‹ Le Naturaliste canadien (volume 5)Chapitre 100 sur 122 · INTERNATIONAL DICTIONARY JE · texte numérisé non relu

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VOL. XXVI (VOL. VI DE LA DEUXIÈME SÉRIE) Nq 5

Gl^icoiitiini, Mai 1899 Directcur-Proprictàire: I'abbe V.-A. Huard

SOUYENIRS ENT0H0L06IQUËS<^>

Allons faire une petite chasse au delà de la Grande- Rivière, comme on appelle souvent l'Ottawa, à la campagne qui entoure la ville de Hull. Après quelques minutes en tramway électrique, nous arrivons à Hull, et nous débarquons tout près de grands moulins qui appartiennent à la Cie E.-B. Eddy, et qui fabriquent du papier pour plusieurs journaux canadiens, aussi bien qu'une grande quantité d'autres papiers, des allumettes, etc. Les ouvrages énormes de cette compagnie emploient beaucoup de monde, et ils sont très importants pour la prospérité de la ville.

Notre chemin est celui qui s'étend entre la ville que nous quittons et le village d'Aylmer, situé sur la rive du lac Deschénes. Mais nous ne marchons que quelques cents

(x) Nous saluons en l'auteur de cet article, M. W. Hague Harrington, M. S. R. C, d'Ottawa, et l'un des entomologistes les plus connus d'Amérique, un nouveau collaborateur du Naturaliste canadien. Nos lecteurs canadiensfrançais seront même charmes d'apprendre que l'article dont il s'agit est le premier écrit et publié en français par M. Harrington, qui ne connaît notre langue que depuis peu de temps. Nous n'avons eu à y faire que de légères corrections. Réd.

5— Mai 1899.

mètres, jusqu'à la barrière de péage, où nous voyons à la droite un pré bordé d'arbres, et à la gauche, sur la cime d'une petite eminence, un cimetière. Aujourd'hui, il fait trop beau pour que nous puissions désirer être renfermés dans les tombcaux,tandis que cela pourrait nous arriver dans les jours tristes et sombres de novembre, quand les arbres défeuillés se montrent en squelettes tordus sur les nuages gris et mornes. A présent les champs et les bois nous attirent bien plus de leur côté.

On dit que le pré étroit dans lequel nous entrons doit son origine aux travaux d'animaux qui sont disparus il y a longtemps. Cela peut être ; il est certain qu'il a l'air d'un vrai pré de castor, tel qu'on l'appelle toujours. A sa droite, un joli petit ruisseau fait ses lents détour^» ; et en remontant son cours tortueux, nous trouverons un petit étang arrondi, portant le nom de lac des Fées, où à leur saison les lis purs et odorants font un grand anneau blanc sur les eaux placides. Le ruisseau est bordé de petits saules et de sombres aunes, pendant que des ormes pittoresques étendent leurs longs rameaux au-dessus de nos têtes. Au delà, le ruisseau longe un bois assez serré de cèdres, de pins rouges et blancs, de sapins et d'autres arbres et arbustes variés, où, le printemps, on trouve un grand nombre de fleurs charmantes, et plus tard les cypripèdes j.umes et les lis rouges.

C'ert presque la même chose sur l'-iutre côté du pré, mais la terre s'élève subitement à une hauteur de cinquante jusqu'à, peut-être, cent pieds. La pente de la petite colline est couverte d'arbres divers, et sur le sommet se trouvent des champs cultivés. Entre la colline et ce pré une végétation variée et vigoureuse pousse sur un sol un peu marécageux. Voici donc une terre de promesse, pleine de toutes les qualités propres à réjouir le botaniste et l'entomologiste.

Et dans ces lieux j'ai souvent erré, les années passées,

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