LES MORSES DANS LE GOLFE SAINT-LAURENT
Au mois d'avril dernier, nous reproduisions, sur la capture d'un Morse au Labrador, une lettre de M. P. Vigneau, gardien du phare de l'île aux Perroquets. Depuis cette époque, M. Vigneau nous a adressé (6 juillet) une communication, dont nous allons citer des extraits fort intéressants.
. . .« Ce n'est que par hasard que j'appris cette capture d'un Morse. Entre le Jour de l'An et les Rois, étant allé faire mon petit tour habituel chez M. X., l'opérateur du télégraphe, il me demanda après quelque temps de causerie
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si je savais ce que c'était qu'un ÎValrus f « Certainement, lui dîs-je. Walrus est le nom anglais de la Vache marine, dont le nom scientifique est «r le Morse >». Je lui demandai pourquoi il me faisait cette question : « C'est parce que, dit-il, depuis un certain temps je les entends sur la ligne parler d'un Walrus pris dans une pêche à loupmarin à Harrington p. Alors, rien de plus pressé que de lui dire de demander quand l'animal avait été pris, par qui, et en outre, sa longueur et celle de ses deux grandes dents^ pour m'assurer si c'était bien un Morse. M. X. a facilement obtenu tous les renseignements voulus.
«r A ma connaissance, il a été vu 3 ou 4 Morses dans le Golfe depuis une cinquantaine d'années. Vers 1855, un chasseur de Loup-Marin en goélette vint près de tirer sur un de ces animaux ; mais en apercevant ses deux dents, il prit cela pour des cornes : croyant que c'était Sa Majesté satanique, il eut peur et rebroussa chemin.
<f Un autre Morse a été vu par des pêcheurs, entre Natashquan et Kégaska, il y a environ 25 ans. Et il y a 4 ou 5 ans, M. De la Perrelle, de la Rivière-au-Tonnerre, est venu prêt à tirer sur une Vache marine qui était échouée avec des Loups-Marins quelques milles à l'est de la rivière ; ce furent les aboiements de son chien qui la fit se jeter à la mer. Lui aussi prenait ses dents pour des espèces de cornes ; tout de même, me disait-il, je trouvais cela drôle, un Loup-Marin avoir des cornes. Je restai étonné lorsqu'il me racontait cela, car je croyais qu'il devait avoir vu quelques gravures représentant cet amphibie ou lu quelque chose à son sujet. M. David Têtu dit qu'il croit en avoir vu une quelque part par Manicouagan ou Pentecôte, je ne sais pas au juste. Il pourrait en avoir été vu d'autres dont je n'ai pas eu connaissance.
ff A présent, vous voilà aussi savant que moi sur les apparitions de Morse dans le Golfe depuis cent ans. A l'épo-
que de mon départ des Uns de la Madeleine (1858), en certains endroits on pouv^t compter des crânes et des mâ« choires par cinquantaine. On trouvait aussi des dents au rivage de temps en temps ...»
P. Vigneau.
LES INSECTES DU BRITISH MUSEUM (i)
Le British Museum vient d'achever le catalogue de ses collections entomologiques. Ce catalogue, qui forme deux gros volumes, et dont la rédaction a pris plus de trois ans, indique la présence d'un million et dix-huit mille insectes, et ils n'y sont pas tous.
Il y a 355,767 papillons, appartenant ià 41,210 espèces, et 398,000 coléoptères, répartis entre 67,300 variétés différentes.
Les hyménoptères (Abeilles, Guêpes, Fourmis volantes), comptent 19,600 espèces et 32,000 sujets ; les hémiptères (Punaises, Pucerons, Cigales), 11,700 espèces, 57, 650 sujets, etc., etc.
GLANURES D'HISTOIRE NATURELLE