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LE MATÉRIEL DU CHASSEUR D'INSECTES

Voici Pépoque où les jeunes entomologistes, désireux de ne devoir qu'à leurs propres efforts une belle collection d'insectes, vont consacrer leurs loisirs à la chasse. Il s'agit pour eux, non seulement de capturer des pièces intéressantes, mais aussi de rapporter intactes jusqu'à leurs cartons des bestioles souvent très fragiles, et d'en assurer la conservation indéfinie. Faute d'un matériel commode, et d'ailleurs peu coûteux, les débutants s'exposent à des mécomptes f ils risquent de rentrer de leurs patientes et longues randonnées avec des fricassées de tarses et d'antennes plutôt qu'avec des insectes entiers et dignes de figurer en bonne place dans leur collection.

Cependant, comme on peut désirer rapporter pour l'étude quelques individus vivants, insectes parfaits ou larves, en même temps que des échantillons uniquement destinés à être classés et conservés, il est bon d'être outillé en vue de l'une ou de l'autre éventualité. Dans les goussets à cartouches d'une ceinture de chasse, suivant l'excellent conseil donné par M. Coupîn, on place donc deux variétés 7 — JuiUet 1909.

de tubes de verre, les uns vides et simplement recouverts d'un tampon d*ouate, les autres plus soigneusement bouchés et contenant une petite quantité d'un mélange rapidement mortel pour les insectes qui y sont introduits. La mort rapide des animaux recueillis en vue de la collection supprime les efforts à l'occasion desquels se produisent trop facilement les fractures et les désinsertions des membres. Accessoirement, il faut pouvoir disposer d'une ample collection de bouchons de liège et de bouts de roseau qui remplaceraient les tubes brisés. Pour récolter, sans y toucher, les tout petits insectes, l'appareil le plus pratique est constitué par un flacon de verre à large goulot dans le bouchon duquel est fixé un tube de verre ou de zinc taillé en biseau, qu'on ferme à l'aide d'un mince bouchon ou d'une cheville de bois s'adaptant exactement à l'orifice. Le long de ce plan incliné qu'on approche de la fleur, delà feuille ou de la tige où se tient la proie convoitée, il est facile de faire glisser celle-ci dans le flacon. Le flacon doit contenir de la sciure grossière de peuplier ou d'aulne ; éviter les sciures de bois résineux dont les grains se collent aux insectes et les salissent.

Le mélange insecticide peut être, soit de la benzine, soit de la solution alcoolique d'acide arsénieux (procédé Leprieur), soit un gâchis de plâtre blanc avec une solution concentrée de cyanure de potassium dans de l'eau (procédé Ravoux). C'est ce dernier qui paraît être le meilleur. Il tue rapidement les insectes sans les endommager et sans leur faire perdre leur souplesse, car le cyanure de potassium hygrométrique maintient dans le flacon une humidité suflSsante. Son principal inconvénient tient à la toxicité du cyanure qu'il faut manipuler avec de grandes précautions. Contrairement à ce qu'on a prétendu, la solution alcoolique d'aside arsénieux ne met pas les insectes à l'abri des attaques ultérieures des Anthrènes et des Dermestes.

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