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CHAPITRE XVIII. left

d'Earnsdiff et d'Isabelle se trouvèrent levés, et les actes que Ratcliffe produisit de la part de sir Edouard Mauley, pour assurei^ la fortune de sa parente, auraient pu satisfaire la cupidité dTllieslaw lui-même. Mais miss Yère et Ratcliflfo crurent inutile de faire connaître à Eamscliff qu'un des grands motifs de sir Edouard en comblant ainsi le ]eune couple de ses bienfaits, était d'expier le crime qu'il avait commis plusieurs années auparavant, en versant le sang de son père dans l'emportement d'une querelle. S'il est vrai, comme l'assura Ratcliffe, que l'extrême misanthropie du Nain ait semblé se relâcher un peu par la certitude qu'il avait d'avoir répandu le bonheur sur tant de personnes, la malheureuse circonstance dont nous parlons fut probablement la principale cause du reftas obstiné qu'il ne cessa de faire de jouir de leur jbonbeur.

Mareschal chassa, tua du gibier et but du bordeaux; puis, s'ennuyant du pays, il passa sur le continent, fit trois campagnes, revint et épousa Lucy Ilderson.

Les années passèrent successivement sur la tête d'Earnscliff et de son épouse: elles les trouvèrent et les laissèrent satisfaits et heureux.

L'impatiente ambition de sir Frédéric Langley Tentraîna dans la malheureuse insurrection de '1715. Il fut fait prisonnier à Prestoii, dans le Lancashire, avec le comte de Dirwenswaser et autres. On trouve dans le recueil des procès des criminels d'Etat jsa défense et le discours qu'il fit au moment de son exécution. M. Yère, à qui sa fille faisait un revenu considérable, continuai résider sur le continent, prit une part active dans le système de banque de Law, sous la régence du duc d'Orléans, et il y eut un temps où il passa pour être immensément riche-, mais cette fameuse bulle étant venue à crever, il éprouva tant de chagrin de se trouver de nouveau réduit à un médiocre revenu, quoiqu'il vit plusieurs de ses compagnons d'infortune entièrement dans le besoin, qu'il en eut une attaque d'apoplexie, dont il mourut^ après avoir langui quelques semaines.

Willie Westburnflat chercha à se soustraire au courroux d'Hobbie Elliot, comme ses chefs à la vengeance des lois. Sou patriotisme l'excitait à servir son pays dans la guerre continentale» tandis que sa répugnance à quitter son sol natal l'engageait à ^rester plutôt dans son île chérie,^ et à faire sur les grands chemins une collection de bourses, de bagues et de montres. Heureusement

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pour lui, la première impulsion prévalut; il alla joindre rarfflé& commandée par Afarlborougb^ obtint un grade pour récompenser les services qu'il rendait, en procurant du bétail pour la commis^ sion des vivres; revint, après plu»eurs années, atee quelque argent acquis, Dieu sait comment ! démolil la tour de Wesibura^ flat, et bâtit à la place une maison étroite à trois étages avec Udt oheminée à chaque bout. Il but de l'eau^de-vie avec les voisiâs qu'il avait pillés dans sa jeunesse^ mourut d^^os son lit, et eut une épitaptie gravée sur son tombeau, qui existe encoreà Kirkcotiifitte. Elle le représente comme ayant été brave soldat^ bon voisin 6t chrétien sincère.

M. RatcUffe résidait babitueUement avec la famille à EHiesIaw) mais au printemps et en automne, il s'absentait régulidremeat pendant environ un mois. Quant au lieu vers lequel il se lUrigaait et au motif de ce voyage périodique, il garda oonstammeal le silence ) mais personne ne doutait que ce ne fût pour se rendre auprès de son patron. A la fin, après une de ces visiles^ sofi air triste et son costume de grand deuil firent connaître à la famille d'EUieslaw que son bienfaiteur n'existait plus» La mort de sir Edouard n'ajouta rien à la fortune d'Earnsclif et de son épousé, car il s'était dépouillé pendant sa vie de tout œ qu'il possédait, et principalement en leur fa^ur. RatcUffe, son unique confident, parvint à un Age assez avancé, mais sans jamais foire eonnaitre le lieu où il s'était retiré, ni son genre de mort, ai l'endroit où tt avait été enterré. On pensait généralement qne son bienfaiteur avait exigé de lui qa'il gardât à ce sujet te secret le plus inviotabti'

La dii^arition subite d'EIsbie de soa étrange ermitage conSrM les bruits que les gens du peuple avaient fait courir sur soD compte. Il y «n eut plusieurs qui crurent qu'ayant osé entrer dans un édHiee consacré, malgré son pacte avec le malin esprit, il avait été enlevé corporellement pendant qu'il retournait à aa chaumière ^ mais la plupart sont d'avis qu'il ne disparut que peur un temps, et qu'on le voit encore quelquefois sur les montagnes; et comme, suivant l'usage, on conserve un souvenir plus vif de ses discours étranges et violents que du sentiment de bienveil^ lance qui inspirait la plupart de ses actions, on croit assez ordi-' nairement qu'il est le marne que le méchant démon appdé^ V Homme d$s Marécages^ dont mistress Elliot racontait les mauvais tours à ses petits-fils s aussi le représente-t-on génâralemeat comme jetait un sort sur les moutons, faisant avorter les brebi%

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