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DE LA PHOSPHORESCENCE

La phosphorescence, comme diverses expériences semblent l'indiquer, se rapporte à l'électricité; elle est cette propriété que possèdent un grand nombre de minéraux de devenir lumineux par eux-mêmes, et par conséquent de luire dans les ténèbres, lorsqu'on les place dans des circonstances favorables. On développe cette faculté dans leç minéraux de quatre manières différentes : 1° En les chauffant ; Exemple, la Fluorine où Fluate de chaux. 2° En les exposant quelque temps à la lumière du soleil. Ex : le Diamant après qu'il a été taillé. 3 Q En leur faisant subir l'action du frottement. Ex : le Sulfate de Zinc, le cristal de Roche. 4° Enfin en les soumettant à l'action de l'étincelle électrique.

Plusieurs substances exigent, pour acquérir la phosphorescence, une température très élevée, qu'on ne peut

obtenir qu'en les chauffant dans des crusets : telle est la Barytine ou sulfate de baryte ; d'autres ne demandent qu'une chaleur qui les porte au rouge sombre, comme la Fluorine.

La phosphorescence par la chaleur ne parait avoir aucun rapport avec la phosphorescence par le frottement ; celle-ci se conserve toujours, quoique l'autre ait été perdue. L'éclat des surfaces influe considérablement sur la production de ces phénomènes. Un cristal de fluorine limpide qui n'est pas phosphorescent le devient lorsqu'on use ses faces sur des grès et qu'on l'expose alors sur une plaque échauffée pendant quelques secondes. Généralement les cristaux dont les faces naturelles sont vives et brillantes ne sont pas phosphorescents, et le deviennent au contaire quand les surfaces sont dépolies ou lorsqu'on les a brisés .en fragments. Il est remarquable aussi que souvent il deviennent phosphorescents lorsqu'on les- expose sur la plaque chaude par des faces secondaires, tandis qu'ils ne le sont pas lorsqu'on les place sur les faces primitives. Le diamant acquiert la phosphorescence lorsqu'il est poli, et n'en donne point lorsqu'il est en cristaux naturels.

5 P De la Pesanteur spécifique.

Sous un volume déterminé, chaque corps a son poids particulier, ou suivant l'expres6ion reçue, son poids spécifique. Ainsi une balle de plomb pèse plus qu'une bille de marbre de même calibre ; celle-ci plus qu'une bille d'ivoire. Une pièce «jl'or pèse plus qu'une pièce d'argent du même volume ; et il en est de même de tous les corps. Il y en a qui sont tellement différents, qu'il suffit d'en prendre deux morceaux à peu près égaux pour les distinguer à l'instant On ne confondrait jamais, par exemple, le platine avec l'argent, qui pèse moitié moins, ni avec l'étain, qui ne pèse guère que le tiers ; l'or ne se confondrait pas d'avantage avec le cuivre jaune, la baryte avec le calcaire, la topaze avec l'ambre jaune, etc. Cependant il y a un grand nombre de substances qui diffèrent beaucoup moins les unes des autres, et qu'on ne peut dès lors distinguer que par des évaluations suffisamment précises.

Pour évaluer les poids spécifiques des différents coTps, il faut en prendre un pour terme de comparaison. On a choisi alors Veau distillée, par la raison que c'est un liquide, et que dès lors il est toujours facile, par le principe d'Archimède, de connaître le poids d'un volume exactement égal à celui de tout autre corps. On est convenu de ramener les évaluations à la température de 18° centigrade ou a 0. Les nombres indiqués dans les tables expriment donc que les corps aux quels ils se rapportent, sont deux fois, trois

fois.... ..vingt fois etc., etc plus pesants que l'eau sous

un même volume, ou qu'ils pèsent la moitié, le tiers, le quart, d'un semblable volume d'eau distillée.

Pour prendre le poids spécifique d'un corps, on le pèse d'abord dans l'air pour avoir son poids réel, puis on le pèse dans l'eau pour connaître la perte qu'il y fait, ce qui donne le poids d'un volume d'eau égal au sien, et on prend le rapport des deux nombres. C'est ainsi qu'ont été cons* truites les tables de poids spécifiques.

Il faut remarquer que le poids spécifique varie dans le même corps avec les diverses structures qu'il peut avoir, parce que ces structures déterminent toujours de petits rides accidentels plus ou moins nombreux. Ce sont en général les petits cristaux qui donnent les poids spécifiques les plus forts, les gros étant formés par des groupements qui déterminent également des vides. Pour avoir des poids comparables, le moyen le plus sur est de réduire toujours ces corps en poudre grossière, qu'il convient d'imbiber d'eau chaude pour dégager les bulles d'air qui pourraient y adhérer. Par ce moyen, on obtient toujours le même poids spécifique, quelque soit la variété du corps sur lequel on opère.

Pour les usages de la vie, c'est le poids spécifique sous la structure réelle qu'il faut avoir, parce que c'est là ce dont on a besoin pour calculer, par exemple, le poids d'un volume déterminé d'un corpe qu'on doit employer pour une construction. Dans ce cas, si le corps est susceptible de s'imbiber d'eau, il faut le peser après l'imbibition com. plète, pour reconnaître le poids de l'eau dont il a été pénétré, et ajouter ce poids à la perte observée.

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