PIERROT, OCTAVE
PIERROT, arrachant la couverture d'Octave et le faisant
lever du canapé.
En deux temps, quittez-moi la robe de malade Qui vous rend langoureux, impotent et maussade... Endossez votre plus fringant habit de cour; Le moment est venu de pousser votre cour
OCTAVE
Quoi, tu veux?... Cet habit?... Mais comment Isabelle?
SO LE NAUGOTIQOB
Ce soir, je vous invite à souper avec elle.
OCTAVE
A souper I mais où donc ? Cela ne se peut pas 1
PIERROT
Et même c'est ici qu'aura lieu le repas.
Vous aurez, pour savoir à quel point l'on vous aime,
Deux licures ! C'est assez, à votre âge !.., trop même!.
OCTAVE
Si j'étais sûr d'oser! Mais je n'oserai pas.
PIBRROT.
Vous oserez !
OCTAVE
Mais que dira-t-elle, en ce ca^
PIERROT
Elle ne dira rien, elle aura bouche close.
OCTAVE
A quoi bon, si ses ^eui?.«.
LE NARCOTIQBB 51
PIERROT
Pour ses yeux, même chose Elle n'y verra goutte et ne soufflera mot.
OCTAYE.
Comment?
PIERROT^ lai montrant le nnrcotiqna.
Vous voyez bien ceci?
OCTAVE
Mais oui, Pierrot I
PIERROT
Si vous êtes timide ou qu'elle soit sévère, Je lui verse en secret cette fiole en son verre, Dès qu'elle aura touché des lèvres la liqueur, Vous la verrez... vous... bref, vousaurez plus de cœur
Ja poassont vers la porte de droite.
Allez vous habiller.
OCTAVE
Enfin, por que4 prodige?...
52 LE NARCOTIQDB
PIERROT
Pas tant de mots! allez vous habiller, vous dis-jo. Courage! c^est ce soir, le sort en est jeté, Qu'il faut perdre, monsieur, votre. . . timidilc.
Il le fait sortir par la porte de droite.