LA VALLÉE DU LAC HT-JEAX
Ij€B arbres qui y ont pria racinea depuis et lui donneiïfc FOn noîjï, ne sont pas clyn ffeantn de la foret ; i^n vent?* et les tempêtes auxquela ïh sont exposée et i lotit rien n arrête ici la violence^ ont imprimé à leur corps une force de résistance que leur forme trapue et leurs forfcèy mcincs grippées au roc ne démentent pas.
A l'anse au Foin, les berces .sont recouvertes de dépôt? très épaîscttrèsriches qui s'élèvent sn terrasses comniedes escabeaux géante superposés, accolés aux flancs <les monts, dont Taspect, d'une sauvagerie sana pareille, n*a guère effarouché les hardis colons qui les premiers pénétrèrent jusque-là pour y asseoir sur ceslarges gradins le pittoresque village de Saint-Fulgenc»/. Les rivières et les ruisseaux qui descendent des hauteurs, du ce côté-là, se sont tracé de profonds sillons dans ce pays tourmenté et les masses de terre, de pierre et d alluvium qu'ils lui ont enlevées alors et qu'ils ont continué de détacher de leurs berges depuis cette époque, pour les entraîner dans la fissure, ont contribué puissamment à former Çi qi'on iijpelle aujourd'hui les Battures.
C% sont elles, ces Battures, qui effacent, pour ainsi din' les grandes lignes et changent le caractère imposant de ce bnis de mer mystérieux, qui jusque-là, off*re parfaite sécurité aux navires de hauts bords du plus fort tonnage possible comme au plus léger esquif. A présent, pour naxiguer jus.ju'à ducoutîmi, pour guider le marin jusqu'aux Terres-Rompues, des bouées, des lumières sont indispensables malgré les travaux dispendieux faits par le gouvernement pour tenir le chenal à une profondeur uniforme.
En jetant un regard sur le passé, je me demande pourquoi les eaux du grand bassin silurien, qui jadis creusaient si bien la pierre pour ge fairo un lit de 3000 pieds de profondeur, sont-elles réduites tout à coup à une t«^lle impuissance ( pas même capables de creuser leur lit d'ai'gile l
Il n'y a pourtant que deux petites rivières (Ha ! Ha ! et Uaxs) k soustraire de la m.i3se des eaux qu'égouttait le grand bassin tt qu'il égoutte encore de nos jours par le Bras de Cbicoutimi.Il faudnvit donc cr»ire que la force erosive de l'eau na de priie que sur le roc TÎf ; que la glaise, l'argile, le sable sont des quantités négligeables dont elle oe tient pas compte, ou qu'elle respecte trop pour se permettre d'y mordre innonsidérément.
Que la croûte de la terre se soit soulevée tant que vous voudrez, elle soulevait pareillement le grand lac en même temps. Mi.is ce n'était pas ce jeu-Ià qui le faisait plus creux ni plus profond et ."lui augmentait son volume d'eau ; ce n etait pas et exhaussemertt qui permettait da creu&er-plua facilement la baie des Ha ! Ha 1, le lac Kénogami, le chenal qui coupe en deux le fond du lac St-Jean actuel, et puis, le Bras deChicouLimi. Non 1 Tous ces bras, chenal, lac et baie n esistalent p^is encore, le grand baasin rempli d'eau .iccupait tout le territoire qulls occupent aujourd'hui. Si la rivièr« baguenay eût pria naissance aux premiers âges géologiques, le gmnd lac -.ilurien existerait encore t car. sans le cataclysme, rien n'aurait pu perforer son assiette, comme le démontrent les différeuta endroits que nous venons de mentionner.
En supposant qu'il se serait vidé en grande partie, il n'y aurait eu .juc la partie inférieure d« la rivière Sagoenay qm aurait été étmnge. Pour la partie supérieure, s "il en fut autrement ". la décl^rge actuelle du lac St-Jean 3e " bout de rivière tout récent " qui s'étend du lac jusqu au cap à 1 k^t. aurait été " loin d'avoir la profondeur et la tmnqmUe placidité de U parti, la plu. ancienne " «nrtout depuis son confluent jusqu'à Chicoutimi ofi elle n"'abonde pas en longs et violents rapides comme toute, les rivières coulant sur les rochera et qui n'ont pas .ncore eu le temps de creuser leurs lits à 1* profondeur nécessaire " : comme qui dirait, par exemple, depuis les Terres- Rom pues jusqu'au lue St-Jean.
P.-H. DlJMAIS.
COURS d'eNIOMOI-OGIE POPULlIkE 57
COURS D'ENTOMOLOGIE POPULAIRE
[Continué da U pagfl 41 J
La Chiuv I- S ouius ( Vespert ilio mtbalat us, 5 ay ) est loin d'avoir Testi rat qu'elle cherche à s'attirer par les f<ervîce*ï qu'elle non? rend. On la Toit dos la ch^iLs du jour ce livrer à une chasse incessante qui ae continue bien tard dans la nait. £U« ▼il nniqncint>nt d'insectes qu'elle saisit au vol, et qu'elle pourchasse méiue quelquefois jusque dans nos appartements, où généralement elle trouve la mort. Epargnons dono la chauvesouris, malgré son aspect repoussant, et n'oublions pas qu^elle est la gardienne inàirecie de nos moissons.
Tels sont les principaux petits mammifères qu'il convient d'épargner puisqu'ils sont les destructeurs de nos ennemis
Après eux viennent les jeptiles, comprenant Us grenouilles, 1m crapauds et les léiards. Nul, chez nos cultivateurs, n'ignore leur utilité et ce serait superflu d'insister sur ce sujet. Je me contenterai de supplier le? parents pour qu'ils voient à ce que leurs enfants, poussés par l'irréflexion de leur âge, ne se rendent pas inutilement les cruels bourreaux de ces pauvres crapauds, ces déshérités de la nature.
Puis viennent enfin les oiseaux. C'est dans cette elasse surtout \ue le cultivateur trouve de nombreux amis. Je l'ai iijk dit, et je le dis encore : au trop grand n«)mbre d'insectes. Dieu n'a opposé que quelques petits oiseaux. Sans cette guerre acharnée qu'ils leur font, la terre serait bientôt la proie de ce monde innombrable des insectes ; tout serait dévasté, anéanti ; Thomme lui-mAme ae saurait se défendre contre les myriades d'insectes qui l'attaqueraient. Chers petits oiseaux, fidèles défensiurs, comme peu l'on reconnaît vos services ! Quel plaisir ne prend-on pas à vous tuer, vous qui, tout en veillant à nos moissons, venez jusqme sous nos fenêtres chanter vos hymnes ravivants. *
Je ne comprends pss pourquoi nos gouvernements ne se montrent pas plus sévères et tolèrent, eu feignent ne pas voir, cette tuerie %ussi insensée que systématique que fout de nos 8— ÀTrii iser.
58 LE KATÇÀRLISTE CANADIEN
oiseaux tant de désœuvrés par iea beaiîx jours tie printemps.
Que Toi] aille, par une belle matiEïéede dimanche, eu mai ou en juin, fuire une proinon;ule dans It^s boia qui envirounent î»08 villes, et Ton pourra constaU-r quelle quantité de ces pauvres ailés tombe soua le rionib de cea amateurs de «ang, & ligure plu^ on moins aiidwtriî. L*on n'entend que détonation 8ur détonation, et Ion bg sent le cœur serré en pen^saïît que ce sont de pauvres petits inuocents qui servent aux plaisirs de ces désœuvrés de touti^a sortes. A quoi sert done au gouveruements de délivrer des perinia de chassu, s'iia ne surveillent les champs et Its bots et ne punîis?ient ceuîc qui tuent sans permissiun de par la loi ? Et pui** de quelle utilité aont-il«, ce« permît diJt tuer ?
Aimons lea oiseaux ; protégeons ]ea comme ils le méritent, et qu'ils aoient punis ceux qui se font un plaiiir de lea niasîsrtcrer. Je ne comprends pas ceux qui ont des cœura inaccessibles à la pitié...
Il serait très long d'énuniérer tous lea oise&UK qui font dca insectes leur principal aliment ; je ne nommerai iei que les plU5 reman juables.
Les Fauvettes (Sylvia) sont en général des oiseaux dw petite taille, trè.^ variés dans leur plumage ; leur gosier soupîe et puisfîant leul nous révèle leur présence, cachés qu*iU sont toujours dans ks fi nil liages les plus touHus. On en compté un grarul nombre d'espèces, dont iea plus connues sont la Fauvette jaune, la Grive eaurontiée, la Fauvette à poitrine noîie et la Fauvette Trichas, bien reconnaissable à son chant précipité que Ton pourrait rendre par ces mots répétés trois ou quatre fois : sii-Bii-hiiii.
Les HiEtoNDEDLïS [Hirmtdo) sont, et je au is lieureuX de le faire reniarquer, de tous les oiseaux le^ plus respectés dans noi campagnes. On les aime ; on Iea laisse en paix faira leurs nids 30 us les toita des granit' s ; en certains endroits, c*eat à qui niïime donner* la meilleure hospitalité à ces charmants ailés. Le* aervii es qu'elles rendent eu retour sont incalcida-
couKs d'extomolooîe populaiue to
bles, com me est incalculable le nombre ties insectes qu'une seule hfronilolle eu un jour Junnera en pâture à si couvée. Les principales esp^cey que 1 on rançon tre en notre ProTÎnce sont : rhi rond elle des i^ran^os, que je ne m'attarderai pas à décrire, connue comme elle IV-î^t partout ; THirondelle des rochers, plua connue que la précédente en certains endroits.dont elle nû diffère que par quelques taches de son phima*Te ; enfin, l'Hirondelle à ventre blanc, espèce remarquable par la couleur des plumes de sa poitrine.
L'ExGOULEVENT {Caprimvlgus) a presque les mêmes habitudes que la chauve souris. Comme elle il apparaît àù coucher du soleil, et comme elle il prolonge sa chasse tard dans la nuit C est un oiseau peu connu, quoique tree commun en certains endroits. On le nomme vulgairement mangeur-de-maringoins. Et les Montréalais seront, pour la plupart, bien étonnés d'apprendre que cet oiseau criard qui jette à tout instant, par les beaux soirs d'été, sa note discordante aux mille bruit de la ville, dans une continuelle série de tournoiements bizarres, n'est autre que cet Engoulevent dont je parle ici. Nous en avons deux espèces : l'Engoulevent criard et l'Engoulevent d'Amérique.
Les Pics (Picks), que ron désigne généralement sous le nom de Pic- bois, font une guerre acharnée aux larves qui s'attaquent aux arbres. Ces oiseaux sont si bien connusque jen'ai pas à les décrire. Quel est celui qui, dans une promenade à travers bois, n'a pas entendu ces oiseaux frappant de leur bec, à coups redoublés, le tronc des arbres ? C'est leur manière à eux de découvrir leurs proies : après avoir ainsi frappé l'écorce, ils prêtent l'oreille ; et si Quelque bruit révile la présence d'une larve, ils l'ont vite retirée de sa cachette et s'en repaissent aved satisfaction. Puis ils reco»mencent leur exploration, frappant de nouveau de-ci, dc'Ià, jusqu'à ce qu'ils trouvent une autre proie. Nos principales espèces ont : le Pic ohevelu, le Pic minule qui se rencontre souvent dans nos Jardin», le Pic maculé et le Pic doré ou Pivart. Ces oiseaux,
W Lï HAT UlU LISTE CANADÎEÏÎ
fteilcfl k découvrir par le bruit qu'ils fuût en frappant sur les éoorcfs, font U joie de ces chasaeura d#»œuvriîi dont j'ai parle plua haut; le nombre de ceux qui to u bent ainsi, chaque printemps, atus le plomb de ces fuiceurg-là, tst j^rt^aque incalculable.
Je ne terrainei-ais faisi je cherchais i décrire tous lea oiseaux qui rendent ainsi dMncukulables aervioe** à Tagriculturt. J'ai nommé let principaux, maia combien n^^n Thsts t-il pa* ? L'Etourneau, le Goglu, le Coucou j les MoucheroUea, ûtc., «tc^ ii« le cèdent en rien aux piïSetdenfa pour h noutbre d'inaectes qu'ils dévorent en tout temps.
Oui, encore une fois, il serait à dé^iirer que le gouvernement édictât, et aurtout les itt respecter, lea loij les plus aévèrea contre ceux qui âe font un jeu de dépeupler n^a forèta tt nos eliampa de ces oiaeaux ai utilea.
{A Biiivré)
GeRMAJH BlAULlEU.
SUR L'ETUDE DES SCIENCES NATURELLES
Et, s'il (l'apologiste chrétien) n*est pas capable de forger de nouvelles armes ou de renilre le.^ ttnciennea plus redo ii tables, encore fautol qu*il lache saisir eelles-ci et les manier. Mai» cela requiert un exercice ; et Texercice, c*e^t ici Tétude des icience» naturelka. Qui leur reste étianger pourra trarder sa foi personnelle, parce qu'il ne remarquera pas les objections ou »'en saisira pas la portée ; mais il ne pourra être d'aucun secours à eeux qui se trouvent aux prises avec ces difficultés. 11 faut aborder les objections d'ordre scientifique sur un terrain scientifique ; et ceux qui s'y hasardent sans préparation ne réussissent qu'à' fortifier dans leur erreur les intelligences qu'ils auraient dû ramener au vrai.
SUR L'ÉTl'DE UEiJ SCIEXCES NATURELLES 61
Pour un prêtre, évidemment, il ne peut s'tigir d'étudier ioutea lei science», unoore moms de les posséder 2 fond. Leur développement iucessant et prodigieux rend une telle tâche impossible, mêiufi à cetix qui y consacrent leur vie entière. Mais on peut fair^ un choix appro prii?, et les matières ainsi choisie» peuvent être judieieuHcment rdftartiea dans tout le cours d'éducation, Bit^ti loin d# nuire aux autres études, files leur seront au contraire utiles. Ou choisira les sujets que l'on s'accorde à regarder comme les phii im])ortant?i, à ha voir : lu planète que nous hahitona et se;* grandes lois physiques et chU miques ; le vaste nnivera^ dont notre terre n'est qu'un'» insignifiante partie ; le corps humain, qui furnie le pi un haut degri des êtrey vivaïits et permet le mieux d*étudiei !e^l4^ d* la vie ; eu d'autres termes, les éléments de îa physique, de la chîmicj, de raatronomie et de la [ihysiolo^çie, h c^iuse de nea r«p* ports avec U révélation. L'étude de la géologie a été longtemps regardée comme spéciale au cï^-rgé, et l'on ne peut la négliger eitièremeut, quoiqne, pour la bien connaître, il faille s'être familiari'-é avec pi utile ura «nie ti ces.
Ces études ne doivent cei)eudant pas être entreprises de trop bonne henre. C'est 11 [ie eneui*, pour ne pas dire une vraie faute, d'enseigner les sciences a(^x enfai^ts. La ^denee n'est pai faite u^-ur çux. Ils sont, il est vrai, extrêmement avides d'apprendre, nuiis le;ir curiosité est toute superficielle. Ce qn'ili aiment à oonnattre, ce ne sont point les lois, les règles, les classiitea lions, luaiw les f-iits, lea phénomènes étrangts et frappants dont leur ima^huiti'^n peut se nourrir. Cette vapeur charma ute qui envijloppe la nature '^^aua resprîb de leufant est latuosphère qui cuji vient le uiik*ux à sou esprit. Elle seule permet à so " ima^inution impresaiojniahîe et singulièrement féconde de se donner libre carrière Le inonde des nicrveilles, et non la science, telle est la demeure naturelle d« Tenfaiit. Li science, dans la mesure où elle lui cat donnee, ne fait i^ue rompre le charme^ et tarit, peut- être pour
tonjours, les sourceg dn «entimmt pûétitiut; de Tenfant, en éclianfre de coiuminsancea trop pr^ocea et presque îniiaUlH- . gîblea pour lui. Lefl fleurs, non k boUuiquo ; !«^î insectes, non rentomologie ; teî5 m rveîllcs de la nature, et non pas tes loi» : voilà ce qu'il faut montrer k cette intelligence uttia- ■ttnte, (i)
\^A ëuivre) .
J. HoGix, Prë}*e ih SainiSalpict.