‹ Le Naturaliste canadien (volume 4)Chapitre 75 sur 110 · AUX RETARDATAIRES · texte numérisé non relu

AUX RETARDATAIRES

La grande plaie du journalisme en ce pays, est le manque de ponctualité de la part des abonnés à remplir leurs engagements.

On entend souvent répéter que nos journaux sont pauvres, que la rédaction fait défaut choz eux, que la matière est trop ménagée, etc. ; mais comment veut-on qu'il en soit autrement, lorsque Ton agit de manière à faire croire que tout l'encouragement que l'on veut donner à un journal, consiste à le lire assidûment, parfois même à le critiquer, saus se mettre en peine de le payer ?

La même nécessité qui a forcé les propriétaires de journaux et en Europe et aux Etats-Unis, à exiger le payement d'avance, se fait encore plu& fortement sentir ici, puisque le nombre des abonnés étant beaucoup plus res. treint, les ressources sont en conséquence moins considérables. Il n'y a pas, pensons-nous, un seul journal français en cette Province, dans un état vraiment prospère, et il en sera toujours ainsi, tant que les abonnés forceront les propriétaires à faire toutes les avances, se réservant de payer, eux, après 4 ans, 5 ans et plus, quand ils pourront le faire sans se gêner.

Il n'y a vraiment que pour la presse que les règles de la justice la plus élémentaire se trouvent ainsi mises de côté. Dans toutes les autres branches de commerce, le do ut des semble admis sans conteste. Mais dès qu'il s'agit d'un journal, on se croit autorisé à recevoir toujours sans rien donner. *

Nous reposant sur la qualité de nos abonnés, nous avons toujours reculé, jusqu'à ce jour, à prendre des moyens de rigueur pour recouvrer notre juste dû. Mais lorsqu'après plus de huit ans de déboursés, nous en voyons encore un certain nombre faire la sourde oreille à tous les appels que nous leur avons faits, chaque année, il n'y a plus à attendre davantage. Nous avons en conséquence remis

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