‹ Le Naturaliste canadien (volume 4)Chapitre 1 sur 110 · NOTRE NEUVIEME VOLUME · texte numérisé non relu

NOTRE NEUVIEME VOLUME

Avec le présent numéro, commence notre neuvième volume ou neuvième année d'existence.

Dans le cours du dernier volume, nous avons terminé notre revue des poissons; et comme après les poissons viennent les insectes dans la série zoologique, nous sommes entré de suite dans le champ de l'Entomologie, dans l'étude des infiniment petits, comme on les désignait naguère, lorsqu'on appliquait le nom d'insecte non seulement aux articulés, mais à tous les êtres qui se distinguaient par leur extrême petitesse, depuis le papillon géant, jusqu'aux infusoires microscopiques.

En tête des insectes, se rangent naturellement les Coléoptères, comme les plus parfaits, ceux à organisation plus complète. Cependant, nous avons cru devoir les omettre pour le moment, par ce que leur étude a été l'objet d'un travail particulier de notre part, que nous espérons pouvoir livrer au public dans le cours du mois prochain.

Nous avons donc débuté par les Orthoptères, qui viennent à la suite des Coléoptères, puis, après eux, sont venus les Névroptères, que nous espérons pouvoir terminer

d ^ns quelques mois. Après ceux-ci Tiendront les Hémiptères, et ainsi de suite, si l'encouragement ne nous fait défaut.

Nous avons pu tout dernièrement étendre le cercle de nos relations avec des autorités dans la science, qui nous seront d'un grand secours pour procéder plus sûrement dans les études que nous avons à poursuivre. Notre Naturaliste, tout humble et si défectueux qu'il soit, a fini par s'imposer, bien qu'il soit relativement peu répandu, à l'attention de ceux qui s'occupent de l'histoire naturelle de l'Amérique du Nord ; on recommit aujourd'hui que sur plusieurs points, il faut compter avec lui. Ce sont surtout nos descriptions d'insectes nouveaux qui ont attiré l'attention des savants étrangers. Car quelque intéressantes que puissent être les observations sur les mœurs, les habitudes, l'instinct des différents êtres, ce n'est à proprement parler que le signalement de nouvelles espèces qui constitue les véritables conquêtes sur l'inconnu; et notre territoire, si richement doté du côté des productions naturelles, a encore été si peu exploité, qu'il réserve de nouvelles conquêtes sans nombre à ceux qui en feront l'objet de leurs études et de leurs observations.

Nos lecteurs n'ont peut-être pas d'idée des difficultés que présente la constatation d'un seul insecte nouveau. Qu'ils en jugent par l'exemple suivant :

Nous tenons, supposons, entre nos doigts, l'insecte que nous avons nommé Trogus Canadensis. C'est un insecte de bonne taille, fort remarquable par sa coloration, ayant l'abdomen d'un rouge uniforme, avec le thorax noir et les ailes très foncées. Nous reconnaissons de suite à sa conformation générale, que c'est un Ichneumonide. Mais dans quel genre le ranger ? Nous nous armons donc de la loupe et examinons attentivement ses différentes parties : sa face, sa bouche, ses palpes, ses antennes, son prothorax, ses pattes, ses ailes, son abdomen etc. Son écusson soulevé, son métathor.ix pareillement soulevé en pointe à la base, la forme de l'aréole de ses ailes qui est presque triangulaire, m'indiquent de suite que c'est le genre Trogus

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