LE SYSTÈME LAURENTIEN DU SAGUENAY
La formation cristalline du système laurentien rcpré-
iéhie la matière prc^l^^i^itf contribua à solidifier la croû-. Xp dç la terr<5» Maji| ^c'pst ^^mrtpuç jc| (dans le Royaume 4it $agueft(fyf .et dans . uqe bpniHs 'partie d#Çana4a qu'elle -^^^ déploie ayeq pluf d'anf^p}^'^ c;t de caractère, exhibant scrul^lileusieaioqt en ipê^ie t;epips le relief vrai de son orogra-. phi^^pfi^ittve.Elle |dd^jnc au nord du Saint- Laurent depuis \p^ Labra^âçr jusqulâja iimitç. ouest de Keewatin ; elle dispai^^tt ensuite sous d'autre^ formations plus récentes en courart i Touesty mais, se continue vers le. nord-ouest depuis le lac* (Jes ^Qis jqsqu'^ l'océan . Glacial^ à mi-chemin de la bai^. d'Hudson et du grand fleuve Mackenzie.
Cette formation, surtout dans le Saguenay, se compose, généralement de roches feldspath, sous form>j de gneiss rouge fet gris.marié de granit syénite.tràp et porphyre assumant une position, mitoyenne avec le mica-schiste, le quartz, le calcaire et le fer magnétique^ <
.. Avant la superposition de nouvelles couches géologk ques, ^la croûte lauientienne s'étendait jusqu'à la mer occidentale ou océan Pacifique ; mais les eaux ayant envahi^ le. vaste espace qui devait plus tard, former les grandes plaines américaincti et les montagne:^ Rocheuses, elles y séjournèrent. assez longtemps pour y accumuler des argiles et des calcaires à une telle profondeur^ que tout le système laurentien de cette partie de l'Amérique du Nord s'effaça sans retour, en-. fouissant en même temps sous ces nouvelles formations toutes les agç^îomérations des plantes que les diluviums primi^. tifs supporiaicnt et nourrifïsaient avec tarit d'énergie et d'ex-^ ces durant la première période véj^étative.
Les Laurentides ne sont pas,à proprement dire,une chaîne de montagnes ; elles constituent tout au plus des chaînons; irréguliers et forment ici et là un assemblage de mamelons qui se ressemblent tous,ayant l'apparence— vues à vol d'oiseau— 1=, d'un va>te macadam de cailloux roulés comme ces places de 2;/Zfed'autrefoîs,ou mieux encore,comme les vagues pétrifiées de la mer après la tempête. Ce que nous avons cçntempl^.
EXCURSION EN EGYPTE 1 3 y
'un jour, du haut de la montagne. Blanche, à la source de la rivière Portneof, comté de Sagijénay, en était bien Tiraage frappante.
C'était durant Vhiverj 1872-73 ; la neige, .qui mesurait bien dix pieds de (profondeur, était couverte d'un brillant verglas qui menaçait fdrtlifttre* vue et encore 'plus nos raquettes. En attendant une nouvelle bordée pour adoicir les chemins, now^ fîmes Tasce-ision d'une des plus hautes montagnes de la région, de fprmë conique et de plus de q^umze cents pieds d'altitude, en pratiquant des échelons dans !a neige croûtée 4e la terrasse inférieure au sommet. Blanche elle était, cette montagne, tout comme le pay^ environnant pour quarante à cinquante milles au sud ouest (les feux ayant détruit la forêt dans cette direction). Les monts Ste- Marguerite, que l'on voit à cinquante milles au nord-est de Chambord, se voyaient pareillement à la même distance au sud-ouest de la montagne Blanche, et formaient une ligne bleue, un rivage lointain se dessinant à l'horizon, et limitant dans cette direction l'éblouissant panorama que nous ne pouvions contempler.
P.-H. DUMAIS
{A suivre,)
Excursion en Enrpte
(Continué de la page 126)
N'ayant que peu de jours devant nous pour visiter le Caire et ses environ^, nous nous rendîmes apri- dlnrr à lat^ vaste nécropole qui s'étend l\ l'est du Caire, dés'gnéc i «»pr pr^ni^nt sous le nom de tombeau < des Khalifes, et où >'êî>vent les mosquées sépulcrales des anciens sultans manKlouk-*. Ces monuments ne recevant plus, depuis le commencement de ce siècle, les sommes affectées jadis à kur tîntrcticn, «ont complètement abandonnes ; les murs sont
136 LE NATURALISTE tÀ^'^lÎMEN/ • .-,; ; .y.
lézardés, les minarets, dont le soTnctrêt estt^^mqu^ ):oa[il)ept en ruine, et, dans certains endrofts, lés co«pole«..ef)[<9/jd|é^s ont fourni aux Arabes d'abondants matériaux pour se construire des logements oij des familles vivent à lk>itt.brç ides édifices croulants, derniers cbefs-d*œuWe dé la plus purç\ architecture sarrazine. Une seule mosquée, celletde.Qvif.l.-. Bey, la perle de tous les monuments du Caire paiî.^es afj* mirables détails, vient d'être restaurée ' > . ';
L'ensemble de tous ces édifices tristes et délaissés^ .ai,^ milieu d'une vallée déserte, ces minarets qui se dressent comme des sentinelles géantes et semblent braver Jafau?^ du temps qui lès a mutilés, pour veiller jus(|u*à I^.derniè.r.ç, heure sur la cité des morts qu'ils ont mission de garder, au loin l'horizon immense brusquement fermé au sucî:est par^. les flancs déchargés du Gebel- Mogattam, tout cela, vu. ,en sortant du Caire par le Bab-el-nasr, produit un effet saisissant impossible à décrire, surtout par le magnifique clair de lune qui éclaire notre retour.
Le lendemain, 18 mars, en parcourant une portion de^ la ville que nous n'avions pas visitée la veille, nous passons devant le collège des RR. PP. Jésuites et nous entions leur faire une visite ; ils furent bien aimables pour nous et nous firent parcourir leur établissement dans tous ses détails.
Il est situé près du Mouski et a été fondé en 1879, dans le but de former pour la nation copte un clergé destiné à maintenir dans la foi les Coptes catholiques.à convertir les Copte: schismatiques et 4 lutter contre les progrès du protcstaatisme dans la Haute-Egypte.' Ce séminaire a été confié pai le souverain pontife Léon XIII à la Compagnie de Jésus. Comme les ressources manquaient pouç pourrir et entretenir les enfants coptes qu'on y. a recueillis, et qui
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avaient été recrutés parmi les pauvres jfaipilles catholiques, de la Haute Egypte, les Pères de la Compagnie de Jésus ont groupé ai tour de ces enfants catholiques d'autres enfants de tous rites et de toutes 'religions. Ce» derniers^ pay*
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^nt renseignement qu'on leur donne, fournissent les moyens ^élever les séminaristes coptes, c'est ainsi qu'a' été établi le collège* delà Sainte^Famille, . qui. compte actuellement ;(i887) cent cinquante élèves externes ou demi-pensionnar-* res. Aucun . culte, aucun rite ;*?n»' est exclu; les enfants musulmans, Israélites, sthismatiques ou hérétiques' sont admis aux mêmes conditions que les catholiques. Il n'y a d!*élèves gratuits que les vingt-deux élèves coptes du séminaire Notre visite faite, les bons Pères* nous donnèrent pour flous guider un de leurs grands élèves, un jeune Russe, parafant très bien le français; qui nous conduisit aux bazars et dans quelques-unes des parties les plus intéressantes de la ville.
Le i8 mars étant un vendredi,jour où les derviches Tour- «leurs ont leurs zikis publics (réunions), nous profitons de ce <jue nous traversons le quartier de Helmîeh, où ces derviches ont leur couvent, pour assister à- leurs exercices. La cérémonie a lieu dans une salle carrée, au centré de laquelle «st un parquet circulaire,; nous prenons place, avec un certain nombre de curieux, le long de la bajustrade circïulaire <|ui sépare le sanctuaire du reste de la salle où les profanes ^ont admis. '
Les derviches entrent kntement les uns après les autres, et prennent place dans l'enceinte le visage tourné vers la giblah, devant laquelle se tient le cheik assis sur un tapis. Ils sont coiffés d'un bonnet en feutre gris ayant la forme d'un «cône tronqué ; ils portent une veste étroite et très courte -sous laquelle est une longue robe blanche serrée à la taille ^et terminée par . un bourrelet de sable ; leurs épaules sont <x>uvertes d*un manteau léger de couleur foncée. Le cheik •commence, presque à voix basse, unç invocation à laquelle cm iman répond par une prière. Puis on entend un solo de* ilûte d'une grande- douceur. Ensuite on annonce à grand Jbruit que la danse va commencer.
Les dervichea-, restés jusqu'à, ce moment accroupis, se
1 38 LE KATURAUSTE CANADIEN
lèvent et défilent lentement autour de Venceinte, les braa croisés ; chaque fois qu'il passe devant la giblah, le premier fait un salut à celui qui le suit La musique continue, mais sur un rythme plus accentué, et la voix se mêle aux instruments. À un moment donné, léS de rviches jettent leur manteau, se saluent et. se mettent à tourner doucement^ silencieusement, sur eux-mêmes, les uns les I ras croisés, les autres les bras tendus, la paume de la main droite dirigée vers le ciel, l'autre vers la terre ; ils ont les yeux fermés, la tète penchée sur l'épaule. Le mouvement de la musqué est de plus en plus pressé, la valse devient plus rapide ; le poids des bourrelets de sable leur fait décrire des ellipses qui se croisent sans jamais se toucher.
La valse dure ainsi une heure, à peine interrompue trois ou quatre fois. A la fin, les derviches re| rennent leurs manteaux et s'accroupissent ea* formant un demi cercle. L'iman pron:nce une prière, un de ses acolytes continue par une sorte de litanie terminée par : Gloire à Dieu ! A ces mots, les derviches se prosternent la f ice contre terre ; en se rele* vant,*ils poussent un Hou prolongé et .^^e retirent (JH^u \eut dire //^i Dieu.)
E. Gasnault.
{A suwre,)
L'ABBE PBOVANCHfiB
(Continué de la page 85) Le Traité élémentaire de Botanique et la Flore canadienne ne sont pas les serls ouvrage s intére>sat)t la botanique qu'ait publiés l'abbé Provancher. Ceux-là tiennent plutôt de la science technique. Mais notre auteur se livrait avec trrp d^ardeiîr à la botanique appliquée, je veux dire particulièrement à la pratique de l'horticulture, pour ne pas désirer faire part à ses compatriotes de l'expérience qu*il avait acquise en ce genre d'occupations, et contribuer ainsi à vulgariser^
L'AIBÊ PROVANCHER I3g^
pour ainsi dire, les notions d'un art non moins agréable que piràfitable. Le l/efger catiadiiny tel fut Touvrage qui réalisa, des aspirations aussi légitimes. Et ce qui prouva que l'idée était excellente, ce fut le sucées- considérable de cette publication: Peu de livres canadiens reçurent, autant que le Mrr^^, la faveur de riotre public ;. et, à coup sûr, de tous, les ouvrages de Provancher, celui-ci obtint et retient encore aujourd'hui une vogué réelle. Voilà ce que c'est que de publier des livres dont on a besoin et dont il est exact de dire qu'ils '^comblent unelacune". Mais, aussi, qu'heureux tst l'ttiiteur qui pettt le premièt- prendre possession d'un dofliainé fécond et encore inexploî'é !
En suivant Tordre chronologique, il aurait fallu parler du Verger canadien avant que de traiter de la Kore canadienne^ puisqu'il fut publié six mois avant celle-ci et alors. que l'auteur était encore curé de Saint Joachim. Une lettre, adressée à l'auteur par Sir J.-M LcMoine, Térudit châtelain de Spencer Grange, lettre que je^ vais reproduire ici presque en entier à cause des choses intéressantes qui s'y trouvent, va nous faire con-, naître de façon assez précise la date de la publication du Vefget canculien.
Québec, 28 août 1862.
Monsieur,
Je viens d'acquérir la seconde copie qui a été distribuée de votre intéressant vol me Le Verger canadien^ l'honneur de po-5séder la première copie et nt dévolue à un Prus-iic^^ m'a dit M. Darveau.
Je pense que votre livre va bientôt se vendre en grand nombre : car il y avait peu d'œiivres littéraires plus désirables pour les besoins de nos campagnes que le volume que vous venez de publier. Résidant moi-même à la campagne,, j'y possède un assez grand jardin, que l'ex-propriétaîre, M^ Atkinson, avait planté comme verger avec les pommiers les plus en renom ; le charançon les a maintenant presque entièrement détruits. Les cerises ne viendraient pas à maturité
chez moi ; mais je pense que le sol serait fort propice pour la culture des prunes. Ce que vous dites des fraises m*a fort intéressé ; car j*ai une couple d'arpents de fraises {Albany^s seedling^ Hovefs et Wilson^ s seedHng\ Elles sont fort productives, ce qui me porte à croire que votre terrain leur convient moins que le mien : car vous signalez ces espèces comme peu productives. ^
Je croîs que je peux d'avance prédire un succès complet pour le Verger canadien.
J'eusse désiré que vous eussiez traité de la culture de la vigne sauvage : car, en sus des grandes serres que je possède, je me propose de tenter Tannée prochaine ce genre de culture, sur lequel j'ai déjà attiré l'attention des amateurs par quelques lignes dans la presse. . .{A la hâte,)
J.-M. LeMoîne. ^
L'ouvrage fut donc livré au public vers ' la fin d'août 1862, un mois avant le départ de l'abbé Provancher pour la cure de Portncuf. On peut même lire, sur la couverture de la petite brochure, que la Flo^e canadienne est "sous presse et paraîtra prochainement."
Le Verger canadien "ou Cultute raisônnée desfruitsqui peuvent réussir dans les vergers et les' jardins du Canada, ouvrage orné de nombreuses gravuics sur bois, par l'abbé L, Provancher, cuic de St-Joachim, Montmorency (Québec, Joseph Darveau, imprimeur-éditeur, 8, rue Lamontagne^ Basse- Ville. 1862)" est un modeste in-douze de 154 pages. Il débute par une préface de bonne étendue dans laquelle, suivant la touchante coutume des auteurs, Tabbé Provancher s'attache à démontrer l'utilité de son livre pour la population bas canadienne. Donnons-en la première phrase qui, dans sa respectable longueur, est très suggestive, comme on dit à présent, en d'autres termes : contient en résumé beaucoup d'idées et de faits.
''Appliqué par ^oût depuis plusieurs années à la culture des fruits, — commence notre auteur,-^-et convaincu de l'im-
L*ABBÉ PROVANCHER I4I
portance de cette culture tant par rapport aux aliments aussi sains que savoureux qu'elle présente que par les énormes profits qu'on peut y réaliser, sans compter les jouissances si variées, si agréables et si pures qu'elle offre naturellement, j'ai cru pouvoir rendre un utile service au public canadien en lui faisant part de mon expérience à cet égard, comptant qu'il ne manquerait pas de tenter de suite de tirer parti d'une source de revenus si considérable chez bien d'autres peuples, notamment chez nos voisins d'2 l'Union américaine, et que la richesse de notre sol et la vigueur de végétation qui caractérise notre climat peuvent aussi rendre en ce pays si profitable." Comme on voit, il y a là tout un plaidoyer en faveur dî l'horticulture.
L'auteur expose ensuite qu'il y a sans doute beaucoup de livres, publiés en France, traitant des même sujets ; mais, dit-il avec beaucoup de raison, il y a trop de différences de climat et de sol entre la France et le Canada, pour que ces ouvrages européens puissent être vraiment utiles à nos horticulteurs. Il s'inspirera donc des auteurs de France, d'Angleterre et des Etats-Unis, mais en ayant soin d'ajouter, de retrancher et de modifier ce qu'il faudra.
Suit un alinéa qui est bien dans la manière originale de TaCbbé Provancher. '*Quand on voit, dit-il, nos cultivateurs dans les rues de nos villes savourer si avidement les fruits de nos marchés qu'ils payent à beaux deniers comptants, on ne peut s'empêcher de se dire tout étonnés : mais pourquoi eux,qui ont du terrain à leur demande,n'en cultivent-ils pas, des fruits, de manière à pouvoir en vendre au lieu d'en acheter ? .... Et que répondent-ils lorsqu'on leur adresse cette question ? Ah ! chez nous, les fruits ne viennent pas, le terrain ne leur est pas favorable ; moi,dit celui-ci, je n'ai pas le temps de m'occuper de ces choses- là, il faut avant tout cultiver ma terre ; moi, dit cet autre, j'en ai planté vingt fois, des arbres, et ils n'ont jamais rien donné de bon, etc. Eh I bien, je viens, dans les pages qui suivent, répondre
t4i LB NATURALISTE CANADIEN
à toutes ces objections." Que de naturel dans ce passage l Ceux qui ont connu l'abbé Proyancher ne croient-ils pas, en lisant ces lignes, l'entendre lui-même débiter ce dialogue ?
{A suivre,)
Destraction des csâfs d'oiseau de mer
Dans Labrador et AnticosH nous avons appelé l'attention des autorités civiles sur l'effroyable destruction que l'on Tait des œufs d'oiseaux, dans le golfe Saint Laurent, et sur le tort que l'on cause par là à la population du Labrador. Nous avons été heureux de voîr,par le Hansard d\i 3 juillet dernier, que la question est venue devant la chambre des Communes d'Ottawa. On n'a. parlé, il est vrai, que de l'île aux Oiseaux ; mais nous espérons que le gouverne* ment, s'il s'occupe de la chose, étendra sa sollicitude sur toutes les îles du golfe.
C'est l'honorable M. Foster qui a attiré l'attention du gouvernement sur ce sujet, à propos du vote d'un crédit pour le ''service océanique et fluvial." Voici ses paroles :
"Je profite de l'occasion pour appeler l'attention du ministre de la Marine et des Pêcheries (sir Louis Davies) sur une question importante, bien que ce ne soit pas strictement au point de vue commercial. Je viens de lire dans une revue, le "Century", livraison du mois de juillet, un article fort bien écrit, où l'auteur donne l'histoire naturelle des oiseaux sur le rocher des Oiseaux, à l'entrée du golfe Saint- Laurent. L'auteur parle au nom de la science surtout et il affirme que les espèces sont menacées dans leur existence par l'enlèvement inconsidéré des œufs et par la destruction des oiseaux, et que, depuis cinquante ou soixante ans, le nombre de ces oiseaux a beaucoup diminué. Comme le ministre le sait, sans doute, l'histoire naturelle des oiseaux sur ■cette île est tout à fait unique dans son genre, et cette île semble être une station de reproduction pour les oiseaux de «mer, tout comme les ^'tookeries'^ de l'océan Pacifique nord
7RÊNE-LILAJ 143
le sont: pour les phoques à fourrure. L'auteur suggère Téta- \>lissement d'une saison réservée, de façon à doaner aux oiseaux toute la sécurité possible pour la ponte et la couvai- Son, entre certaines périodes. Il y a bien, sur cette île, en un certain sens, une source d'approvisionnement, mais il impor te encore davantage de veiller à la conservation des oiseaux de cette grande étendue du-golfe Saint- Laurent. Si le ministre voulait bien étudier la chose, il pourrait peut-être trou ver bon de faire une réglementation quelconque, afin d'empêcher le pillage inconsidéré des œufs et la destruction des oiseaux."
Toute la réponse du ministre de la Marine a été un remerciement adressé à M. Foster pour lui 'avoir signalé ces faits." Nous espérons toutefois que l'honorable Ministre s'occupera expressément de la question. Le moyen proposé par un écrivain du Century^ qu'il y ait de temps à autre toute une saison réservée durant laquelle on laisserait en paix les oiseaux de mer, nous paraît excellent et d'application facile. Mais c'est au gouvernement qu'il appartient de régler l'affaire en ce sens par une mesure légale ; et cette prohibition, pour avoir toute son utilité, devrait s'étendre à toutes les îles du golfe Saint- Laurent.
Une distinction
Nous avons appris avec plaisir, par la livraison de juillet du Bulletin de F Académie internationale de Géographie botanique (Le Mans, France), que notre collaborateur, M. l'abbé P. Lemay, missionnaire à Rivière Pentecôte, P. Q., a été nommé ''membre auxiliaire" de l'Académie de Géographie botanique. Nos félicitations au nouveau titulaire.
Frêne-Lilas
Le Naturaliste (Paris) nous apprend que, quatre fois sur cinq, le greffage du lilas commun sur le frêne réussit t>arfaîteraent. Il n'y aurait rien d'étonnant en l'affaire, puis-
que les deux plantes appartiennent à la même fimille âc^ Oléacées ou Oléinées. Il faudrait voir, maintenant^ sS nos litas et nos frênes d'Amérique se prêteraient à detelles fantaisies. Si quelqu'un de nos lecteurs tente Texpêriencc, le printemps prochain, il voudra bien, sans doute». nous donner des nouvelles de ses essais.
Nous remercions de tout cœur la Review (St. Louis, Mo.) diel'appréciation très bienveillante qu'elle a faite dernièrement de notre journal. Une expression d'estime signée par ** Arthur Preuss" est.. à nos yeux, d'un grand prix.
ÀQi bibliophiles
Pour continuer et compléter notre étude du Verger canadien^ nons^ désirons vivement "voir" les 2e, 3e, et 4e éditions de cet ouvra^e^ Nous prions ceux de no3 lecteurs qui posséderaient un exemplaùede quelqu'une de ces éditions de vouloir bien nous le commun iqper pour quelques jours. Ils peuvent être assurés que le ou les volumes prêtés leur seront rendus^quelque paradoxal que cela puisse leor paraître.
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VOL. XXyi (VOL. YI DE LA DEUXIÈME SÉRIE) NO 10
Gl^icoiitinji, Octobre 1899
Directeur-Propriétaire : i'abbe V.-A. Huard
L'histoire naturelle à l'Exposition de Québec
/CHAQUE fois qu'il se tient une Exposition à Québec, le V^^^ Naturaliste est fidèle à entretenir ses lecteurs *de ce qu'il s'y trouve d'intéressant au point de vue de la science en général, et de l'histoire naturelle en particulier. En consultant ce qu'il a publié là-dessus dans le passé, on constate facilement une chose : c'est que le plus grand succès à cet égard a été obtenu en 187 1, et que depuis lors le nombre et la variété des spécimens d'histoire naturelle ont suivi une progression décroissante, qui cette année s'est rendue à une limite bien voisine de zéro. L'Exposition de 1871, au témoignage de l'abbé Provancher, était remarquable par les collections zodlogiques qu'elle renfermait. On y voyait des mammifères, des oiseaux, des poissons, des reptiles, des insectes, et jusqu'à une collection de 1200 œufs. Un visiteur étranger aurait donc pu s'y faire une idée de la faune de la Province.
Rien de tout cela en 1899 : nous avons plusieurs fois fait le tour du palais de l'Industrie sans rencontrer l'ombre d'une collection. Pourtant, s'il est une chose qui soit intéressante, instructive et utile, c'est bien celle-là. L'homme..
II— Octobre 1899.
est environné d'êtres avec lesquels il a des relations nécessaires ; car si les uns sont pour lui des auxiliaires précieux, les autres — et leur nombre est grand — deviennent souvent par leurs dégâts des ennemis redoutables. Parmi ces derniers, Jes plus à craindre, non pas à cause de leur taille, mais à raison de leur prodigieuse fécondité, sont sans contredit les insectes. Des lors, n'est-il pas important de faire la distinction entre les amis et les ennemis, en vertu de ce principe •qu'un ennemi dont les ruses sont dévoilées est à moitié vaincu? Comment mieux atteindre ce but qu'en réunissant et classant les êtres qui nous entourent par milliers ?
Mais ici une observation trouve sa place. A part les collections générales où les insectes, par exemple, sont rangés suivant leurs ordres et leurs familles, ne serait-il pas à propos d'ouvrir une nouvelle section pour les collections spéciales renfermant les insectes utiles et leurs produits, les insectes nuisibles et leurs dégâts ? Parmi les insectes utiles, on pourrait, par exemple, exhiber les abeilles avec leur miel et leur cire, les cynips avec leurs noix de galle. Parmi les insectes nuisibles pourraient prendre place les longicornes, .les chrysomélides, les dermestes, avec quelques exemples des ravages causés par leurs larves. De la sorte, Thomme le plus étranger à la science entomologique pourrait, en quelques instants, faire connaissance avec tous ces petits travailleurs dont l'activité nous est parfois si dommageable. De semblables collections ont déjà fourni la matière à des •expositions spéciales, à Paris, notamment en 1872 et en
Et d'ailleurs, quand ce côté utilitaire n'existerait pas, îl y a encore un autre point de vue plrs élevé, bien digne de notre attention. Un coup d'oeil jeté sur une collection zoologique élargit nos idées, nous fait admirer la puissance et les ressources infinies du Créateur, qui s'est plu à confondre notre imagination par la multiplicité des formes de la vie.
l'histoire naturelle a l'exposition de QUÉBEC I47
Les créatures remplissent ainsi la mission pour laquelle Dieu les a tirées du néant : Benedicitc omnta opera Domiui Domino.
Après ces considérations, disons quelques mots de ce qui regrardait l'histoire naturelle au moins d'une manière éloignée : l'Exposition d'horticultvre. J'ai dit d'une manière éloignée^ car ici la nature n'agit plus seule, mais elle est aidée^ dirigée et parfois même violentée par la main de l'homme. Il y avait donc, dans ce département, bon nombre de plantes d'ornement remarquables les unes par la richesse de leur feuillage, les autres par la beauté de leurs fleurs. Citons, entre autres de magnifiques bégonias, coleus, fuchsias, œillets^ géraniums, héliotropes, gloxinias, palmiers, fougères, etc. Plusieurs amateurs exposaient des bouquets de verveines^ phlox, marguerites et dahlias, etc. Les fruits étaient moins abondants que Tannée dernière. Les légumes au contraire semblaient plus nombreux et de meilleure qualité.
Voilà pour le règne végétal. Le règne animal avait son contingent ordinaire d'individus élevés avec de grands soins. Enfin le règne mitiéral n'était pas complètement oublié : une compagnie minière du Parry Sound exposait des échantillons d'un riche minerai de cuivre, appelé bornite. Ce minerai a la composition des chalcopyrites et renferme de plus un peu d'or.
Telle a été cette année l'Exposition de Québec au point de vue de l'histoire naturelle. Les lecteurs du Naturaliste ont pu s*en convaincre : c'est la première fois qu'une telle disette se fait sentir. Sans vouloir épilogucr sur les causes d'une abstention si générale, formons des vœux pour qu'elle ne se renouvelle plus. Espérons qu'à l'avenir l'Histoire naturelle fera bonne figure à côté de ses soeurs l'Industrie, l'Agriculture et l'Horticulture.
Elias RoY,//r^,
du college de l^vîsi
148 LE NATURXLISTE CANADIEN
Réd. — Nous avons regretté vivement qu'il nous fût impossible, cette année, de visiter l'Exposition de Québec. Désireux toutefois que le Naturalisiey suivant sa coutume, en parlât quelque peu à ses lecteurs, nous avons prié notre collaborateur, M. l'abbé Roy, de nous faire part de ses impressions sur cette grande foire industrielle et agricole ; et il a droit à nos remerciements pour l'intéressante chronique que l'on vient de lire.
Quelques jours seulement avant l'ouverture de l'Exposition, nous apprîmes par hasard qu'il y avait, dans le prospectus, une section spéciale consacrée à l'histoire naturelle. Nous ignorons s'il en était de même dans la première Exposition (1898) dirigée par la Compagnie actuelle. En tout cas, nous sommes content de voir que la Compagnie a eu cette attention pour l'histoire naturelle, et nous l'en félicitons. Nous regrettons seulement que l'on n'ait pas so»'gé à faire l'envoi du programme de l'Exposition au Natuialisic £anadien^ qui aurait pu, en temps utile, faire connaître à son public spécial que l'on comptait aussi sur les naturalistes pour le succès de l'Exposition.
Comme on l'a vu par la communication de notre collaborateur, il n'y a eu aucune entrée dans cette section consacrée à l'histoire naturelle. Cela, nous devons l'avouer, ne nous surprend que médiocrement. Nous avons déjà dit, ici même, à propos de l'Exposition tenue à Québec en 1894, que nous croyons peu réalisable le transport des collections d'histoire naturelle aux Expositions, à cause du travail considérable que nécessiterait leur emballage fait soigneusement, et surtout à raison des risques sérieux de détérioration qu'auraient à subir des spécimens souvent fragiles et -parfois excessivement précieux. On pourrait dire même que, -dans les localités assez importantes pour tenir des Expositions, il y a presque toujours des musées plus ou moins gCpngidérables, et que les gens désireux de voir des collections