‹ Le Naturaliste canadien (volume 4)Chapitre 100 sur 110 · LES INSECTES DE · texte numérisé non relu

LES INSECTES DE

Ce n'est d'ordinaire qu'après les campagnes terminées, que le guerrier se rend un compte exact des avantages remportés, des batailles gagnées, de même que des pertes subies; son attention, au temps de l'action, toute absorbée par les calculs à faire pour s'assurer le succès, ne lui permettant pas alors ces comptes-rendus qui sont proprement l'œuvre du cabinet, plutôt que de la tente. C'est aussi la conduite que tient le chasseur, surtout s'il a été assez heureux pour multiplier le nombre de ses victoires.

L'entomologiste, qui n'est de même qu'un véritable chasseur, agit aussi de la même manière. C'est au retour des frimats, lorsque la gent insecte à pris ses quartiers d'hiver dans ses cachettes introuvables, ou s'est effacée en ne taissant que les germes qui doivent donner naissance à

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une nouvelle génération, qu'il porte un regard scrutateur sur les cases où il a mis en sûreté les captures plus ou moins rares, plus ou moins nombreuses, de chaque excursion particulière. C'est alors, qu'armé de la loupe, il examine attentivement, dans ses plus petits détails, chaque pièce Tune après l'autre, et savoure le plaisir des rares et précieu&es conquêtes qu'il a faites et qu'il n'avait lait qu'entrevoir au moment de l'action.

A proprement parler, cependant, le chasseur est plutôt un conquérant qu'un guerri/yeur ; pour lui.il n'y a d'autres pertes à subir que celles de ses soins et de ses labeurs ; c'est là tout l'enjeu qu'il risque. Si Je succès a couronné ses efforts; il est tout joyeux, il exhibe ses victimes avec orgueil comme autant de trophées de son adresse et de sa capacité ; dans le cas contraire, il n'a que le désagrément de revenir bredouille ; et s'il ne remporte rien, il se félicite au moms de n'avoir rien laissé.

Considérée cependant sous un autre point de vue, la chasse, tout en ne soustrayant rien de positif au Nemrod malheureux, lui réserve toutefois un certain genre de pertes, auxquelles il se montre d'ordinaire très sensible ; ce sont celles des coups manques. Quel désagrément n'éprouve pas le chasseur en se rappelant le gibier si beau, si brillant, si attrayant, qu'il avait au bout de son fusil, et qu'il a vu s'enfuir avant même qu'il eût pu mettre le doigt

sur la gâchette* Et si jeusse été plus prompt si je

n'avais pas visé si longtemps ; et cette malheureuse

branche qui s'est redressée en faisant du bruit, cette autre qui s'est entremêlée dans ses jambes etc., etc ! Et l'entomologiste ? c'est sur cette feuille, sur cette herbe, tout près de lui, qu'il a vu cet inseete extraordinaire, si brillant, si original, dont il n'a pu saisir que l'ensemble, et que son

filet a effleuré sans le renfermer et cet autre, il était sa

conquête, il l'avait dans son filcft dont il tenait l'ouverture fermement close, lorsqu'en voulant le saisir de ses doigts, il la vu s'envoler, en lui faisant probablement un pied-de.

nez d'insecte en passant Et cet autre encore, il le tenait

il l'avait entre ses doigts ; il le transperce d'une fine épingle

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