‹ Le Nain jaune réfugiéChapitre 9 sur 88 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

J'entends dire de tous côtés : cela ne peut pas aller loin ; ce gouvernement ne tiendra pas : il est absurde , fl est atroce et sur-tout il est ridicule : or en France ^tre frappé de ridicule , c'^st être frappé de mort. Il est ridicule, cela est vrai ; toute l'Europe le sait et en [convient ; il le sait lui-même quoiqu'il n'en convienne pas. Mais en conclure qu'il est voisin de sa iÊbôte , c'est mal connaître le caractère de nos compatriotes. Un examen plus approfondi va nous amener \ une conclusion toute contraire.

Oui , le gouvernement actuel de la France est parfaitement approprié k l'esprit actjiel des Français. — Le paradoxe est fort ! -^ Vou* riez ; moi , je prouve.

On a souvent , et avec raison , comparé la France ^ un ^tre animé dont les provinces sont les membres , Paris l'arae et la volonté. Quand l'ennemi a voulu la blesser à mort , c'e« là ; c'est au cœur qu'il a diifigé ses coupé. Se» provinces sont hérissées d'armes » ^é soldats , de forteresses qui peuvent l'envelopper ^ n'importe , il précipite sa course : Paris est pris , la Frante est vaincue : Paris est pris ; le seul bruit de eette nouvelle, comme celui des ti^ompettes de Géde'bn, disperse l'armée , et vingt millions d'hommes répètent en tremblant : Paris e&t pris.

C'est de Paris que les provinces attendent et reçoivent leurs. modes , leurs opinions et leur politique r Ifes provinces , cwnme les héliotropes , tournent , s'é- Irvent et s'abaissent , suivant que Paris tourne , s'alame ou s'élève : Paris est Pastre qui imprime teua

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ses moavenMQS au tourbillon qu'il «ntratne ^^03' sa marche irapide» En un mot ^ la France est toute danp Paris : c'est donc Paris qu'il faut gouverner pour gou^ verner ia France , et pour cela il ne s'agit que de bieo connaître, le caractère du Parisien et de s'y conformer*

Le Parisien , cet enfant gôtë du plaisir , est aimable , enjoué 9 malin ; ses émotions sont vives , mais rapides ; «es idées justes, mais (Tune inconcevable mobilité; il a le cœur bon , mais il a trop d'esprit ; et il n'y a point de catastrophe si épouvantable , dç situation si tou* «hante d^nt on ne parvienne h le distraire par un mot heureux ou par une personnalité piquante. Aussi léger , aussi capricieux , aussi inconstant qu'une jolie Seaime , ce n'est pas le malheur , c'est l'ennui , p'est l'ennui seul qu'il redoute ; il pardonne tout excepté l'ennuk Il lui faut Ju plaisant , n^ea fût-il plus au monde !

En i8i4) lorsque tant de nations réunies se trou* vaient pour la première fois sous Jes murs de la capitale , vous croyez peut-être que la lassitude d'un joug tyrannique nous détermina seule à les aceucillir ^ Qt fut, sans doute, un de nos motifs; mais la curiosité , maïs le plaisir de voir des hommes de tous les pay9, des habits de toutes les couleurs; des chapeaux de toutes les formes, des plumes blanches ^ vertes, rouges , > bleues, droites, courbées; yoilà notre motif secret mais véritable ; voillt le motif dont tout le inoiide ne se rendait pas compte , mai^ qui entraînait tout le monde« L'ennçmi entre : quelques personnes déplorent dans le silenae de la solitude la honte et plus #&çpre les maux à venir de la patrie ; la foule inonde les places^ les. rues, les toits, les, balcons. — C'est um Busse* — Non, c'est un Prussien* — Qu*a-t-ii doue sur la poitrine ? Comme il se penche sur son cheval ! Il n'a pas d^ grâce à cheval , il n'en a pas du tout, ma parole d'honneur. — Qu'est-ce que c'est queeeia» — C'est un Anglais. — Ah 5 c'est un Anglais! le joli #l|eval ! mais ce plumet , c'est une horreur ; il est in« c«Bceyab]^ qu'où porte w^ fivLmfit comme celui^à! ^

Digiti

Les eanons , les caissons , les munitions de guerre; fous ces instruments de carnage qui venaient de moissonner la fleur de nos guerriers j ne semblent plus que^des décorations de théâtre, uniquement consacrée» au plaisir des yeux : c'est un spectacle , un spectacle iioûveau , extraordinaire ; le Parisien est enchanté.

— Eh bien ! ma chbrc Baronne j aves-Vous vu les <|osaques ? Vous n'avez pas- vu les cosaques? CTest un singulier peuple que les cosaques ! leur figure , leur longue bai*be , leur longue pique, tout cela est on ne peut plus plaisant. Allez voir les cosaques , cela vous divertira beaucoup*

— Vous êtes insupportable , monsieur le comte , avec Vos économies. Je veux absolument avoir une loge à l'opéra. Notre terre a été ravagée ; je ne dis pas le con* traire ; mais cela ne doit pas m'empêcher d'avoir une loge h l'opéra. J'y verrai à mon aise les souverains alliés : ce sera un coup -- d'oeil enchanteur ; tous vos amis 9 moUsieur le comte , ont des loges h l'opéra: il m'en faut une aussi : c*cst bien le moindre dédomma» gement que vous me deviez pour tant de malheurs.

— Qu'est-ce? Qu'y a-t-il de nouveau? s'écrie un ^égant , en entrant h Tortoni : que fait-on de nous ? eommes^nous pai*tagés ? nous donne-t-on un empereur , tm protecteur , un roi ? — On parle des Bourbons* — Bah ! Pas possible ! Et lequel ? Est-ce Louis xix , Louis XX? — Je ne sais. — Çest Louis xviii , interrompt un vieillard. - — Ah! oui, Louis xviii , le comte d'Artois , j'y suis maintenant. — Et non , interrompt Un troisième , c'est le duc d'Angouléme , le fils du duc de Berry. — Vous êtes dans Terreur , reprend sèche* ment le vieillard : c'est Monsieur^ le frère de Louis xvi. Tout le -monde sait cela. — Tout le monde ! les personnes de votre fige tout au plus. Je parie cent Na«poléons que (es dix-neuf vingtièmes de la France n'en Mvent rien. Il y a plus de cinquante ans que les Bonrboos sont partis , et que l'on ne pense plus h euxk Xout le moude ! il est original ce braye homme !

— Tout est per^u ! nia chèrft dame , dit nn bon Pran-^ çais , les larmes aux yeux. Les émigrés rentrent et aveCr eux la vengeance et Tesclavage. — J'ai ouï direeffei>> tivcment à mon oncle le sénateur , que les ministre» avaient traité , que les adresses étaient déjà toutes faites ^ et que le peuple allait manifester son vœu par l'organe du sénat. — II n'est que trop vrai , quelques intri-« gants ont pris l'initiative ; nous aurons Louis xviiu — Le malheur est un grand maître, t— Je le connais , il ne lui a rien appris. — Vous croyez } mais à propos ; ce qu'on débite est-il vrai • On assure qu'il pofte de#

jupons. — Il est infirme et — Quoi! il porterait des

jupons i Cela est trop drôle. — Il faut qu'il vienne , je veux le voir. Un roi en jupons ! Ah ! que nous allons rireî — Mais, madame , je ne dis pas cela.... — Eh ! que dites-voiis donc ? Je serais - au désespoir qu'il n'eût pa^ de jupoos*

L'antique famille et ses antiques serviteurs arrivent : quelles scènes pour l'avide curiosité des Parisiens ! Que de portraits, satyriques , de propos burlesques , de bons mots , de quolibets ! C'est un feu roulant qui descend des salons aux carrefours et monte quelquefois des carrefours aux salons. Candis qu'un petit nombre de sages cherchent dans les traits , dans les gestes, dans les {noindres paroles de ces nouveaux maîtres , des indices de leurs projets , et tremblent d'avoir deviné juste ; le peuple n'y voit qu'un spectacle bisarre et inconnu au-» quel il assiste en riant.

Le comte d'Artois livre d'un trait de plume notre

artillerie et nos plus belles provinces On voit bien ,

dit le peuple , que cela ne lui coûte pas cher*, et il rit.

I^ roi d*un seul mot anéantit et nos droits et les avantages de la révolution : il date sa première proclauiatioQ de la xix . an^jIe de son règne. — Quoi Louis xviif règne depuis 19 ans! on ne s'en doutait guère j et il rit.

Une constitution qui devait être acceptée , si l'on eû% V. 4- 17»

compté lu nation pour quelque chose , est octroyée pai*

graoe Oetroyée J La singulière expression! et Ton rît.

La famille royale a toujours eu le dessein bien formel d*en revenir tôt ou tard à Tancien régime ; mais elle ne pouvait Taccomplir si la presse était libre* Un projet de loi pour suspendre cette liberté qui garantit toutes les autres , est présenté et discuté. Que fait Tadroit ministre ? il engage une dispute de mots : préifenir et réprimer sont synooimes , dit-il , et là-dessus chacun de s*échaufrer , de parier , de feuilleter le dictionnaire. , fle rire. , de rire aux éclats. Cependant la loi passe , et c'pn est fait de notre liberté.

Les émigrés de retour pour la seconde fois, t>nt singulièrement perfectionné une politique qui leur, avait si bien réussi. D*autres auraient tout bonnement appelle la double liste : tables de proscription. Ils s*en sont bien gardés ; et pendant que le mot amnistie était l'objet de tous les commentaires et de toutes les plaisanteries } les amnisties allaient à la mort ou en exil.

Le maréchal Ney est mis en jugement pour n*avoîr pas donné le signal de la guerre civile , il est condamné sans être entendu , assassiné sous les ytux de «es juges ; une morne stupeur s'empare des esprîts ; déjà Vdn prévoit le cours des vengeances ; l'indignation est

dans tous les cœurs Il finit comme il a commencé ,

murmure à demi-voix un mauvais plaisant y il était simple toldat, il meurt fusillé.. ••• Le mot court y se répand ,

circule par tout Le crime reste impuni*

Le général Travot défendu par trois amnisties « et plus encore par son innocence , est condamné à mort contre toutes les formes de la justice : la sentence est

prononcée par Canuel son ennemi personnel Un

cri d'horreur s'élève de toutes parts \ une noble rougeur couvre tous les fronts..... On apprend que la clémence de sa majesté a daigné Commuer la peine de mort en vingt an« de prison. i.. Quelle cUmence ! s'écrie^ t-on ; le bon roi! Le gouyeriiement paternel ! £t l'on rit.

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Je m'arrête î car les exemples de cette esp^e «ont innombrable^, et d(5monlrent jusqu'à Tévidence que le Parisien est porte, par une tendance naturelle et invincible , à n'envisager en toute ofTairc que le côt< ridicule. Personne ne peut dire h plus juste titre que lui»^ J'ai ri l me voUà désarmé.

Cela explique en un mot l'existence et la durée du gouvernement des Bourbons. Qui mienx que lui , en effet, possède cet art éminemment jfrançais, l'art de provoquer le rire? Aussi toute sa politique consiste à en tirer parti; et il faut convenir que les personnages dont il s'entoure le secondent mei*Yaiileusemcnt* Paria est une vaste salle de,spectacle dont ils occupent continuellement la scëne. Jamais acteurs n'ont été plus fi« dèles à ce pr<fcepte de Boileau.

Et pour nous amuser nous arrachent des larmes* Mais ensuite les intermèdes sont si varfés «t si bouffons î ' les tartuffes , les niais , les marquis, les poltrons, les valels^ sont joue's aVec tant de naturel ; les mots qui leur échappent sont Si heureux, si abondants, si comiques, qu'eni vérité les Parisiens qui ne sont au monde que pouir se divertir ne peuvent se prêter de bonne grâce h 1% clâturei d'un spectacle qui leur offre des divertissè- Biens toujours nouveaux. > ,

Qu'en conclure? ce que j*ai avanci^ en commençaT>t; c'est qu'avec des acteurs si plaisants et des spectateurs ai dispes<^s h la plaisanterie , î'EdiBce comique , je veux ' dire, le gouvernement des Bourbons, doit subsister éternellement.

BOUCHE DE FER

— Un reste de pudeur ou plutôt un certain senti-*.

• ment de crainte a fait suspendre h Paris les (êteB

et les rejoùissancis pendant la journée rfn i9 juiir*

Ikfab la famille rc^Ie ëuit all^ se m^eueillir h Sf.« Cioud^ et le soir on a illumine le château. On a dit au sujet de cette illumination qu'elle devait éclaireP^ $\xv les véritables sentimeng de la cour*

— Quelques pkisants d'Anvers se sont amusas deriiièrement aux dépens d'un agent de la police française* ils lui ont présente une médaille avec l'effigie de l'usurpateur, en le praévenant que si quelques perfonn^es de sa connaissance à Pans en désiraient des çpreuvcs , elles pouvaient s'en proci^rcr chez M. M*** demeurant rue du fauxbourg poisson i ère n^. ig. Le plus grand secret lui est en roéme-ttms recommande* C'était une bonne fortune pour notre homme qui, surle-champ , fait un l'apport ^ et l'adresse à M. Decaze. ' Bientôt toute la police est sur jf>ied « on se transporte idans la maison indiquée ; mais, personne ne connaît iVf. M*^*. Tous les locataires sont néanmoins mis provisoirement en prison. Et ils n'ont ^të relâches gu'un môîs a^rës,'*lttrsi^ue par de nouvelles informations on se fut* bien assuré me M« Tagent n* était ^'ûo'sot , et M. de Cëz« une dupe. .

- u^' Bf .* Bâiras, atkembre. du directQirc vient d'arriver à jLoùvaiiTr (Voyez I'artic^,^mo{i/a/i5, f2me. livraison dif JNain Jaune. }

«, — S. M. T. C. vient de résoudriB un problème qui était • l^objet de bien des discnssions. Le réi , disaient les uns , est en opposition avec les princes auxquels il ne cëHe qu'à regret : le roi , assuraient les autres-, a toujours partage les opinions et les vcBuxde -sa famille. <

yoilà mon anse consolateur^ a dit Louis xviii en présentant la duchessse d'Angouléme à la duchesse de ^er/y. Tout est dans ce mot ; et l^urope sait quelle espèce de consolations demande et donne Fange delà France.

. — Les trois époques les plus funestes du règhe de Louis XVIII , sont marquées par ce noinbre'lbtal plac£ ^tre 17 et 19 :

». 18 Fructidor.

18 Brumaire.

18 Juin.

^ Potier disait qu'un grand peuple porte sî loin l'amour pour son bon roi qu'il veut l'imiter ea |p)tt ; il est sur le point de sie nyer en masse*

— Ea lisant ks flagorneries qneti^eniies éoùt le diîc de Berry est en ce moment Tobjet , on ae rappelle involontairement ce dialogue oîi Lncien fait une pein<« ture si piquante de la baysesse ^e certains flattenrs* « Lorsque Timon le mysafltrope est redevenu riche par la protection de Jupiter , Torateur Bëméas acconi^' avec un décret , conçu dans ces termes :

1» Attendu que Timon surpasse tous le| autres, tant en sasfoir qu'en probité ^ et ne cesse de rendre service à iétal et de veiller poiâ' le bien public; qu'en outre, il a remporté le ptix aux jeux olympiques , tant à la lutte qu'à la cOR^e et autres exercices..,.,... — Quelle imposture ! s'écrie Timon , je n'ai même jamais assisté 2à ces jeux , je ne me suis jamais occupé de Vétat: je ne veillai jamais que dans les tripots, et chez l^^s courtisaunes ; je n'ai Uitié qu'avec des tonneaux de vin , et couru que devant ceux qui voulaient et pouvaient me châtier. — N'importe, reprend Déméas , il faift qu*uu décret renferme des choses favorables. Je l'ai porté hier à Chéréas , je ^ôtrs le lis aujourd'hui î ce sera d^ main pour un autre. Continuons. » Attendu • que Ti*mon a remporté en un jour le prix de tous ces jeux, et qu'il a nwirché vaiWaihment dnns la journée contre les Arcadiens, oti il enfonça lui %^\\\ detix bataillons

de Spartiates Ici, Timon perd patience. — Quel

tissu d'absurdités , dit-il , chacun sait que je ne fus jamais a la guerre^ et que je n'en connais pas même lebruitl L'orateur ne ce déconceile pas, accumule^sans pudeur des éloges mensongers , et annonce , en vertu de ces éloges, des honneurs ridicules. Mais le Timon de Lucien n'est pas un set. Il finit par battre et chasser l'impertinent flagorneur , tandis que Mgr. le duc de Berry a fait présent à M. Coriolis d'une tabatière de corne , ornée de son portrait. »

— S. M. se trouvant près du maréchal Mortier , lui dit avec cette grâce familière qui caractérise les petils fils d'Henri iv : mon cousin ! ne prenez- vous donc pas de tabac? Le n^réchal s'incline aussitôt, présente sa bôite,^ et voila le nueilleur des rois aux prises avec un maréchal de France.

— Des tentes ont été dressées dans la for^t de Fontainebleau, pour y recevoir la famille royale. Mais It public ne sait pas pourquoi elles u*ont point été ett«

levées ffpr^s la cérémonie et il comitteneè ^ s*imptticnter de ne pas voir décamper la cour*

— Les officiers anglais de l'armce d'occupation qui , dans leur pays, jouissent de la liberté de tout ëcrire^ B*ont en France la permifsion de lire aucun des jour-»

'naux de la, Belgique. Le. Nain Jaune réfugie a éié mis particulièrement h l'index , en vertu d'un ordre du jour qui n'est pas signé par le général des capucins.

— Dans le <Ss oîi S. M. s'en rapportant au vœu de la commission militaire * daignerait , commuer la peine de dépmtation , en celle d'une réclusion perpétuelle ,

Je général Bonuaire est bien détei'miné à se |>ourvoir en révision contre la clémence du roi,

— Dans un cercle, chez madame de Duras, M. le comte de Pradel défendait M. de Blacas dontonatta-* quait vivement la capacité. Il a , disait-il , montré de grands.talents comme ministre ; il en pourrait déployei; d^ pi ILS grands encore comme militaire , s'il n'avait une répugnance invincible pour l'odeur de la poudre» Cela est bien singulier , interrompit un officier rnsse , il est si familiarisé avec celle de la pommade - (i)*

— Tout militaire devant non seulement être homme d'bonneur, mais le paraître j un ordre du jour défend aux soldats de l'armée russe de porter la croiji du lys»

— Pour obtenir la croix deSt.-Louis, il suffit de savoir vivre ; il fallait savoir mourir pour obtenir la croix d'honneur.

— Poiirquoi le brave Chartran a-t-il été condamna à mort ? Pourquoi l'inépuisable clémence' s'est-elle trou» vée à sec pour lui seuL Est-ce parce qu'il avait sou- Jevé le midi'? Non: Est-ce pour avoir arrêté deux voitures du duc d'Angouléme ? — Non. C'est donc pour avoir fait prisonnier la comte de Vitrolles î — Point' du tout* C'est parce qu'il a intercepté la correspondance coa-* jugale de la duchesse d'Angouléme, et qu'il s'est écrié en remarquant dans une de& letti^es quelques fautes de langage : parbleu la princesse ne laisse échapper aucune occasion d'écorcher le français!

•' — Si l'on s'obstine à livrer le trône ^, la seule légi-< timité de la naissance en supposant qu'il ne soit jamais

(i) Pcrsonno n^ignorc à St.-Pétersbourg que cet illustre favori , lorsqu^'l duini'urait dans un galetas sur la pé>8pectiv« Je Newski , allait colporter chez tous les seigneurs rasscs de la pommade da Paris.

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arriva dans la maison de Bourbon , ce qui arrive queUt quefois chez les bourgeois de Paris , et

Qu^ii leirrs nobles ayetm Leurs épouses fidelies Aux douceurs des palans fureut toujour:t reb«^llcs , si Ton yrcat absolument ne pas reconnaître que le con^ sentement des peuples y soit pour quelque chose , nons ne connaissons guëre que deux on trois monarques en £urope , nui ne soient pas exposes à voir quelque prétendant pms Ic^gitîme qu'eux par les droits de la naissance , venir réclamer des trônes doat les possesseurs actuels ne sont que les usurpateurs. Quelque Stuart se présentera en Angleterre , car il en reste beaucoup en Ecosse qui pourraient biM être parents de la branche chassée. l/émule de jVl. d^^hateaubriant , cet illustre

{)élenn qui habite {a Suisse ( oii Ton jouit de tant de ibert^ ) , quand il ne voyage pas en Palestine , réclamera la Suède. Le duc de Weymar voudra porter la couronne de Saxe , possédée par une branche cadetteii au préjudice d*une branche ainée. La maison d'Autriche, héréditaire des droits de celle de Souabe , chassera d'Italie les descendants du duc d'Anjou , qui fît décapiter Conradin, roi légitime de Naples , et l'archiduc d Autriche , son allié. Charles iv détrônera son fils Fernando septimo , encore qu'il fasse le bonheur de r£spagne. ï^nfin le lieutenant général baron d'Armagnac que l'usurpa tioti exercée en 754 sur son illustre maison avait réduit à se mettre , avant la révolution , marmiton chet un conseiller au parlement qui condamna Calas ^ le lieutenant général baron d'Armagnac que la veuve Riche « mont son épouse, assure être un dicne rejeton de Clodion le chevelu -, le lieutenant gépéral baron 4'Armagnac en un mot , tout bien vu qu'il est à la cour de France , ne pourrait-il pas former des prétentions l'égitimes sur le trône même de Louis le désiré ?

— Le recueil des fables de M, Ârnault vient de sortir des presses de M. Weissembvuoh ^ impnmeur de S. M. le roi des Pays-Bas. Cette édition, augmentée d^un grand nombre de fables nouvelles , sera mise en vente samedi prochain, aq juin, chez tous les marchands de nouveautés (i). Nous en rendrons compte très-iriccssammeut, et en attendant nous citerons le dernier apologue que Tautenr ait composé.

(f) Volume in« 12 , papier 9rdiiiairo , 4 f'** ^^ ^^ pctît,-t^nibr« à*CMAmf\iiku oat iii tûrés sur vvlijii totuM iA-8^. pru^ lo û*.

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