sont €coul^sdepuis qu'un journal cfl^brc par sa malice, mais dans lequel on a toujours remarqué un esprit de gaîté éminemment français etpatriotique, a cess^ de paraître. La suspension du Nain Jaune ou plutôt sa léthargie, a fait faire de profondes réflexions à quelques per. spnnesquile lisaient avec plaisir, et qui n'étaient cependant* pas de la lie du peuple^ ainsi que le dit un certain Naùt Verty que la^lie du peuple même ne connaît pas plus que la bonne compagnie.Les moindres objets peuvent fournir de grands sujets de méditations; aussi Xq Nain Jaune lui-même en fournit-il. On se demande, i^. si un journal qui a quatre mille abonnés , n'a pas au moins soixante mille lecteurs ; d*** s*il est raisonnable d'avouer à soixante mille personnes, que des gens dans le gouvernement craignent quinze h vingt pages d'esprit i 3^« s'il existe une puissance qui puisse , sans dédommagement etsansen donner les motifs , priver un particulier d'une propriété telle que celle d'un journal, et le mettre , en le ruinant , dans la nécessité de manquer k tes engagemens envers ses souscripteurs ; 4^. s'il ne fallait pas, avant d'exercer un acte d'autorité aussi arbitraire ^ue celui de la suppression d'un journal, faire quelque loi cbntre la liberté delà presse qu'on proclame, sauf h la faire ratifier par l'assemblée législative. Quand on se dt^mande pourquoi le Nain Jaune a étésuppriméde préférence à toits les autres journaux, qui ont, sous le dernier régi me deBona- |Murte| insulté an gouvernement rojaly on est tenté de croire <
(faé ce âont moins ses opinions qu'ov a voulu pimnr , que les piqûres qu'il ^ faites à Tamour -propre de quelques personnes qui ont la force de se venger , mais qui ^'ont pa^ la force de pardonner on l'esprit de rire ^Lm €e qui est risible.
Le Naîn Jaune n'avait point la prétention de passer \ la postérité ; les personnes qu'il ridiculisait , ne variaient pas la peine , en général , d'être ridiculisées plus de cinq jours/ mais sa suppression étant un acte arbitraire et tjranniqu^,t>n le recherchera par la suite, et beaucoup de Cotins , de Pradons , de Linières devront quelque cé^ lébrité à ses saillies et à $es infortunes.
L'histoire remarquera aussi que , sur ia fin du r^giie dvk plus exécrable des tyrans, les rédacteurs responsables des journaux tombèrent dans le décri, et que la liberté de tout dire et de tout imprimer fut poussée jusqu'à la licence >
Que les chambres délibérèrent huit jours pour atténuer et adoucir les mesures de rigueur qui lui furent proposées . pai' les ministres , et parvinrent h les neutraliser par une foule de modifications y que les titrés disparurent peu à peu , au point qu'on n'osait plus s'en donner dans ces assemblées publiques ;
Enfin que nul ne fut insulté dans sa personne ou danssa propriété, par ces gens qu'on se plaît à nommer de la canaille, qui voulaient verser leur sang pour ce qu'ils regard daient comme la cause de la patrie.
Tout est rentré dans l'ordre , plusieurs événemens con«* aolateurs, plusieurs actes bienfaisans du gouvernement ont signalé l'âge ^'ordans lequel nous allons enfin rentrer* Il n'est plus question que de boire des eaux duLéthé pour être heureux/ il serait à souhaiter qu'on indiquât h quelques feuilles publiques les lieux où coule ce fleuve , des ^>ndes duquel elles n'ont goûté que ce qui était né-» eiessaire pour oublier leurs erreurs personnelles*
" II est remarquableque ce soit depuis le retour du prince le |Aus clément de tous les pjrinces, qu'ilsesoil introdoitdaiis^
tout les )9]umaQ3F ( moins deux } un système révoltant àê plates invectives, de calomnies atroces, de déclamations lid^ mlci^tes qui salissent cbaque page de ces dégoûtans lifeeHes.
Affames de carnages, ces vautours politiques ne respirent quele sang/ ils veulentqu*ane partie de la nation assassine 4'autre , «t que la France , de réaction en réaction , ne soit plus qu*un vaste cimetière tout couvert désosse^ mens de ses propres citoyens*
Aux noms malheureusement trop fameux d'i&istocrates^ dejenilians^ de Jacobins, de modeWs ^ de terroristes^ dé TtctcteurSy de r/pubUcainSy de royalistes^ etc., sous lesquels ces mêmes énergu mènes ont tour k tour secoué les torche^ des dissentions civiles, et provoqué au meurtre et à la vengeance , ils viennent d'ajouter le nom de bonapartistes. *
C'est sous ce nom qu'ils cherchept aujourd'hui à faire prosci'ire les meilleurs citoyens. Il suffit qu'on ne partage pas leurs opinions sanguinaires pour qu*ils vous l'appliquent avec one fureur qui tient de la rage , et qu*ils appellent sur vos têtes le courroux du ciel et du trône.
Eussîez-vous été républicains , vous seriez pour eux des bonapartistes ; comme si les plus grands ennemis de 6ona« parte n'étaient pas les républicains ; comme si ce n^ sont pas le* républicains que Bonaparte n'a cessé de chercher \ humilier, à éloigner des places , à persécuter , à avilir. ^ Us traitent de bonapartistes des hommes que Bonaparte a proscrits au i8 brumaire, et qu'il a toujours tenus dans les rangs inférieurs, quoiqu'ils eussent déjh marqué dans les • premières places de fa république; des hommes qui, dans l'afiaire d\\ général Moreau, prirent le parti de cet illustre opprimé , et qui pour cela furent dénoncés h Bonaparte comme des conspirateurs par un délateur à gage, le gêné- Tal... depuis transfuge en Angleterre^Jes hommescnlîn qui dans la d€frnière chambre des représentans ont provo^ ué dixectement la déchéance deBonaparte, et ijui avaient conçu le projet de le forcer à'donner son abdication au Champ de Mai. '^
" Jtf âis ces hoODttes ont datidéesUMralesy ils n'aiuient
point Tancien r<fgime avec ses privilèges ; ils veufeot non une république qu'ils savent être impossible , mais une monarchie constitutionnelle. Il faut les pendre, les déporter , au moins les exiler.
La France vit sous un monarque trop éclairé pour qu'oa puisse craindre que de pareilles déclamations aient pu pos* ter Tantorité aux premiers actes de rigueur par -lesquels elle vient de signaler sa justice. Déjà quelques personnes jconnues par leur mauvaise réputation en tout genre ont été proscrites ou exilées > le châtiment se bornera aux plyj coupables dont nous avons entendu orier la liste dans les rues ; les mêmes colporteurs qui, ii y a un tnois, vendaient le Patriote de 89 » s'enrouent aujourd'hui au Pen*on ou auxBoulevarts, en débitant l'extrait de la Gazette officielle^ auec le nom des graAds scélérats qui ont trahi le roi et qui do lisent être Jugés et exilés , etc.
n y a bien parmi ces grands scélérats des personnes dont tout le monde ignore le nom , et qui se trouvent d'au«> tant mieux placées qu'elles remplacent des innocens que tout le monde connaît. Les chambres jugeront s'il y a lieu à augmenter ou h diminuer les listes. En attendant , nous nous permettrons quelques réflexions qui n'étaient ]1bs tar-> dives'il y a quinze jours sur l'ancienne chambre et sur les nouvelles élections. Ce n'est pas notre faute si elles n'ont pu paraître plus tôt.
* Dan$^ les circonstances extraordinaires où l'Europe armée occupe la capitaledela France, où legouverneroetit royal a remplacé ce\te dictature , que Napoléon , fort urt instant de ro])inion publique, ne put soutenir» oh. Louis XVIII, év^idemment étranger aux fautes de cet ancien minis* ihrc , qui, plus qu'aucune autre chose, provoqua le retoot
de Bonapaii;e, convoque une représentation nationale; il est
* Quelques fragm^iur âç cfet firUçio aiift é^ paMiés, dsns Unn dtptndaat du aa juiiUt deqiicr.
Gcx)glè
Utile de recu«Ulir les divers monumens de Popinion pu^ blique, et de rechercher le^causes de l'inquiétude genërale»
Il ne nous appartient pas sans doute de prononcer sur une question aussi importante et aussi délicate que celle de la convocation de la représentation nationale pro«» jetée *) mais -nous nous bornons à Fecueillir des bruits qui peuvent faive naître des réflexions utilësi
On a dit, avant que l'ordonnance qui t'assemble les col^ . l^ges électoraux fût connue, que, pour faire Cesser un état • directorial peu conforme à l'esprit de la nation et aux intérêts du pouvoir, le corps législatif tie Bonaparte ^ qui fut nommé par le sénat , et qui avait enregistré la charte octroyée en i8i49 serait rassemblé ; mais la moitié de ce corps, composé dans sa pleine vigueur de deux cent sept membres n'aurait pu être réunie dans ce moment. On compte d'ailleurs trois séries de ce corps législatif , dont les pouvoirs expirés n'ont point été renouvelés et ne pou« valent l'être» Quelle garantie naturelle eût pu sortir d'une semblable corporation , soit pour obtenir la con«» fiance publique , soit pour voter d'énormes impôts , soit , pour consolider les droits constitutionnels qu'elle laissa envahir eu 1812, en i8i3 et en i8i4 ?
On disait aussi que, pour obtenir plus de légalité, onde« vait recourir h de nouve^es élections. C^est ce parti qui a été adopté*) mais combien d'obstacles ne faudra- t-i) pas vaincre pour parvenir à ces élections, même dans les départemens tranquilles, qui sont en si petite quantité? Une partie des dépaiiemens est occupée par les troupes des puissances alliées \ une autre l'est par les troupeâ françaises* une troisième est en proie aux troubles civils ^ aux fédérations ou h des insurrections violentes et sans cesse renaissantes , depuis Marseille jusques à Bordeaux* Comment réunir des assemblées électorales dans ces mal-» heureuses contrées ? Comment rallier les esprits , les opinions^ les volontés, et obtenir le calme et le juste discernement, si nécessaii*e à Id bonté et h. la vali-^. dite des élections ; Peùt-on croire à la liberté des choix I }k OÙ règx^ à peine la liberté de la pensée l
En supposant même le prodige qui opérerait la réunion des bons citoyens pour faire des élections légales, le corps repr^de ntatif ne serait-il pas assemble trop tara pour parer aux maux les plus pressans, pour caim^ les inquiétudes des départemens menaces, et adoucir les calamités dès dëpartemens euTahis? Cette représentation tardive, insuffisante et sans Hberté, pourrait étr« encore un i*emède dsagereux : car, formée au milieu des orages , il est difficile qat les ëlémens qui la composeront, soient exempts de* cet esprit de parti qui se manifeste si malheureusement dans tout le royaume.
On dit que plusieurs hommes d'état , et des ministres éclairés , avaient pensé que la chambre des represen-' tàns , nommée par la France , pour revori* et réunir les ' constitutions dans une seule pensée , était une corporation politique plus propre qu'aucune autre à neutraliser les maux actuels , à faire supporter également , par toutes Jès classes de la société , les frais de la guerre , et à rati* fier définitivement le traité de réconciliation etdecon*^ corde de là France avec le reste de TËurope*
Il est reconnu que la chambre des représentans a été formée par tous les corps électoraux des départemens et d^arrondisscmens.JamaisreprésentationdelaFrance, prise dtins toutes les classes de la société, ne fut ni si complète, ni si nombreuse. Elle n'a été formée ni par les lois sénato* riales , ni par le choix du prince , dicté au sénat , mais par toutes les parties du territoire français, et par tou^ la population de la France, sans qu'aucun corps aristocratique l'ait, s'il est permis de s'exprimer ainsi, pas* sée au crible , aussi fut-elle la plus immédiate et la ))Ius légitime; la décision du peuple , quel que soit le mobile qui la provoque , étant toujours la suprême loi*
Dans une session, d'un mois , la chambre des repré-* sçntans a monti*é l'esprit le plus sage, les intentions les plus pures , le courage le plus prononcé , Tes-^ prit le plus éminemment national. Eii vain des calomniateurs à gages l'ont-ils nommie la charnière de Bonaparte ; elle a r^velrsé, en deux jours »
ee colosse de pouvoir et de renommée , que tontl^s }es puissances de r£urope n'avaient pu renverser en quinte années, «'>vec tout l'appareil de leurs arméniens formidables*
Elle a sacrî6ëde justes craintes et des défiances légitimes au besoin de l'union des pouvoirs; elle a tempéré la d^« fense publique, de manière à conserver Tarmëe française, les personnes et les propriétés de la plus belle des capitales».' Elle ne i»'est prononcée que pour Tintérét national, et pour ôter tout motif, tout prétexte , et toute |ustice à U guerre. £lle n'est ni le corps législatif de Napoléon , ni ntle chambre de députés des départemens choisis parle sénat, mais bien véfitablement/a représentation nationale^ qui tmvaiilait à la constitution de l'état pour résister à Napoléft», s'il fût demeuré victorieux à la tête de nos braves armées*
Elle a obtenu de nos ennemis même le plus bel éloge : le Moming Cronicle célbbre la chambre des représentans, paixe qu'elle ne s^estmontrée ni napol/onienne, ni factieuse^ ni jacobine^ mais purement frant^aise et franchemant natio^ noie ; et ceux qui lui ont reproché l'agitatK^n de quelques* unes de ses séances ressemblent à des hommes ignorans, qui, transposés sur les rivages de la mer pendant une tourmente , se plaindraient du mouvement tumultueux de ses flots, qui préserve son sein de toute corruption.
En effet la chambre des représentans a prouvé.qu'elle n'était propre à nourrir aucun parti, ni à soutenir au^ ciine faction s on n'y a jamais mis en balance un
homme ou quelques hommes avec la patrie Elle
n'a manifesté d'autre passion politique, que l'amour du bien , elle n'a témoigné aucune répugnance particulière, si ce n'est contre le pouvoir sans garantie*, enfin elle eût adopté tout ce qui eût pu assurer la paix à la France et la liberté, sans arrière - pensée , et sans restriction*
Si l'on oonsidèrs les choses dans la véritable acception des mots, la chambre des représentans n'a point été dissouti;; car nul pouvoir xlélégué par la souveraineté du people , c'est-à-dire , nul pouvoir constitutionnel n'a pu prononcer cette dUs.olutioD) elle n est iftcine aï
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ajourna, ni proroge, poisqu'aficmi pooroir ii*a pro* «loncëy ni pu. prononcer cet ajouracment ou cette prra'acation. I
Elle n*a fait que cesser ses fonctions parce que la force a ferme la porte du temple des lois, et que la capitale, à laquelle toute la France avait confié la garde de ses mandataires, a. violé le dépôt le plus sacré. Sans doute il eût été salutaire à l'autorité de lever l'obstacle opposé par «ne force illégalement employée , et d'inviter la chambre des représei^ns à reprendre les fonctions dont la nation l'a^ vait chargée , et à exercer les pouvoirs dont le peuple Ta- • vait investie : c'est alors qu'elle eût pu sur-le-champ or^ ganiser les finances , et accorder des subsides ; qu'elle eât pn régulariser les réquisitions et les contributions extraordinaires^ qu'elle eût pu, parson influence, consoler l'armée française en la familiarisant avec un nouvel ordre de chosesj adoucir lout-à-coup les calamités de la guerre, en alléger la durées offrir l'assurance de la tranquillité de TEurope, en manifestant l'accord unanime de ses commettans avec le souverain *, enfin qu'elle se fût unie < franchement avec le monarque voulu par la nation et dont les intérêts se coordonnent avec les intérêts des divers états*
Quelle plus forte et plus légitime garantie pouvait avoir l'Ebrope ponr ses traités, la nation pour ses droits, le px^ince pour son pouvoir, le trésor public pour l'acquittement de ses dettes, et la capitale pour son repos, si ce n'est une représentation nationale qui a obtenu l'estime des vrais Français, et de& Anglaic qui se connaissent en liberté?
Jjes garanties qu'offrira la charnu des dep4ètés des de^ partemens projetée, peuvent-elles se comparer à celles qu'offrirait la cfuimhre de^ represeutans du peuple ?
Eh quoi ! tous les citoyens sont appelés à verser leur sang pour la, patrie, à payer des cuntiûbutions proportionnées à leur industrie ou à leurs propriétés, tous supportent les charges de l'état; et tous ne Cuvent également concourir ^ la représentation qui doit ft'Q<^^ cuper des intérêts de tou^i^
On s*eftt Aeyé avec autant de raison que de force, contre cette condition d'une imposition de mille francs né-* cessaire pour être représentant. N'est-Ce pas substituer l'aristocratie de la fortune à celle de la naissance? Circons*çrire le choix, des ; députés sup un petit nombre d'individus, c'est créer des familles patriciennes, et détacher du gouvernement toute ame généreuse à qui le sort n'a donné que du talent et du pati-iotisme. L'homme de loi. Je jurisconsulte habiles qui ne se seront point enrichisdan3 l'exercice d'un "état ou d'une charge qu'Us auront rem* plis avec désintéressement ; le savant qui , satisfait de la médiocrité de sa fortune , aura médité toute sa vie sur la morale et la politique •, le philosophe et le médecin qui auront employé leurs Teilles au soulagement de l'huma^ ,aité souffrante ^ le militaire qui aura consumé son patrimoine dans une carrière où ceux qui servent le mieux sont ceux qui ne s'enrichissent pas*, le fonctionnaire public qui, vaquant honorablement à sa place ; n'en aura point accumulé les émolumens*, en un mot, tout Français que n'aura pas enrichi le hasard de la naissance ou les spéculations d'un commerce auquel la probité ne préside pas toujours, seront exclus de la première magistrature de l'état.
Il serait sans doute facile de prouver que les députés de a nation , devant défendre les propriétés et la sûreté dé leurs compatriotes , doivent être choisis presque ' tous par des propriétaires; il y aurait même de grands avantages à ce que les électeurs payassent des imposition* telles qu'on pût leur supposer au moins une gi-ands aisance; mais qu'importe qu'un député soit riche ou ne le soit pas, dès qu'il obtient la confiance de ceux qui le sont , et qu'un département le juge digne de déposer se$ intérêts entre ses inains? '
La chambre projetée^ ne sera nullement une chambre des communes, ce sera celle de la petite noblesse: de sorte que , la chambre des pairs étant composée de grands seigneurs, le reste de la nation se trouvera exhérédé.
. Un adssi petit nombre de députés que celui qu'on appelle, •près avoir été tamisé par les collèges électoraux, re^
Gpogle
pr<rsentera-t*il snftiianmivnt une nation de aS mtHîon» d'hommes, entre lesqnels il nV en aura pas six mille d'<5Hgibles ? Il y a des cantons oh Ton ne trouve qa'un parti en lier , qm paie mille francs, et qui par çonsé* quent sera, de droit, diputë perp<ftuel.
On eût pu obtenir sur-lè-champ une représentation rraî* ment nationale , suffisante, populaire, et dont les intérêts eussent été ceux du roi qui veut le bien, en réunissante la chambre des représentans les membres de la^^hambre des députés de r9i4 9 dont les pouvoirs n'étaient pas expirés.
C'était le meilleur moyen d'obviel» aux inconvéniens qui peuvent résulter et de la convocation des collèges électoraux dans les circonstances actuelles, et des choix qui se feront en ptasieurs endroits en sens contraire et indubitablement exagéré*
. Noufi savons qu'il est des personnes qui se plaisent à répéter qiie la ckambre des représentans, essentiellement ennemie du trône, se fut déclarée contre le roi, dont on prétend qu'Ole a suspendu le retour. Mais, les calomnies de quelques libellistes ne sont pas des raisons; la ckambre des députés n'était l'enDenâeque du despotisme, qu'elle a renversé et qu'elle rç;doutait de vdr renaître i elle eût fait tous les sacrifices au bonheur de la France; elle jcût secondé tout monarque qui eût voulu le bien*
On loi a reproché tur^tout d'avetr épousé k cause 4es eouleura nationales, et l'on a regardée comme une fKjériiité l'importance qu'elle attachait à un signe contre lequel s'est . prononcée Tancienne noblesse : la chambre des représentans voulait conserver une armée au monarque appelé à régner sur la France ; elle pensait que la majorité des Français ayant porté la cocarde tricolore, que Louis XVI l'ayanit portée lui-même, U xv'y avait aucun inconvénient à la garder ; tandis qu'en* la supprimant on disait un affront h un corps vespectable« dont l'immensç majorité avait encore, le 7 juill^l^^ luaoifesté le désir de ne pas la quitter. Qui croirait cependant^ <£ue la cocarde tricolore > qui inspire tant d*ei|^ ^
4e certaines gen$ , n^est composée que des coideurfi que les meilleurs rois de France ont successivement arbo-« r^es; quand ils se mettaient à la tête des années fran^^aises?
Personne n'ignore que rorîflamme, ce drapeau *e-*^ ligieux et natioual , avec lequel Charles Martel «Ua comfoatti'e et exterminer les Sarasins , dans les plaines de Tours , était de couleur rouge.
11 n'est pas de Français qui .ne sacke, i^« que les bannières des croisades étaient de couleur rouge ^ que. Saint-Louis ne portait pas d*autre insigne militaire; 3^. que les guerres d'Italie se firent , sous François Ier«^ avec la cocarde et les insignes de couleur bleue ; 3^. que la guerre contre la ligué , se fit avec la couleur blanche , et que Henri ét^it distingué par son panache blanc* Ainsi , la couleur blanche fut la couleur de la guerre de succession , comme la couleur rouge fut la couleur de la guerre sainte , et la couleur bleue la couleur de la guerre d'Italie.
Qu'a-t-on fait en 1789 ? on a réuni les trois couleurs qu'ont portées St. -Louis , François 1er, et Henri IV, pour former la cocarde nationale. La Franoe ne fut donc ralliée qu*aux couleurs de trois de ses monarques distingués parleurs vertus, leur patriotisme et leur gloire militaire*
C'est fauté de connaître notre propre histoire, que nous établissons des répugnances et deâ rivaHtés de couleur, qui peuvent devenir des signes et des 190tifs de l'exécrable guerre civile , que tant de vœux iraprudens et sacrilèges setnblent provoquer , t&ndis que tant d'intérêts les plus chers doivent l'emp^chear de naître.
Que répondre à ces écrivains à gages , qui ont prétendu que la cocarde tricolore était le signe etun ptfê-pie rebelle ^ comme si une nation pouvait jamais être accusée de rébellion ; comme si nation et rebelle n'étaient pas deux mots inconciliables , et ne présent^leitt pas deux idées incompatibles? La nation, comifte était! le souyerain^ ne peut avoir que des volontés et des droits* Ce qu'elle veut ou ce qu'elle croit voulok* pour «es intéréU ae peut jamais être qu'un ordre à l'égard
Qoo^^
des citoyens oti individus qui la c(Hiiposetit , ou de ses magistrats.
On peut concevoir des princes rebelles; on peut appeller rebelles des sujets, égares ou coupables envers la na«> tion. Ainsi , le connétable de Bourbon et le grand Con^ dé, en se dévouant à Tarmée espagnole, au' préju-» dice de leur patrie, furent des pritices rebelles; This^ toire les a condamnés. Les Birons et les Montmorencîs furent des sujets rebelles sous Henri IV et sous Louis XIV ; les loix ont puni leur crime' «nvers Tétat. Mais une nation ne peut être rebelle \ contre qui se révolterait-elle ? puisqu'elle est le soui^ctain , pt qu'elle seul% a le droit d'exercer ou de déléguer les pouvoirs de sa souveraineté.
POT - POURRI, (i)
Il faut que je sois pourvu d'un grand fonds de philosophie , pour n'en pas finir une fois pour toutes avec Texistence , dont je me troute si mal , et dont j'ai le remède sous la main. Quand je pense à tout ce qae je souffre , à tout ce que j'ai encore k souffrir , et à la facilité que j'aurais to make miy quietus^ comme dit Shakespeal , je ne sais ce que j'admire le plus,, de mon courage ou de ma patience. Indépendamment des misères qui me sont dans ce moment communes avec tous les Français , et que je sens peut-êti*e plus vivement que personne , je suis affligé pour mon propre compte de deux maux , dont le moindre est un avants goût de l'enfer : ma famille et la goutte. Du moins celle-ci me laisse quelques semaines de relâche ; ma femme et mes enfans ne me donnent pas le moindre répit. Ma femme , qui a été jeune et jolie , est aujourd'hui vieille et laide ^ c'est à moi qu'elle s'en prend de ce double malheur : j'ai beau lui jurer qu'il n'y a pas de ma f^te; elle essaie depuis vingt ans de me prouver le contraire.
Je i5uis lâché de ne pouvoir expliquer les raisoos qu'elle me
ûàniie : ôh y Verrait ie ^oi le <ôervèàti i^uhe fëâiiiië é$t Cài j^able. La mienne eût dévote, et, qui pis efit, dévote à latiia-«. nière de Catherine de Médicis, ati |)oint dé demander tous l;esmatîns.àBieu Teitermination des incrédules, puisqu'elle â le malheur de ne pouvoir s^eh charger elle-même. Tout religieux que je suis, je me révolte de temps éh temps contré son zèle ; aussi Dieu sait comme elle m'arrange dans ses prières , qu^elle a quelquefois la francliisé de prononce]^ tout haut. C'est peu d*être dévote , ma (èmmé eU royaliste pure , mais de cette pureté diabolique qiii né reconnaît eii France qu'utl millier d'homilaes ou de femmes à qui Ton dûtfairegrâceduderhiersuppliCe,si justice se faisait comme elle l'entende Les motsde constitution, dépeuple , de liberté hti donnent des atts^ques de neirfs, que son médecin a ca^ ractérisées dtl nom d'épilepsie politique 4 Tout âimplémént^' je la crois foUcb II est difficile d'en douter, lorsc^u'on la voit^ ?^ près de soixante ans, aller danser tous les soirs sur la ter-^ rasse des Tuileries , aVeCr uo potifTe surmonté d'une Xi^e dé lis de trois pieds de liautéur. J'aime le roi; j^ai fait mieux que de le dire, je l'ai prouvé/ mais j comme j'associe toujours ù ce tiora-lh ceux de patrie, de cônstitutiôu, dé tolé-^ i^ance^ ma douce compagne, qui a beaucoup de logique dané Tesprit^ et de rectitude dans les idée§, Conclut qtie je suii un jacobin , tin athée, un bonapartiste / Ce qili jette uii grandcharme danshosenti^étietiâ, comme ôhpeutlecrôit^;
J'ai tri>is fils qui ne sont pas moins aimables que leur mère. L'aîné, qui n'est déjàplusjeune$ après avoir vieilli dans les coulisses et les tripo.ts $ dont il était le, coryphée ^ après avoir abusé dans sa jeunesse . des avajitages d'une figuré agréable, est réduit dans l'âge mûr à tirer vapité de ses ai^ de gentilhomme, dont personne ne lui tient compte, et de ses ridicules prétentions , dont tout le monde se moquCé
Je prends mieux mon parti sur lés défauts du second i est brutal, grossier , libertin , mais il né mancfue Ai de coù<« rage , ni de cette espèce de franchise qui s'allie avec la g^« nérosité* Né au temps des proscriptions dont j'ai ét^ Puné deâ premières Tictiiues ; «Qtii ^duts^ti^a %Hé tôtdjBjQ^t
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tUfglig^e , il a eonru le monde sans guide , sans appui , et Ton s'apperçoit trop que c'est dans les écuries et dans les tavernes qu'il a appris h vivre*
Le troisième, mon fils Benoît, n'aurait que peu de chose % changer )i son prënompour en faire une épithète* La na« iure lui a tout refusé , figure , esprit , bon sens. Il a tout juste autant d'idée qu'il en faut pour être un sot « et tout juste autant de religion qu'il en faut pour être un fanatique. Il fait des vœux pour le rétablissement des ctoitres: que dieu l'exauce! il n'est bon qu'à être moine.....*«
• • Je viens de lire mes journaux ; quelle odieu-
ce canaille que ces barbouilleurs de papier ^ la îeuille ! j'éprouve un mouvement égal de honte et d'effroi % l'aspect de cette autre coalition d'infômes adulateurs qui , rampant comme des reptiles venimeux jusqu'au pied du trône , lancent sur le «monarque , quel qu*iL £oit, le poison de la plus basse flatterie! Le reste de liotre brave et malheureuse armée est Tobjet de toutes les calomnies de cette bande noire ; sa destruction , le Aut cle tous ses efforts : insignes poltrons, derrière un rempart de baïonnettes , ils calomnient le courage , ils a'obstinent à ne voir eue des bonapartistes dans tout ami de l'indépendance et de l'honneur national. Refuser de rendre une ville h des amis qui la brûlent , c*est être un brigand \ ne pas danser et s'ébaudir dans la boue , c'est être un Jacobin.
J^aime le roi plus que vous, misérables; car, au lieu de le flatter , je cherche k le servir ; car je le plains de tous les maux qui déchirent son cœur paternel. Sans doute il est vrai de dire que sa rentrée a eu plus d'éclat que n'en eut , il y q trois mois , celle d'un homme qui tt'excita jamais dans ses partisans même qu'un sentiment d'admiration ; sans doute on entend aujourd'hui hurler sur Ja terrasse des Tuileries de la canaille beaucoup mieux vêtue, mais une seule bouche nes'ouvrira-t-elle pas pour apprendre au roi à déduire de ces prétend us cris d'amour, tous ceux que poussent l'intérêt , la peur et la vengeanee ? i^utaoït il serait injuste et dangereux de persuader à un
roi qne tgnt de iwrtus font respecter , qn^l ne doit psts compter sur l'amour de ses sujets , autant il e^ utile li lui et aux autres de le convaincre que de ses sentimens «îcpendent ceux qu'il inspire ; que les réunions les plus légitimes sont toujours mères de i*ëactions funestes . et que. parce qu'on se respecte trop pour crier F'ii^e le Roi sous les baïonnettes , parce qu'on attenjl , pour danser dans les rues , qu'on ait quelques pied$ de fange de moins sur la tête , on n'est pour cela ni un homme de parti , ni un conspirateur •••••• •
Je suis averti de bonne part que le mécanisme essayé sur le lustre du théâtre Feydeau^ a été inventé avcp des intentions plus profondes qu'on ne croit , et vient d'être appliqué à des été ignoirs lanterne s -sourdes •HdiïXi^XiiVr vcnteur vient d'en confectionner pour l'usage de ceux de MM. les chevaliers de l'ordre, qui , n'étant pas nés absolument ennemis des lumières, ne les combattent que par esprit de paiti , et tout bêtement par intérêt tem^ pore) 4 Les intérêts et le vent pouvant changer , c'est une commode invention que celle qui ne leur ôte rieçi dqs apparences, actuellement convenabrcs , et qui leur permettra un jour de se vanter de leur zèle pour la con^ scrvation des lumières ; qui , en attendant , leur donné le moyen de se montrer , à volonté , amis des ténèbres o^i du jour , suivant les diverses maisons qu'ils fréquentetit j ils n'ont qu'à fermer ou ouvrir la lanterne.
on confectionne aussi d'autres éteignoirs plus simples et seulement percés au spmmet.Ib sont pour ces messieo^ qui , ayant plus d'amour • propre que de bonne foi, maU gré le bruit qu'ils font dans le p^ti, veulent bien paraitie éteindre les lumières , mais seraient f&chés qu'on ne les en vît pas tout brillants ; gens de qui le satirique latin aurait dit peut-être: Curios simulant et Bacchanale uit^urU^ et qui traitent la lumière comme d'autres traitent lagloiircs
Le sage dit que son cœur la mcpriie î ^
Le lagc mfijOLi et dit uat «ottifc.
, Eteignoirs pour Aeig^noirs » je ne sais pas si je iiWnae-% rais pas n^ieux les véritables , jes orthodoxes, bien et dû-*> lÀ^nt faits en bonnet h. trois cordes , à la jësuite , ou em tête- de capucin^