DE NATURALISTE
Nous continuons toujours, lentement, à prendre connaissance de la correspondance reçue et conservée par l'abbé Provancher. Nous avons atteint l'année 1886 et il nous reste à parcourir la période de 1886 à 1892. Nous ne pourrons donc pas, avant dix ou douze mois encore, nous remettre à la biographie du fondateur de notre revue.
D'une lettre écrite à l'abbé Provancher le 28 décembre 1885 P^^ ^^ professeur de collège et qui fait partie de cette correspondance, nous allons citer un extrait, où le correspondant expose les impressions que lui a fait éprouver la réception d'un exemplaire de la 2e édition du Traité de Botanique de Provancher, qui venait de paraître.
. . . Reçu les brochures expédiées, pour lesquelles je vous remercie bien. Mes remerciements deviennent gigantesques pour accuser réception d'un exemplaire de votre Traité de Botanique^ que vous avez bien voulu m'envoyer. Vous ne savez pas comme j'ai raison de l'aimer, ce livre que vous venez de rééditer ; il fut mon ABC scientifique, et II — Novembre 1908.
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longtemps il fut toute ma bibliothèque scientifique. Votre Naturaliste venait]de commencer à paraître ; X., mon intime ami, s^ abonna je ne sais à quel propos, et me le fit connaître : grand enthousiasme chez nous deux, comme nous en avons tant dépensé ensemble pour bien des choses. Nous voilà à discuter sur les matières d'histoire naturelle que vous traitiez. Puis j'eus l'énorme fortune de pouvoir acheter votre Traité de Botanique : combien je le lus et relus! En Rhétorique, j'aurais conservé tous les points alloués si j'avais eu à subir le baccalauréat sur la botanique. Dans le même temps, j'eus un rameau de Geranium tnacur latum que je bouturai ; quel bonheur il me donna ! avec quel plaisir je Je vis reprendre, puis fleurir ! C'était des merveilles pour moi, que tout cela. Il me souvient encore que j'allai vous faire ma première visite, lorsque vous demeuriez à Saint-Roch, rue Desfossé, pour vous prier de m'aider à identifier ctXX& plante, et ce fut ma première leçon scientifique. Combien votre accueil échauffa encore mon ardeur ! Enfin, je voulais consacrer ma vie à la science, — et me voici plongé dans la littérature et la grammaire. Sans doute, le bon Dieu a trouvé que c'était plus à propos, et j'accepte ce qu'il a voulu. Néanmoins, vous comprenez à présent pourquoi j'aime votre petit volume, et combien je suis content d'y retrouver les mêmes chères gravures que j'ai tant regardées, le même texte ou à peu près, et le même format ; mais relief car il faut suivre son siècle.
Il va sans dire qu'il est tout adopté pour nos classes, et il rendra de bons services. Je souhaite seulement à tous ceux qui le liront d'en tirer le même profit que moi.
Nous croyons devoir faire suivre cette lettre de quelques réflexions.
Ainsi donc, voilà un professeur de collège qui, depuis sa jeunesse, était passionné pour l'étude des sciences, et que pourtant l'on a « plongé dans la littérature et la grammaire » ! Tout le monde, en cette affaire, a sans doute agi dans les meilleures intentions. Mais à juger la question d'une manière absolue, nous trouvons navrant qu'une carrière ait pu être faussée à ce point — toujours, nous le répé-