‹ Le Naturaliste canadien (volume 2)Chapitre 18 sur 21 · REPRODUCTION ARTIFICIELLE · texte numérisé non relu

REPRODUCTION ARTIFICIELLE

Nous avons dit que le saumon donnait d'ordinaire 1000 œufs par hvre pesant de son poids ; un saumon de 15 livres, en supposant que tous les petits parviendraient à leur troisième année, produirait donc 75 tonnaux de poisson livrable au marché, en allouant seulement 10 livres de poids pour chacun ; ces 75 tonnaux de saumon, en ne les estimant qu'à vingt centins la Uvre, formeraient la belle somme de $30,000 ; mais supposons qu'il n'y ait que le quart de ces alevins qui parviennent à l'état adulte, ce sera encore $7,- 500 de revenu. On voit par là quels profits peut rapporter la pisciculture, et cela avec des frais tout-à-fait minimes eu égard à leurs résultats. Venons en aux détails du procédé à suivre.

Nous avons vu que le saumon déposait ses œufs dans des courants plus ou moins rapides, sur des fonds graveleux; il faudra donc, autant que possible, se rapprocher des conditions naturelles et fournir au frai une eau toujours courante sur du gravier. Déplus, comme les femelles, le

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plus souvent, recouvrent leurs œufs de gravier pour les dérober à la lumière, car c'est une loi presque invariable tant dans le règne animal que dans le règne végétal que los embryons requèrent Tobscurité pour leur développement, il faudra donc aussi protéger le frai contre une trop grande lumière. Si donc vous avez à votre disposition un ruisseau à eau pure et toujours coalaute, vous pourrez agir comme suit:

Construisez-vous dos boites do trois pieds de long sur 12 à 15 pouces de largeur et 10 à 12 pouces do profondeur. Enfoncez ces boîtes dans le sol. sur le bord de votre ruisseau, de manière à ce que détournant un filet d'eau vous puissiez l'amener à passer par vos boîtes, que vous aurez disposées les unes au dessus des autres, à la façon des marches d'un escalier, de sorte que l'eau puisse passer de l'une à l'autre sans interruption. Si alors vous jetez de 4 à 5 I)ouces de gravier dans vos boîtes et que vous les recouvriez d'une planche pour les soustraire à la lumière, vous aurez là une frayère artificielle qui répondra exactement à celles que sait se trouver le poisson dans les rivières, et il ne vous manquera plus que le frai pour commencer votre éducation.

Ici, en Canada, le saumon fraye d'ordinaire en Septembre et Octobre; ce sera donc à Cette époque quil vous faudra vous procurer deux poissons mâle et femelle. Le ventre distendu de la femelle vous sera un indice certain que les œufs sont détachés de l'ovaire et prêts à être envoyés. Voici comment vous procéderez.

Si le poisson est gros, l'opération demande le concours de trois personnes: l'une tient le poisson par la tête et l'autre par la queue, dans une position horizontale, au dessus d'un vase rempli d'eau; la troisième alors lui pressant assez fermement la poitrine et le ventre, vous voyez aussitôt les œufs s'échapper par milliers et se répandre dans l'eau. Vous avez soin de faire usage de plusieurs vaisseaux, de manière que les œufe ne se déposent pas les uns sur les autres en masses compactes, ce qui pourait les soustraire à l'action de la laite. Prenant alors le mâle, qui a dû être conserve

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dans Tean pour lui conserver toute sa vigueur, vous optrez de la même manière et avec les mêmi^s précautions, ayant soin que Teau du vase où se trouve les œuls s<' trouve toute saturée de la laite que vous venez ainsi de rcpaiidiv, l'agitant même du doigt à cette fin, si la chose est jugve lu'cessaire Après huit à dix minutes de repos, Timprégnation entière des œufs aura dû avoir lieu et vous pourrez de suite les verser dans vos boîtes, ayant soin de ne pas les agiter trop violemment de crainte de les briser, ni de les déposer en tas les uns sur les autres. Si Teau de vos boites était tenue à une température de 45*^ à 50° Fahrenheit, vers le 35e jour vous pou^'riez distinguer les yeux dans chaque œuf, se traduisant par deux points assez tone's, et environ 14 jours plus tard commencerait Téclosion.

Mais, comme dans notre climat /eau se tient à une température bien au dessous de 45^ durant Thiver, Téclosion n'a lieu qu'au printemps suivant, dans le cours de Mai ou au commencement de Juin. De sorte qu'il faudrait veiller à ce que les gelées de l'hiver ne détournassent pas l'eau des boîtes, en laissant les œufs à sec, ce qui les ferait périr aussitôt.

Ceux qui ont un aqueduc à leur disposition, comme dans nos villes, peuvent avec bieu plus de sùrt^té faire cette éducation dans leurs appartements. En entretenant un filet d'eau, à une température assez basse, coulant constamment dans leurs boites, l'éclosion n'aurait lieu tout de même que vers la mi-Mai. Ils pourraient aussi attendre que les alevins eussent de huit à dix jours dans leurs boites avant de les répandre dans la rivière qu'ils voudraient peu. pler. Les premiers qui éclosent sont ordinairement les plus faibles et les derniers les plus forts. Une fois l'éclosion commencée, ont peut compter les nouveaux nés par milliers chaque matin.

Si l'éducatioîî se fait au dehors, il faudra veiller à ce que d'autres petits poissons, des grenouilles, des canards etc., ne puissent trouver les boites, car dans un instant elles se trouveraient privées de leurs œufs.

Les œufs de même que la laite peuvent être exprimés de poissons morts, par exemple pris à la ligne, pourvu que

la décomposition ne se soit pas encore manifestée. On a pu faire ainsi usage de poissons qui étaient morts depuis 12, 24, 80 heures et même six jours, mais il est toujours plus sur d'op-^rer avec des poissons \nvants. Un seule mâle peut suffira à féconder les œufs de sept à huit femelles, et on peut en faire usage pendant six jours de suite, pourvu qu'on le manipule avec précaution et qu'on le tienne toujours dans une eau fraîche et pure. Les mâles sont toujours lu»a:icoup moins nombreux que les femelles ; ils sont à cellesci à peu prè6 dans la proportion do 1 à 12 ou 14.

Les œufs fécondés comme nous venons de le dire peuront se transporter à d<*s distances considérables, avec des soins convenables. Dans ce but on les répand sur des couches de mousse humide qu'on superpose dans des boîtes et qu'on a soin de ne pas trop agiter dans le trajet.

On remarque chaque année que nos rivières et nos lacs s'appauvrissent de plus en plus de leurs riches habitants. La chose ne doit pas surprendre, si l'on prête attention à cette guerre d'extermination qu'on leur fait depuis si longtemps. Nous avons bien quelques lois pour protéger la prol^agation du poisson; mais à quoi se réduisent-elles? Elles sont observées seulement là où elles ne seraient pas nécessaires, vu que le poisson manquant presque complètement, la pêche ne peut s'y poursuivre; et dans les endroits où c^»tte pêche peut encore fournir quelque chose, ces lois sont absolument à l'état de lettre morte. Ne serait-il pas temps que notre gouvernement aviserait aux moyens de pratiquer la pisciculture sur une large échelle, afin de rendre à nos rivières leurs nombreux habitants d'autrefois ?

On s'est plu à répéter souvent que les scieries sur les rivières étaient la cause de la désertion du poisson, notamment du saumon, de leurs eaux. Mais est-ce bien là le cas ? Si le bran de scie nuisait au saumon, pourquoi ne nuirait-il pas de même à la truite, à la carpe et aux autres espèces qu'on pêche encore au pied même des moulins ? Non, ce n'est pas la moulée échappée des scies qui nuit au saumon, mais bien les hautes digues des rnDiilins qui ayant intercepté les cours d'eau, ne permettent plus au poisson de parvenir aux lieux

Googk

Listes dbs CoLÉoPTèREs.

où il allait d'ordinaire déposer sou fiai. Le g uvertie.neiit a fait construire des espèces d'escaliers, pour permettre au saumon de parvenir au sommet de ces digues ; mais comme on le pense bien, ce ne sera toujours que le petit nombre qui trouvera la route de ces escaliers ; et que de sauts ne leur faudra-t-il pas tenter avant de pouvoir parvenir ju>.te au bassin plus haut? Aussi a-t-oii pu constater que ce n'était là qu'un remède bien insuffisant au mal dont ou se plaint Que faudrait-il donc ? Des incubations artili'^ielles dans toutes ces rivières que le saumon a ir«''quentjes et qu'il pourrait fréquenter encore. Les rivières Jacques Cartier, Ste. Anne, (Montmorency) recèlent quelques saumons, il n'y a pas de doute qu'on parviendrait à les repeupler artificiellement plus abondamment qu'elles ne l'ont jamais été. Leurs bords escarpés et ombragés, leurs bassins profonds et solitaires sont éminemment propres à livrer au saumon les frayères qu'il recherche d'ordinaire.

Le gouvernement, so is la direction de M. Nettle, a fait faire, il y a une dizaine d'années, une éducation de saumons ; nous croyons nous rappeler que ce Mr. avait parfaitement réussi, mais nous ne saurions dire si les etfets de cette éducation ont pu être remarqu s dans les rivières qu'on a voulu repeupler. Dans tous les cas, nous pensons que le système devraient être suivi pi^ndant plusieurs années, si on voulait rendre la chose tout à fait profitable.

Les poissons sont peut être la partie de notre histoire naturelle qui a été la plus négligé jusqu'à ce jour. Nous ne connaissons encore personne qui s'en soit occupé d'une manière particulière. C'est pourtant une étude bien intéressante sous le rapport purement scientifique, et bien digne d'attirer l'attention sous le rapport dts ressources qu'elle peut fournir.

ILiiHte des Ool^optères

PRIS k PORTNEIF, QUEBKC.

(Continiié de la page 256).

DYTISCIDES.

Halipus, Latr. Hydeoporus, (daïr.

immaculioornis» Harriti. lacustris, Sap.

280 Lb Naturaliste Canadibn.

Hydroporus, Clair. Colymbetes, Clair

spurius, Lee sculptilis, Harris.

modestus, Aube, binotatus, Harris.

puberulus, Mann. > agilis, Aube.

similis, Kirby, AciLlUS, Leach.

Laccophilus, Leaeh. fraternus, Lee.

maculosus, Say. ^Jytiscus, Linn.

AgabuS, Leac¥ confluens, Say.

hypomelas, Mann. ventralis, Motsch.

bilarius, Lee. anxius, Mann.

fimbriatus, Lee. marginicollis, Lee.

CoLYMBETES, Clairv. harrisii, Kirby.

biguttulus, Lee. verticalis, Say.

quadrimaculatus, Aube. hybridus, Aube.

(4 continuer.^

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