C. Les Parcs de réserve d'animaux sauvages
i^ Le Parc national de Banff ou des Montagnes Rocheuses.
2° Le Parc Algonquin.
3** Le Parc Rondeau.
4° Le Parc des Laurentides.
5° Le Parc de Vancouver.
6° La Réserve du lac des Neiges.
D. Etablissements de zoologie et de biologie expérimen-
tale. - 1° Là Ferme expérimentale d'Ottawa 2° Laboratoires zoologiques du Canada.
Au cours des huit pages consacrées aux établisssements zoologiques du Canada, il est question, en ce qui concerne la province de Québec, de- la Ménagerie du Sault- Montmorency, du Parc des Laurentides, et des essais d'élevage du Renard que dirige M. Tabbé H. Lavoie, curé de Saint- Joseph d'Alma (L.St-J.), et de ceux qu'ont tentés à Piastre Bay (Labrador) la Cie Révillon et ensuite M. Beetz. A cette enumeration, un peu maigre, nous pouvons ajouter que, à leur Ménagerie du Sault-Montmorency, MM. Holt, Renfrew & Co. se sont occupés et s'occupent encore aujour. d'hui de l'élevage des animaux sauvages. C'est ainsi que sont nés déjà à cet établissement des Bisous, des Renards, des Castors.
Comme conclusion de son étude, M. Loisel dit qu'il n'a rien trouvé au Canada <rde particulièrement intéressant à signaler» ; et c'est là un jugement dont nous admettons le bien fondé. Notre pays est encore trop jeune, nos institutions scientifiques ne sont que de trop récente origine,
pour que l'on doive s'attendre à trouver chez nous des établissements zoologiques qui aient.l'importance de ceux que l'on voit, par exemple, aux Etats-Unis.
En tout cas, l'ouvrage du Dr Loisel expose très bien ce qui a été fait jusqu'ici, au Canada et dans les Etats-Unis, en fait de Parcs et de Jardins zoologiques, et de Ménageries. C'est en même temps, et indirectement, une revue assez complète de la faune des vertébrés de TAmérique du Nord. Et, à ce titre surtout, ce Rapport est d'un grand intérêt pour les naturalistes de ce continent. Cet intérêt est encore beaucoup plus grand pour nous, parce que le livre est en langue française. Car il faut reconnaître que nous ne voyons pas souvent des ouvrages écrits en français sur l'histoire naturelle de l'Amérique.
Le Rapport du Dr Loisel serait donc bien à sa place dans la bibliothèque de nos amateurs d'histoire naturelle, et dans celles de toutes nos institutions de la province de Québec. Malheureusement, il ne semble pas que cet ouvrage puisse se trouver en librairie. Si nous apprenons plus tard qu'il est possible de se le procurer,, nous en informerons certainement nos lecteurs.
DE QUEBEC AUX BERMUDES {Continué de la page 12^.)
Il n'y a à l'hôtel qu'un nombre assez faible de pensionnaires. Je comprends que les propriétaires de la maiscn goûtent assez peu un tel état de choses. Mais poiir nous, cela fait bien notre affaire. Car le calme et la paix qui régnent dans rétablissement ont l'effet le plus reposant sur les fatigués que nous sommes.
Et les relations ne tardent pas à s'établir entre nos copensionnaires, qui sont presque tous citoyens des Etats- Unis, et nous-mêmes.
Voici un énorme Allemand, de New- York, qui s'en vient m 'adresser la parole en français :
— D'où êtes-vous ? me dit-il.
— De Québec.
— Ah ! . . . Eh bien, M. de Montcalm a été fou d'attaquer le général Wolfe !..
Mais c'est avec M. N., un autre brave homme de New-Yorkais, que j'ai causé le plus couvent et d'une foule de sujets.
— Votre Eglise, me dit-il une fois, est opposée aux sociétés secrètes?
— Assurément, lui répondis-je, et surtout à la franc-maçonnerie !
— Ah!...
— Oui, Monsieur. Nous croyons que la franc-maçonnerie est l'ennemie non seulement de l'Eglise catholique, mais aussi de toute Eglise chrétienne.
— Eh bien, M. l'abbé, voilà quatorze ans que je fais partie d'une loge, et je puis vous assurer que tous mes confreres sont des gens très respectables. .
— Je vous crois, et je crois qu'il y a ainsi, dans les premiers degrés de la franc-maçonnerie, une foule de gens très honorables et très sincères. Seulement, il faut savoir que, à la tête de la franc-maçonnerie, il y a un pouvoir occulte qui dirige tout l'ordre et le fait manœuvrer, à l'insu de la plupart de ses membres, dans sa lutte antichrétienne.
— Mais, M. l'abbé, mes confrères et moi, nous prenons part aux œuvres religieuses de notre localité... Nous allons chercher nos inspirations dans la Bible. . . Nous pratiquons le culte de Dieu . . .
— Parfaitement ! Mais un grand nombre de francs-maçons
ignorent que le Dieu de la franc-maçonnerie n'est pas le vrai Dieu, le Dieu des chrétiens ; et que ce qui paraît être chrétien dans. le rituel de l'ordre, n'est que du symbolisme ... Ce que je vous dis là, cher monsieur, et qui semble vous étonner beaucoup : ce n'est que ma parole ...
— Je respecte beaucoup votre opinion. . .
— Merci ! Mais, je le répète, vous n'entendez là qu'une parole. Or, je puis vous indiquer un livre récemment publié, aux Etats-Unis, et où vous trouveriez la preuve, même appuyée sur des documents francs-maçonniques, de mes as^rtions. . .
M. N. voulut absolument que je lui écrivisse le titre de ce livre et l'adresse de son éditeur, pour se le procurer. On devine bien qu'il s'agissait de l'ouvrage A Study in American Free^nasonry^ publié en 1908, chez B. Herder, à Saint-Louis (Missouri), par mon ami Arthur Preuss, l'éminent directeur de la Catholic Fortnightly Revieiv, Si, comme je le crois, M. N. s'est procuré et a lu le volume en question, il a dû y trouver encore plus de faits surprenants que je ne lui en avais laissé soupçonner. Car, pour ne pas le rebuter dès cette première ouverture que je lui donnais sur le vrai caractère de la franc-maçonnerie, je n'avais pas ctu devoir lui signaler le côté immoral du symbolisme de la secte autichrétienne.
C'est un samedi que nous avons débarqué à Saint- Georges ; et comme il n'y a là ni prêtre ni église catholique, nous étions à nous demander comment, le lendemain, nous pourrions satisfaire au précepte dominical, lorsque nous apprîmes que le prêtre résidant à Hamilton venait d'arriver, comme il fait chaque samedi soir, pour permettre aux soldats catholiques de la garnison d'entendre la messe le dimanche
matin. Sur notre invitation, ce prêtre, M. l'abbé Isaac Comean, voulut bien venir dîner avec nous ce soir même ; et nous eûmes ainsi l'occasion d'obtenir Jout de suite beaucoup de renseignements sur les Bermudes, — et dont le premier, qui est fort inattendu, est que cet archipel fait partie, au point de vue ecclésiastique, du diocèse d'Halifax.
M. Comeau, comme son nom l'indique, est de nationalité acadienne. Ancien élève à l'un des collèges tenus par les Eudistes dans nos provinces maritimes, il ne compte pas encore trois années de prêtrise. Intelligent, studieux, actif, il n'y a pas lieu de s'étonner qu'il ait été appelé, malgré sa jeunesse relative, à un poste si plein de responsabilité. Car il est le seul prêtre résidant sur ces îles. En même teiiips que chargé de desservir la population catholique, qui ne doit pas atteindre un millier d'âmes sur les 18,000 habitants de l'archipel, il est aumônier des soldats catholiques qui se trouvent parmi les troupes tenant garnison aux Bermudes, lesquelles forment un effectif d'environ 1200 hommes.
Nous étions donc certains de pouvoir, le dimanche matin, entendre ou célébrer la sainte messe. iMais cela se réalisa dans des conditions que l'on estimera pour le moins étra^iges. En effet, ce fut dans une église anglicane que nous dûmes remplir nos devoirs religieux.
Ce temple anglican est l'église de la garnison, et se trouve sur le terrain des casernes de Saint-Georges. C'est un édifice assez vaste, construit en corail revêtu de ciment, comme sont ici tous les édifices, et qui est entretenu aux frais de l'Etat. Durant une couple d'heures, chaque dimanche matin, l'église est à l'usage des catholiques, après quoi a lieu le service anglican. Le dimanche que nous étions là, l'assistance à la messe de l'aumônier n'était que d'une trentaine de personnes, comprenant les militaires et les civils. Cela indique qu'il y a très peu de catholiques
à Saint-Georges. Vers les 9 heures du matin, Pabbé Comeau s'en retourne à Hamilton, qui est à une distance de douze milles, pour y célébrer à son église la messe paroissiale.
Je n'ai pas besoin d'ajouter que la célébration du culte catholique dans un temple protestant ne petit se faire qu'en des circonstances très spéciales et avec la permission des hautes autorités ecclésiastiques.
La vue de l'édifice de la poste, qui était jadis une prison, ramène parfois notre pensée sur le séjour que firent aux Bermudes, en 1838, plusieurs de nos compatriotes qui furent condamnés au bannissement pour leur participation à la rébellion de 1837. Et nous nous demandions parfois si cette sombre construction n'avait pas été le séjour, durant un temps plus ou moins long, de ces exilés. Mieux informés, nous savons qu'il n'en fut rien.
Je rappellerai ici, en quelques mots, que, par ordonnance du gouverneur lord Durham, et de son conseil spécial, huit Canadiens-Français furent exilés aux Bermudes.
Partis de Montréal le 2 juillet 1838, ils furent embarqués à Québec, le 3, sur le vaisseau de guerre Vesial. Traités très convenablement sur ce navire, ils arrivèrent le 24 juillet dans le port de Saint-Georges. Libres sur parole, à condition de ne pas quitter l'île où ils vont mettre pied à terre, on les conduit en chaloupe à Hamilton, chef-lieu des Bermudes. Six d'entre eux s'installèrent à l'hôtel Hamilton, et deux en une résidence privée. Ils y vécurent à l'aide de leurs propres ressources, le gouvernement les laissant se tirer eux-mêmes d'affaire. Quant à la population, elle était sympathique aux exilés et leur témoigna beaucoup d'égards. — Cependant, dès l'automne, le parlement anglais annula, comme illégale, l'ordonnance par laquelle nos compatriotes