AU MUSÉE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE
RECENTES acquisitions
L'année 1909 sera l'une des plus remarquables dans l'histoiie de notre musée provincial, par les acquisitions très importantes qu'il aura faites au cours de sa durée.
Nous avons déjà mentionné, le printemps dernier,, l'achat de la belle collection de lépidoptères de la Province, formée par le Rév. Dr Fyles au prix de quarante-cinq ans de travail.
La classe des mammifères s'est vu. augmentée aussi de spécimens bien intéressants, et que nous voulons énumérer ici.
Chevreuils. — Outre le specimen principal que nous .avons étiqueté Odocoileus Americanus Erx.,ce qui est le nom du Chevreuil ordinaire, et que nous sommes porté à regarder comme la sous-espèce macrourus Raf. ; outre plusieurs spécimens de jeunes, *il y a maintenant au Musée deux autres groupes de Chevreuils adultes :
Dans l'un on voit l'espèce O. hemionus Raf., qui est le Chevreuil propre à l'Ouest des Etats-Unis. Cette espèce diffère de la nôtre par des oreilles très longues et par une taille plus grande. Ce spécimen se tient debout sur ses pattes de derrière comme pour •essayer de se débarrasser du Carcajou ou Gloutou, GmIo .luscus L., qui s'est fixé sur sou cou. et son épaule avec les intentions sans doute les plus sanguinaires. Le Chevreuil, à langue pendante, paraît épuisé par les efforts auxquels il a dû se livrer pour se défendre. Ce groupe, qui fait grand effet sur les visiteurs, est la réalisation de l'assertion de Goldsmith, suivant laquelle le Glouton se cache dans les branches d'un arbre pour guetter sa proie et s'élancer de là sur l'animal qui vient à passer. M. Dionne traite, -et sans doute avec raison, d'histoires fantaisistes de pareils récits, que va pourtant accréditer ce groupe pittoresque du Musée de l'Instruction publique.
Mais, en fait d'histoire naturelle pittoresque, cela n'est encore rien en comparaison du second groupe dont nous avons à parler. Il s'agit ici de deux Chevreuils, de taille moyenne, qui se font face et dont les panaches sont enche- -vêtrés d'une manière qui paraît inextricable. La théorie, c'est que les deux cervidés, pour s'amuser ou pour se combattre, se sont servis de leur bois d'une façon si malencontreuse qu'ils n'ont pu ensuite les dégager, et que, faute de s'entendre pour se plier ensemble aux circonrstances, et arriver ainsi à se séparer, ils sont morts de iaim sur place. L'histoire, que persoane n'est tenu.