I. — DESCRIPTION DES ORGANES LOCOMOTEURS
Il est d'autant plus important de faire une étude assez détaillée des pattes et des ailes, que ces organes o£Erent des particularités de structure, de dimensions relatives, de couleurs, etc., dont l'on tire grand parti pour la détermination des familles, des genres et des espèces.
Tous les iusectes adultes sont pourvus de trois paires de pattes, attachées aux différentes sections du thorax. C'est ainsi que le prothorax porte les pattes antérieures ; le mésothorax, ]es pattes intermédiaires; et le métathorax, Wspattes postérieures. La vignette N° 2, de la page 89 du volume précédent, représente clairement cette disposition des pattes.
Les pattes sont composées de la même matière dure et raîde {chitine) que les autres téguments de l'insecte, et sont sillonnées dans leur masse par des muscles, des nerfs et peut-être des trachées.
La forme des pattes est très variable, dans les diverse^ catégories dUnsectes, suivant les fonctions qu'elles ont 4
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remplir en différentes espèces. Chacun, par exemple, peut apercevoir combien les patte$ de la Mouche, destinées à la marche et à la toilette, sont plus fines et plus déliées que celles du Bélostome, très élargies, qui servent à la natation, on encore que les longues et fortes pattes postérieures de la Sauterelle qui sont propres à produire des sauts plus ou moins considérables. Mais les pattes, organes de locomotion, sont aussi en maintes espèces des outils de travail, et leur forme varie en conséquence, depuis les pattes fortes et dentées des insectes fouisseurs qui remuent le sol, jusqu'aux pattes plus ou moins creusées pour recueillir et transporter le pollen des fleurs, etc.
Quelles que soient leurs variations de forme, les pattes sont toujours constituées par un certain nombre de segments
fixés les uns à la suite des autres. Ces segments, qui sont les parties de la patte, existent ^dans l'ordre suivant à partir du corps : la hanche, le trochanter, la cuisse, la jambe et le tarse. Il est nécessaire d'étudier séparément chacune de ces parties de la patte. Toutes ces pièces sont faciles à recon-
I^g.iS.-Vunedespattespos. ^«^^^^ ^^^^ la vignette 15,
téricures du Calosoma calidum comme aussi chez les insectes
(grossi). (Je taille assez grande.
Hanche. — La hanche (Fig. 15, a), ou coxa^ est la
pièce qui sert de point d'Union entre la patte et le corps de
l'insecte. Elle a le plus souvent la forme d'un cône
tronqué ; mais elle est aussi bien des fois de formes variées,
Fîg. 15.— Une patta postérieure du Calosoma calidum.—a, hanche. ^, tiochauter.—^ cuisse.— icf, jambe.— «, torse, comptant cinq articles.
suivant îes genres d'insectes. , Chez les Carabiques,. ainsi que Pa signalé Provancher, les hanches des pattes postérieures ressemblent à des palettes aplaties jet soudées avec le métasternum. Les insectes, étant pourvus de trois paires de pattes, out donc aussi trois paires de hanches qui les attachent au thorax. Les deux hanches de chaque paire sont placées symétriquement sur le thorax ; .mais il peut y avoir des variations d'une paire à l'autre. Par exemple, toutes les hanches peuvent être fixées- à égales distances les unes des autres (Blattes, lépidoptères, la plupart des diptères) ; les hanches antérieures (Abeilles, la plupart des hyménoptères, etc.) ou les hanches postérieures (Silphes, Nécrophores, etc.) peuvent être plus distantes des deux autres que celles-ci ne le sont entre elles. De même, dans telle paire de pattes, les hanches sont rapprochées l'une de l'autre, tandis qu'elles sont plus séparées dans les autres pattes ; et vice versa. Tous ces points ont leur uti* lité, pour reconnaître sûrement certains groupes d'insectes.
La hanche des Mégachiles porte une épine assez forte. Mais généralement les hanches n'ont pas d'appendices d'aucune sorte.
Trochanter. — Entre la hanche et la base de la cuisse, se trouve une petite pièce nommée trochanter (Fig. 15, U). Il est ordinairement de forme triangulaire ou qnadrangulaire; mais il offre bien des variations d'un groupe à l'autre. Par exemple, chez les Ichneumonidesil est double, et l'on dirait que les deux articles dont il est composé sont vraiment deux divisions de la cuisse, interposées entre la partie principale de cette dernière et la hanche. Les Carabiques ont le tioc^ianter. des pattes postérieures très développé, au point .qu'il; sçi:n3ihile être uivappendice très distinct de la cuisse.
.Le rOle. du trochanter paraît de faible, importance. Peut^tr© pourrait-on dire qu'il, sert A renforck, l'articula-
tion de la/ cuisse avec la hanche, et que, en d'autres cas, comme chez les Ichneumonides, il accroît la facilité des mouvements de la cuisse et de la patte.
Cuisse ou fémur. — Généralement, c'est la cuisse (Fig. 15, c) qui est chez l'insecte la partie la plus développée de la patte, au moins quant à son diamètre. A sa -base, elle se joint au trochanter ou à la hanche, et par son sommet elle s'articule avec la jambe (tibia). La forme de la cuisse varie d'une espèce à l'autre, et souvent même de l'une à l'autre paire de patte. C'est ainsi que, chez les insectes sauteurs, la cuisse des pattes postérieures est grossie et très forte, ce qui explique que, relativement à la taille, ces insectes exécutent parfois des sauts absolument prodigieux. — Souvent les cuisses portent des appendices, des épines, et parfois des éperons, qui sont des épines plus grandes et mobiles.
(A suivre,)
Les insectes paraissent peu sensibles à notre musique. Et cependant il serait injuste de dire qu'ils sont réfractaires à la musique. Criquets, Cris-Cris, Grillons, Sauterelles, sans parler des Cigales, produisent des bruits, des appels^ des stridences, qui, monotones pour nos oreilles et inclassables musicalement, peuvent leur sembler nuancés, variés, agréables à entendre. Notre ouïe, dont les limites nous sont connues, n'apprécie pas cette cr musique» des insectes, mais fant-il en nier l'existence ?
Les Abeilles, quand elles sont dans la ruche, font entendre un murmure doux, continu, harmonieux, que les
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apiculteurs popiment « lirait de la ruche ». M. Maeterlinck, qui fut leur poète, signale le fait dans des pages exquise^
Les poissons nous retiendront peu. Leurs rapports fSLvec la musique paraissent très éloignés. Un auteur a cependant noté que les Carpes étaient sensibles au sqn de la flûte. Nous donnons l'expérience sous réserves. H faudrait savoir si Pattente d'une distribution de pain n'était pas pour beaucoup dans leur empressement vers le flûtiste. Après cela, donc à cause de cela. Le raisonnement n'est pas toujours juste.
Les reptiles sont beaucoup plus intéressants. Sans parler des « charmeurs de serpents » dont la réputation est vepue jusqu'à nous, nous empruntons à Chateaubriand l'anecdote suivante :
« Au mois de juin 1796, dit-il, nous voyagions dans le Haut-Canada, avec quelques familles sauvages de la nation des Onontagués. Un jour que nous étions arrêtés dans une grande plaine, au bord de la rivière Jénésie, un Serpent à sonnettes entra dans notre camp. Il y avait parmi nous un Canadien qui jouait de la flûte : il voulut nous divertir et s'avança vers ce Serpent avec son arme d'une nouvelle espèce. A l'approche de son ennemi, le reptile se forme en spirale, aplatit sa tête, enfle ses joues, contracte ses lèvres, découvre ses dents empoisonnées et sa gueule sanglante ; sa double langue brandit comme deux flammes, ses yeux sont deux charbons, son corps, gonflé de rage, s'abaissfs et se soulève comme les soufflets d'une forge; sa peatj dilatée devient terne et écailleuse, et la queue, dont il sort jin bruit sinistre, oscille avec tant de rapidité qu'elle ressemble à une légère vapeur.
« Alors le Canadien commence à jouer sur sa. flûte. Le Serpent fait un mouvement de surprise et retire ^sl têfiî f n arrière. A mesure qu'il est frappé de l'eflFet magique, f^ yeux perdent leur âpreté, les vibrations de sa qneue $$
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ralentissent et le bruit qu'elle fait entendre s'aff^iblif: et meurt peu à peu. Moins perpendiculaires 3ur leur ligijp spirale, les orbes du Serpent charmé par degré s'élargissent et viennent tour à tour se poser sur la terre en cercles concentriques. Ses nuances d'azur, de vert, de blanc et d'or reprennent leur éclat sur sa peau frémissante et, tournant l^;èrement la tête, il demeure immobile dans l'attitude de l'attention et du plaisir.
ir Dans ce moment, le Canadien marche quelques pas efi tirant de sa flûte des sons doux et monotones ; le reptilp baisse son cou nuancé, entr'ouvre avec sa tête les herbes fines et se met à ramper sur les traces du musicien qt^i l'entraîne, s'arrêtant lorsqu'il s'arrête et recommençant à le suivre lorsqu'il recommeuce à s'éloigner. Il fut ainsi reconduit hors de notre camp, au milieu d'une foule de spectateurs, tant sauvages qu'européens, qui en croyaienj: à peine leurs yeux à cette merveille de la mélodie. Il n'y eut qu'une seule voix dans l'assemblée pour qu'on laissâf le merveilleux Serpent s'échapper.
Certains autres, moins sensibles, attirent le Serpent p^i: leurs chants afin de le manger. C'est ainsi que les Indiens attrapent l'Iguane dont la chair est, paraît-il, délicieuse.
(L ^Elevage.)
{A suivre.)
GLANURES D'HISTOIRE NATURELLE
Histoires de chats
On raconte du Chat très peu d'exemples de fidélité : en en raconte beaucoup du Chien ; ce qui n'empêche nuUer Vf^nt le Chat d'être estimé. Sou indépendance inspire Ur
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respect Au dire d'un moderne écrivain, « il marche dans une solitude sauvage, remuant une queue sauvage, à travers les bois sauvages.» Toutes les générations humaines ont été impuissantes à l'apprivoiser ; et les races les plus domestiques de cette espèce retourneraient, instinctivement, à l'état sauvage plus vite qu'aucune autre espèce animale, amie de l'homme.
Dans ces conditions, il n'est guère surprenant que les amateurs de Chats se recrutent, en majeure partie, dans les rangs des poètes et des politiciens, parmi cette classe d'hommes que des raisons d'Etat ou un tempérament très sensible empêchent de se confier à leurs semblables, et qui, alors, déversent leurs affections sur le «sphinx dû foyer. »
Le cardinal Wolsey, agissant officiellement en qualité de Lord Chancelier, ne manquait jamais d'avoir son Chat favori assis à ses côtés ; et un autre prince de l'Eglise, le cardinal Richelieu, trouvait son unique relâchement dans la société de plusieurs petits Chats qu'il gardait dans son bureau privé, et dont il suivait avec délices les jeux folâtres, dans ses moments de loisir. Ce n'était pas toutefois une amitié éternelle pour les mêmes individus ; car dès que les jeunes Chats avaient atteint l'âge de trois mois, il les faisait remplacer par d'autres.
Lord Chesterfield laissa dans son testament des rentes viagères à ses Chats bien-aimés et à leur progéniture. Chanoine, le grand Chat de Victor Hugo, se tenait toujours majestueusement assis, au centre du salon, sur un vaste ottoman rouge, recevant les visiteurs et manifestant du déplaisir lorsque quelqu'un négligeait de le louer et de le flatter. Le Tasse écrivit un sonnet en l'honneur de son Chat favori ; et Pétrarque en avait un qu'il aimait, dit-on, aussi tendrement que Laura. Baudelaire, le poète français, homme très timide, était mal à son aisç dans toute maison où il entrait, jusqu'à ce que le Chat de famille lui fût