LIS INSECTES DE
font en évitant de le mutiler, lorsque voulant l'examiner plus attentivement, l'épingle s'est échappée de ses doigts, et sa victime a disparu en emportant l'instrument de son supplice, pour aller périr plus loin, sans être retrouvée !.... Et toujours ces coups manques, étaient les pièces les plus rares, les plus intéressantes, les plus dignes d'attention, si bien que les nombreuses captures faites, suffisent à p^ine souvent pour compenser le chngrin d'en avoir manqué d'autres plus intéressantes encere. Dites, chasseurs d'insectes, si ce n'est pas là ce que vous avez vingt fois éprouvé.
L'été qui vient de disparaître ne peut être rangé parmi les plus avantageux pour la chasse des insectes. L'extrême sécheresse qui a prévalu dans les mois de juin et de juillet, a nui sans doute au développement d'un grand nombre de larves. Ainsi les Odonates, les Phryganes, «»t la plupart des insectes à larves aquatiques, ont été très rares dans les environs de Québec* Les fleurs des champs ayant été par suite de cette sécheresse, et moins nombreuses et de plus courte durée, on a vu de même les insectes se nourrissant du suc de ces fleurs, bien moins abondants que d'ordinaire. Ainsi les lchneumoniiles et la plupart des Hyménoptères se sont de même montrés assez rares. Par contre, les Orthoptères, Criquets, Grillons, les Hémiptères, Capses, Pentatomes, Eysarcorises, étaient partout en fort grand nombre. Les insectes suivants, se sont au^si montrés, comme d'ordinaire, fort abondants : Jes Altises sur les Crucifères, les Chrysomèles multipunctala, muUiguttis ?ur l'aulne et le cornouillier, les Lèmes [Lema trilineala) sur la pomme de terre, les Cantharides, Macrobasts unicolor, sur la même plante, nos Hannetons, Lachnosternafusca, dans les terrains soblonneux, les Diédrocéphales dans les prés, les Bourdons, les G-uêpes etc., etc.
Mais si la sécheresse a rendu un grand nombre d'insectes peu abondants, elle nous a permis, d'un autre côté, de faire nombre de captures rares et exceptionnelles ; citons entre autres: le Criquet blanc (Œcanthus niveus) pris à St- Hyacinthe, une Cétoine (Euryomia inda) capturée à Farn-
ham, plusieurs Curculionides, tels que Gonotropis gibbosus, pris à Chicoutimi, Eurymicter fascialus, capturé à St-Hyacinthe, etc., etc. Citons encore parmi nos captures nouvelles : Elaphidion unicolor, Corphyra flavipes, Strangalia luleicornis, Buprestis Drummondi, Athous rufifions> Melatiotus castanipes, etc M etc., si bien qu'en tout nous avons pu noter, comme appartenant à notre territoire, 89 espèces que nous n'avions pas mentionnées dans notre Faune.
Maintenant qu'au moyen de notre ouvrage, chaque amateur peut se renseigner lui-même pour tonte capture qu'il peut faire en fait de Coléoptères, nous n'avons pas de doute que, bien que le nombre des chasseurs soit encore très restreint, le zèle suppléant au nombre, on ne puisse, chaque année, ajouter considérablement à la liste des espèces jusque ce jour énumérées.
#5*Nous offrirons tout prochainement au public, le premier fascicule du Vol II de notre Faune Entomologique Québécoise, comprenant les Orthoptères et les Névroptères.