‹ Le Naturaliste canadien (volume 4)Chapitre 103 sur 110 · LES INSECTES -HYMÉNOPTÈRES · texte numérisé non relu

LES INSECTES -HYMÉNOPTÈRES

(Continué de la page 349).

Les Hyménoptères, sans offrir un coup d'œil des plus frappants dans lesco!lections,ne manquent certainement pas d'attrait, et plusieurs, surtout de ceux des climats chauds, peuvent le disputer aux Coléoptères les plus riches pour la couleur et l'éclat des téguments. Mais c'est surtout pour la loupe qu'ils sont particulièrement intéressants; ce n'est qu'examinés dans les détails, qu'ils nous révèlent le plus nettement leur bizarrerie de forme parfois si curieuse et si frappante, et nul doute que l'intérêt qu'ils inspirent n'aille toujours en augmentant à mesure qu'ils seront connus davantage.

Considérés au point de vue de l'importance dont ils sont l'objet, les Hyménoptères, sans contredit, se rangent au premier rang parmi tous les insectes, ou ne le cèdent du moins qu'aux Lépidoptères qui nous fourniss nt la soie.

Chez les anciens, on n'avait rien pu imaginer de plus propre à régaler les habitants de l'Olympe que le miel que fabrique l'Abeille, c'était le nectar des dieux. L'Ecriture sainte elle-même, se sert du miel en maints endroits, pour nous donner l'idée de ce qu'il y a de plus suave, de plus

délicieux, de plus excellent. L'industrie du miel, en certaine pays, fait vivre des provinces entières; et ce met si délicat, si recherché, si délicieux ne sera pas le partage exclusif des favoris de la fortune, il sera à la portée de toutes les bouches. L'utile et complaisant insecte, fuira même les cités et les palais des grands, pour le voisinage de l'humble chaumière du pauvre, pour ses champs et ses cultures. La solitude des campagnes, le grand air des forêts les fleurs ignorées des champs, ce sont là les conditions d'existence qu'il préfère à toutes les autres, ce sont là les lieux où la laborieuse famille multiplie en toute sécurité ses essaims, charge outre mesure ses greniers de provisions, et semble même se soumettre d'assez bonne volonté à la nécessité de les renouveler chaque fois que son seigneur et maître, dans son égoisme ou son intérêt, juge à propos de les lui enlever

Ajoutons qu'au miel, l'Abeille joint un autre produit plus utile encore peut-être, c'est la cire; la cire qui entre aujourd'hui pour une si large part dans une foule d'iiudustries, avec laquelle on confectionne des copies si vraies de la nature, statues, fleurs, fruits, et qui par dessus tout, est presque de rigueur pour le culte des autels.

A part la famille des Tenthrédinides, dont les larves se nourrissent des feuilles des végétaux qu'elle dévorent presque complètement parfois, comme les Némates sur les groseilliers, presque tous les Hyménoptères sont des insectes utiles ; les uns nous donnant le miel et la cire, et les autres détruisant une foule d'autres insectes plus ou moins nuisibles, car plus de la moitié des espèces de cet ordre, vivent, à l'état de larve, en parasites sur le corps des chenilles et autres larves nuisibles qu'elles font périr,

Nous avons déjà fait observer que les insectes, sous le rapport de la conformation de leur bouche, se partagent en broyeurs et en suceurs ; les premiers comprenant les Coléoptères, 1er Orthoptères et les Névroptères, et les seconds les Hémiptères, les Lépidoptères, les Diptères et les Aptères. Quant aux Hyménoptères qui nous occupent plus spécialement ici, ils semblent former le trait d'union entre les deux divisions. Cependant on

]«s rangerait avec plus de raison parmi les suceurs que parmi les broyeurs, car bien qu'ils soient pourvus de mandibules — parfois très fortes— et de mâchoires» tous se nourrissent du suc des fleurs. Si parfois, dans les grandes sécheresses de l'été, les fleurs devenant rares, on voit les Guêpes, les Polistes etc., s'emparer des mouches qu'ils viennent saisir jusque dans nos appartements, ce n est pas à proprement parler pour s'en nourrir* mais pour les broyer avec leurs fortes mandibules et les faire entrer dans la composition de la pâtée dont ils nourrissent leurs larves. (Je qui le prouve, c'est qu'on ne voit jamais que des* femelles en agir ainsi, les mâles et les ouvrières pouvant, sans doute, toujours trouver sur les fleurs le miel suffisant pour leur propre nourriture. A proprement parler, les Hyménoptères sont plutôt des lécheurs que des suceurs, car pour de véritable trompe, ils en sont dépourvus, et c'est plutôt en léchant de leur langue, si longue parfois, le miel des fleurs, qu'ils le recueillent, qu'en le pompant ou le suçant à la façon des Lépidoptères, des Hémiptères etc.

Les Hyménoptères son* tous à métamorphoses complètes, c'est-à-dire que chez eux, la larve est toujours vermiiorme, fort différente de l'insecte parfait, et la nymphe inactive, incapable de locomotion et ne prenant aucune nourriture. Les larves, à l'exception de celles do la famille des Tenthrédinides, qui est fort considérable, sont toutes apodes (sans pieds) es par conséquent incapables de locomotion. Elles ne peuvent subsister que par suite de la prévoyance de la mère, qui a déposé ses œufs dans un endroit où la larve en éclosant trouverait à sa portée la nourriture qui ]ui convient, ou bien par les soins, chez les sociétaires, des nourricières ou ouvrières, qui leur apportent la subsistance de chaque jour.

Les familles des parasites déposent leurs œufs sur les chenilles ou larves d'autres insectes, et aussitôt écloses, les larves sorties de ces œufs se mettent à ronger la victime qui les porte ; tels sont les lchneumonides, les Braconides etc. D'autres, comme les Cynipides, déposent leurs œufs daus le tissu des plantes, feuilles, pousses, pétioles, qu'elles

percent de leur aiguillon ; la 8ève de ces plantes, altérée ou détournée de son cours rég lier par l'introduction de ce corps étranger dans les tissus qu'elle vivifie, s'échappe alors en déviant de ses voies ordinaires, et produit ces galles ou excroissances anormales qu'on rencontre si fréquemment dans les branches des saules, penpliers r rosiers, les tiges des framboisiers, les feuilles des chênes, des peupliers &c. La noix de galle, qu'on utilise si largement dans la teinturerie, n'est de même qu'une excroissance du chêne due à la piqûre d'un Cynip.

Les Bembex, Pompiles, produisent par leur piqûra la paralysie des insectes plus petits qu'ils attaquent et qu'ils transportent ensuite dans leurs trous, dans la terre ou le bois, pour leur confier de même leurs œufs.

D'autres, comme les Mégachiles, les Halictes, les Àndrènes, construisent avec des leuilles qu'ils enroulent, des tuyaux ou cylindres dans des trous pratiqués dans le sol ou sous des écorces de bois mort, qu'ils remplissent ensuite de boules d'une certaine pâtée, formée en grande partie du pollen de fleurs, dans lesquelles sont déposés les œuf*, ce» boules étant le plus souvent séparées les unes des autres par des partitions semblablement laites de feuilles entre chacune et divisant ainsi le cylindre en un plus ou moins grand nombre de loges.

Tous les Ordres d'insectes nous offrent des d'aptères plus ou moins nombreux, mais aucun en aussi grand nombre que les Hyménoptères» Chez ceux-ci, ce ne sont plus des cas exceptionnels nous montrant des formes plus ou moins atrophiées, chez lesquelles les ailes ont disparu ; mais c'est un état no mal dans certains genres comme les Pézomaques, les Méthoques, chez lesquels mâles et femelles sont privés des organes du vol ; chez d'autres, comme les Mutilles, les femelles seules sont ain^i astreintes à la marche terrestre, pendant que leurs mâles peuvent prendre leurs libres ébats de les airs; enfin chez les Fourmis, les neutres ou ouvrières sont constamment aptères, les mâles toujours ailés, et les femelles qui portent des ailes jusqu'au moment de la fécondation, s'en défont en-

suite en les détachant avec leurs pattes, pour demeurer aptères.

L'élément liquide, si lancement pourvu d'insectes de plusieurs antres ordres, tant à l'état parfait qu'à. l'état de larves, n'a aucun représentant de l'srdre des Hyménoptères soit à l'un ou l'autre état.

Nous renvoyons aux détails des familles qui vont suivre, les particularités spéciales à chique groupe ou même à chaque genre ; mais avant d'aller plus loin, donnons de suite les caractères particuliers aux représentants de cet ordre q.ut empêchent de les confondre avec ceux des autres ordres.

La Tête. — La tête, chez les Hyménoptères, prend une grand variété de formes. Elle est parfois énormément volumineuse, comme chez les Fourmis, les M. n tille* etc,, tandis que dans les autres familles, elle est de grosseur ordinaire o\ même petite; souvent elle se montre fort raccourcie et transversale, et quelquefois épaisse oti renflée en boule ; dans quelques genres, allongée en cou plus ou moins délié postérieurement, et toujours ne tenant au thorax que par un pédicule fort délié et susceptible de lui permettre des mouvements de torsion considérables.

La bouche se compose de mandibules cornées, généralement fortes et puissantes, d'un labre ou lèvre supérieure, souvent attenant à un chaperon ou épis tome, qui le recouvre totalement ou en partie, de mâchoires avec leurs palpes maxillaires, et d'une lèvre inférieure avec ses palpes labiaux. Tous ces organes, moins les mandibules, forment par leur réunion une espèce de fausse trompe, généralement rétractée et peu apparente dans le repos, mais susceptible de s'allonger pour pénétrer dans les ovaires des fleurs et lécher le miel qu'ils recèlent.

Prenons pour illustration de ces différentes parties, la tête d'une Guêpe que représente la figure 7: a a sont les mandibules, dont on voit les fortes dentelures qu'elles portent à leur bord interne ; 6, est l'épistome qui se trouve an dessus du labre, le couvrant parfois totalement; ce, sont les yeux qui dans ce genre sont échancrés dans leur

LB NATDBALISTK CANAD'E*

partie supérieure* Ou voit an milieu, dans la partie supérieure, les trois ocelles rangés en ligne courbe, d. La fig. 8, nous montre le labre grossi, vu par sa face an-

bccb

térieurc; la fig. 9, le même labre vu par sa face opposée. La fig. 10 représente la lèvre vue en dessous ou par sa fac extérieure lorsqu'elle est repliée ; a , est le tube labial, b b sont les divisions latérales de la languette; ce. les lobes' de la division intermédiaire, terminés de même que les précédents par des points glanduleux et noirâtres; dd y sont les palpes labiaux formés de 4 articles. La tig. 11 nous montre les mêmes pièces vues en dessus. La fig. 12 représente Tune des mâchoires grossie; a, est la tige ou corps principal de la mâchoire, munie de "ils à son bord interne, &, est le lobe terminal semblablement cilié, c, est le palpe maxillaire composé de 6 articles. On voit dans la fig. 13 une des mandibules grossie pour mieux laisser voir ses dentelures, qui dans la paire s'ajustent exactement les unes dans les autres.

Voyons maintenant les mêmes parties dans une tête de Bourdon que représente la fig. 14.

a, est le front ou épistome ; 6, le labre ; d, les mandibules ; e, les mâchoires fort allongées avec les palpes max illaires, f\ t\ la lèvre inférieure ; j h les palpes labiaux g\ la langue, et k, l'œil.

Les antennes soat extrêmement diversifiées chez les Hyménoptères; elles sont simples ou flabellées, courtes ou très allongées, coudées ou droites en massue ou sétiformos, etc., suivant les différents genres. Leur article basilaire est toujours plus volumineux et souvent fort allongé.

Les yeux en réseaux sont d'ordinaire for! développés, ils se rapprochent le plus souvent de la forme circulaire, bien qu'ils soient quelquefois échancrés ou allongés.

Les ocelles au nombre de 3, fort rarement défaut; c'est toujours sur le vertex qu'ils Fig u prennent place.

Dans certains Braconides, comme les Agathis, le labre avec les mandibules s'allongent démesurément, de manière à former un bec très apparent.

Le Thokax.— Le plrothorax qui dans les Coléoptères, les Orthoptères et les Hémiptères prend un tel déloppement qu'il semble former à lui seul la partie médiane du corps de l'insecte, s'efface en partie dans les Hyméuoptères, et n'est plus représenté que par un simple filet ou collier encerclant la partie antérieure du mésothorax. Celui-ci est d'ordinaire foit développé, et presque toujours formé de trois lobes longitudinaux très distincts. Le métathorax est très variable dans sa conformation ; dans certaines espèces, sa partie postérieure se rétrécit en pédicule pour recevoir l'abdomen.

Les ailes, comme nous l'avons déjà noté, sont toutes quatre transparentes, à nervures peu nombreuses et constantes dans leur position, ce qui permet d'en faire large-

ment usage pour la distinction des familles et des genres, il convient par conséquent d'en bien connaître les différentes parties.

9 a 6 b Al

Fig. 15.

La figure 15 nous montre une aile d'Hyménoptère des plus régulières ; voici l'indication de ses différentes parties : — A, base de Paile ; B, sommet ; 0, angle externe ou extérieur; D anirle interne ou postérieur; la, nervure costale ; 2 6 nervure sous-costale ; 3 7 nervure médiane; 4 8 nervure sous-médiane ; D nervure anale ; 5 9 radius ou nervure cubitale ; a, carpe on stigma ; 6, cellule costale ; c, cellule sous costale; rf, rf, cellules médianes; e, cellule anale ; f y cellule radicale ; g\ g\ g\ cellules cubitales ou sousmarginales; A, h. A, cellules discoïdales ; », cellule postérieure.

Les pattes sont en général longues et délices. Les hanches sont le plus souvent allongées et volumineuses, et les trochantins plus développés qu'en aucun autre ordre. Les trochantins, qui dans les Coléoptères ne semblent le plus souvent qu'un appendice superflu à la base de la cuisse, s'interposent ici directement entre la hanche et la cuisse, et le disputant souvent en longueur avec cette dernière, si bien que les commerçants sont quelquefois induits en erreur, prenant le trochantin pour la cuisse, et celui-ci pour la jambe.

Plusieurs parties des pattes prennent, dans différents genres, des développements anormaux, parfois fois fort singuliers, que nous ferons connaître en leur lieu propre.

L'Abdomen.— Dans la majorité des espèces, l'abdomen, chez les Hyménoptères, ne tient au métathorax que par

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un pédicule fort délié et quelquefois très allongé ; il est très variable dans sa forme, présentant parfois une apparence tout à fait anormale.

Tout le monde connaît l'aiguillon, qu'un grand nombre d'Hyménoptères portent à l'extémité de l'abdomen, aiguillon qui dans bien des espèces inflige une ble&sure si douloureuse. Cet aiguillon, dont après tout on peut assez facilement éviter les blessures, a détourné souvent plus d'un jeune amateur de l'étude des insectes de cet Ordre. Comme ces insectes piqueurs ne se servent d'ordinaire de cette arme que lorsqu'on les provoque, il suffit d'un peu de précautions pour se soustraire à sa rencontre, et s'il nous arrive quelquefois d'en être atteints, la pression ou la succion de l'endroit piqué, une friction un peu rude, l'application de quelques gouttes d'ammoniaque ou bien mieux d'acide phénique, en fait bientôt disparaître la doaleur.

A proprement parler, tous les Hyménoptères sont pourvus d'aiguillon, puisque cet organe n'est pas seulement, comme on l'a cru longtemps, une arme offensive et défensive, mais bien l'oriducte ou oviscapte des femelles qui leur permet de déposer leurs œufs dans les différents corps, à une plus ou moins grande profondeur, suivant les espèces. Les mâles en sont toujours dépourvus. La seule différence qui existe entre les Hyménoptères Porte-aiguillons (Aculeata) et les Térébrants ( Terebrantia)> c'est que les premiers sont pourvus de glandes sécrétant un certain venin qui s'infiltre dans la blessure faite, tandisque les seconds en sont dépourvus, la construction de cet aiguillon ou tarière étant à peu près la même chez les uns et chez les autres.

Chasse aux Hyménoptères.

Le filet est ordinairement l'instrument avec lequel on capture les Hyménoptères, soit au vol ou en repos sur les plantes. Une fois dans le filet, il n'est pas difficile de les amener l'un après l'autre, sur un point d'appui quelconque, pour les piquer de suite à travers les mailles, afin de ne pas s'exposer à leur aiguillon. On peut aussi, très souvent

Ll NATURALISTE CANADIEN

les saisir avec les doigts ou au moyen de pincettes, lorsqu'on les voit occupés à sucer le suc des fleurs.

Mais comme ces insectes piqués ainsi tout vivants peuvent vivre encore longtemps, et prennent souvent en mourant une position peu avantageuse pour l'étude, il vaut beaucoup mieux se pourvoir d'une fiole, à goulot assez large, avec du chloroforme ou du cyanure de potassium, pour les faire mourir de suite. Et rien de plus facile après cela pour les piquer tout à son aise et les faire sécher dans la position que Ton désire.

Les nervures des ailes jouant un grand rôle dans la classification des Hyménoptères, il convient de faire dessécher sur des étaloirs toutes les epèces de taille supérieure et même moyenne,afin de permettre facilement l'examen de ces nervures.

Nous préférons le cyanure de potassium à tonte autre composition pour asphyxier promptement les insectes, et voici comment nous disposons nos fioles, pour mettre ce poison à l'abri de tout contact immédiat. Nous mettons au fond d'une fiole de 4 pouces de hauteur environ sur 2 pouces de diamètre,munie d'une goulot de 1 J pouce fermant à l'émeri, trois ou quatre morceaux de cyanure de la grosseur d'une noisette environ, puis nous envoyons sur le tout une pâte de plâtre un peu épaisse, de manière qu'en se desséchant elle forme une croûte unie recouvrant complètement tous les morceaux. La porosité du plâtre laisse suffisamment pénétrer les exhalaisous du cyanure, et sa surface une fois durcie ne souille en aucune façon les insectes qu'on y met. Kien de plus facile alors que de capturer les insectes sur les fleurs, Guêpes, Bourdons, Ichneumons, Andrènes etc. pour les envoyer dans la fiole. Il suffit de quelques secondes seulement pour priver de tout mouvement et amener la mort de ces insectes.

Gomme le cyanure de potassium se liquéfie par son exposition à l'air, et que la porosité du plâtre ne l'y soustrait pas entièrement, nous renouvelons la préparation lorsque nous la voyons passablement altérée. Cependant des fioles préparées de cette façon, ont pu nous servir pen-

clant pins d'un mois en en faisant un usage presque journalier.

Les Hyménoptères se piquent pour les collections, au milieu du mésothorax, en ayant de l'écusson*

Classification des Hyménoptères.

Les Hyménoptères n'ayant encore été qu'assez peu étudiés, du moins dans leur ensemble, subiront sans aucun doute, de notables changements plus tard, dans la subdivision des familles et des genres, lorsque l'étude et l'observation les auront fait mieux connaître.

L'étroite analogie de formes, dans la plupart des individ us de cet ordre, en rend la division en familles et en genres fort difficile.

«Comme le Créateur de l'univers a pourvu chaque être i'oTganes propres aux fonctions qu'il a à remplir, et que ses fonctions, comme la nidification, la construction de la demeure, la déposition des œufs etc., sont fort variées chez es Hyménoptères, on s'est servi avec avantage de la molification extérieure de leurs organes, pour la subdivision le l'ordre en familles. Quant aux genres, la disposition les nervures des ailes, dans la plupart des cas, en a fourni e thème. Et pour les espèces, l'on s'est servi, comme dans es autres ordres, de la coloration — bien qu'elle soit parfois brt variable— de la rugosité, des formes plus ou moins ^normales de certaines parties etc. pour les déterminer.

Latreille a partagé tous les Hyménoptères en deux ections eu égard à la manière dont ils déposent leurs œufs, e sont les Térébrants et les Porte- Aiguillon. Et ces eux grandes divisions sont encore retenues aujourd'hui.

Si l'on examine attentivement l'extrémité de l'abdomen es femelles des Hyménoptères, on reconnaîtra que la disosition de ces différentes parties, eu égard à la ponte des mfs, se rapporte à deux plans bien distincts. Chez les nés, une tarière exsertile, et dans la majorité des cas sailinte — quelquefois très longue — formée de différentes ièces, leur permet de déposer les œufs à une plus ou loins grande profondeur dans les végétaux où le corps

d'antres insectes propres à servir de nourriture aux larves qui sortiront de ces œufs, ce sont les Térébrants: Tenthrèdes, Urocères, Ichneumons, etc. Chez les autres, cette tarière n'existe pas; les œufs, échappés de Toviducte, passent dans la cavité anale, qui, en s'ouvrant, les laisse tomber à l'endroit où ils doivent éclore. L'extrémité de l'abdomen de celles-ci ne porte denc ni extérieurement ni intérieurement aucune tarière ou oviscapte, mais, par contre, elle est pourvue d'un aiguillon exsertile et très délié muni à sa base de glandes contenant un venin particulier très-subtil qui passant dans les piqûres faites par cet aiguillon, produit une douleur vive et très intense, avec souvent tuméfaction subite des chairs voisines de l'endroit attaqué ; ce sont les Porte-Aiguillon ; Guêpes, Bourdons, Porapiles, Abeilles, etc

En un mot, les Forte- Aiguillon sont ceux qui jouissent de la faculté de piquer, et les Térébrants sont ceux qui en sont privés.

Les femelles de certains Térébrants, comme celles des Fimples, des Ophions, des Ichneumons, parviennent souvent à faire pénétrer dans la chair leur tarière, lorsqu'on les saisit sans précaution avec les doigts; mais la pitjûre qu'elles infligent n'es!; pas accompagnée de ce venin qui produit une douleur si subite et si prompte avec les Porte- Aiguillons, la blessure se réduit alors à peu près à la simple lésion des tissus avec introduction d'un certain suc étranger qui ne produit jamais qu'une irritation légère et très fugace.

Chacune de ces deux grandes divisions se partage ensuite en familles, d'après certains caractères tirés de la conformation de différentes parties, bouche, antennes, pattes, ailes etc., les Téré brents en comptant 9, et les Porte- Aiguillons 13.

Toutes ces différentes familles sont représentées dans notre faune. La clef systématique qui suit peut servir à les distinguer les unes des autres.

Clef pour la distinction des Familles des Hyménoptères.

1(18) Femelles dépourvues d'aiguillon, mais inunies d'une tarière extérieure plus ou moing longue pour déposer leurs œufs dans les corps plus ou moins solides, végétaux ou animaux, où la larve trouvera la nourriture qui lui convient :

TÉRÉBRANTS. TEREBRANTIA.

2( 5 ) Abdomen sessile, uni au thorax. par toute l'étendue de son diamètre ; 3( 4 ) Jambes antérieures avec deux éperons, prothorax

plus large que la tête I. Tenthrédinldes*

4( 3 ) Jambes antérieures avec un seul éperon, prothorax allongé en cou II. Urooérides.

5( 2 ) Abdomen pédicule, ne tenant au thorax que par

une portion de son diamètre; 6(17) Abdomen de 5 à 7 segments apparents ; tarière composée de 3 pièces, 2 lames servant d'étui à Poviscapte tubuleux ; 7(16) Antennes jamais coudées, le plus souvent longues,

filiformes ou sétacées ; 8(14) Mésothorax ordinaire; l'abdomen allongé, cylindrique ou ovalaire ; 9(15) Ailes antérieures à nervures complètes, formant plusieurs cellules parfaites ; 10(11) 1ère cellule cubitale séparée par une nervure de la 1ère cellule discoïdale ; ailes inférieures sans

cellules complètes III. Evaniide0.

1 1 (10) 1ère cellule cubitale confondue avec la 1ère cellule

discoïdale ; 12(13) Cellule discoïdale extérieure fermée par une nervure; deux nervures récurrentes.. .IV. Ichn6UulOIlid6S. 13(12) Cellule discoïdale extérieure toujours ouverte, une

seule nervure récurrente V. Braconides.

14(8) Mésothorax très développé; l'abdomen plus ou moins globuleux ; nervures des ailes manquant

en partie VI. OyntpideS.

1 5( 9 ) Ailes à nervures très incomplètes, le plus souvent

sans une seule cellule parfaite. . . . VIL ProOtottfipides. 16(7) Antennes coudées, souvent avec le premier article

logé dans un sillon VIII. Chalcidlde&

17( 6 ) Abdomen à 3 ou 4 segments apparents, tarière

fabuleuse, en télescope, éeailleuse IX Chrysidet

18( 1 ) Femelles sans tarière, mais manies d'un aiguillon exsertile avec glandes à venin. Antennes le plus souvent coudées, de 12 articles dans les femelles et 13 dans les mâles :

PORTE-AIGUILLON. ACVLEATA.

19(40) Dépourvus d'instruments pour la récolte du pollen ; 1er article des tarses postérieurs non élargi ;

20(23) Femelles aptères antennes coudées ;

21(22) Sociétaires; mâles ailés, femelles aptères après la

fécondation, des ouvrières toujours aptère?. X. Formicides.

22(2 1) Solitaires ; des mâles ailés, des femelles toujours

aptères, point d'ouvrières § XI. Mutillidee.

23(20) Femelles ailées ;

24(37) Ailes ne se ployant pas longitudinalement dans le repos ;

25(26) Pattes courtes ; les jambes postérieures courtes et fortes ; pro thorax en forme de nœud ou en carré transversal, s'étendant en forme d'arc jusqu'à l'insertion des ailes antérieures XII. Scoliadides.

26(25) Pattes longues, surtout les postérieures ;

27(28) Prothorax rétréci en forme de nœud formant un cou ; abdomen à pédicule grêle plus ou moins allongé XIÏI. Sphégides.

28(27) Pro thorax non rétréci en cou ;

29(30) Prothorax en carré transversal ou longitudinal ; abdomen brièvement pédicule, atténué en pointe fine à l'extrémité XIV. Pompilidtt.

30(29) Prothorax ne formant qu'un simple rebord ;

31(32) Labre entièrement à nu on très saillant; jeux s'é

tendant jusqu'au bord postérieur de la tête. XV. BembècideS-

32(31) Labre caché totalement on en grande partie ;

33(34) Mandibules échancrées à leur base au côté inférieur XVI. Larrides.

34(33) Mandibules non échanorées à la base ;

35(36) Tête ordinaire, antennes insérées vers le million

delà face XVII. Nyssonides.

36(35) Tête très grosse, antennes insérées près de la

bonohe XVIII. Crabronidas.

37(24) Ailes ployéea longitudinalement dans le repos ;

HYJrêNGPTàai8. 367

38(39) Solitaires; mandibules plus longues que larges XIX. Euménldes.

39(38) Sociétaires ; mandibules larges avec une troncature oblique à l'extrémité XX. VespideS.

40(19) Les 2 pattes postérieures avec le 1er article du

tarse très grand, disposé pour la récolte du pollen ;

41(42) Jambes postérieures sans corbeille ... • XXL Andrénidft*.

42 41) Jambes postérieures ayant à leur face externe un enfoncement lisse (corbeille) pour le transport du pollen ; des cT, des Ç et des § ..XXII. ApideS.

Fam. I. TENTHRÉDINIDES. Tenthredinidœ.

Tête, le plus souvent forte, quoique plus étroite que le thorax. Yeux grands, grandement séparés. Trois ocelles.

Labre transversal ou carré, très souvent poilu de même que le chaperon qui le précède.

Mandibules portant des dentelures souvent inégales. Languette trifide.

Palpes labiaux de 4 articles, les maxillaires de 6.

Antennes insérées vers le milieu de la face, le plus souvent courtes et fortes.

Thorax généralement plus large que la tête. Prothorax réduit à un simple collier se courbant jusqu'à la rencentre de l'insertion des ailes antérieures ; ses angles avoisinant l'insertion des ailes se désignent simplement par le terme d'angles antérieurs, et sont souvent d'une coloration différente du reste. Le mésothorax est toujours partagé en trois lobes divisés par de profondes sutures ; il porte à sa partie postérieure l'écusson, qui est généralement petit, conique ou arrondi. En arrière de l'écusson se trouve une ligne transverse soulevée qu'on appelle poti-écusson, aux côtés duquel se voient ordinairement 2 points blancs (cenchri). Le thorax porte les ailes inférieures de même que les pattes postérieures. Sa partie postérieure est allongée et séparée du reste par une suture, si bien qu'on pourrait facilement la prendre pour le premier segment abdominal. Cette partie, dans la plupart des genres, est divisée longitudinale ment en deux portions qu'on désigne

par l'expression de plaques basilaires. La partie inférieure du thorax se nomme la poitrine (pectus), et on appelle flancs (pleura) l'espace compris entre la poitrine et les ailes.

Les ailes, dans cette famille, jouent un grand rôle dans la distribution des genres et des espèces ; il convient par conséquent d'en bien connaître les différentes parties, pour se rendre exactement compte des descriptions dans les formes plus ou moins variées des différents genres. La iig. 16 nous montre une aile de Tenthrédinide parfaite» avec indication de ses différentes parties.

Fig. la.

Nervures:

a, est le stigma ou carpe.

ô, nervure costale, qui borde l'aile à son bord antérieur.

c, nervure apicale ou extérieure.

d, nervure sous-costale, qui est toujours plus ou moins

rapprochée de la costale.

e, nervures externo-médiane et interno-médiane. /, g, nervures anales.

A, bord postérieur ou anal de l'aile.

i, nervure médiane ou cubitus.

j\ nervure sous-médiane.

A, 1ère, 2e et 3e nervure transverse sous-marginale, qui séparent entre elles les cellules cubitales.

Z, 1ère et 2e nervure récurrente ou discoïdale.

m, discoïdale.

n, 1ère et 2e apicale intérieure ou sous«marginale.

Cellules :

I, 2, radiales ou marginales, 3, 4, 5,6, cubitales.

7, 8, 9, discoïdales.

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