X'HISTOIRE NATURELLE A L'EXPOSITION DE QUÉBEC I
•d'histoire naturelle n'ont qu'à visiter ces musées pour être satisfaits. Mais, il n'en est pas moins vrai que, si la présence tie collections d'histoire naturelle était facilement réalisable "dans les Expositions^ Ton atteindrait de la sorte la grande foule elle-même, et "nos chères études" auraient chance xle gagner des adeptes parmi des gens dont un bon nombre -n'ont même pas l'idée de l'histoire naturelle.
. Pour ce qui est des collections spéciales, nous croyons avec M. l'abbé Roy à la grande utilité qu'elles auraient, en Taisant connaître au gros public les insectes utiles ou nuisibles, par exemple. Les collections de ce genre étant restreintes, il serait beaucoup plus facile de les envoyer à l'Exposition.
Nous voyons, par le prospectus de la prochaine Exposition universelle de Paris, que l'histoire naturelle n'y sera représentée que de cette façon ; et cela, dans la classe 42 du septième Groupe (agriculture), laquelle est intitulée : Insectes utiles et leurs produits. Insectes nuisibles et végétaux parasitaires. Nous avons là, pour ne parler que des insectes, de l'entomologie dite économique, une science dont on s'occupe, aux Etats-Unis, plus qu'en aucun pays du monde, mais encore à peu près inconnue dans la province de Québec.
Bien qu'il y ait peu d'espoir que, d'ici à longtemps, l'histoire naturelle fasse souvent grande figure (comme en 1887) dans nos Expositions, le Naturaliste canadien n'en a pas moins le dessein de continuer à s'intéresser à ces solennités de l'Art, de l'Industrie et de l'Agriculture, où il a toujours chance de glaner, à l'intention de ses lecteurs, quelques renseignements concernant, au moins de loin, telle ou telle branche de l'histoire naturelle.
Le 8 octobre nous avons eu le plaisir de rencontrer, pour la première fois, notre collaborateur M. l'abbé Em.-B. Gauvreau, qui venait justement d'arriver d'un voyage d'Europe. Comme nos lecteurs le constateront bientôt, en lisant ici même quelques-unes de ses impressions de voyage, M. Gauvreau n'a pas oublie le Naturaliste canadien ^ durant son séjour de l'autre côté de Tocéan.
I so LE NATURALISTE CANADIEN
L'ABBÉ PROVANCHE»
( Continué de la page 142)
Citons enfin cet alinéa où l'auteur localise, pour, ainsi dire, Tutilité de son livre : "Mes' expériences ont eu lieu sur différents endroits des districts de Québec et des Trois- Rivières, il va sans dire que les règles que je donne ici trouveront une application encore plus facile à Montréal ou dans le Haut-Canada ; cependant comme mon travail a eu pour but particulier le Bas-Canada seulement, j'ai cru devoir me dispenser de mentionner certaines cultures qui pourraient réussir jusqu'à un certain point dans le Haut, mais qui échoueraient infailliblement dans le Bas, comme celles des Abricotiers, des Pêchers, etc." Le Verger^ en conclusion, est fait plus spécialement pour la province de Québec ; et ce qu'il y a de "Canadien" et de "Canada" dans son titre, pour avoir été justifiable à l'époque où le Canada ne comprenait qu'Ontario et Québec, ne le serait plus beaucoup aujourd'hui. Aussi, comme nous le verrons à propos d'éditions subséquentes, l'auteur ne manquera pas de faire subir à ce titre les modifications exigées plus tard par les changements politiques qui survinrent.
Le Verger canadien s'occupe non seulement des arbres de verger proprement dits, comme le proclame l'abbé Provancher dès le début de son ouvrage, "mais encore de tous les fruits qui peuvent convenablement trouver place dans l'emplacement d'un verger." Voici, dans l'ordre suivi par l'auteur, la liste des arbres et autres végétaux fruitiers dont il est question dans le manuel : Pommier^ Poirier^ Prunier, Cerisier, Groseillier, Gadelier, Frambroisier^ Ronce^ hraisier. Et encore, le poirier n'est mis là que sous bénéfice d'inventaire, au moins pour ce quî est de la province du Bas-Canada : car Ton n'ose affirmer que cet arbre puisse réussir dans la région de Québec, ni même dans celle de Montréal.
l'abbé provancher I s r
Chacune des plantes fruitières qui viennent d'être énumérées est l'objet d'un chapitre spécial dans le Verger ; et chacun de ces chapitres reproduit dans un ordre identique les renseignements nécessaires. Aussi un simple coup d'oeil jeté sur le premier chapitre suffira pour donner une idée complète de la méthode suivie.
Ce premier chapitre, consacré au pommier, est le plus développé de tout l'ouvrage, soit à cause de l'importance plus grande qu'a chez nous la culture c'e cet arbre fruitier, soit parce que plusieurs des sujets qui y sont traités s'appliquent également au poirier, au prunier, etc., et n'ont plus qu'à être rappelés, aux endroits qu'il faut, par des renvois particuliers.
La monographie du pommier commence par son histoire botanique. On dit d'où nous vient cet arbre fruitier, qui n'est pas indigène à l'Amérique ; on le range à sa place dans la classification scientifique ; on en fait la description technique ; on expose les qualités de sol et de climat qu'il exige. Et, là-dessus, il est consolant pour le lecteur d'entendre l'auteur énoncer le principe général que ^'partout où mûrit le blé, la pomme peut aussi y mûrir."
La multiplication du pommier amène un véritable traité de la greffe. On parle aussi, au long, de la taille des arbres. Des gravures appropriées facilitent l'intelligence de la théorie, laquelle d'ailleurs est exposée de façon fort claire, suivant la manière habituelle de l'abbé Provancher.
Les maladies et les ennemis du pommier donnent encore lieu à des développements très pratiques. Ces maladies sont peu nombreuses, heureusement. Il n'en est pas de même des ennemis du précieux arbre fruitier qui sont légion et font souvent le désespoir de l'horticulteur. Ces ennemis — pour ne rien dire des gamins dont les déprédations ne sont jamais importantes, et que les propriétaires de vergers pourchassent, de l'air le plus courroucé du monde, plutôt pour
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"sauver le principe" que les pommes — ces ennemis, dis-je, se recrutent presque exclusivement dans le règne entomologique ; et comme les insectes suppléent généralement à leur faiblesse individuelle par leur nombre illimité, Thorticulteur ne parvient pas toujours à défendre ses arbres contre leurs ravages, même s'il applique de son mieux les bons conseik qu'il peut lire, sur le sujet, dans le Verger canadien.
La liste des variétés de pommiers dont la culture convient davantage à notre climat, termine ce long chapitre^ quia lui seul forme le tiers du volume. Beaucoup des notions et des renseignements qui y sont donnés s'appliquent également aux autres arbres fruitiers, et l'auteur n'aura plus, à y revenir dans les chapitres suivants. V.-A. H.
{A suivre^
Quelques aperçus sur la géologie du Saguena;
LE SYSTÈME LAURENTIEN DU SAGUENAY (^Continue de tapage ij^)
De fait, le soleil, brillant de tout son éclat aux premiers jouis de mars, répandait sur des milliers de mamelons, cristallisés ses flots de lumière qui décuplaient la clarté du jour, si bien que nous en étions aveuglé. Avec des verres, colorés nous pûmes heureusement affronter cette fulguration d'un nouveau genre, en amortissant les millions de feux que renvoyaient tous ces cônes de glace comme des coupoles de diamants scintillant sans répit sous l'astre radieux.
C'étaient bien là les Laurentides,comme une mer pétrifiée avec ses houles régulières, ses vagues aigrettées, se déroulant dans le lointain jusqu'aux monts Sainte-Marguerite qui, comme autant d'îles émergeant à l'horizon, se confondaient avec le ciel bleu.
Voilà, en abrégé, la plus simple et la plus exacte description que nous puissions faire de cet assemblage de montagnes qui ornent la partie nord de la province de Qué^
bec, et oîi s'étale avec ampleur la belle vallée du lac Saint- Jean, comme une perle p écicuse sur un vaste écrin velouté.
On peut dire ici qu'il ne se rencontre pas souvent sur la surface du globe un champ plus uniforme, plus parfait et aussi étendu de la formation primitive, qui illustre à la perfection, dans ce coin de terre-ci, la physionomie frappante, vraie, de notre planète sortant des eaux.
Un cercle de cent milles de rayon, plus ou moins, de cette oréographie laurentienne contourne la grande dépression saguenayenne ; et les plus hauts sommets de ses chaînons granitiques, atteignant une hauteur de deux mille cinq cents à trois mille pieds au-dessus des eaux du Saint- Laurent, lui forment un rempart circulaire qui la défend, grâce à Dieu, contre les écarts atmosphériques subits, les ouragans, les cyclones, que les pays plats et les vallées ouvertes subissent parfois avec tant de rigueur. Rien d'étonnant que Ton soit surpris d'apprendre tous les jours, de là et d'ailleurs, l'action des affreux désastres qui fondent sur les contrées qui nous environnent, par la faute de ces vents sans frein ni loi que la saison chaude retrempe ou amortit à sa fantaisie, tandis que la vallée du lac Saint-Jean, relativement, n'a jamais subi que d'imposants petits grains de nord ouest plus ou moins attrayants ou ébouriffants, que l'aicien dêtrqft dt Nekoubau se permet quelquefois de laisser passer en enfilade de la baie d'Hudson jusqu'à Tadoussac, ventilant en passant notre vallée et purifiant l'air des vapeurs chargée? de fumée que les vents de sud-ouest nous prodiguent, plus ou moins, durant ja belle saison, mais sans jamais, que nous sachions, avoir fait
de victimes.
Si nous étudions bien les limites de la disjonction de x^ vaste champ ovalaire taillé dans les Laurent ides, qui en s*im« mergeant k\di période paléozoïque forma cette déprççgian si
extraordinaire dont nous venons de parler, et qui constitue aujourd'hui le bassin alluvial du lac Saint-Jean, nous sommes frappés de la vérité de ce travail géologique par rexhibitîon intéressante d'une nouvelle formation, émergeant à son tour des issues anfractueuses et circonvoisines du disloquement de cette partie de la croûte abîmée d'avec celle restée solide et ferme, et qui, sans les rajuster, cimenta les deux ensemble en un tout compact, mais sans en effacer cependant la ligne démarcative, qui, comme une soudure faite à dessein autour du fond du bassin, atteste la vérité vraie de sa vaste étampure. On voit dans les cantons Kinogamî, Jonquière, Métabetchouan, Ashuapmouchouan, Dufferin, etc., des indices que cette formation, extraite forcément comme de la cire chnude sous la pression d'un cachet, existe, puisqu'elle tranche nettement sur le système laurentien tout en y adhérant avec consistance; les mines de fér de Kinogami, la roche magnésienne de Métabetchouan, le fer magnétique d'Ashuapmouchouan, etc., etc., sont là comme des jalons indiquant de loin en loin cette soudure dont nous parlons, et qui rend un témoignage frappant de ce remarquable accident à la croûte laurentîenne, à la surface de laquelle ont surgi comme par enchantement deux des comtés les plus importants et les plus étendus de la province de Québec.