‹ Le Naturaliste canadien (volume 4)Chapitre 19 sur 110 · LA MEGACHILE GUENILLE · texte numérisé non relu

LA MEGACHILE GUENILLE

Mégachile centrunculus, Smith.

A Mr. J. N., Ste. Foye.

Le prétendu ver que vous nous avez transrais enfoncé dans le cœur d'un rondain d'ostryer, Ost>ya Virginica, Wild., vulgairement Bois-dur, n'appartient pas même au règne animal. En le considérant attentivement, vous auriez facilement reconnu que la peau verte du prétendu ver, n'était rien autre chose que des feuilles enroulées en cylindre, remplissant exactement la capacité de la galerie creusée dans le cœur de cette bûchette. C'est l'œuvre de la Mégachile guenille, dont vous trouverez l'histoire à la page 58 du vol. VII du Naturaliste.

Le spécimen transmis est tout- à-fait intéressant, en ce qu'il semble démontrer que la Mégachile aurait elle-même creusé la galerie, au lieu de s'emparer d'une toute faite par des Fournis, comme on l'a toujours prétendu.

A première vue, on se demande de suite quel être a pu pénétrer ainsi dans l'intérieur d'un morceau de bois sans qu'on y voye aucune ouverture ? Mais en retournant la pièce, on voit que du côté de l'écorce, une ancienne branche depuis longtemps disparue et détériorée a livré passage à l'insecte jusqu'au cœur même du tronc. La galerie exactement remplie par le cylindre occupe le cœur même du tronc, elle mesure 5 pouces de longueur, et porte partout le même diamètre, bien qu'elle soit légèrement ondulée suivant les couches du bois. Comme l'Ostryer es

un bois très dur, et que le cœur de cette bûchette, quoique détérioré, demeure eucore extrêmement ferme, il semblerait que la Mégachile n'est pas pourvue d'armes ou d s outils assez puissants pour se frayer un tel passage ; d'un autre côté nul trace ici de la présence de» Fourmis. Si ce sont ces dernières qui ont foré la galerie, il faut que la Mégachile les ait surprises à l'œuvre dès leur début, et les ait exterminées jusqu'à la dernière ; car les Fourmis ne se contentent jamais d'une galerie unique et sont d'ordinaire en tel nombre que malgré des pertes sérieuses, leu: s bataillons se reforment bientôt pour se remettre à l'œuvre. Nous sommes donc encline à croire que la Még ichile au moyen de ses puissantes mandibules et de ses pattes a pu creuser elle même cette galerie, qui dans une bonne partie de son étendue, n'a eu besoin que d'être élargie et régalarisée, l'eau introduite par Touveiture de la branche ayant déjà produit un certain vide en faisant pourrir le cœur.

Un examen attentif des feuilles du cylindre a pu noi*s permettre de constater que celles employées étaient des feuilles de rosiers, comme nous l'avions déjà constaté en plusieurs autres cas. Ces feuilles minces, consistantes, légères, se prêtent probablement mieux que toutes autres au découpage, de même qu'au transport, et étant très peu aqueuses, elles se dessèchent sans laisser prendre de moi» sissure sous l'action de l'humidité.

Nous avertis défait une partition du cylindre et nous avons trouvé une nymphe en parfait état de conservation. Comme le cylindre mesure encore deux pouces et demi de longueur, nous supposons qu'il ne renferme pas moins de cinq autres nymphes, que nous espérons voir passer à l'état parfait, aux premiers jours du printemps.

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