‹ Le Naturaliste canadien (volume 3)Chapitre 47 sur 155 · UNE LETTRE DE M. MEILLEUR II · texte numérisé non relu

UNE LETTRE DE M. MEILLEUR II

Espérons le progrès et le succès de votre entreprise. Vous aurez toujours initié la jeunesse du paysà Pétude systématique de l'histoire naturelle dans le Bas-Canada, et c'est un grand mérite . . .

Il y a près de 30 ans, j'inaugurais notre système de l'instruction au milieu de grandes diflScultés, dont quelquesunes à Saint-François de la Beauce. Pendant que j'étais chez le bon curé de cette paroisse, M. de Léry vînt me faire visite et m'inviter non à aller chez lui, mais à examiner une source qui avait l'apparence d'une mine d'or. J'en fis l'étude, et je <:onclus que là n'était pas la mine d'or, mais qu'il y en avait une dans le voisinage dont le filon laissait s'échapper des particules que l'eau apportait à la source. J'étais alors encore jeune, et les rudiments de ma science étaient assez clairs dans mon esprit. Je pus donc dire à M. de Léry qu'il y avait très certainement une mine d'or dans le voisinage, et l'encourageai à faire explorer le terrain. Encouragé par mon opinion et mon conseil, il fit venir des étrangers pour s'assurer, par eux, du fait et en tirer parti. Ces gens furent assez facilement mis sur la piste, et, aujourd'hui, la mine est une fortune dont M. de Léry fait amplement usage.

. . . J'avais mis d'autant plus d'intérêt à la découverte de cette mine que, suivant les principes géologiques, j'étais plus sûr du fait que j'aimais à opposer à l'assertion de Sir Logan, notre géologue provincial, qu'il n'y avait pas de mine métallique en Canada. Voir ses premiers rapports. . .

Un autre petit fait, c'est la prétendue découverte d'une mine de charbon dans la lue de la Montagne. Je visitai dans le temps les lieux, et je demeurai convaincu qu'il n'y avait pas là telle mine; mais de Ruttermond, qui avait la même idée, ayant entrepris de prouver la négative, je me tins coi, d'autant plus que j'étais trop occupé de mon dépar-

tement, pour étudier la chose. Elle resta là où elle était, lorsque la mort nous enleva M. de Ruttermond.

Une autre preuve que je me suis un (peu occupé) de géologie, c'est le fait qu'en 1842 la Société d'Histoire naturelle de Montréal me pria de faire une lecture publique sur la géologie en présence de ses membres ; mais, ayant en même temps été nommé surintendant de l'Education, je ne pus la faire.

Un article que j'ai écrit sur cette science si agréable, mais encore un peu spéculative, se voit dans le «Répertoire canadien »...

Votre dévoué serviteur,

J.-B. Meilleur.

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