ADDITIONS AUX ICHNEUMONIDES DE QUEBEC
Notre revue des lchneumonides de Québec ayant été commencée en 1874, nous avons pu depui3 nous procurer de nombreux matériaux nouveaux. Deux fois déjà nous av ons donné des additions à la liste livrée en premier lieu. Nous en apportons encore aujourd'hui de nouvelles.
Livré, dans le début, à nos seules ressources, n'ayant pour nous guider aucune collection exactement détermi.
née, manquant, d'un autre côté, de plusieurs auteurs indispensables pour nous renseigner sûrement sur cette grande et intéressante famille, nous n'avons pu noiis mettre à l'abri d'erreurs et d'incorrections nombreuses.
Ayant soumis dernièrement notre collection entière de cette famille à Mr. E. T. Cresson, de Philadelphie, la première autorité sur ce continent en fait d'Hyménoptères, le savant entomologiste a bien voulu noter les erreurs dans lesquelles nous avions donné, et indiquer les corrections à faire. Comme ce Monsieur prépare actuellement une monographie complète de la famille des lchneumonides, nous nous contenterons pour le moment, de donner les descriptions des nouvelles espèces rencontrées, attendant la publication de son travail pour donner une nouvelle liste de nos lchneumonides, revue, augmentée et corrigée.
Nous ne sommes nullement confus des nombreuses erreurs que nous avons commises, et nous les reconnaissons Bans honte. La science entomologique est encore trop peu avancée, ses données sont encore trop confuses, ses monographies sont encore trop incomplètes et trop disséminées dans des publications de différentes dates et de langues diverses, pour qu'on puisse faire un crime aux pionniers dans cette voie, de faire parfois des faux pas dans les sentiers qu'ils teulent tracer, de ne pas procéder toujours avec certitude, de manière à faire une autorité incontestable pour tous ceux qui plus tard voudront marcher sur leurs traces.
Le domaine que les entomologistes ont à explorer est trop vaste, ses différentes parties sont encore trop imparfaitement connues pour qu'on puisse, dès à présent, procéder avec certitude ; ce ne sera qu'après de plus longues études, de plus nombreuses observations, qu'un génie supérieur s'emparant des divers traits de lumière jetés ça et là par les nombreux écrivains dans leurs observations, pourra les réunir et les agencer en un seul faisceau, de manière à produire un flambeau puissant qui fera pénétrer ses rayons dans les diverses parties de ce vaste domaine. Mais cette époque ne sera pas pour nous. Nous
ADDITIONS AUY ICHNRUM0NIDE8 DE QUÉBEC. 7
devons nous contenter en attendant cette heureuse éventualité, d'amasser le plus de matériaux possible, de les étudier avec la plus grande attention, vt d'indiquer autant qu'on peut le faire, la place précise que devra pccuper, dans le grand édifice, dans le grand tout qu'on livrera alors, la pierre que notts apportons, la parcelle monographique que nous élaborons aujourd'hui.
Mais, dira-t-on peut être : ne serait il pas mieux pour vous d'attendre, plutôt que de livrer à l'impression des écrits sur l'exactitude desquels vous n'êtes pas absolument eûr?
Nous répondons sans hésiter, non ! par ce que nous n'écrivons pas tant pour apporter notre contingent, notre poignée de sable au grand édifice de la science, que pour servir de guide dans cette étude à de jeunes compatriotes qui n'ont absolument que nos écrits pour se renseigner, et qui, sans ces écrits, ne pourraient poursuivre leurs études. Ce sera une petite affaire pour eux d'avoir à changer plus tard quelques étiquettes dans leurs collections, d'avoir à mettre, par exemple : au lieu de Ichneumon varipes, Prov. Ichneumon cinclitarsis, Prov., par ce que la désignation de varipes avait déjà été prise par Grravenhorst pour une autre espèce, &c. ; tandis que sans nos écrits, les collections en restent là, et comme conséquence le progrès de la science. Nous procédons d'ailleurs à la manière de tous les autres écrivains dans cette branche. Nous prenons tous les moyens à notre disposition pour nous renseigner sûrement, avant de publier nos observations, et une fois cette publication faite, nous nous corrigeons du moment qu'il nousest donné de pouvoir reconnaître quelque erreur. Mr. Cresson en corrigeant nos erreurs a pu en même temps eu corriger plusieurs des siennes propres ; et il en est ainsi pour tous les autres.
Il n'en est pas des sciences naturelles comme de la littérature, on peut tomber là sans pécher pour ainsi dire ; aussi nous corrigeons nous les uns les autres sans nous faire la guerre, mais uniquement dans le but de rendre hommage à la vérité, de rendre l'œuvre plus parfaite, et de contribuer au bien commun.
8 LB NATURALISTE CAIADHK.
Gron. Ichneumon, Linné.