SYSTEME METEOROLOGIQUE DU CANADA
Cette partie de la physique qui a pour objet l'étude des différents phénomènes atmosphériques porte le nom de météorologie, ces phénomènes eux-mêmes étant nommés météores.
Le but scientifique de la Météorologie est de parvenir à la connaissance des lois suivant lesquelles se produisent ces phénomènes. Comme elle emprunte aux autres sciences la plupart des procédés qu'elle emploie, il n'est pas étonn&ot qu'elle qoit peu ancienne comme science spéciale. A cause de sa liaison intime avec la chimie et la physique, elle ne put se développer tant que ces sciences n'eurent pas fait beaucoup de progrès. . Bile avança beaucoup depuis le milieu du siècle dernier, avec les travaux de Demaison, Saussure, Franklin, Mairan, Volta et Dufay sur divers phénomènes atmosphériques.
Dans notre siècle, la Météorologie a fait des progrès considérables, en. ce sens du moins qu'elle a été étudiée avec plus d'attention, et avec des résultats plus précis, grâce aux puissants secours que lui fournirent les sciences dont elle dépend d'avantage, et qui s'étaient elles-mêmes perfectionnées de plus en plus.
Toutefois, on ne peut espérer d'arriver à la connaissance des lois qui régissent les divers phénomènes atmosphériques qu'après avoir recueilli de nombreuses observations, et pendant un grand nombre d'années, et à la fois dans beaucoup d'endroits différents du globe. Ces conditions sont d'autant plus nécessaires, que ces phénomènes sont plus complexes et qu'ils exercent une plus grande influence les uns sur les autres.
Actuellement, il y a peu de pays civilisés qui n'aient
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pas de nombreux observatoires météorologiques. Le système Météorologique du Canada n'a guère plus de six années d'existence. Voici quelques détails sur son organisation, d'après le cinquième rapport publié en 1876 par le Surintendant, M. G. T. Kingston, M. A., et d'après une carte géographique, indiquant la position des divers observatoires canadiens que vient de publier le bureau de Toronto.
Ce système a d'abord pour objet la collection des statistiques météorologiques, et leur disposition en sujets appropriés à la discussion des diverses questions physiques, en même temps que la combinaison des matériaux recueillis dans une série d'années, et les déductions qu'on en peut taire touchant le genre de climat des différentes parties du pays ; d'un autre côté, il a pour but d'aider à la connaissance des faite et des prinonMrde la climatologie en général, et de celle du Canacra en particulier. Le but de ce système est encore d'utiliser d'une manière pratique les faits et les principes acquis de cette sorte, spécialement pour pronostiquer le temps.
Voyons maintenant, aussi brièvement que possible, de quels moyens on se sert pour réaliser ces objets.
1° Bureau central. Ce bureau, qui est comme tecœnr de tout le système, est établi à Toronto ; c'est laque sont reçues et utilisées les diverses données fournies par H observateurs répandus par tout le pays. Le travail fai à ce Bureau est très-considérable. Ou y surveille h construction et on y éprouve la valeur des appareils des tinés aux stations d'observation. Les rapports inétéoro logiques mensuels, hebdomadaires et autres de tous les points du pays y sont reçus, examinés et groupés. Ces rapports se composent d'une dizaine de mille pages, sans compter environ mille six cent rapports de tempêtes. Trois fois par jour, on y reçoit, par le télégraphe, des rapports relatifs à la température de treize stations du Canada, et, après examen, on les télégraphie à Washington. Ces rapports télégraphiques, et ceux provenant des diverses
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stations des Etats-Unis, sont les données sur lesquelles sont fondés tous les cms de tempête qui concernent les pots dû Canada ou des Etats-Unis. Dans ce bureau, on enregistre trois fois par jour la hauteur du baromètre, la température, l'état du temps, la direction et la vélocité du vent, suivant les observations prises à quatre- vingt sept stations de l'Amérique du Nord.
2° Stations ordinaires. Ce sont les divers endroits du pays où Ton fait régulièrement des observations météorologiques, trois fois par jour, à 7hs. A. M., à 2hs. P. M., et à 9hs. P. M. Ces observations ont pour objet la température de l'air maxima et minima, la hauteur du baromètre, la quantité, le genre et la direction 'des nuages, la direction et la vélocité du vent, la chute de la pluie ou de la neige, les aurores boréales et les différents phénomènes atmosphériques qui peuvent se produire. On tient un registre exact des résultats de ces observations, et à la fin de chaque mois une copie en est transmise au Bureau Central de Toronto.
Ces endroits d'observation sont assez nombreux. On en compte plus de cent-dix, depuis la Colombie jusqu'aux provinces maritimes, dont quinze dans la province de Québec.
Au printemps de l'année dernière, M. W. Baby obtint des appareils pour l'établissement de quatre stations dans le Saguenay, dans les intérêts du futur chemin de fer du Lac St. Jean, paraissait-il. Ces stations ont été fixées à Chicoutimi, à Hébertville, à St. Louis et à St. Prime. Chicoutimi avait été déjà station météorologique pendant trois ans, de 1872 à 1875 ; les observations étaient prises alors par les Dames du Couvent. Ces observations se font maintenant au Séminaire, où l'on a commencé aussi depuis peu à observer la quantité d'Ozone répandu dans l'atmosphère.
3° Stations principales (CMef Stations). Ces stations qui sont peu nombreuses, étant bien pourvues d'appareils, prennent des observations suffisamment fréquentes et
continues pour fournir des données qui serviront au calcul des moyennes constants, dont la connaissances est nécessaires pour éliminer des observations faites aux stations ordinaires, les particularités de chaque année. On comprend que ce dernier but ne pourra être atteint qu'après un grand nombre d'années.
Oes stations sont au nombre de onze: Sydney et Halifax, N. B.; St. Jean et Fredericton, N. B.; Québec et Montréal, Q. ; Kingston, Toronto, Woodstock, Ont.; Winnipeg, Manitoba ; et Spence's Bridge, en Colombie Anglaise.
4° Reporting Telegraph Stations. Les rapports de oes stations au Bureau Central se font par le télégraphe. Elles sont au nombre de quinze, dont cinq dans la province de Québec, à la Pointe-aux-Pères, à Québec, à Montréal et à Ottawa. Oe sont ces stations qui fournissent les données immédiates pour les pronostics du temps.
5° Publishing Telegraph Stations, comprenant les Drum Stations. Ces stations reçoivent du Bureau Central, par le télégraphe, les avis de tempête, dont connaissance est donnée, par avertissements écrits ou par signaux, à la partie du pays qui les avoisine. Il y à trente-six Drum Stations, dont cinq dans la province de Québec, Peroé, Gaspé, Pointeaux-Pères, Québec et Montréal.
Un ems de tempête (storm warning) est la publication de Popinion que, peu après le temps spécifié, une tempête aura probablement lieu dans quelque partie du pays situé dans un rayon de cent milles du port qui a reçu l'avertissement Un avis de cette sorte, ou plus exactement/une prédiction, est dite être vérifiée lorsquhin coup de vent (gaie) assez violent pour être dangereux se fait sentir dans le temps indiqué, soit au port lui-même, soit à une distance n'excédant pas cent milles.
Le plus grand nombre des avertissements de tempête sont vérifiée. Ainsi, sur quatorze avis adressés à Québec, il y eut douze cas où la tempête se fit sentir dans les limites prescrites, et deux seulement où aucune tempête
CALEDRIER DE PLORJE POUR 1877. 167
ne fut constatée ; dix avis arrivèrent avant le commencement de la tempête; et une seule tempête eut lieu sang avoir été annoncée à l'avance.
Ces renseignements suffisent pour démontrer que le système météorologique du Canada est assez bien organisé ; il se perfectionne d'ailleurs d'année en année. La grande attention que i'on donne de nos jours à la Météorologie peut faire espérer des résultats importants dans un avenir peu éloigné, grâce aux patientes observations qui se poursuivent de toutes parts. Il sera alors bien exact de dire que le succès aura couronné la patience ; cette dernière, on le sait, est un peu habituée à de tels honneurs.
Victor A. Huàrt Ptre.