AU LECTEUR
Avec la présente livraison, le Naturaliste canadien commence sa 35e année d'existence. Cette longue période de vie est bien un peu étonnante, dans notre Province, pour une revue consacrée aux sujets scientifiques, alors que les publications littéraires, qui s'adressent pourtant à une clientèle assez considérable, ont tant de peine à éviter un trépas prématuré.
Mais la satisfaction que nous fait éprouver cette vitalité du Naturaliste n'est pas sans mélange. Car nous ne pciuvons pas nous défendre de regretter vivement qu'il ne nous soit pas possible, faute de ressources, soit d'augmenter son format, soit de lui assurer la collaboration régulière de nombreux écrivains.
Heureusement, quelques-uns de nos hommes de science s'adre>sent de temps en temps à nos lecteurs, et, par pur dévouement pour la science, veulent bien rédiger pour le Naturaliste des articles toujours intéressants. Ces messieurs comprennent, évidemment, comme nous que notre I— Janvier 1908.
modeste publication est bien, somme toute, une véritable œuvre nationale, puisqu'elle est la seule, chez les Français d'Amérique, qui soit consacrée à la difiFusion des sciences naturelles. Seulement, nous voudrions bien les voir figurer beaucoup plus souvent dans nos pages. Quelqu'un fit jadis reproche à l'abbé Provancher de vouloir écarter la collaboration de son œuvre du Naturaliste canadien. L'accusation était fausse de tous points, comme elle le serait si on la proférait à notre égard. Notre désir serait, au coutraire, d'avoir à publier, en chacune de nos livraisons, deux ou trois communications de nos amateurs ou de nos naturalistes de profession. — Nous invitons même tous nos lecteurs à nous communiquer les observations qu'ils auraient occasion de faire dans le domaine de l'histoire naturelle. Les sciences naturelles sont dites sciences d'observation, et leur progrès tient à la constatation multipliée des faits, même des faits qui peuvent sembler n'avoir pas d'importance. En effet, il n'est pas rare de voir un fait apparemment négligeable donner la solution d'un problème scientifique que l'on cherchait vainement jusque-là à comprendre. Nous voulons donc accueillir toujours avec empressement toutes les communications de faits et d'observations qu.i nous seraient adressées, et que nous regarderons comme des services rendus à la science. C'est que tel fait, telle observation, enregistrés dans les pages de la revue, sont comme mis en réserve, en attendant que certain jour quelqu'un les utilise. Il est donc à désirer que soient recueillis de la sorte le plus de faits et d'observations qu'il est possible.
Il n'y a du reste qu'à feuilleter les volumes du Natura
liste canadien^ pour voir que nos collaborateurs ont rendu-
de grands services à l'histoire naturelle du Canada, en dé-
.veloppant, en précisant ou en modifiant les données que
nous avions sur la faune et la flore de notre pays.