‹ Le Naturaliste canadien (volume 2)Chapitre 12 sur 21 · TABLEAU CHRONOLOGIQUE, ET · texte numérisé non relu

TABLEAU CHRONOLOGIQUE, ET

Synoptique de l'histoire du Canada, de l'Angleterre, de la France et de l'Eglise, par l'Abbé L. PÇpVANCHER, 10 cts.

HiE

Vol L

Québec, OCTOBRE, 1869.

No. U.

Kedaetenr : H. PAbbe PROVANCHER,

W^ Le rédacteur du Naturaliste ayant laissé Portneuf pour aller fixer sa résidence à Québec même, toutes oommunioutlons, remises, envois &c. devront être adressés, à l'avenir, comme suit: Le Naturaliste Canadien, Québec, ou encore : Mr. le rédacteur du Naturaliste Canadien, St. Rocb do Québec. Boîte 70.

COUP D'ŒIL SUB L'HISTOIBB NATUBBLLB.

(Continué de la page 223).

u» voNaxnms.

4e ORDRE DES MAMMIFÈRES.

Les Rongeurs ont tous deux grandes incisives à chaque mâchoires, séparées des molaires par un espace vide ; ils n'ont point de canines. Les jambes postérieures sont toujours plus longues que les antérieures, aussi leur marche est-elle peu rapide en général. Cet ordre se partage en deux sous-ordres, savoir: les Omnivores qui ont des clavicules bien distinctes, et les Herbivores qui n'ont qu'un rudiment de clavicule.

Bongenm Omnivores.

Les Rongeurs omnivores se partagent en sept familles

savoir: les Ecureuils, les Marmottes, les TJlacodes, les

Rats-Taupes, les Gerboises, les Rats et les Nageurs. Les

Imiacodes et les Rats-Taupes n'ont point de représentants

I dans notre faune.

Les Ecureuils.

Les Ecureuils ont 22 dents, disposées comme suit: lincisives, | ; molaires, t— t. Queue longue et garnie de Ipôils souvent distiques, c'est-à-dire rangés de chaque côté

246 Ls Naturaliste Canadien.

comme les barbes d'une plume ; quatre doigts aux pied» de devant et cinq à ceux de derrière, munis d'ongles très acérés.

Genre Tamia, Tamia^ lllig. Les Tamias présentent une ligne courbe uniforme à la partie supérieure de leur tête, vue de profil. Ils sont pourvus d'abajoues ou poches buccales, leur queue est distique.

Le Tamia à quatre bandes, Tamia quadrivittata. Less. Sciurtis quadrivittatuSy Say. — C'est le Grouiid squirrel des Anglais, notre Suisse, qui vit dans les trous et ne grimpe jamais sur les arbres. Il mesure envirbn sept pouces ; pelage fauve avec quatre bandes blanches.

Genre Ecureuil, Sciurus, Lin. Les Ecureuils ont une dépression prononcée sur le front. Queue comme dans les tamias, mais ils n'ont pas d'abajoues ou poches buccales.

L'Ecnrenil voyageur, Sciurus migraiorius, Sciurus Caroliensis. Vulgairement Ecureuil gris, — Pelage variable, ordinairement d'un gris fauve. D'une plus forte taille que notre tamia. Du lac Supérieur à la Baie d'Hudson.

L'Ecureuil noir, Sciurus niger, Lin. — Pelage d'un noir foncé, quoique brunâtre au fond ; plus gros que le suivant. Un peu rare.

L'Ecureuil de la Baie d'Hudfon, Sciurus Hudsonicus^ Penn. — C'est notre Ecureuil commun, de 5 a 6 pouces de longueur ; portant sa queue relevée en panache sur le dos.

G^nre Polatouche, Sciuropterus, Cuv. Les Polatouches ont l'occiput saillant, la queue aplatie, distique, la peau des flancs très dilatable, pouvant s'étendre entre les pieds de devant et ceux de derrière de manière à former au parachute.

Polatouche volant, Sciuropterus volucelta, Less. Pteromys volucella. PalL — C'est notre Ecureuil volant. Pelage très fourré, d'un beau gris. Animal fort tendre, nocturne, mesurant de 4 à 5 pouces. Un peu rare.

lies Marmottes.

Les Marmottes ont la tête grosse, la queue courte ou

Coup d*œil sub l'Histoire Naturelle. 247

moyenne ; leurs 22 dents sont disposées comme suit : incisives î ; molaires î J ; les incisives sont pointues.

Genre Marmotte, Arctomys^ Gml. Corps trapu ; tête large et aplatie ; jambes courtes, queue velue, courte ; point d^abajoues.

La Harmotte Honax, Arctomys monax^ GmL Cuniculus BahamahensiSy Catesb. Woodchuck des Anglais. — Ue 14 à 15 pouces de long, non compris la queue ; brune en dessus, pâle sur les côtés, oreilles arrondies, ongles longs et aigus.

La Marmotte de Québec, Arctomys empêtra^ Gml. Mus empêtra^ Pali. La Marmotte du Canada, le Siffleur, — De 17 à 20 pouces de longeur. D'un roux piqueté de brun ; joues et menton d'un blanc grisâtre sale ; queue courte, noirâtre au bout.

Genre Spebmophile, Spermophilusy Cuv. Dents comme chez les Ecureuils; oreilles bordées d'un hélix; pupille ovale; abajoues grandes.

Spermophile de la Louisiane, Spermophilus ludovicianm, Less. Arctomys ludoviciana, Say, A. Missouriensis, Ward. Cynomis socialis. Raf. — Vulgairement chien des prairies dans l'Ouest, à cause de son cri qui se rapproche un peu de l'aboiment du chien. Il mesure 16 pouces ; pelage d'un rouge brun entremêlé de gris. Il vit en bandes.

lies OerboisM.

Les Gerboises se distinguent par des membres i>ostérieurs tellement longs, que leur marche n'est qu'une suite de sauts sur ces seuls membres; tous leurs doigts sont libres ; incisives pointues.

Genre Gerbillb Gerbillus, Desm. Les Gerbilles ont 16 dents, savoir : incisives, | ; molaires I }, à couronne tuberculeuse ; queue très langue avec un pinceau de poils à l'extrémité.

Le Gerbille de la Baie d'Hudson» Gerbillus Hudsonius. Raf. — Jumping mouse des Anglais. De 3 à 4 pouces de longueur; brun avec une ligne jaune de chaque côté. Jambes postérieures très allongées.

Genre Mérione, Meriones, 111. Les Mériones ont 18

dents, huit molaires en haut et six en bas, ces molaires composées, à couronne sinuée.

La Hérione du Canada» Meriones Canadensis^ Less. M, nemoraliSf G-eoff. Gerbitlus Canadensis, Dipus Can, Davies, D, Americanus, Bartram. — Vulgairement souris des bois. De 2 à 8 pouces, jaunâtre, blanche en dessous ; queue écailleuse et presque nue, une fois et demie aussi longue que le corpsi terminée par un flocon de poils. C'est le seul de nos animaux qui ait la faculté de se suspendre au moyen de sa queue en l'enroulant autour des branches.

lies Bats.

Les Rats ont les incisives inférieures pointues, et jamais plus de 16 molaires. Leurs membres postérieurs ne sont pas allongés comme dans les individus de la famille précédente.

Genre Eat, Mus, Lin. Les Bats ont 16 dents, six mo. laires en haut et six en bas, à couronne tuberculeuse, queue plus où moins longue, presque nue.

Le rat ordinaire, Mus decumanus, Lin. M, NorvegicuSy Brisson. — Aujourd'hui répandu dans tous les pays; on le donne cependant comme originaire de l'Amérique.

La souris, Mus musculus, Lin. M. sorex Briss. Common mouse. — Si nous avons donné le rat à l'Europe, nous en avons reçu la souris en échange, qui elle aussi, est aujourd'hui répandue dans toutes les maisons.

Genre Lemming, Georychus, 111. Molaires à couronne anguleuse ; queue courte, velue. Pieds propres à fouir la terre.

Le Lemming de la Baie d'Hudson, Georychus Hudsonius, Less. Mus Hudsonius, Pali. — Le Rat du Labrador ; il mesure cinq pouces de longueur ; il manque de queue et d'oreilles apparentes. Labrador.

Le mulot, Mus agrarius, Pali. M. ku^opus, Eaf . M, sylva* ticuSy Fost. Field mouse. — ^De 3 à 3} pouces de longueur Cori^s trapu ; jambes courtes. Le mulot cause souvent des dommages considérables dans les vergers, en rongeant l'écorce des eunes arbres.

(4 continuer.)

La Pisciculture. 249

LA. I>ISCICUJL.XUK-E.

Que signifie le mot en tête de cet article, vont nous demander peut-être quelques uns de nos lecteurs ? Pour tous ceux qui dans leur jeunesse ont fait connaissance avec les bancs du collège, pour tous ceux qui ont suivi THomond, quelques pages seulement au delà de rosa, rosœ^ ce mot sera compris de suite à sa simple énonciation. Mais comme plusieurs de ceux qui nous lisent peuvent n'avoir connu THomond que sous ses habits français, disons de suite que ce mot est formé de deux substantifs latins, exprimant parfaitement à eux seuls l'idée de la chose qu'ils représentent. En effet piscùy poisson et cultura, culture, disent de suite qu'il s'agit de la culture ou de l'élevage des poissons dont on a fait un art, une science.

Mais n'est-ce pas faire un abus des mots que de dire la culture du poisson ? Un animal, et surtout un poisson, peut-il être l'objet d'une culture ?

Ce terme, qui nous vient des Français, ne met en aucune façon la grammaire en défaut ; car grâce aux données de cet art, le pisciculteur recueille, répand la semence dos poissons, surveille et soigne leur développement, les protège contre leurs ennemis et les accidents, comme le fait la fermière pour les ognons et les melons de son jardin, ou le fermier pour les légumes de ses champs, de sorte qu'on peut dire, avec droit, que c'est une véritable culture.

Mais est-ce bien un ait nouveau dû aux Français de nos jours ? Ne voyons-nous pas dans l'histoire que les Romains élevaient et engraissaient des poissons ? Cette pratique n'a-t-elle pas été suivie chez les Chinois de temps immémorial ? Nos moines du moyen âge, n'avaient-ils pas autour de leurs monastères, leurs riches viviers, dont ils tiraient non seulement les mets de leurs longs et nombreux carêmes, mais dont ils approvisionnaient souvent aussi les marchés?

La pisciculture, telle qu'elle est pratiquée de nos jours, est un art tout moderne, ne remontant pas au delà de

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1842, où deux habitants des Vosges, G-éhim et Rémy, conduits par la seule observation, lui donnèrent naissance. Quelques années après, un pêcheur de la Norvège, parvint aux mêmes résultats, sans avoir eu connaissance de ce qui s'était fait en France, conduit lui aussi par la seule obser. vation.

Un savant français, Jacobi, avait bien dès 1763 pénétré les mystères de la ponte et de la fécondation des œufs des poissons ; il avait publié sur le sujet des rapports tellement particularisés, que le gouvernement n'avait pas hésité à récompenser ses études par une pension sur l'état, en vue des ressources immenses qu'on pouvait retirer de ses découvertes ; et cependent la chose demeura dans l'oubli, ou du moins ne reçut aucune application, lorsqu'en 1842 les deux pêcheurs illettrés de la Bresse, en firent de nouveau la découverte. Et quelques années suffirent pour que le système inauguré en France fut admis en Hollande, en Espagne, en Angleterre et dans les divers pays de l'Europe.

Les Romains, ce peuple tant vanté pour sa haute civilisation dans l'antiquité, qui s'est donné comme maître dans tous les genre de luxure et de sensualité, connaissaient le moyen de conserver le poisson dans d'immenses viviers; ils leur fournissaient une nourriture abondante, jusqu'à leur jeter en pâture la chair de leurs esclaves qu'ils mettaient à mort, afin d'en tirer des mets plus appétissants et plus délicats; mais ils ignoraient ce qu'à proprement parler nous appelons l'art de cultiver les poissons ; ils se contentaient de prendre au filet les petits de ces poissons pour en peupler leurs étangs, n'ayant jamais tenté leur reproduction artificielle, telle qu'elle se pratique aujourd'hui. De même les moines du moyen âge trouvaient dans leurs -viviers une ressource pour consacrer, sans être à charge aux autres, le temps qu'ils n'employaient pas à la prière ou à copier et à traduire ces chefs-d'œuvres de l'antiquité, qui, sans leur désintéressement et leurs patients labeurs, auraient été mêlés à tant d'autres ruines que laissaient partout cous leurs pas ces hordes barbares que tant de fois le Nord a vomies sur la civilisation; mais eux aussi appro vision-

La Pjsoioulturb. 261

liaient leurs viviers du produit de leurs pêches. Et si les Chinois se sont un peu plus plus rapprochés de ce qui se pratique aujourd'hui, ils sont encore demeurés tout-à-fait étrangers à la fécondation artificielle qui, seule, constitue la base de Tart de la pisciculture. Les Chinois sont phitôt des bergefs que des cultivateurs de poissons ; ils les paissent plutôt qu'ils ne les élèvent Voici comment ils pratiquent la chose.

Ils receuillent dans les rivières et les lacs les œu& des poissons répandus sur la vase et plus souvent attachés aux broussailles submergées; ils placent ces œufs dans des cuves ou de petits étangs, jusqu'à ce que les petits qui en éclosent aient atteint un certain développement. De ce moment ce sont leurs rizières qui leur servent de pacage pour leur troupeaux d'un nouveau genre. On sait que la culture du riz exige que la plante soit submergée pendant un temps plus ou moins long dans sa croissance. Aussitôt donc que l'eau a recouvert tout un champ que protège des digues élevées, ils y lâchent leurs poissons qui, trouvant une abondante nourriture dans les larves et les insectes du champ que l'eau vient de recouvrir, prennent en peu de temps un développement considérable. Le temps arrivé de faire disparaître l'eau du champ, le maître choisit parmi ses poissons ceux qu'il juge propres à figurer sur les marchés et transporte les autres dans un champ voisin qui doit être submergé à son tour. De sorte que c'est bien plutôt un berger qui change son troupeau de pâturage, suivant l'abondance de la nourriture, qu'un éleveur qui donne à ses bêtes les soins d'entretien et les aliments convenables. On imagine sans peine que les rizières peuvent être construites de manière à permettre au Chinois de recueillir et choisir ses poissons lorsqu'il force l'eau à se retirer de son enclos. Mais de ces opérations à celles de la fécondation artificielle, telle que pratiquée dans la pisciculture, la distance est grande et très grande, l^our mieux comprendre ce que nous dirons des méthodes artificielles de reproduire les poissons, examinons ce que nous dit la science de la fécondation et du premier âge de ces vertébrés.

252 Li Naturaliste Canadien.

Féoondatioiiy éclosion et premier âge des poissons. C'est le français Jacobi, pensons-nous, qui le premier nous a instruits du mystère de la fécondation des œufs ou embryons chez les laissons. Après de longues et minutieuses observations, il put se convaincre que chez eux la fécondation a lieu sans aucun rapprochement, sans aucun contact du mâle et de la femelle. Il put remarquer à plusieurs reprises des carpes mâles, s'appuyant sur des branches submergées, quelques pointes saillantes des bords d'un étang où elles étaient renfermées, ou d'autres objets, de manière à ce que la pression exercée sur leur ventre en lit sortir la laite ou matière fécondante, qui se répandait aussitôt sur les œufs que la femelle venait de déposer au même endroit. Le paysan Norvégien, qui en 1843, découvrit dans son pays ce que Eémy et G-éhim avaient découvert quelques années auparavant en France, put aussi remarquer la même chose. Un mal survenu à une jambe l'ayant rendu incapable de prendre part au travaux de la moisson, pour dissiper son ennui, il se transportait tous les jours sur le bord d'une rivière voisine de sa demeure, et s'y amusait à examiner les mouvements des truites qui venaient frayer en cet endroit. II remarqua, à plusieurs reprises, que tandis que la femelle déchargeait ses œufs, le mâle venait prendre place à ses côtés, de manière à ce que sa tête attei* gnait à peine la moitié du corps de la femelle, laissant en même temps échapper sa laite. Il lui vint à l'idée qu'en se saisissant de deux truites, mâle et femelle, il pourrait peutêtre obtenir ainsi des œufs qu'on ferait ensuite éclore dans des ruisseaux à volonté. Il tendit donc de suite son filet et se saisit du couple désiré. Il en donna un à sa femme et prit l'autre lui-même, et se mettant au dessus d'un vase rempli d'eau, ils leur pressèrent le ventre de manière à en faire sortir le contenu ; puis il alla verser le contenu du vase dans un ruisseau où l'on n'avait jamais vu de truites auparavant, pour voir ce qu'il en adviendrait. Il fut agréablement surpris, l'été suivant, de voir que son ruisseau fourmillait de truites. Il construisit de suite des boites à éclosion attenantes à sa maison, et malgré les moqueries

Googk

La Pisculturb. 263

el les attaques de ses voisins, qui allaient jusqu'à lui faire un crime de s'ingérer dans les opérations de la nature, il continua chaque automne à faire des éclosions de plus en plus considérables.

Les femelles des poissons portent des œufs en quantité presque innombrable. On a calculé que pour le saumon, ce nombre équivalait à environ 1000 pour chaque livre de son propre poids. Ainsi un saumon de 251bs. ne contiendrait pas moins de 25,000 aufs. D'après les mêmes calculs, une truite d'une livre pesant contenait 1000 œufs ; une perche de Jlb. 20,592; un éperlan de deux onces, 36,652; une sole d'une 11b. 134,466 ; un hareng de Jlb. 19,840 ; un maquereau de 1 Ib. 86,120; une morue de 201bs. pas moins de 872,000 ; tandis qu'une truite n'en contient pas moins de 1,500,000. Il est évident qu'avec un tel nombre d'œufs, s'ils parvenaient tous à produire des êtres semblables à leur générateurs, il suffirait de deux ou trois générations pour changer l'immense étendue des océans et des mers en une masse compacte d'êtres vivants. Mais la providence qui règle tout dans sa sagesse, n'a pourvu les poissons d'un nombre si considérable d'œufs, que par ce que ces œufs sont exposés à de tels accidents, que ce n'est que le petit nombre qui parvient à reproduire l'espèce. Les crues subites des rivières qui ensevelissent les œufs dans la vase ou leur dessèchement qui les laisse à sec sur les bords ; la violence des courants qui les entraînent et les brisent ; le grand nombre de ceux que n'atteint pas souvent la laite du mâle ; les larves aquatiques d'un grand nombre d insectes telles que libellules, agrions, perles, bélostomes, etc., qui s'en nourissent ; grand nombre de poissons qui en font leur proie, et souvent les femelles mêmes qui les ont pondus et qui les avalent volontiers lorsqu'elles les retrouvent etc. etc.: sont autant de causes qui viennent ramener à un dixième peut-être, ou même à une plus petite fraction encore, le nombre des œufs qui sortis du ventre de la femelle parviennent à reproduire l'espèce.

Les œufs des poissons se rapprochent plus ou moins de la forme sphérique. Une fois so ;tis du corps de la femelle,

254 Le Naturaliste Canadibn.

ils ne croissent plus, c'est-à-dire, ils n'augmentent plus en volume, mais le germe ou embryon qu'ils renferment s'augmente petit à petit, jusqu'à ce que forçant l'écaillé qui le resserre, celle-ci vient à se rompre et à le laisser aller en liberté.

Le développement de l'embryon suit une marche qui varie dans les différents animaux, mais qui là comme ailleurs, démontre la parfaite harmonie des formes et des forces dans les différents êtres, relativement à leurs aptitudes ou à leurs besoins. Ainsi dans Thomme, la première partie du corps qui se développe est la mâchoire inférieure, par ce que l'enfant, aussitôt que né, doit faire usage de ce membre pour tirer le lait du sein de sa mère. Mais comme le poisson n'est j>as destiné à téter et que même, comme nous le ferons voir tout à l'heure, il est dispensé, après sa naissance, de chercher sa nouriitare pendant sept à 8 semaines, il n'a donc d'autre fonction à remplir que de se soustraire aux poursuites de ses ennemis, et vu son extrême faiblesse il ne peut y réussir que par la fuite ; aussi les yeux sont-ils la première chose qui se montre dans son embryon. Et ces yeux se font voir dans l'œuf dans un temps plus ou moins long suivant la température de l'eau. Pour le saumon et la truite c'est entre le 25e et le 35e jour qu'on commence à les apercevoir, et l'éclosion prend ordinairement place 14 jours après.

Au moyen d'une bonne loupe, on peut voir le petit poisson à travers l'écaillé de l'œuf s'agiter dans sa prison, on peut le voir dans les derniers moments forcer les murs qui le retiennent captif, jusqu'à ce que cédant à de tels efforts, ils lui livrent un passage au dehors. Le nouveau né prend de suite ses ébats dans l'eau avec autant de prestesse que ç'il y eut été habitué depuis longtemps, il s'agite de tous côtés, plonge au fond du vase, va, vient en mettant en mouvement ses branchies pour recevoir l'air qu'il respire pour la première fois. Malgré cette activité cependant, il restera encore 7 à 8 semaines sans prendre de nourriture, du moins sans en absorber par la bouche. Une poche qu'il a d'attachée au ventre lui fournira la sustentation nécessaire»

Listes des CoLÉoPTàRss.

jusqu'à ce qu'il soit capable de pourvoir par lui-même à ses besoins. Tant que le contenu de cette poche ne sera pas épuisé, il refusera toute autre nourriture.

L'accrois«ement du poisson aussitôt après son éclosion, se fait très rapidement ; on le voit chaque jour augmenter de volume. "Dn petit saumon à 3 jours, ne pèse que 2 grains; à 16 mois il pèse 2 onces, c'est-à-dire qu'il a doublé pendant cet espace de temps 410 fois son propre poids ; à 20 mois il pèse jusqu'à 8J lbs; à 2 ans et 8 mois il pèsera de 12 à 15 lbs, il continuera ensuite d'année en anuée à prendre quelques livres de plus en pesanteur ; si bien que s'il atteint 30 lbs. il aura augmenté son poids de 115,200 fois, et on sait que dans la rivière Moisie, on a pris des saumons de 52 et 54 lbs. — (A continuer.)

lAmte des Ooléopt^res

PRIS k POBTNEUF, QUÉBEC.

(Continué de tapage 232).

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