‹ Le Naturaliste canadien (volume 4)Chapitre 37 sur 110 · DES PROPRIÉTÉS OPTIQUES · texte numérisé non relu

DES PROPRIÉTÉS OPTIQUES

Les propriétés optiques n'étant pas les mêmes dans tous les minéraux, il en résulte nécessairement des caractères qui peuvent servir à reconnaître ceux-ci.

La réfraction est un phénomène qui se montre en rapport avec la forme régulière qu'affectent les minéraux ; ainsi elle est simple dans tous les cristaux qui se rapportent au système cubique ; elle est double dans tous les cristaux qui se rapportent aux autres systèmes.

La couleur propre peut être d'une grande utilité pour la istinction des différentes matières minérales : elle est très importante surtout dans les sulfures, les oxides métalliques et les métaux.

Ceux-ci offrent, quant à la couleur, les exemples les plus tranchés. Voici, sous ce rapport, dans quel ordre on les classe.

Blanc éclatant : .Argent.

Blanc tirant sur celui de l'argent ; Etain, Cadmium, Platine, Palladium, Nikel, Mercure, Iridium, Tellure.

Blanc argenté tirant sur le bleuâtre : Antimoine.

Blanc grisâtre : Manganèse, arsenic, Cérium.

Blanc tirant sur le bleu : Plomb, Zinc.

Blanc rougeâtre ou jaunâtre : Bismuth.

Gris-blanc d'étain : Cobalt.

Gris avec une nuance de bleu : Fer.

Gris foncé : Molybdène.

Jaune pur : Or.

Jaune rougeâtre : Cuivre.

Rouge : Titane.

Noir ou bleuâtre : poudre d'Osmium.

Les couleurs que présentent les minéraux sont constantes dans les mêmes corps, pouvu qu'ils soient purs ; mais si elles se montrent avec la même intensité dans tous les corps réduits à l'état pulvérulent, il n'en est pas de même lorsque les minéraux sont cristallisés ; il arrive fré

quemment alors que l'intensité de la couleur venant à varier, rend plus difficile la détermination de l'espèce minérale. C'est pour éviter toute erreur que l'on pulvérise le minéral pour en examiner la couleur, plutôt que de s'en tenir à l'examen de la masse.

La couleur accidentelle est due, soit à des mélanges mécaniques avec certaines substances, comme l'argile ferrugineuse {ou terre glaise) jaune, rouge ou noirâtre, qui transmet ses couleurs a l'arragonite, au quartz et au sel gemme ; soit à des combinaisons chimiques qui font par exemple que l'éméraude, ordinairement verte, est souvent vert-bleuâtre, jaune ou blanche ; que l'on connait des diamants de toutes les couleurs, et des topazes jaunes, bleues et blanches.

Les couleurs irisées, sont aussi des couleurs accidentelles : elles sont produites soit «par des fissures qui attaquent le minéral, comme dans le quartz irisé, soit par une sorte de décomposition qui s'opère à sa surface.

D'autres fois l'irisation est produite par un arrangement particulier des molécules, comme dans l'opale. D'autres fois aussi la transparence est attirée par l'interposition d'une matière étrangère, ce qui produit l'effet nommé chatoiement ; dans quelques cas même il paraîtrait que les jeux de lumière sont l'effet d'un tissu fibreux de la pierre, qui occasionne ainsi des vides où la lumière peut se décomposer de différentes manières ; des teintes vives et variables dans d'autres se montrent suivant le plus ou moins d'inclinaison du corps sur la lumière, comme dans la pierre du Labrador.

De la transparence. Un minéral est transparent lorsque les rayons de lumière qui le pénétrent sont assez abondants pour qu'on puisse distinguer nettement un objet à travers son épaisseur. Ex : le quartz hyalin— le gypse, le spathcalcaire, le Diamant, le verre, etc., etc.

La demi-transparence. Un minéral est demi-transparent lorsqu'il ne laisse voir les objects que d'une manière imparfaite ou confuse. Exemple : silex, cornaline, agate, etc., etc.

La tranludicité est le degré le plus inférieur de la transparence. Un minéral est translucide lorsqu'il se laisse traverser faiblement par la lumière sans qu'il soit possible

de distinguer, même confusément, aucun objet à travers. Ex. Feldspath.

L Opacité est le contraire de la transparence. On a désigné les divers degrés de transparence de la manière suivante :

1° Opacité.

2° Translucide sur les bords.

3° Translucide.

4° Demi-transparent.

S 9 Transparent.

On distingue dans les minéraux plusieurs sortes d éclats : l'éclat métallique, l'éclat vitreux, l'éclat résineux ou d'empois desséché, l'éclat gras, huileux ou céroïde, l'éclat nacré, l'éclat soyeux. Il y a des substances qui n'ont point d'éclat ; on dit alors qu'elles sont mates ou ternes, quelquefois on a dit dans ce cas éclat terreux. On indique de diverses manières le plus ou moins de vivacité de l'éclat : c'est ainsi que l'on dit, éclat métallique ou demi-métallique, vitreux ou demi-vitreux, etc., etc ; on dit aussi éclat métalloïde pour désigner l'apparence métallique que présentent diverses substances pierreuses.

Page 1