Notion Historique sur les Minéraux
Le premier homme qui sut distinguer l'or dix cuivre et Vélain de Yargent, fut minéralogiste. ' Les plus anciens écrits, tels que les livres de Moïse et les antiques monuments Egyptiens, nous prouvent à quelle date reculée il faudrait remonter pour trouver l'origine de cette science, dont l'histoire primitive se perd dans la nuit des temps.
LBS MINÉRAUX 0ANADIEN8. 17
Aristote, qui vivait 300 ans avant notre ère, paraît être le premier qui ait introduit quelque méthode dans l'étude de la minéralogie.
Il établit d'abord deux grandes classes : les minéraux divisibles sous le marteau et les minéraux malléables.
11 appela les premiers fossiles, et les seconds métalliques. Son disciple Théophraste s'écarta de cette division, pour classer le* minéraux en fossiles, qu'il subdivisa en pierres et en terres ; et en métaux, qu'il classa suivant leur densité et leur manière de se comporter au feu. Cette marche aurait infailliblement conduit à la connaissance exacte des corps inorganiques, si les successeurs de Théophraste y avaient persévéré.
Dioscoride, 75 ans avant notre ère, adoptant une classification moins exacte que celle de Théophraste, partagea les substances minérales en minéraux marins et en minéraux terrestres.
Pline qui, malgré les erreurs populaires qu'il nous transmit sans examen, s'est assis au premier rang parmi les naturalistes des temps anciens, traite d'abord des terres, puis des marbres et de diverses roches, puis .enfin des gemmes ou pierres précieuses.
Le Grec Zozime lui succéda, il fut le premier qui parla, de Y art hermétique; et plus tard, vers l'an 700, l'Arabe GebeY, qui avait appris chez les Grecs la prétendue science de la transmutation des métaux, ne vit dans cette étude des minéraux que l'art mensonger par lequel les métaux les plus ordinaires pouvaient prendre les caractères et les propriétés de l'or.
Ces recherches infructueuses n'avaient été d'aucune utilité pour la science, lorsque parut vers le commencement du Xle siècle, l'arabe Abou-Aly-Hocein, plus connu sous le nom d'Avicenne de Cordoue. Il essaya de répandre un peu de clarté dans l'étude de la minéralogie ; il divisa les minéraux en 4 classes: les pierres, les sels, les métaux, et les combustibles. Il démontra le premier l'utilité de l'analyse pour distinguer ces différents corps, et sa
nomenclature eut la gloire de rester en usage dans certaines écoles, jusqu'au siècle dernier.
Albert-Le-Grrand, vint deux siècles plus tard : la seule modification qu'il apporta dans le système d'Avicenne, fut de comprendre sous la dénomination de mineralia media, les sels et les substances sulfureuses.
Dans l'histoire de la minéralogie, les travaux des Alchimistes n'ont pas été sans influence sur cette science. Car, il ne sera peut être pas inutile de rappeler que la science qui s'occupe avec tant de succès de la composition des corps, était ébauchée et tenue cachée par ces derniers ; on sait aussi, comme l'a dit un chimiste célèbre, qu'ils s'imaginaient qu'il existait des métaux parfaits, tels que lor et l'argent, et des métaux imparfaits, tels que le mercure, le plomb, l'antimoine, et qu'on pouvait, par des moyens occultes, transformer ces derniers en argent ou en or : but qu'ils regardaient comme le plus noble, et qu'ils nommaient le Grand œuvre, la Pierre philosophale.
Comme les pricipaux métaux sont au nombre de sept, les alchimistes imaginèrent de les consaacrer aux sept planètes connues de leur temps.
Ainsi, dans leur langue scientilique, l'or était le Soleil, l'argent la Lune, le fer Mars, le cuivre Vénus, le mercure Mercure, le plomb Saturne, et retain Jupiter.
Des hasards heureux favorisèrent les recherches des alchimistes : au Xllle siècle, Isaac, surnommé le Hollandais, introduisit des procédés méthodiques dans l'analyse des métaux ; ce fut lui qui inventa l'art d'émailler. En 1250, Raymond Lulli ou Lulle trouva l'opération du départ des métaux; Basile Valentin, vers la lin du XVe siècle, fit connaître l'antimoine, et décrivit le moyen de l'obtenir, dans un ouvrage intitulé, Currus triumphalis antimonii.
La science, restée pendant plusieurs siècles dans un état stationnaire, ne lit quelques pas vers la perfection que par l'impulsion que lui donna George Agricola, vers l'an 1545. Il s'empara des idéee de Théophruste, et bientôt une nouvelle ère commença pour la minéralogie. Ce fut lui qui découvrit le bismuth et qui inventa, pour Texploi.
tation des mines et Je traitement des minerais, de nouvelles méthodes qui subirent même peu de changements jusqu'au dix-huitième siècle.
Contemporain d'Agricola, Paracelce, livré tout entier aux travaux hermétiques, fut conduit à la connaissance du zinc, tandis qu'un simple potier de terre, Bernard de Palissy, donnait, par ses recherches, un nouvel iutérêt à la science minéralogiqne.
Enfin, le goût des collections naquit ; on étudia le gisement des Minéraux ; on sentit le besoiu d'une classification fondée sur des- principes établis, et les ouvrages de minéralogie se multiplièrent.
L'Allemand Bêcher, en 1664, fit revivre la méthode de Théophraste et d'Avicenne, et se livra à des recherches relatives aux effets que produit le feu sur les minéraux. En Angleterre, le physicien Boyle observait, eu 1673, la propriété électrique de quelques-uns de ceux-ci ; Brandt, en 1733 découvrit l'arsenic et le cobalt ; vers la même époque, Bromel proposait un système de classification. Wood, faisait la découverte du platine en 1741; Cramer, Henkel et Woltersdoff tentaient chacun leur méthode ; l'un se montrait partisan d'une nomenclature fondée sur l'analyse chimique ; celui-ci ne voulait classer ses minéraux que d'après les caractères extérieurs, celui-là proposait d'adopter une méthode mixte.
Tel fut le dernier parti que prit le suédois Vallerius» en 1747. L'analyse chimique lui servit à tracer de grandes divisions, qui se subdiviseront d'après les caractères extérieurs. Sa nomenclature est plqs régulière que celle d'aucun de ses devanciers; la description des espèoes et des variétés y est plus exacte qu'elle ne l'avait été jus. qu'alors.
Cronstedt, son compatriote et son contemporain, contribua aux progrès de la science, en publiant, en 1758, une classification dans laquelle les classes, les ordres et les espèces sont établis d'après des considérations chimiques, quoiqu'il n'exclue j oint les caractères extérieurs et les propriétés faciles à reconnaître par des expériences fort
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simples. Sa méthode générale ne difiere pas de celle d'Avicenne; ainsi il admet quatre grandes classes: les terres, les sets, les corps inflammes, les métaux. C'est à ce minéralogiste que Ton dut, en 1751, la découverte du nikel et l'utile emploi du chalumeau.
A la même époque, Gellert et Carthensert essayaient aussi de classer les minéraux; Lehniann enrichissait la science d'observations nouvelles, tandis que l'étude de la chimie reconnaissait l'existence de trois terres simples : la chaux, la ailice, et Val umine.
L'impuision était donnée ; la science ne pouvait plus ralentir sa marche ; vers Tan 1770 on vit Linnée et Capeller faire remarquer la régulante de la cristallisation de certaines substances minérales; dans la première édition de son système, Linnée divise les métaux en trois classes: les pierres (petrœ) les métaux, (minerœ), les fossiles (fossiliaX Scopoli s'attacha à classer les minéraux d'après leurs caractères extérieurs, tandis que de Born établissait un système mixte, fondé comme l'avait déjà fait Cronstedt sur ces mêmes cara tères unis aux caractères chimiques. En 1773, Gahn et Schéele firent connaître le manganèse; en* 1781, Delhuyart venait de découvrir le tungstène, qui a ètô dédié à Schéele sous le nom de schéelin ; (jrrégor le titane, Muller le tellure, et Hielm le molybdène. En 1789, Klaproth enrichit la minéralogie d'un nouveau métal, l'urane; et huit ans plus tard, en 1797, Vauquelin fit counaître le chrome.
Pendant la période des trente dernières années du 18e siècles, la minéralogie devint en France un sujet d'études profondes. On vit Mounet et Kourcroy établir chacun un système chimique de classification. Valmont de Bomare s'attacha à combiner ensemble les systèmes de Carthenser, de Wallerius, de Lehmann, et de quelques autres minéralogistes.
Vers Tannée 1772, Sage, à qui Ton doit l'établissement de l'école des mines, avança par ses travaux la docimasie ou l'ait d'essayer les minerais. Dans sa minéralogie docimastique, il divise les minéraux en trois classes : dans la
première sont les sels, les acides, les soufres, les bitumes et les combustibles ; la seconde renferme les terres, les pierres simples, les roches et les laves ; les substances métalliques composent la troisième classe ; chacune se divise en un certain nombre d'ordres.
Capeller avait reconnu, peu de temps auparavant, une certaine anologie de formes dans les divers cristaux d'une même substance. Rome de l'Isle, l'ami et le disciple de Sage, se livra à des recherches assez étendues relativement à la cristallographie. Il ne lit point de changements à la nomenclature de son maître, mais il sut comparer un grand nombre de cristaux ; il rechercha, dans les plus compliqués par leurs formes, les formes plus simples qui leur avaient donné naissance ; enfin il fit sentir l'importance de la cristallisation dans la détermination des espèces minérales.
Daubenton contribua puissamment aussi à l'avancement de la minéralogie, par le travail qu'il publia en 1744.
Si nous jetons un coupd'œil hors de France, nous verrons Bergman suivre à peu près la môme marche que Oronstedt, avec cette différence, que par suite de la découverte qu'il fit de deux nouvelles terres, la baryte et la magnésie, il porta à cinq le nombre des ordres de substances minérales, lixé avant lui à trois. En Ecosse, le chimiste Kirwan *'loptaitla même division, en rangeant toutefois le diamant parmi les graphites.
En Saxe, les caractères physiques des minéraux trouvèrent dans le savant Werner, un heureux appréciateur. Il tira le plus grand parti de ces caractères, sans toutefois renoncer à ceux qu'offre la chimie. Son système compte encore beaucoup de partisans en Allemagne. Dans sa nomenclature, les minéraux simples forment quatre classes : la première comprend les terres et les pierres ; la deuxième, les matières salines (sapides solubles) ; la troisième, les matières combustibles; la quatrième, les métaux. C'était à peu près la marche qu'avait suivie Lehmann ; mais Werner partage la première classe en huit genres, dont le
premier ne comprend qu'une seule espèce, le diamant, parce que, fidèle à ses idées sur 1 importance des caractères extérieurs, il lui semblait que sa dureté devait le placer en tête des substances pierreuses ; les sept autres genres sont ce que l'on appelait alors des terres simple*, c'est-à-dire la zircone, la silice, l'alumine ou argile, la mugnésie, la baryte et la strontiane. Les autres se composent d'autant de genres qu'il y a de sortes de sels, de combustibles et de métaux ; chacun des genres contient un certain nombre d'espèces, suivant le principe admis par cet illustre savant, que les minéraux qui different essentiellement des autres par leur composition chimique^doivent former di»s espèces différentes.
Depuis le commencement du 19e siècle, des découvertes dues à la chimie ont encore été plus nombreuses que dans les siècles précédents. En 1802, Hatcheît découvrit le columbium ou tantale ; en 1803, on dut à Wollaston la découverte du palladium et du rhodium ; aux Chimistes Vauquelin, Fourcroy, Tennant et Descotils, celle de l'iridium et de l'osmium, la Glucine ou Berylle ; à Berzelius et Hisinger, en 1804, celle du cerium ; à Davy en 1807, celle de six métaux, dont on ne connaissait sous le nom de terre que les oxides, savoir : le potassium, le sodium, le barium, le strontium, le calcium et le magnesium. En 1810, Berzélius découvrit le silicium et le zirconium, en 1818 Sromeyer lit connaître le cadmium, et Arfwedson le lithium. De 1818 à 1823, ont dut à Woehler la découverte de l' aluminium, du glucium et de l'ittrium. En 1828, Berzélius découvrit le thorium et Sefstroem le vanadium. De 1840 à 1842 Mosander découvrit dans l'Yttria Terbium et le terbium, et dins la cérite le didyme ; trois ans auparavant il avait découvert le lanthane dans le fluorure de cerium En 1844 Henry Rose fit la découverte du niobium et du pelopium, dans la tantalite de Bavière. De 1860 à 1861 Bunsen et Kirchhoff, découvrirent le caecium et le rubidium au moyen de l'analyse spectrale du résidu des aux salines. En 1861 Crookes, découvrit dans la pyrite de fer, le thalium. Tout récemment la chimie s'est encore enrichie de trois now
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veaux corps, simples, qui sont le rhuthenium découvert dans le sulfure d'osmium par Wôhler, l'indium dans le sulfure de plomb, enfin le gallium, le dernier de la liste des corps simples, connus jusqu'à présent.
A continuer.