PIQURE DES INSECTES
Il n'est personne qui ne connaisse par expérience que les insectes piquent; la rencontre d'une G-uêpe, d'une Abeille, d'un Bourdon, etc., a pu en fournir la preuve à peu près à tout le monde..
Cependant, une grande partie des insectes en sont incapables, et ne pourraient tout au plus que mordre, tels sont tous les les Coléoptères, les Sauterelles, les Libellules, etc. D'autres enfin, comme les Papillons, les Mouches, les Ephémères, etc., ne sauraient ni mordre ni piquer, n'ayant ni mâchoires assez fortes, ni trompe assez consistante, pour infliger une blessure, même des plus légères.
Mais tous les insectes qui piquent sont-ils venimeux ?
Packard, dans son Guide to the Study of Insects, répond comme suit à cette question. " The bite of the Mosquito,* the Horse-fly, and Bed-bug is thought by Newport to be due to the simple act of thrusting their lancet-iike jaws through the skin, and it is not known that these and others insects which bite severely eject any poison into the wound."
L'auteur américain juge donc, avec Newport, que la, douleur qu'inflige la piqûre des Cousins, des Taons, des Punaises, etc., est uniquement due à la division mécanique des tissus attaqués. Pour nous, bien que nous sachions que ces insectes ne possèdent point de glandes à poison comme les G-uêpes, les Abeilles, les Bourdons, etc., nous pensons que leur piqûre est autre chose que la simple
lésion des tissus ; experto crédite Roberto, pourrions-nous avancer pour preuve, tout en en appelant aussi au témoignage de tous ceux à qui il est arrivé, de temps à autres, de recevoir les caresses de ces êtres aimables, que nous appelons maringouins, moustiques, punaises, etc. Qui oserait soutenir que la piqûre de ces insectes n'a rien de plus douloureux que celle d'une épingle ou d'une aiguille, par exemple ?
Nous en avons fait une expérience des plus convainquantes tout récemment.
Etant à la chasse aux insectes, le 1er Août dernier, sur la route de Bell, à la petite Rivière St. Charles, dans la banlieue de Québec, nous nous servîmes de notre filet comme d'un troubleau, et en raclâmes le fond d'une flaque d'eau qui se trouve à l'intersection de cette route avec le défunt chemin G-osford, de si peu glorieuse mémoire À notre grande joie, nous vîmes s'agiter dans notre filet, en le retirant, deux beaux Bélostoqies du premier coup, et trois autres du deuxième. On sait que le Bélostome, Belostoma Haldemanni, Linné, est une punaise aquatique, de très forte taille, ne mesurant pas moins souvent de deux pouces de longueur. Nous prenons avec nos doigts les insectes dans notre filet pour les faire passer dans notre bouteille à collection, à pou près sans autre précaution que celle de ne pas offrir nos doigts aux fortes griffes de ces amphibies, que nous savions être assez puissantes. En ' ayant saisi un maladroitement sur le plat, au lieu de le tenir par les côtés, nous voyons ses griffes aiguës se presser fortement sur la chair de nos doigts. Ces griffes ne peuvent toujours pas pénétrer la peau, pensions-nous, lorsque tout à coup nous sentons une douleur si vive, à la deuxième phalange du pouce, que sans plus hésiter nous lançons l'animal sur le sol. L'insecte nous avait enfoncé son rostre robuste dans la chair, sans éprouver la moindre difficulté à traverser la peau On sait aussi que les Bélostomes ont le rostre fort aigu, quoique court, et les forts muscles qui le couvrent à la base sont un indice de plus de sa puissance.