‹ LE NAIN NOIRChapitre 49 sur 99 · CHAPITRE XIV.' lanr · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV.' lanr

soliunent connaître une chose qae j'aimerais mille fois mieux que TOUS ignorassiez , je* dois vous informer qu'il ne vent accepter d'autre rançon que la possession de votre main , ce soir même , avant minuit.

— Ce soir , monsieur ? dit la jeune personne saisie d'horreur, en eirtendant une pwreiUe proposition ; «< et à un homme comme cehii-là ! A un homme , ai^je dit ! à un monstre qui voudrait 6bi^ nir la fiUe en menaçant la vie du père ! c'est impossible.

— Vous avez raison , mon enfant, répondit son père , cela est efifectivement impossible, et je-n'ai ni le droit, ni le désir d'ei^iger de vous un pareil sacrifice. Il est dans l'ordre de la nature que les vieiUards meurent et soient oubliés , et que les enfants vivent et soient heureux.

— Mon père mourrait , et sa fille aurait pu le sauver ! dit Isabelle. Mais noQ... non, mon cher père, pardon, c'est impossible; vous ne cherchez qu'à m'amener à vos vues ; je sais que vous avez pour but ce mariage que vous croyez devoir faire mon bonheur, et vous ne m'avez fait cet épouvantaUe récit que pour influencer ma conduite et vaincre ma répugnance.

'^ Ma fille , » répliqua Ellieslaw d'un ton de voix dans lequel Tautorité blessée semblait devoir être aux prises avec la tendresse paternelle , « ma fille me soupçonne d'inventer une fable poui^ influencer ses sentiments ! Mais il faut que je soufBre encore ceci ; et il faut que je descende jusqu'à me laver de cet indigne soupçon. Tous connaissez l'honneur sans tache de votre cousin Mareschal. Remarquez bien ce que je vais lui écrire , et vous jugerez , d'après sa réponse , si le danger dans lequel je me trouve n'est pas réel , et si je n'ai pas fait usage de tous les moyens possibles pour le détourner. »

Il s'assit, écrivit à la h&te quelques lignes qu'il présenta à Isabelle, qui, après plusieurs efforts pénibles, parvint à sécher ses larmes et à calmer son agitation à un degré suffisant qui lui permit de lire ce qui suit :

« Mon cher cousin , je trouve que ma fille est , comme je m'y étais attendu , dans le plus grand désespoir en voyant la précipitation extraordinaire de sir Frédéric Langley. Elle ne peut môme concevoir le péril dans lequel nous sommes et jusqu'à quel point nous sommes liés envers lui. Pour Tamour de Dieu, faites usagé de toute votre influence sur lui^ afin de l'engager à modifier des propointions que je ne peux ni ne veux presser ma fille d'accep-

LE NAIN NCHR«

tBT, eoHlre an pmpresan^ineafs, etaaniéfiris de OMxde tedè^ Irateasd et «tes eontenaDoes. Yow obligerez ^ofare afifoelicoQé combi IL y. »

Dans l'état d'agitation où elle était en ce moment, si» ymn bsîgiiés de pteufs et sa léle (rate limite 9 poirraiit à p^ Ipreodre le sens de oequ'eHe lisait, il n'est ^ étonnant qoe min Téro M se soit pas «perçoe que cette lettre semUai tendre que sa répugnance an mariage proposé portait plotât sur fa tnantère et sor le temps, que sur une haine décîitée poor l'épMx qo'on kii prâsentait . M. Vère seaoa etdetma la let^ à on devnesttqm , ^vee oràne de ht riemettre 4 M. Marcscfaal; paisse krv«t)t , il contimia à se pramen^ danarapparteaneot, ca gwfait le silence, et l'esprit en proie à la plus vive agitation, jusqu'à l'arlivéeite la réponse. Il jeta un eonp d'oeâ sur «u contenu , et pressa f9rteit»»it la main de sa âHe en lui donnant la lettre, qid était ainsi oonçoe :

« Mon dier pafrent, f ai d<^i parlé au chevalier dans les temes les plus pressants de l'objet en qeestkm, mais Je le trouve aossi inébranlable que Cyeviot. Je Sois réeltement peiné de voir que l^ presse ma belle cousine de renoncer à ses privilèges de demoiselte. Sir IVédérie consent néanmoins ft quitter le cbftteau avec moi à Pinstant oùla cérémonie sera achevée; puis nous réunirons nos partfsans , et nous commencerons la imm. Ainsi , il y a grand espoir que sir Trédéric fiancé aura la tête cassée avant qu'il se retrouve avec sa fiancée. Ainsi Bell court une grande chance d'être lady Langley à trê^-hon marché\ Au reste , tout ce que je puis dire , c'est que si elle peut seulement se déterminera cette alliance, ce n'est pas ie moment de se laisser arrêterpar des scrupules de délicatesse ; il faut que ma jolie cousine consente à se marier à la hâte , ou bien nous nous en repentirons tous à loisir , ou plutôt nous n'aurons guère le loisir de nous en repentir. C'est tout ce que peut vous dire pour le moment votre affectionné parent, R. M, »

« P. S. Dites à Isabelle que j'aimerais mieux , après tout, couper la gorge au chevalier, et terminer ainsi le diffôrend , que de la voir contrainte à l'épouser malgré elle. »

Lorsque Isabelle eut lu cette lettre , elle la laissa tomber de sa main , et serait tombée elle-même , si elle n'eût été soutenue par son père.

•rOrand Dieu , mon enfant se meurt ! »> s'écria M. Vère , les

B«Btâiii(iÉts dftla nature ranporlasitit véw^ dms s/m ixmr » sur ceux d'une politique égoïfltai : f PCSgtrâoiNaioi , ]â»l»«Uevregarde«9 noi , nicn eateit ; qtm qu'il puifiw arriver , vous ne seres point siepifiâe. Je périnni inoi->ai6iiia > avee la o^rtîkude que vous dl09 )iiiBie4H0. Ma ili^ poum pieurer sur «a tombe; inai», à» moins... mais, danscûtte oeeaaionM- elle ne maudira point «a mémoire. >» Il appela iin doiiiests«ie. «i àUexiiHiBàiiatcUàe^4aTeflw id sni^Hle^eliamp. n

Fendanteat mtorfaHei le vifiwe de flMaYèreeecfitivrît d'agio pftleur mortelle ; elle serrait les mains , Jtea iweesait fïïrtnmflat i^me oaiilro Vnkr^ , fenBait )ea yeiix» et oonapripualt aaalèvses » eoBipesiia dure eupitraiitfe qu'elle jesfwsait à aes santim^ele satéiôeura sMtendaH qaéme à son ergaoiaaliîafi mosoulam. Unis, Jewmi la téte^ et raéenpaâ kfft^ment sa resplratioa aYeot deiperto, eUe ditame iariMtât «Mon père^ jeecffiseD&i m maraâge.

«v-rNo», oeaeiBm p^B.^ nos, tnoeenftiit.^. nen 44161? entot» wua ne ¥qm plongBrfia pas dfmaitn malheur Mrtniii « f»mr vfoiM loir me tirer d'un danger que l'on peut éviter. «

Telles étaient leaeoMslanïatioiis d'Btiesiaw; et , étranges et IneoDflàquentea créatures que noua sommes ! il expriwiU Im set^^ MBBts réels, quoique inataiijtanés, de isonearur.

M Mon père, répéta laabeUe , je consens i ee mariage*

'^Non, mon en&nt, non... non, pas à présant du serâts » nous nous humilierons devant lui pour obtenir uu dé{ai ; et c&rf pendant, Isabelle, si vous pouviez vaincre une répugnance, qui n'a pas dé fondement réel , vous sauriez reconnaître que ce mariage vous présente , sous d'autres rapports , la richesse, le rang et l'importance.

— Mon père , répéta Isabelle , j'ai consenti . »

On aurait dit qu'elle avait perdu tout pouvoir d'articuler d'autres paroles , ou même de varier une phrase qu'elle n'avait réussi à prononcer qu'après un si grand effort.

« Que le ciel te bénisse , mon enfant! dit M. Vère ;'que le ciel te bénisse ! £t il te bénira en te comblant de richesses, de plaisirs et d'honneurs. »

Miss Vère demanda, d'une voix faible, qu'on la laissât sfi^ peodant ie reste de la soirée.

« Mais De voulez-voas pas voir m Frédéric ? » demanda $m père avec mquiétude.

« Je le verrai , répandit-elle , je le verrai.. . , quand il: leiaudra et où il faudra ; mais épargnez-moi maintenant.

—Soit, ma cbère enfant ; vous n'éprouverez aucune contrariété qu'il soit en mon pouvoir d'empécber. Ne jugez pas trop sévèrement la conduite de sir Frédéric par ce qu'il biit à présent ^ c*esl l'excès de sa passion qui l'y entraine. »

Isabelle fit avec la main un signe d'impatience.

« Pardon , Isabelle , dit M. Yère , je te laisse. Que le ciel te bénisse ! Si vous ne me faites pas appeler plus tôt, à onze heures je viendrai vous prendre. »

Lorsqu'il fut parti, elle se jeta à genoux, k Que le ciel, dit-elle, me donne la force d'exécuter la résolution que je viens de prendre ! Le ciel peut seul^me la donner. . . O pauvre Earnscliff ! qui le consolera ? Et avec quel mépris ne prononcera-t-il pas le nom de celle qui ce matin l'écoutait encore, et qui se donne à un autre ce soir? Mais qu'il me méprise... encore vaut-il mieux qu'il en soit ainsi que de lui découvrir la vérité. Qu'il me méprise ; si son mépris peut apaiser son chagrin, je me smtirai. consolée de la perte de son estime. »

Elle pleura amèrement , essayant de temps en temps , mais en vain , de commencer la prière qu'elle avait eu l'intention de faire en se mettant à genoux ; mais elle ne put calmer suffisamment ses écrits pour s'oc^cuper d'actes de dévotion. Tandis qu'elle était plongée dans cet état de désespoir , la porte de sa chambre s'ouvrit lentement.

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