NOTRE NEUVIÈME VOLUME
qui le réclame. Nous cherchons donc dans nos auteurs la description do ce genre, pour nous rendre plus certain. Mais vainement. Ce genre a été établi par l'Allemand Panzer, et Say, et Cresson qui ont décrit des espèces de Trogus, n'ont pas répété sa description. Sans plus de certitude, nous passons à l'examen des espèces.
On sait de quel secours sont les catalogues en Entomologie pour l'identification des spécimens. Les catalogues en effet, sont des listes complètes des genres et des espèces, avec indication de l'ouvrage où chacune de cfelles-ci a été décrite. Mais malheureusement, il n'existe pas encore de tel catalogue pour les Hyménoptères. 11 ne nous reste donc d'autre parti que de parcourir les tables de nos auteurs pour voir en quels endroits ils auraient pu traiter des Trogus. Brullé, dans le vol. IV des Suites à Buffon, pages 298 et 299, donne la description de deux Trogus de l'Amérique du Nord; nous parcourons ces descriptions, et nous trouvons qu'elles ne répondent pas aux caractères de notre insecte. Cresson en décrit un autre à la page 287 du vol. III des Proceedings of the Entomological Society of Philadelphia qui n'y répond pas davantage. Dans le vol IV de la même publication, Cresson en décrit six autres, mais aucune de ces descriytions ne convient non plus à notre spécimen. Dans le vol. 11 des Transactions of ike American Entomological Society, Cresson en décrit douze autres. Après avoir parcouru attentivement ces di versée descriptions, nous nous arrêtons à l'espèce Copei, qui répond assez à notre insecte ; cependant il y a plus d'une divergence assez notable. Notre insecte a la base des antennes roussâtre, Cresson ne dit rien de tel du Copei ; ce dernier est donné comme ayant les jambes et les tarses seulement brunâtres, le nôtre les a distinctement rousses etc. A quoi nous arrêter alors? Prendrons-nous cet insecte pour une espèce nouvelle, ou pour une variété du Copei ? Il faudrait un spécimen de ce dernier pour nous décider sûrement, et ce spécimen nous manque. Nous nous arrêterons donc à Tune des deux hypothèses, risquant de commettre une erreur qu'il nous faudra peut-être corriger plus tard. Qu'on juge d'après cet exemple, si la détermi-
nation des espèces, au point où en est aujourd'hui la science en Amérique, est chose facile. Cependant nous avons pris notre exemple parmi les moins difficiles.
A plusieurs reprises, nous avons hardiment exprimé nos opinions sur des mesures d'intérêt public, en rapport plus au moins étroit avec l'éducation, qui nous intéresse particulièrement. Une voix indépendante, qui n'a rien à attendre des gouvernants non plus que des partis politiques, portant son jugement sur les actes des chefs, ne peut, pensons-nous, leur nuire, quelque opposée qu'elle puisse être à leurs propres vues. Nous voyons avec plaisir que plusieurs de nos suggestions ont fini par être adoptées, et nous avons espoir qu'il en sera de même de plusieurs autres encore. Ainsi, dès 1871, vous nous élevions avec force contre les sommes énormes qu'on allouait pour l'immigration Européenne. Et non seulement aujourd'hui ou a retranché ces allocations, mais on a même songé à chercher des fonds pour reporter en Europe les trop peu avantageuses importations qu'on en a faites à si grands frais. Nous avons chaleureusement avocassé la cause des écoles du soir, comme étant le seul moyen de conserver à la jeunesse l'instruction qu'elle reçoit dans l'enfance, et nos villes, ont déjà pour la plupart organisé de telles écoles ; espérons qu'on prendra bientôt les moyens de les frire aussi établir dans les campagnes. A l'avènement des libéraux au pouvoir à Ottawa, comme ils s'annonçaient entièrement dévoués aux intérêts du pays, nous crûmes devoir suggérer au ministre de l'Agriculture la formation d'un musée fédéral, et bien que trois années se soient déjà écouiées depuis, et que notre lettre n'ait seulement pas eu l'honneur d'un accusé de réception, les journaux nous annonçaient tout dernièrement la formation d'un tel musée.
Nous avons pareillement, depuis quelques années déjà, suggéré la formation (run semblable musée particulier pour notre Province, tel que l'a déjà fait la Nouvelle- Ecosse, et nous ne désespérons pas 1\ voir tôt ou tard prendre un commencement d'exécution. L'homme éclairé aujourd'hui à la tète de notre département de l'Agriculture nous inspire la plus grande con fi m ce ; espérons que nous
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ne serons pas déçu dans notre espoir. Le ministre, qui en passant au pouvoir, attachera son nom à cette utile fondation, aura sans contredit accompli l'œuvre la plus durable qui pourra signaler son administration.
1 Cette mesure nous sourirait plus que toute autre, par ce qu'en outre des immenses avantages qu'elle procurerait à l'agriculture, ce serait encore une source précieuse de renseignements pour les débutants dans l'étude de l'histoire naturelle. Au lieu d'être obligés de s'adresser à l'étranger pour l'identification des spécimens, ils auraient alors à leur disposition un musée où ils pourraient venir faire eux-mêmes leurs études et comparaisons, tout en profitant des lumières d'un curateur entendu, qui sans doute ne leur refuserait pas son secours. C'est ce qui se pratique partout ailleurs. Ne persistons pas plus long temps à demeurer en arrière sous ce rapport.
Que les progrès matériels, dont nous reconnaissons tout le mérite, n'absorbent pas entièrement notre attention ; mais sachons aussi nous occuper un peu de ce que réclame l'intelligence. D'ailleurs la culture intellectuelle est la seule puissance qui fait surgir les progrès matériels, donnons lui avant tout notre attention, et nous verrons suivre ceuxci comme découlant naturellement de leur source.