L'INSTRUCTION PUBLIQUE
{Continué de la page 38).
Gomme nous n'avons nullement intention de faire la guerre à qui qne ce soit, nous nous empresserons toujours de corriger les erreurs dans lesquelles nous pourrions tomber* dès qu'on nous les aura signalées.
Un correspondant qui signe X., dans le Courrier <ftt Canada du 2 du courant, semble vouloir réclamer contre notre avancé, qu'il a fallu attendre jusqu'en 1877 pour avoir des documents relatifs aux écoles de 1874. Cependant, chose assez singulière, il ne contredit pas cet avancé, qui, comme le prouve le dernier rapport, demeure encore dans toute sa force. Est-ce que les 50 premières pages du Bapport du Surintendant ne sont pas remplies entièrement des rapports des Inspecteurs ponr 1874-75 ? Mr. X. vante la ponctualité de Mr. le Surintendant qui a présenté son rapport dans les premiers jours de la session. Très bien. Mais, Mr. X, de ce que le charretier qui vous conduit tous les jours à votre bureau, est venu aujourd'hui à l'heure précise, s'ensuit-il qu'il soit excusable d'avoir été, hier, en retard d'une heure ?
Nous poursuivons nos remarques.
Les trois principaux changements mentionnés dans le Bapport du Surintendant, au point de vue du progrès, sont,
de la connaissance du dessin, et sont obligés d'y recourir de nécessité dans une foule de circonstances.
N'auriez-vous d'autre titre que celui d'homme lettré, que ce serait encore suffisant pour vous faire une obligation de connaître le dessin, ne serait-ce que pour pouvoir juger pertinemment des œuvres d'art. N'est-il pas pitoyable parfois, de voir des gens instruits confondre des Raphael, des Murillo ou des Rubens avec les croûtes des plus obscurs barbouilleurs de toile ?
On a constaté, par des expériences répétées, que le goût épuré que procure la civilisation, ne pouvait s'acquérir que par l'enseignement ou l'éducation ; qu'abandonné à lui-même, l'homme, avec les meilleurs yeux, ne savait pas même voir. Ainsi un sauvage qui n'avait jamais vu de miroir, n'a pu se reconnaître dans la glace qu'on lui présenta, parce qu'il n'avait pas appris à se rendre compte des ligures plates, dépourvues de relief. Or, s'il est une occasion où il faut savoir voir, c'est bien lorsqu'il s'agit de distinguer des œuvres d'art, et seul le dessin sert de règle pour guider le jugement dans une telle appréciation.
Le simple dessin linéaire sera déjà par lui-même une clef pour permettre à un jugement sain, accompagné de dispositions heureuses, de se former le goût, d'apprendre à bien voir et à juger. La réflexion que nécessite le tracé des lignes, des angles, des courbes, pour former les différentes figures, conduit naturellement à des analogies et des comparaisons pour apprécier plus sûrement Teffet des saillies et projections, le jeu des ombres pour simuler plus parfaitement le relief, etc.
Et d'ailleurs, dans notre siècle de perfectionnements en tout genre, le succès, dans les industries, n'appartient qu'à l'excellence. L'obscure médiocrité ne peut que végéter et périr à côté des produits d'un goût épuré par l'éducation ou l'enseignement. L'élégance dans les contours, la grâce dans la forme, la délicatesse dans les traits, sont les caractères distinctifs des produits de mérite dans l'industrie, et le dessin est la clef qui ouvre la voie à de tels résultats.
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Qu'on généralise l'étude du dessin dans toutes les écoles, et dans quelques années seulement, on verra se révéler de toutes parts des artistes des plus heureusement doués ; car, comme on Ta dit bien des fois, ce n'est pas le génie qui fait défaut dans notre pays, mais le moyen, l'occasion de lui donner essor.
Nous ne pouvons donc qu'applaudir à cette nouvelle mesure du Département de l'Education.
3° Un cour d'apiculture à l'Ecole Normale Jacques- Cartier.
L'apiculture, en outre de l'intérêt qu'elle offre comme amusement et comme sujet d'étude de la nature, peut encore procurer, une source de revenus bien capable de rémunérer des soins qu'elle exige. En France, on donne des cours d'apiculture dans les écoles normales, et plus d'un instituteur savent tirer de leur rucher, une ample compensation au faible salaire qu'on leur offre en maintes localités.
Mais, pourrait-il en être ainsi dans notre Province ? Nous craindrions fort de l'assurer. Quel est l'instituteur ici, qui, avec le maigre salaire qu'on lui donne etsousle bon plaisir de commissaires ignares, incapables de juger du mérite de celui à qui ils confient leurs enfants, voudra faire les frais de se procurer un rucher ? Il ne sera pas encore remboursé souvent de ses frais d'installation, que le caprice, la mauvaise humeur, la jalousie, et cent autres causes encore pourront porter un commissaire à soulever une ligue contre lui pour le forcer à quitter la place. D'ailleurs, on sait que dans notre climat, la culture des abeilles est plus dispendieuse et plus difficile, en raison surtout de rhivernement, que dans les climats plus chauds. Sans des précautions toutes particulières, c'est à peine si l'apiculteur ici peut soustraire aux rigueurs et à la longue durée des hivers, la moitié, le tiers, le quart de ses ruches ; souvent même il ne peut en sauver une seule. Comment l'instituteur, avec ses ressources bornées, sans aucune assurance de permanence, pourra-t-il se décider à faire de telles dépenses ? Souvent aussi, le local de la maison publique, n'ayant ni
jardin, ni cour, ne lui permettrait pas même d'établir un rucher ?
Mais c'est une expérience à tenter ; l'essai ne coûtera toujours que peu, et les connaissances qu'y acquerront les instituteurs ne pourront leur être, dans tous les cas, quo grandement avantageuses.
Il est, suivant nous, une autre matière que nous aurions fait passer avant l'apiculture pour son introduction dans les Ecoles Normales, et celle-ci ne laisse aucun doute sur les résultats qu'on en peut obtenir, nous voulons parler de l'histoire naturelle. Il est incontestable qu'un cours d'histoire naturelle dans les Ecoles Normales pourrait prodire les plus heureux effets. Mais nous parlons d'un cours véritable, pratique, facile, qui tout abrégé et tout oral qu'il serait, suffirait cependant dans quatre ou cinq leçons, pour initier les élèves à l'étude de la nature. Certainement qu'en quatre ou cinq leçons, avecdes adolescents intelligents, on peut les rendre capables d'identifier eux-mêmes les plantes, s'il s'agit de Botanique, ou les insectes, s'il s'agit d'Entomologie. Et cette étude est si attachante, elle possède par elle-même tant d'attraits, qu'une fois le feu allumé, il se suffit à lui-même pour sa persévérance, et ne requiert plus pour ainsi dire de nouvelles insulations.
Un savant American disait dernièrement qu'il fallait éviter d'inspirer trop à bonne heure le goût pour l'étude de l'histoire naturelle, aux jeunes gens, par ce que, ajoutaitil, une fois épris de cet amour, ils négligent tout le reste pour s'y livrer exclusivement.
L'étude de l'histoire naturelle dans les Ecoles Normales serait particulièrement avantageuse sous un double rapport : 1° En ce qu'il n'y a rien de plus efficace pour inspirer le goût, l'amour de l'étude en général ; et 2° en raison des connaissaces aussi variées qu'agréables et utiles qu'elle procure.
Quel est le plus grand obstacle au progrès des lettres en ce pays ?
On l'a vingt fois proclamé dans la presse : c'est parce
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qu'on ne lit pas, qu'on n'aime pas la lecture, qu'on néglige l'étude. Le talent, le génie abonde chez nous; mais son essor est partout comprimé, arrêté, paralysé par l'apathie, l'insouciance, nous pourrions presque dire l'aversion du public pour la lecture, pour l'étude. A quoi bon produire des œuvres de génie, si ces œuvres sont étouffées, éteintes dès leur naissance par ^apathie du public ? si le nombre de ceux qui veulent les apprécier est si restreint (jue leur concours ne peut pas même en défrayer les frais de publication ? C'est là certainement un triste état de choses qu'il faut s'efforcer de faire disparaître au plus tôt. Et comme nous l'avons fait observer plus haut, nos cours d'instruction, tels qu'ils étaient ci-devant organisés, ont contribué pour une large part, à inspirer ce dégoût pour l'étude.
Ajoutons aussi qu'il est toujours difficile d'agir en op* position avec le courant des idées et des allures générales. Os, notre génération faisant suite à une génération pour la plupart illettrée, qui bien qu'avide de savoir, avait été forcée, par son manque d'éducation, de chercher ses amusements dans toute autre chose que dans les livres, nos hommes instruits du jour ont eu tous à souffrir plus ou moins de cette funeste influence, ont dû tous montrer une énergie plus qu'ordinaire pour résister à l'entraînement du mauvais exemple.
Voulons-nous soustraire l'instituteur à ce danger ? voulons-nous que celui que nous chargeons d'inspirer aux enfants le goût de l'étude en soit lui même épris, passionné ? Initions-le à l'étude de l'histoire naturelle ; ce sera le plus sûr moyen d'y parvenir. Cette étude est par elle-même si attrayante, qu'une fois entreprise, elle dégénère bientôt eu passion. Les quelques victoires que des élèves bien dirigés peuvent remporter dès le début, leur inspirent un désir insatiable de s'en assurer de nouvelles ; ils reconnaissent de suite comme étant véritable la satisfaction que proclamait J. B. Rousseau lorsqu'il disait . " avant d'entasser les plantes de la Chine et des Indes dans mon herbier, j'herborise savamment sur le mourron qu'on met sur la cage de mes oiseaux." Les heures leur paraîtront des minutes, lorsqu'il s'agira de confronter telle plante ou tel
insecte avec les caractères des descriptions données, et da moment que le dédain pour lès livres est vaincu, l'amour de l'étude est déjà établi. Montrefcnous un jeune talent épris de l'amour de l'étude, nous l'enregistrons de suite parmi les savants. La science» est à la portée de tout le monde, il suffit de l'aimer, de la rechercher, pour pouvoir l'acquérir;
Mais, dira-t-on peut être : comment se fait-il que le nombre de nos naturalistes soit encore si restreint, lorsque depuis plus de vingt ans on donne des cours d'histoire naturelle dans diverses institutions ?
Si nous nous en rapportons à ce que nous ont dit des élèves qui avaient suivi ces cours, nous les tenons pour maigres, défectueux, insuffisants. Nemo dat quod non habel, et c'est ce qu'on a voulu faire en pins d'un endroit. Que si parfois la science se trouvait dans le professeur, celui-ci n'a pas su du moins en inspirer le goût à ses élèves. Il a négligé la partie pratique, la seule capable d'attacher à l'étude, pour ennuyer ceux qui suivaient ses cours, avec des définitions arides, des nomenclatures et des classifications incapables d'être retenues sans application. On a précisément suivi là" la routine vicieuse des écoles élémentaires : de la théorie, de la métaphysique à profusion ; et d'application, de pratique, point ! Aussi, le résultat a été partout le même, les enfants ont été dégoûtés de la lecture, et les élèves ont subi le cours sans avoir seulement mordu à la science.
Voulez- vous faire des botanistes ? Que dès la première leçon, l'élève soit rendu capable d'analyser une fleur. Et que de suite il commence un petit, herbier, que du moins il conserve, ne serait-ce qu'entre les feuillets d'un livre, chaque plante qu'il aura identifiée, ce sera une conquête pour la vie, il en conservera toujours le nom. De même pour l'entomologie ; que chaque élève ait sa petite case, où chnque insecte identifié soit soigneusement conservé ; et de même pour toutes les autres branches. Une victoire en demandera une seconde, puis une troisième, une quatrième ef<\, et dès lors la conquête est assurée. Le pied est dans IV' trier, fei.giu est sur les rails, il roulera, roulera; retardé
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par un obstacle, il attendra du temps, des circonstances, le moyen de continuer sa route, jusqu'à ce qu'il atteigne aux points les plus reculés.
Une fois sincèrement épris de l'amour des livres, du désir de savoir, l'homme d'étude devient excessivement avare de sou temps ; tous les objets qui l'environnent, les plantes qui bordent les chemins, les herbes de sa cour, les pierres des constructions, les mousses des toits, les insectes qui bourdonnent à ses oreilles, les montagnes qui circonscrivent son horizon, les astres qui brillent au firmament, l'air même qu'il respire, tout devient pour lui objet de ses investigations, et il ne se passe pas un seul jour, sans qu'il ajoute quelque chose aux connaissances déjà acquises. Et quelle plus noble occupation que celle de chercher ainsi la grandeur du Créateur, dans la magnificence de ses œuvres, que de pouvoir, pour ainsi dire, palper de ses mains son infinie sagesse dans l'harmonie de tant de forces opposées, dans l'accord de tant d'êtres différents à propensions contraires ! Que cette investigation sied bien à la vertu ! N'aurai t-el le d'autre mérite que celui de soustraire le jeune homme aux dangers du désœvrement, qu'elle mériterait par cela seul toute notre approbation et notre estime. Heureuses les paroisses qui peuvent posséder un instituteur épris de l'amour de l'étude, il inspirera ce goût à ses enfants ; et comme le vase qui contient un parfum décelle continuellement sa présence par ses émanations, personne n'entrera en rapport avec lui, sans en retirer quelque profit, sans lui soustraire en quelque sorte quelque chose de ses vastes connaissances.
Nous disons .qu'en second lieu les connaissances que procure l'étude de l'histoire naturelle méritent aussi par elles-mêmes que nous lui donnions notre attention.
Le manque de connaissaances suffisantes en fait de sciences, sera encore pendant longtemps un obstacle au progrès de notre littérature, et retiendra au second rang, bon nombre d'écrivains qui auraient pu sans cela paraître avec avantage au premier. Tant que nous compterons des écrivains qui n'hésiteront pas à faire imprimer "que
des corolles peuvent laisser épanouir leurs fleurs," qui prendront des involucres pour des fleurs, qui s'étonneront de ce que des batraciens peuvent porter une queue etc., etc., nous serons forcés de reconnaître qu'il se trouve encore des lacunes dans notre éducation, lacunes d'autant plus préjudiciables, qu'on semble n'en avoir pas même conscience.
Mais je ne puis voir, dira le littérateur, qu'il puisse y avoir quelque avantage pour celui qui n'a pas intention de se livrer particulièrement à l'étude des sciences, de s'embarrasser de nomenclatures et de classifications, de se meubler la mémoire d'expressions aussi inutiles que peu euphoniques.
Vous oubliez, ami, qu'il y a dans l'esprit de chacun de nous une foule d'idées qui y dorment là comme le minerai dans son filon, et qui n'attendent pour se produire au dehors et se faire valoir, que l'habit qui leur est propre, le véhicule qui leur convient. Or, plus nous enrichissons notre vocabulaire et augmentons notre phraséologie, et plus nous ajoutons au magasin de nos idées, en leur facilitant le moyen de se produire. Les expressions ne sont confuses que lorsque les idées le sont, a-t-on dit. Plus donc nous aurons d'expressions correctes, et plus nous pourrons énoncer d'idées justes.
D'ailleurs toute victoire sur l'inconnu est par ellemême un capital à la disposition de l'homme dont il pourra tôt ou tard tirer parti.
Et quel intérêt ne prendrait pas chacune de nos écoles^ si par les soins de l'instituteur, on y formait un petit musée des plantes, insectes, minéraux, etc., de la localité ? Il n'y a pas de collaboration plus -effective que celle des enfants pour la collection des spécimena d'histoire naturelle. Les commissaires pourraient subvenir aux frais matériels d'installation, qui sont peu considérables d'ailleurs, et après quelques années, ces petits dépôts épars dans les différentes écoles, formeraient une mine précieuse pour l'étude des productions naturelles du pays.
De toutes ces raisons, et de bien d'autres que nous
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n'avons pu exposer ici, nous concluons qu'il serait infiniment avantageux de donner des cours d'histoire naturelle dans les Ecoles Normales, et nous formons des vœux pour la mise à exécution sans délai de cette réforme.
LES PLANTES MELLIFEKi.S LU CANADA.
(Continué de la page 50).
Juin.
C'est au mois de Juin que la nature étale dans notre climat sa luxuriance de vie, qui se fait jour de tout côté. Si ce n'est pas le mois qui montre le plus de fleurs, c'est sans contredit celui où la végétation se montre la plus active. Nous voyons apparaître successivement dans ce mois la floraison des plantes qui suivent.
Fraisiers, tant ceux de nos champs, Fragaria Canadensis, Michx., que ceux de nos bois, F. vesca, Lin. et de nos jardins, étalent leurs fleurs vers la fin de Mai ou le commencement de Juin, et reçoivent souvent la visite des abeilles.
Framboisiers, le commun de nos taillis, Rubus triflorus, Rich., le noir R. occidentalisa Lin. qu'on rencontre au pied de nos coteaux et qui a la singulière propriété de prendre racine par la tête, du moment qu'elle touche le sol, de même que ceux que nous cultivons dans nos jardins, offrent tous des fleurs fort recherchées des abeilles.
Le Prunier d'Amérique, Prunus Americana, Marsh notre Prunier rouge (Red Plum), de même que ceux de nos vergers, se couvrent de fleurs dès le commencement de Juin, lorsque leurs bourgeons ne font encore que commencer à s'ouvrir. On voit les abeilles, les bourdons et
autres insectes melliphages se montrer en quantité sut les Pruniers.
Cerisiers, celui de nos jardins, Cerasus avium, Dell. vulgt. Cerisier de France, se montre le premier, puis vieil, nent: le Petit Merisier, Cerasus Pennsylvania, Lois., le Cerisier à grappes, Cer. Virginiana, DeC , le Cerisier rouge, Cer. serotina, DeC, avec leurs fleurs plus ou moins nombreuses. L'Amélanchier, Amelanchier Canadensis, Torr., vulg. Poirier sauvage (Shad berry) offre des fleurs qu'affectionnent beaucoup les insectes ; nous voyons souvent une espèce de Tau pin en fort grand nombre, Œsloâes lenuicollis, Rand., en disputer la possession aux abeilles et aux bourdons.
Après les Pruniers et les Cerisiers, viennent les Pommiers, et avant tous ceux de Sibérie (Crab Apples) qui manquent rarement à la floraison et qui le plus souvent ne font qu'une masse de fleurs de chaque arbre.
Nos différentes espèces d'Aubépines se montrent aussi dans le même temps : le Pomettier rouge, Cratœgus coccinea Lin., le blanc, Cr, punctata, Jacq., nos senelliers, Cratœgus crus galli, Lin., C. tomentosus, Lin., oxyacantha, Lin., offrent tous leurs fleurs presque en même temps. Nous avons remarqué que les fleurs de nos Pomettiers étaient généralement peu visitées par les insectes, moins que celles des Senelliers, les premières offrent aussi une odeur forte qui probablement ne leur convient pas.
Le Sorbier d'Amérique, Sorbus Americana, Pursh, vulg. Cormier, Maskou, Maskwabina, (Angl. Mountain Ash) reçoit souvent la visite des abeilles sur ses larges cimes blanches, bien qu'elles ne paraissent pas affectionner particulièrement ces fleurs.
Les Cornouilliers, Cornus alba, Linn., Hart-rouge (Whileberried Dogwood), celui à fruits bleus, Cornus sericea, L'Her., celui à feuilles arrondies, Cornus çircinata, L'Her., présentent aussi leurs fleurs blanches en corymbes plus ou moins déprimés, à peu près dans le même temps, mais il est probable que ces fleurs offrent peu de ressources aux abeilles, car on les voit rarement s'y arrêter.
Elles affectionnent bien davantage le Sumac de Vir-