COMMENT ON APPRECIE LE
En sa livraison du 15 mars, la Catholic Fottfiightly Review (Bridgeton, Mo., U. S.) a bien voulu consacrer au Naturaliste canadien — commençant sa 35e année — un article de grande bienveillance, si grande même que nous ne nous décidons pas de le reproduire dans nos pages. Nous prions toutefois M. Pre.uss, l'éminent directeur de la revue catholique du Missouri, d'agréer l'expression de notre bien sincère reconnaissance. C'est lui, croyons-nous, qui aura fait du Naturaliste^ depuis que nous le publions, Pappréciation la plus complète, sinon la plus fiatteuse, car nous comptons en Canada quelques amis dont les encouragements nous ont été également précieux.
Pour ce qui est cependant de la récente entrée du Naturaliste dans sa 35e année, deux seulement de nos confrères ont bien voulu la signaler : le Travailleur et V Enseignement primaire. Nous les en remercions beaucoup, en les assurant que cette attention à l'égard de notre œuvre nous
3— Mars 1908.
a été d'autant plus agréable qu'elle a été de plus rare occurrence.
L'indifférence du public, qui s'explique par celle de la presse, à l'égard du Naturaliste canadien^ n'est pas d'aujourd'hui ou d'hier. Mais plutôt elle a toujours existé, excepté aux époques lointaines où notre revue se permit quelques incursions dans les domaines du journalisme canadien et même des affaires publiques, ou encore lorsque l'abbé Provancher, qui avait la plume très rude, se lançait en quelqu'une de ces polémiques meurtrières que les anciens se rappellent encore. Mais lorsque le Naturaliste canadien se maintient vigoureusement — comme il fait depuis longtemps — sur le terrain scientifique, i>ersonne n'en parle ni ne s'en occupe. Cette indifférence ou cette apathie faisait beaucoup souffrir l'abbé Provancher.
Pour nous, il y a longtemps que nous nous sommes fait une philosophie à cet égard. Nous comprenons tout à fait bien qu'il n'en peut être, en notre pays, d'un organe scientifique comme d'une revue littéraire: tout le monde, en effet, se regarde, jusqu'à un certain point, comme intéressé dans la littérature. Tandis que même notre classe instruite — à qui dès le collège l'histoire naturelle a paru uu monde presque fermé, en tout cas d'utilité à peu près nulle, et sans aucun intérêt, et plein de choses baroques, — ne voit pas du tout qu'elle ait à s'occuper le moindrement d'une revue où il n'est question que des « animaux, des végétaux et des minéraux ». Et, soit ix)ur le public, soit pour la presse, il y a pour attirer et absorber l'attention tant d'événements politiques, sociaux, etc., que l'on n'a plus de temps à donner à une modeste publication scientifique, — qui pourtant, à titre d'unique représentant de la nationalité franco-canadienne parmi les publications savantes , de l'univers, croit jouer un rôle non dépourvu de quelque mérite, et aurait lieu de s'attendre, pour être en état de