‹ Le Naturaliste canadien (volume 4)Chapitre 74 sur 110 · MR. LAFRANCE ET L'EVENEMENT · texte numérisé non relu

MR. LAFRANCE ET L'EVENEMENT

Nous avons écrit dans notre dernière livraison:

Si nous avons dit que M. Lafrance est un libéral, c'est qu'il se vante de l'être, et qu'il a écrit, en parlant de politique : que les prêtres se taisent, là est le salut, et là seulement, et une foule d'autres erreurs non moins condamnables.

Là dessus M. Lafrance nous défie de trouver cette citation dans ses écrits.

Le Canadien ayant depuis reproduit le texte même de Y Evénement, No. du 5 Avril : " Que défense soit faite aux

curés de toute la province de prêcher politique

la solution est là et seulement là. "

\] Evénement, dans son numéro du 21 Août; répond comme suit :

" Vous savez très bien aussi, vous, si M. Provancher l'ignore, que la phrase que vous citez n'est pus de M. Lafrance ; pourquoi done donnez-vous indirectement à croire qu'elle est de lui ? "

Puis il déclare que la phrase est de Mr Fabre, dans sa correspondance parlementaire de la dernière session.

Il nous fait grandement plaisir de voir ainsi M. Lafrance répudier, du moins en partie, les principes condamnables cjje Y Evénement] nous exonérons donc complètement M. Lafrance de tout l'audacieux libéralisme que contient la phrase précitée, pour le porter exclusivement à la charge de M. Fabre. Cependant, nous ferons remarquer à M. Lafrance, qu en prenant la rédaction de l'Evénement sans un mot dVxplicution, il se rendait par là même

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solidaire des principes jusque là prônés par cette feuille, et qu'il a fort mauvaise grâce de venir, dans l'occasion, se retirer personnellement des impa3ses où se lance sa feuille, en reportant les écrits incriminés à un autre membre de la rédaction. M. l'inspecteur du gaz se fait, pensons-nous, une fausse idée du rôle qu'il remplit actuellement à ['Evénement ; il s'imagine que tout le monde ne voit que M. Lafrance dans tout ce qui s'étale dans les colonnes de cette feuille, tandis qu'il n'en est rien. Pour nous, et pour le public en général, c'est la personnalité morale du journal qui est toujours en vue, peu importe que ce soit Pierre ou Jacques qui y tienne la plume dans le moment.

M. Lafrance ne doit qu'à lui-même d'avoir fait ressortir son nom dans la présente discussion; il nous accusa de personnalités à son égard, tandis que ne le connaissant pas, nous n'en voulions uniquement qu'à son journal.

M. Lafrance nous dit que l'entrefilet que nous avons cité de f Evénement, comme modèle de son style et de son bon goût, dans notre livraison de Mai, page 154, n'est pas non plus de lui, mais avait été reproduit du Canadien.

Que M. Lafrance revoie son numéro du 13 Avril, il y lira en toutes lettres, au bas de la 2e colonne et au haut de la 3e, lo paragraphe précité, sous le caractère ordinaire de sa feuille, et sans guillemets ni autre indication pour faire voir que ces lignes viennent d'ailleurs. Si, après tout, c'était là un emprunt au Canadien, nous y trouvons une confirmation patente du mauvais goût que nous avons reproché à M. Lafrance, puisqu'ayant découvert, parmi les nombreuses perles qu'étale d'ordinaire le Canadien dans ses colonnes, une motte de boue, il s'en est aussitôt emparé pour la présenter au public. Il trouvait, sans doute, qu'elle avait trop le caractère de ses propres productions, pour ne pas la faire valoir commesienne.

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