LES INSECTES—ORTHOPTÈRES
Additions et corrections.
L'identification certaine des espèces en Entomologie est toujours une tâche fort difficile, car elle exige un esprit méthodique, brisé depuis longtemps à cette pratique, et parfaitement au fait des données de la science, au sujet des divers systèmes de classification et de nomenclature.
Mais si la tâche présente partout des difficultés, elle . est particulièrement embarrassante quand il s'agit de nos insectes Américains, par ce qu'avec eux, les auteurs nous font souvent défaut. Les monographies complètes des ordres et des familles n'existent pas encore pour nous, il faut aller chercher le texte des descriptions dans une foule de publications diverses où il se trouve éparpillé, lorsque, toutefois on peut être sûr qu'il existe; car 11 est arrivé maintes fois — comme la chose a eu lieu pour nous— que des auteurs ont cru faire des découvertes nouvelles, lorsqu'ils décrivaient certaines espèces que d'autres avaient déjà nommées avant eux. De là synonymie multiple et erreurs à corriger.
Heureux encore si l'on n'avait à se garer que contre des erreurs de cette nature, mais il faut aussi compter aveo tine foule de systématistes rémouleurs et refondeurs, qui chacun à sa manière, ont voulu faire prévaloir leur théorie aux celles de leurs devanciers, et ont divisé, subdivisé
famille», genres et espèces, réuni ce qu'on autre avait partagé, séparé ce qu'on avait jusque là gardé uni, et ce, toujours au moyen de noms plus ou moins baroques, plus ou moins justement appropriés, si bien qu'aujourd'hui c'est un dédale de noms, de divisions et subdivisions plus ou moins subtiles, une synonymie tellement compliquée, que les connaisseurs les mieux entendus s'y perdent encore souvent.
Pour une identification certaine des espèces entomologiques, le texte le plus méthodique existât-il toujours, ne suffirait pas encore ; il faut de plus une collection ample et sûrement déterminée pour la confrontation des individus. Or l'un et l'autre nous faisaient en partie défaut pour nous guider dans nos recherches. Nous disons en partie, car bien que notre collection soit considérable, et les auteurs de notre bibliothèque assez nombreux, nous nous trouvons malheureusement trop souvent encore en face de lacunes et dans Tune et dans l'autre. Force nous est alors de recourir à l'étranger pour l'éclaircissement de nos doutée.
Il est heureux que les adeptes de la science se considèrent comme une même famille, où les ressources sont pour ainsi dire en commun, les plus forts se faisant tin devoir d'aider les plus faibles. Admirable famille à la Vérité, qui par le noble but qu'elle poursuit, se range sans conteste à la tête de la société humaine, et dont Je feu sacré du savoir constitue à lui seul la parenté, la fraternité. Vtous sentez-vous épris de cet élan divin, la gloire des victoires sut l'inconnu excite-t-elle votre ardeur? Entrez dans le sanctuaire, vous n'êtes plus un étranger. Les rois qui «iégent là seront vos chefs de file, et les princes des diverses milices vos protecteurs et directeurs immédiats. La guerre ici ne. porte aucun soldat à occire *on semblable, et la conquête étant le but d'un chacun, les -généraux feront part de suite aux nouvelles recrues, de tons les secrets qui les ont conduits jusque là à la, victoire, cherchant dans les ressources du génie du plus humble mêfloqe, les moyens de vaincre des obstacles, de surmonter •dwtiJfiicutés qui jusqu'alors ont paralysé leurs efforts, <nat
0RTH0PTÈR1S. 2W
arrêté leurs progrès. L'ambition ici ne connaît pas de rivalité, car les fruits de la victoire doivent être au béné fice non seulement de toute l'armée, mais de la communauté toute entière.
Nous avons été heureux— et nous sentons que nous »omfl acquittons ici d'un devoir en leur en témoignant notre reconnaissance — de trouver dans M. S. H. Scudder et le Dr. H. Hagen, tous deux de Cambridge, Mass., et dans le Dr. G. Horn de Philadelphie, des guides aussi sûrs que complaisants pour nous aider dans nos études d'insectes, le premier pour les Orthoptères, le deuxième pour les Névroptères, et le troisième pour les Coléoptères. .
Malheureusement le concours de ces autorités entomologiques ne nous a été assuré que lorsque déjà l'impression du résultat de nos recherches était assez avancée ; mais bien que les corrections venant ainsi après coup puissent nuire un peu à la clarté du texte, elles n'en seront pas moins précieuses aux yeux des amis de la science, qui, avec un peu plus d'attention, pourront toujours en faire leur profit.
Disons aussi que nos chasses de la présente «aison nous ont permis d'ajouter plusieurs espèces nouvelles à nos listes des insectes de notre Province. Nous les mentionnerons en leur lieu.
Pam. IV. GRH.LONIENS. Gryllides, Vol. VIII, p. 58.
Gten. ŒoànTHE. Œcanihus, Serv.
Tête avancée, presque ovale; yeux gros, arrondis, saillants. Point d'ocelles apparents. Mandibules assez faibles, palpes grêles, cylindriques, longs, les maxillaires à article terminal tronqué à l'extrémité au côté interne» Prothorax allongé, presque conique, plus étroit en avant Elytres dépassant l'abdomen, élargies postérieurement Tarière presque droite, presque aussi longue que l'abdomen* Corpa étroit, allongé, de consistanc^assez molle. Pattesloagues et grêles, les postérieures très longues, leurs cuisses à peine renflées. Tarses antérieurs de 3 articles, les postérieurs de 4. Antennes longues, sétacées, multiartictdéeis,
292 Ll NATURALISTE OANAftlEtf*
asses rapprochées à la base, leur premier article gftrt, allongé, cylindrique.
Insectes de taille moyenne, à couleurs pâles, qu'on trouve d'ordinaire sur les fleurs. La femelle dépose ses œufs dans les tiges tendres des Bonces, Framboisiers etc., qu'elle perce de sa tarière. Gomme tous ceux de cette famille, les mâles stridulent vers le soir et durant la nuit.
Oe genre se distingue surtout de ses voisins par ses ouïsses postérieures grêles, à peine renflées.
GBeanthe blanc. (Ecanthus niveus, Do Géer. — $ Longueur du vertex à l'extrémité de la tarière .60 poe ; long, de la tarière .32 poe. D'un jaune pâle uniforme, les yeux, une petite tache sur le vertex, , l'extrémité des antennes, avec les tarses et la tarière, brun. Elytres légèrement transparentes, dépassant un peu l'abdomen. Ailes tramparentes, un peu plus longues que les élytres. Abdomen brunâtre à l'extrémité, ses appendices terminaux jaune-pâle, aussi longs que la tarière. Cuisses postérieures à peine épaissies à la base, leurs jambes brunes à l'extrémité.
cf Blanc sans aucune tache. Elytres plus larges à l'extrémité, les organes de stridulation couvrant toute la face dorsale.
La première capture de cet insecte en cette Province firt faite à West-Farnham- en Juin dernier; nous n'avions jusque là que de simples soupçons de sa présence sur notre territoire. Le 14 Août dernier, étant à faire une chasse entomologique à St. Hyacinthe avec M. l'abbé Burque, ce M, fut assez heureux pour en prendre deux autres individus ; c'était deux femelles. Elles furent capturées en fauchant à l'aveugle dans des Verges-d'or et autres plantes. On pourra peut-être rencontrer cet insecte plus au Nord.
Gen. Nemobius, Serv. Vol. VIII, p. 60.
Page 61, au lieu, de :
8. Hémobie exiguë. Nemobius exiguus, Say, lisez ; Hémobie du Nord. Nemobius (Anaxipha) septentrionales, Scudder. (*)
(*> Lea Orthoptéroloristes nous ont tout récemment gratifiés d'une foule de non* de genres nouveaux, attribués à dee espèces récemment découvertes ou à dee divisions <"
Urée parai
i d'ancien genree. C'est ainsi qu'avec eux oette Némobie porte actuellement le» d'Anmxipka teptentrionalis. N'étant pat suffisamment renseigné sur les oaraoi propres de ces nouveaux genres, nous nous oontonterons de les énoncer eotro
Pàm. V. LOCUSTAIRES. Locustariœ. Vol. V11I, p. 72. Gen. Phylloptera, Serv. Vol. VIII, p. 75.
Page 76, au lien de:
Fhylloptère feullle-oblongue. Phylloptera oblongifolia, Bonn, lisez:
Phanéroptère queue-courbe. Phaneroptera (Scudderia) curvicauda, DeGéer.
G-en. Xiphidion. Xiphidium, Serv.
Ce genre ne diffère des Orchélimes que par le présternum qui est nautique au lieu d'être bidenté, et par la plaque sous anale de l'abdomen qui est gr*ide et fourchue dans les <?. Les élytres sont aussi plus courtes que chez les Orchélines.
Deux espèces rencontrées.
1. Xiphidion brévipenne. Xiphidium brevipennis, Scudd.— Long. .45 pouce. Vert, piqueté finement de brun sur la face et le prothorax. Antennes jaunes, brunâtres à l'extrémité, très longues. Prothorax aveo une bande dorsale brune, bordée de chaque côté de jauneolair, se continuant sur la tête en se rétrécissant jusque sur la pointe du vertex entre les antennes, et se prolongeant à peine en arrière sur le troisième lobe du prothorax. Elytres jaune-pâle, n'atteignant pas l'extrémité de l'abdomen; les ailes un peu plus courtes. Dos de l'abdomen brun de même que les appendices. Tarière de la 9 brunrougeâtre, dilatée au milieu et légèrement courbée, presque aussi longue que les cuisses postérieures! Pattes vertes, les cuisses postérieures aveo une ligne brune au milieu en dehors, leurs genoux aussi bruns.
Très commun dans les près humides, ayant toute l'apparence extérieure des Orchélimes, mais de taille plus petite, et avec les élytres beaucoup plus courtes.