‹ Le Naturaliste canadien (volume 2)Chapitre 11 sur 21 · A NOS CORRESPONDANTS · texte numérisé non relu

A NOS CORRESPONDANTS

Au Rév. Mr. M. St. Edouard, (Lotbinière.)

Votre insecte nous est parvenu en assez bon état, et est allé de suite prendre place dans notre collection, à côté de trois autres de ses semblables. Vous écrivez que vous l'avez gardé quelques jours vivant dans un verre d'eau, lorsque la malencontreuse griffe d'ui^chat est venue mettre fin à ses jours, et que vous avez été fort surpris de découvrir après sa mort, qu'il avait des ailes, bien qu'il vécût dans l'eau. Vous ne serez peut-être pas moins étonné d'apprendre que cet énorme insecte un de nos plus gros en Canada, puisqu'il n'a pas moins de deux pouces et demi de longueur, quoique vivant dans l'eau, appartient cependant à Tordre des Hémiptères, c'est-à-dire, à cet ordre dont la punaise peut être considérée comme le type. Son nom est Bélostome (du grec helosj dard et stoma^ bouche.) Sa bouche, en effet, comme dans tous les insectes de cet ordre, n'a ni mandibules ni mâchoires proprement dites, mais consiste simplement en un bec ou trompe, qui ne lui permet de se nourrir que d'aliments liquides, par la succion.

Les bélostomes appartiennent aux Hémiptères proprement dits, c'està-dire, que leurs élytres ou ailes supérieures, sont coriaces dans leurs première partie, et membraneuses à l'extrémité ; ils sont rangés dans la sous-division des hydrocorise (de hi/dor^ eau et koris^ punaise) parce

qu'ils vivent d:ins ronu, et d ms l.i f nnille de p'dir.iptcs, parce qne leurs pattes de devant leurs servent de bras pour saisir leur proie, tandis que les deux autres paires seules sont disposées pour la nage.

Suivant mademoiselle Mériam, les bélostomes font la gueire à plusieurs individus de Tordre des B itraciens pour en faire leur proie. Il n'y a pas de doute que leurs fortes griffes leur permettraient de jouir facilement des têtards ou queues de poëlona, en compagnie desquels onles trouve souvent. Cette demoiselle qui a passé une grande partie do^ sa vie à l'étude des insectes, a représenté une nymphe de bélostome tenant dans ses pinces une petite grenouille qu'elle parait vouloir sucer.

Les bélostomes, sans être très communs, se rencontrent cependant assez fréquemment en Canada. Nous en prenons de trois à quatre chaque année. Kn 1865, vers le mois d'Août, des ouvriers qui travail-^ laient au pavage de la rue St. Pierre, dans la basse-ville de Québec, furent fort étonnés de voir tout-à-coup s'envoler, de dessous un morceau de bois qu'ils venaient de remuer, un énorme insecte, qui alla s'abattre sur l'épaule d'un passant, à quelque pas de là. Celui-ci aussitôt décrier au secours, pour qu'on le délivrât du monstre qu'il portait sur son dos. Mais la terreur des assistants n'étant pas moindre que celle de la malheureuse victime, personne n'osait; lorsqu'un gamin, enhardi par l'espoir du gain, saisit entre ses doigts l'innocent animal, et alla le porter à M. Eug. Hamel, qui lui remit en échange deux belles pièces de cuivre. Les spectateurs n'avait pas encore quitté le lieu de l'exploit du gamin lorsque nous nous trouvâmes à traverser la rue St. Pierre. Si vous vous étiez trouvé ici, cinq minutes plus tôt, nous dirent ceux-ci, vous auriez vu une chose extraordinaire : un barbeau de près de trois pouces de longueur qu'un petit garçon est allé porter à Mr Hamel. Nous rebroussons aussitôt chemin et nous nous rendons dans la rue Ste. Geneviève, où nous trouvons l'insecte déjà installé dans les cases du jeun® amateur. Nous reconnûmes de suite que ce n'était pas un barbeau, un Coléoptère, mais bien notre bélostome, un Hémiptère.

Les Hémiptères ne sont pas les seuls qui, parmi les insectes, ont des représentants dans l'eau, à l'état parfait ; les familles des Dytiscides» des Hydrocharides et des Hydrophyllides parmi les Coléoptères, y comp" tent aussi de nombreux individus et de très forte taille. Les Névroptères et les Diptères qui semblent n'avoir que l'eau pour élément à 1 état de larves ou de nymphes, en sont complètement exclus à l'état parfait- Les Hyménoptères et les Orthoptères sont les seuls qui ne peuvent s'accommoder de l'eau, à aucune époque de leur existence ; puisque les Lépidoptères comptent quelques unes de leurs larves vivant aussi dans cet élément.

Googk

Ckromo-Lithographies.

f \ T E soussigné informe respectueusement le public qu'il vient de j Jj recevoir une caisse de CHROMO-LITHOGRAPHIES exécutées dans le meilleur style de l'art en Angleterre et en Allemagne, étant de belles copies de quelques unes des meilleures productions des éminents artistes suivants, savoir :

Sydney Cooper, A. R A. Wainewright, Birket Foster, Mole, Harding, Whittle, Tidey, Rowbotham, Herbert, Richardson, Holding, Leader, Reed, Peuley, Pierson, Capt. Beechy, R. N, etc

Ce sont les plus belles CHROMO-LITHOGRAPHIES qui aient encore été importées en cette ville, et il est bien aise d'exhiber ces superbes spécimens de Tart.

R. MORGAN, Marchand de Pianos et de Musique, No. 44, Rue St. Jean.

i^Tous les joum?iux de la cité (anglais et français) voudront bien copier.

Québec, 15 Mars 1869.

ÂV

BDREJF w •'unuum mhmr

8, me de la Montagne, Hritbtt,

Page 1