‹ Le Naturaliste canadien (volume 2)Chapitre 9 sur 21 · L.a *' Gazette des Cainpagiie§" et le >< IVataraliste · texte numérisé non relu

L.a *' Gazette des Cainpagiie§" et le >< IVataraliste

La Gazette des Campagnes qui s'est émue à la seule nouvelle de notre prochaine apparition, nous a accueilli les armes à la main. La petite Gazette^ à la façon des ichneumons qu'eWe dit pourtant être rares à Ste. AnnCy est devenue

A LA "Gazette des Campagnes." 45

ferrailleusft depuis qu'elle a subi sa dernière métamorphose. Elle était bien libre, en recevant notre prospectus, de s unir à toute la presse du pays pour appeler notre apparition, comme elle Ta fait pour le Progrès de Levis, ou de dire simplement que nous allions paraître ; mais puisqu'elle a préféré prendre cette dernière manière d'agir, qu'elle n'essaie donc pas d'en pallier la raison en faisant entendre que " ?iotre cas est d'être pris d'un amour propre excessif," tout en découvrant, sans s'en apercevoir, sa mauvaise foi. Car voici.

*' Nous attendions le premier numéro, dit la Gazette il ne

nous semble pas raisonable de louer les hommes ou les choses qui ne sont pas encore nés." Puis elle nous reproche la phrase suivante :

Le pasteur, le médecin, l'instituteur, le législateur, ragriculteur, en "un mot tous ceux qui savent lire et réfléchir devront lire assidûment le Naturaliste : tous y trouveront (la Gazette par politesse met gagneront) profit et instruction.

Or, cette phrase est de notre prospectus, page 3 ; voilà pour la bonne foi !

Nous connaissions depuis longtemps que le musée de Botanique à l'Université Laval était très considérable, nous savions de plus que la " Société Historique et Littéraire" de Québec et celle " d'Histoire Naturelle" de Montréal, possédaient des musées de certaine valeur ; cependant nous avons cru pouvoir dire avec vérité : '• que nos musées étaient encore à naître, pour ainsi dire f parceque ce n'étaient là encore que de bien faibles commencements comparés aux musées de semblables institutions dnns d'autres pays. Mais la Gazette, par une gentillesse qui lui fait honneur, retranche de notre phrase le correctif pour ainsi dire, pour lui donner par là une toute autre portée.

Nous connaissons tous les MM. du Séminaire de Québec, et nous pensons que sous le rapport des spécialités, le corps enseignant de cette institution pourrait difficilement être mieux représenté, mais nous croirions faire injure à ces MM., si, les prenant à part, nous faisions à chacun soji éloge et vantions les rapports qu'il peut avoir avec telle ou telle célébrité. Si la Gazette jxxge la chose convenable, elle a des colonnes à sa disposition, qu'elle continue son œuvre ; elle a commencé par M, Brunet, qu'elle poursuive le rôle

Quant à ce que nous avons dit sur la difficulté qu'on a eue jusqu'aiijourd'hui pour s'initier à l'étude de l'histoire naturelle en Canada, nous on renvoyons la preuve aux réponses que fera la Gazette aux trois questions qui suivent :

1° Dans son numéro 39, la G«2r6?//e parle de trois espèces de piérides qui ravagent les plantes du genre brassica, la piéride du chou, la piéride de la rave et la piéride du navet. Qu'elle nous dise donc si on a jamais trouvé la piéride du chou à Ste. Anne ? quel est le nom scientifique de cet insecte, de qui il a reçu ce nom. et surtout qu'elle nous en envoie un spécimen.

2° Dans son numéro 42, elle parle de l'anthomye de l'ognon; qu'elle nous dise donc de même le nom scientifique dtî cet insecte, son ordre, sa classe, sa famille, sa tribu; si on en a trouvé à Ste. Anne, et qu'elle nous en envoie aussi un spécimen.

3° On voit souvent en été dessinant des ondulations sur l'eau, au bord des rivières et des fossés, un petit animal sous forme de serpent, extrêmement délié, guère plus gros qu'un crin de cheval ; qu'elle nous dise donc quel est le nom scientifique de cet animal ; est-ce un serpent, un ver, un insecte? d'où vient-il et comment se reproduit-il?

La rédaction de la Gazette est confiée à des professeurs du Collège de Ste. Anne et de l'Ecole d'Agriculture ; ils ont à leur disposition deux grandes bibliothèques et un musée a^ï-ricole, où, sans doute, on recueille et étudie tous les insectes nuisibles à l'agriculture. Si on nous donne des réponses justes, en nous transmettant les spécimens demandés pour confrontation avec ceux de notre collection, nous avouerons à notre honte, avoir fait un avancé faux et téméraire ; dans le cas contraire, la Gazette devra reconnaître que son cas est un très mauvais cas.

P. S. Qu'on nous adresse les spécimens demandés par la malle, disposés comme on le fait d ordinaire pour le transport des insectes, et nous nous engageons à les renvoyer dans le même état que reçu, et à en rembourser les frais.

A NOS Correspondants. 47

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