VOL XXVI (^OL. TI DE LÀ DEUXIÈME SÉRIE) NO II
Gl^icolitii^i, NoVen^bpe 1800
Directeur-Propriétaire : Pabbe V^-A» HuarcL
Lun de nos abonnés^ M, E. Pratte, qui demeurait au No 2JOÇ, rue Ste- Catherine , Montréal, a changé de résidence sans penser à nous faire connaitre sa nouvelle adresse. Si quelqu'un de nos abonnis montréalais pouvait nous donner ce renseignement, il rendrait service à t administration du Naturaliste.
Comment on deriént naturaliste
Nous traduisons ce qui «uît de la livraison d'octobre des Entomologicai News (Philadelphie, Pa.) du mois d'octobre :
"Harrisburg, Pa., 17 août.— Benjamin-F. McCartney, le- • : gendre du sénateur "Jim"Mitchell,eçt parvenu à (bas landed ' n) la situation de Zoologiste économique, et entrera en charge le ler septembre. Les titres de McCartney à cette position scientifique: consistent en ce qu'il a été commis dans le ma^sin d'épicerie du sénateur Mitchell, comté de Jefferson, et qu'il est devenu connaisseur en fait de pe«iux de chats sauvages, grâce à ce que les gens venaient en échanger pour de la cassonade."
**Ce qui précède est une coupure du Philadelpia Record, et, au meilleur de notre connaissance, le renseignement est parfaitement exact, et donne une idée juste de l'état des choses scientifiques dans la Pennsylvanie, en autant que cela concerne les emplois publics../'
Ceux qui ont encore souvenir de certaine affaire du printemps dernier, ne pourront s'empêcher de constater, à la lecture de cet extrait, que la province de Québec •vient de perdre le "record" qu'elle avait atteint en fait de nomination à des emplois scientifiques.
X2— Kovembre 1899.
a62 LE NATURALISTE CANADIEN.
L'ABBÉ PROVANCOEB
{Continué df la page 1^2)
Le Style souvent pittoresque de Provanchcrftît quela lecture du Verger est intéressante même pour les gens qui n'ont avec les pommes et autres fruits que les relations... du dessert. Fréquemment, l'auteur mentionne- ses expériences personnelles dans l'horticulture, et Ton. voit qu'il a vécu, comme on dit aujourd'hui, les instructions qu'il donne. Cela est évidemment propre à donner beaucoup* d'iautori té à un ouvrage technique.
Et comme, d'ailleurs, il y a dans nos campagnes beaucoup de gens qui ont autour de leur maison quelques pommiers et autres arbres fruitiers, et qu'ils ne sont pas fâchés d*aller y prendre, l'automne, autant de beaux fruits qu'il est possible ; étant donné, d'autre part, que pour avoir de beaux fruits il faut d'abord avoir des arbres de choix et bien cultî-vés : il n'est pas étonpant que le Verger canadien eut de la vogue et s'enleva assez rapidement des tablettes du libraire. Aussi, deux ans à peine après la publication dé l'ouvrage, il fallut en donner une deuxième édition. Au risque de faire peu d'honneur à la littérature canadienne, il faut reconnaître que, pour notre pays, c'est là un remarquable succès de librairie, surtout quand on songe que cela se passait voilà trente cinq ans, — ce qui n'empêche pas que, bien entre nous^ nous pouvons nous dire à l'oreille que, même en ces annéesci, ils sont faciles à compter les ouvrages cansKliens,.littéraires 45U scientifiques, qui renouent connaissance avec les presses typographiques.
L'introduction de cette nouvelle édition» (r) est datéede Fortneuf, et du mois de mai 1864. Cela nous ramène
(l) En réponse à la demande qui se trouvait à la fin de l'avant -dernière livraison du Naturaliste canadien^ MM. les abbés J.-G. Paradis, curé de Saint- •Oédéon (Lac Saint -Jean), et J.-B. Plamondon, St-Roch de Québec, se sont «mpressés de m'expédier Texemplaire qu'ils possèdent de cette 2e édition du: Ferger, Je les remercie de leur obligeance. (A.)
l'abbé provancher 163
tout à fait à l'époque où nous étions parvenus dans cette notice biographique.
S'il y a au monde quelque chose qui ressemble à la première édition du Verger canadien^ c'est la seconde ! Môme format, même papier, même texte et mêmes gravures. Je remarque seulement que, à la page du titre, Tabbé Provancher fait suivre son nom de ces mots : ''Auteur de la Flore canadienne^ d'un Traité élémentaire de botanique^ etc". Voilà des désignations qui ne sont pas banales, pour un Canadien-Français d'il y a un tiers de siècle !
Cette seconde édition n'est donc pas ''une refonte de l'ouvrage," comme dès le début de sa préface l'auteur prend soin de nous en informer. Voici du reste comment il s'explique au sujet de la réimpression du volume : '* A peine la première édition était-elle sous presse que je regrettais déjà d'avoir omis d'y parler de la culture de la Vigne sous verre, et je reçus de suite à ce sujet de nombreuses réclamations. Le sujet m'était d'autant plus facile à traiter que j*avais déjà moi-même commencé cette culture ; aussi ai-je saisi avec empressement la première occasion de réparer mon omission et de satisfaire les nombreux amateurs qui se livrent à ce genre de culture si profitable et si intéressant." Mais, en outre, la canneberge {atocas) réclamait aussi que l'on s'occupât d'elle. "Les vastes champs (dit notre auteur) que j'en ai vus en novembre dernier, dans le Massachusetts et le Connecticut, et qui donnaient alors à leurs propriétaires jusqu'à $1200 et $1600 par arpent, m'ont décidé à donner de suite au public les règles de cette culture appuyées de l'expérience que je venais d'en faire et qui m'avait réussi au delà de toute espérance." Il y a donc, dans cette deuxième édition, deux chapitres nouveaux, où l'on traite de la canneberge et de la vigne.
Ces chapitres étant rédigés absolument d'après la même méthode que les autres parties de l'ouvrage, il n'y a rien de particulier à en dire, à part les deux observations que voici.
D'abord, pour ce qui est de la canneberge, il faut con-
•itcter que, malgré tout le bien qu'en a dit le Verger^ depuis
.?H64, l'idée d'en essayer la culture en grand dans notre Pro-
«^rinoe >ne parait pas avoir encore fait beaucoup de chemin.
Jeufc-nîe -pas, sans doute, qu'on ne .«'y livre en quelques
:^j^fid«oits ; maïs je puis dire que, dans mes courses à travers
^A ^sScipaTt de nos comtés, je n'ai jamais rencontré la canne-
5>etge qu'à l'état sauvage. Et pourtant, s'écriait notre
SiStmir, ^'que de terrains en Canada, presque sans valeur
.-Mfcowe aujourdTiuî, pourraient être utilisés par cette culture !
^'^ jfy a encore que quelques années qu'on considérait
' ôsoname ^sans vdeur les terres marécageuses qui avoisinent
\ïletjaa[p*'Cod, dans le Massachusetts, et aujourd'hui on retire
,3e» t«s terrains plantés en canneberges de $800 à $1200 de
i!*jLcre. Il n'est pas rare en effet qu'on récolte jusqu'à 400
sBQsncits dans un acre, et le plus souvent elles obtiennent de
' ^3 14 du minot sur les marchés américains." Cela soit dit
, rpoirr ceux de nos campatriote.s qui, par hasard, pourraient
2»e carrïtLr épris de l'envie de s'enrichir promptement ! Il est
• «val <qu"il faudrait savoir si la canneberge est encore en . 3«3tide demande sur les marchés, et si le prix en est toujours . .acssi élevé que jadis : questions pratiques qu'en ma qualité t 3oKs Canadien-Français j'ignore profondément.
^a seconde remarque que je voulais faire, concerne la
< -lîiilture de la vigne. "En Canada, dit notre auteur (page
ï57X-^u la sévérité de nos hivers et la trop courte durée de
Ja. -maison chaude, la culture de la vigne en plein air est
• iléciâén%ent impraticable ; car c'est à peine si dans une telle ^rolture, même avec les variétés les plus rustiques, les fruits g^rewvent parvenir à maturité une année sur cinq ; encore
. r^cetie maturité est-elle imparfaite et restreinte souvent à un ^yrrjtit nombre de grappes ou même à un petit nombre de .crains <dans chaque grappe." Aussi, dans le Verger^ il cT:*cst que^ion que de la culture de la vigne sous verre,
.-::"cst à-dire en serre froide. Eh bien, il faut dire que l'as-
VABBt PROVANCHER ItfJ^'
sertion de Tabbé Provancher, que la culture de la vfgnetfY^ • plein air "est décidément impraticable en CanaxTa-^''^^ é'ût. depuis 1864 démentie par les faits. Tout le mond» «aîf, en effet, que, particulièrement dans la partie occidenta-Fei cfer l'ancien Haut-Canada, on se livre aujourd'hui en pleiant^ zir. et sur une échelle considérable, à la culture de la vigrre".. î ' est vrai que dans la 3e édition du Verger^Aoïït il sera bi^nt^^r question, on ne s'occupe plus que des fruits qui psisvcaefi: réussir dans \di province de Québec^ ce qui rend plus exacf^ , l'affirmation de notre auteur. Mais, même dans- Rt/tipt: Province, la culture de la vigne en plein air est-elle to^^jptjr* aussi impraticable que le disait l'auteur du Verger ? *il }r, a-mxc: dizaine d'années environ, cette culture a attiré beauco^f:* d'attention dans la Province, et l'on en a fait un peu part»«± des tentatives qui ont eu quelque succès. L'expérience: « démontré, je crois, que, s'il n'y a pas d'espoir tie fair^ fit la région de Québec un pays vinicole, du moins la» cultusc^ de la vigne est praticable dans la partie occidentale de-l^^ Province. Cela ne veut pas dire, sans doute, que ce gi&rirc d'exploitation y réussisse d'une façon toujours assc;^. cerûvsnifcpour qu'on s'y livre bien en grand et dîuna maniërit notablement profitable. Mais, en tout cas, il> me pariift ^c l'assertion très absolue de l'abbé Provancher n'est> pTtei conforme à la réalité, soit parce qu'on a pu prodîiire ck:>variétés de vigne plus rustiques, soit parce qpe,. suivaat l'opinion de plusieurs, notre climat a subi d^heupeuses- amt^ liorations depuis un tiers de siècle ; il est même per^î» dr^ croire que l'une et l'autre de ces circonstances se sont produites à la fois.
{A suivre^
l66 LE NATURALISTE CANADIEN
Bzcnrsion en Egypte
( Continua de la page rj8)
Désirant aussi voir les derviches hurleurs, dont les 2ikrs (réunions) ont lieu le même jour et à la même heure, nous nous empressons de nous rendre à leur monastère placé sur la route du Vieux-Caire, et nous arrivons à temps pour en prendre notre part.
La salle des cérémonies est carrée et surmontée d'une coupole. Aux murs sont suspendus des piques, des poignards, des haches, etc. Près de la giblah sont accrochés de petits tableaux représentant quelques sentences pieuses; à gauche est déployé un étendard vert bordé d'une bande rouge. Les derviches assis en rond commencent par faire une invocation sur un rythme lent qu'ils accélèrent peu i peu. Cette prière est entrecoupée d'exclamations où le nom de Dieu est plusieurs fois répété {Hou), L'intonation s'accentue en passant par tous les registres de la voix humaine. Puis l'un deux récite à haute voix une prière accompagnée par une flûte. Pendant la prière, une partie des zik> s commence d'abord insensiblement pour arriver graduellement à une exaltation frénétique. Mais c'est surtout pendant la seconde partie des exercices que les derviches justifient leur appellation de hurleurs. Debout, îa tête nue, leurs cheveux flottants, les yeux fixés sur le ciel, ils prononcent la profession de foi rLailaha ila Allah. L'iman se place au milieu du cercle, tout le monde s'incline et se relevé en poussant un Hou effrayant ; on croirait qu'ils vont décrocher les terribles instruments. Le balancement du corps en avant et en arrière s'accentue de plus en plus, Torchcstrc précipite la mesure, les cris redoublent avec une fiirlc sauvage. Les cris n'ont plus rien d'humain, les tambourins sont battus à tour de bras : un vacarme effroyable accompagné de contorsions ; l'exaltation est au comble, tous ces religieux pris de vertige ressemblent à des machin s mises en mouvement.
Les dervidhes à bout de forces s'arrêtent ; l'iman récite ^ne prière que la flûte accompagne, et un autre exercice commence. Celui-ci est moins pénible que le précédent : les pieds restent fixes, le corps se balance à droite et à. gauche, et <:haque mouvement qui devient plus rapide est accompagné du nom d'Allah, articulé rauque presque incompréhensible. Enfin un Hou final, suivi d'une courte prière, nous annonce que la cérémonie est terminée. Nous sortons étourdis, pris de vertige, heureux d'échapper par la fuite à kl contagion de cette folie sauvage.
En quittant l'établissement des dcr riches^ qou3 traversons un bras du Nil momentanément à sec, et nous gagnons i'ile de Baoudah pour voir le nilomètre placé à son extrémité méridionale. Ce monument est composé d''un puits carré où Ton descend par un escalier, et au milieu duquel se dresse une colonne hexagone en marbre, graduée en coudées au nombre de dix-sept.La longueur de la coudée ^tant de 0,5404 mètres,la hauteur de la colonne est par conséquent de 9, 187m. ; or l'altitude ou la cote de l'extrémité supérieure de la dix-septième coudée étant de 17, 833m. audessus de la surface moyenne de la Méditerranée, la cote du zéro de l'échelle nilométrique est donc de 8, 646m. au-des* sus de la surface moyenne des eaux de la Méditerranée. Je vous transmets les renseignements qu'on nous a donnés sur place. Le nilomètre sert à faire connaître si l'inondation -sera favorable ou non à l'agriculture, en observant la hauteur des eaux pendant la crue.
L'ile de Baoudah s'étend au sud-ouest du Caire ; on y remarque. surtout la quantité d*arbres et de plantes exotitiques dont elle est enrichie. Le palmiste des Antilles y balance son élégant panache ; le bambou de l'Inde y prend des proportions gigantesques, et dépasse de beaucoup les arbres les plus hauts. Ces feuilles étrangères si étrangement découpées, ces fruits aussi bizarres de forme que de goût^ impriment à ces jardins plantureux un cachet singulièrement
l68 LE NATURALISTE CANADIEN
original. Ajoutez à cela de larges allées ombreuses, des^massifs impénétrables, des parterres émaillés de fleurs au milieu desquels s'élèvent d'élégantes habitations. Malheurcument, pressés par le temp?, nous ne vîmes qu'une bien petite partie de ces :beaux lieux.
Nous parcourons ensuite le faubourg, appelé le Vieux- Caire. Cet endroit se npmmaît d'abord Fostai (tente), en souvenir de la tente d'Amrou, qui l'y avait dressée pendant que ce général assiégeait la citadelle de Babylone. La ville de Fostat, bien déchue de son ancienne importance^ fut la véritable capitale de l'Egypte depuis l'an 2ad'e l'hégire (640 de Jésus-Christ), date de sa fondation par Amrou^ jusqu'à l'année 359 de l'hégire (969 de J.-C). époque de la . seconde conquête de l'Egypte sous le calife Moëz, prince fatimite qui commença à construire le Caire. Aujourd'hui elle sert de port méridional au Caire.
La fameuse mosquée qu'on y remarque, et qui porte le nom d'Amrou son fondateur, est le plus ancien édifice delà religion musulmane en Egypte.
Du Vieux-Caire nous passons dans l'ancienne forteresse connue des Européens sous le nom de Babylone. . Elle renferme une petite bourgade chrétienne. Une partie - de l'enceinte qui l'environne semble accuser un travail romain. Les rues en dehors de cette enceinte sont extrêmement étroites. Six petits couvents sont habités par desmoines coptes ou grecs. L'un d'entre eux, appelé Deir- Babyloun, rappelle par son nom celui de la forteresseantique dans le sein de laquelle il est enclavé. Un autre^ dédié à Sette Mariam (madame Marie), renferme une chapelle souterraine qui est le but de nombreux pèlerinçiges, parce que, d'après une tradition accréditée dans le pays, la vierge Marie se serait retirée là quelque temps avec saint Joseph et:: i'er fant Jésus lorqu'elle vint chercher un asile en Egypte^
E. Gasnault, (A suivre,)
Giiriosîtés Végétales
( Continua de la page jç)
Des plantes qui sautent, qui roulent, qui dansent : mws
oui! telle \^ Cycloloma phatyphyllum ! Malgré son nom
barbare et lourd, nul végétal qui puisse égaler sa légèreté et
' son aptitude à prendre, à certaine époque, des ébats chore-
' graphiques dignes d'un maître clown, à danser une farandole»
■ au gré du vent qui l'entraîne, loin de son sol natal !
Haute de taille, d'une remarquable corpulence, elle n'a qu'une tige fort légère, sur laquelle elle se dandine, attendant qu'elle soit desséchée, pour parth", sur les ailes de la brîse, au bal excentrique qui galope dans les prairies. Et ce sont alors des sauts et des bonds vertigineux, une valse fantastique, une sarabande effrénée, dont les derniers spasmes finissent en une descente furieuse, le long des collines étonnées. Fuis c'est la mort : les champs sont jonchés de Cyclolomas^ qui aimaient trop le bal et que le bal a tuées ! Pauvres plantes dansantes, semblables à de jeunes filles qui ont savouré les délices empoisonnées de la valse et que les quadrilles folâtres ont trop tôt conduites au tombeau.
Mais il n'est pas que des plantes dansantes ; il y a aussi les graines sauteuses. Ce sont les coques d'une euphorbiacée, originaire du Mexique, dont elles constituent le fruit. Quand on soumet ces coques à une certaine chaleur, on les voit se mouvoir, s'agiter, sauter.
Le secret de ce ballet végétal ? Est-ce la température plus élevée qui cause ces petits bonds, si singuliers ?
Nenni. Ces sauteries étonnantes sont l'œuvre d'une petite larve de lépidoptère complètement dissimulée à l'intérieur de la coque et qui, sous l'influence de la chaleur, se réveille, se remue, change de position et communique à son habitation momentanée un mouvement violent, qui force la coque à sauter. Comme vous le voyez
De loin c'est quelque chose ; et de près, ce n'est .... rien
OU bien peu de chose : une larve minuscule ! Cette larve habite sa cellule pendant huit mois ; puis» se creusant une sortie avec ses mandibules acérées, elle se transforme en nymphe» pour devenir» deux mois plus tard» un papillon assez grand» aux ailes gris cendré» classé dans le genre Carpocapsa par un entomologiste français, M. H. Lucas^ qui» à force de patience, a surpris le secret de Teuphorbiacée et reconnu Tintrose qm en fait saaber lea coques !
Dans les forêts tropicales» on rencontre souvent un sin* ^uiier végétal dont la tige» noueuse comme celle du bambou» a des feuilles vertes poussant directement sur Técorce. Les indigènes l'appellent la plante-lézard. Les blanches racines» très minces» jaillissent des nœuds qui attachent la plantelézard à Técorce de l'arbre sur lequel elle pousse.
Quand cette parasite a trois à quatre pieds de long» les sections inférieures tombent» et, s'attachant à n'importe quel objet propice» commencent une croissance indépendante. Mais un arbre se trouve-t-il à proximité de l'endroit, vite la plante-lézard abandonne sa place et se met en devoir de grimper sur l'arbre» s'attache à son tronc et vit de la vie de son hôte, jusqu'au jour où elle enverra, elle aussi, ses sections inférieures chercher une autre demeure et une existence de parasite.
Les Philippines sont à Tordre du jour. Pourquoi n'en parlerions-nous pas aussi, au point de vue botanique, s'entend, ne fut-ce que pour nous reposer un instant des scènes de sauvagerie et de carnage qui président à la lutte entre l'oncle Sam et ses jaunes révoltés ?
Un botaniste allemand a découvert, dans une des ties de ce remuant archipel, une fleur étrange à cinq pétales, qui mesure plus de dix pieds de circonférence. Le plus petit bouton est aussi gros qu'une tête d'enfant, et la tige a envi-
ion deux pouces d'épaisseur. Ce géant du règne v^étal, 49e les Filipinos appellent '^bolo", ne se trouve qu'à des altitudes élevées, 2Ç00 à 2800 pieds.
Un autre explorateur allemand, qui a parcouru les Andes équatoriales, nous rapporte l'histoire de l'arbre à matelas, histoire qui, dernièrement, faisait le tour de la ptesse.
Les Indiens de l'Equateur se servent, paraît-il, de récorce du Demataja, pour confectionner d'excellents matelas, voire même des couvertures. Cette écorce aurait Fépâisseur d'une grosse flanelle, et deviendrait si douce et si Hexible après certain traitement aussi spécial qu'indigène, ^u'on peut la rouler et la plier sans le moindre inconvenient.
Pour obtenir cette précieuse étoffe, nos sauvages font «ne double section autour de l'arbre, à cinq pieds environ d'intervalle ; puis ils détachent avec soin l'enveloppe ligneuse i Taide d'outils tranchants et. la plongent dans l'eau pendant plusieurs heures. Enfin, raclant la partie rugueuse extérieure, ils frappent sur l'écorce avec des marteaux pour lui donner de la souplesse.
Tels qu'ils sont, ces matelas économiques, très confortables, au dire de l'explorateur allemand, sont fort répandus dans la région des Andes, où il s'en fait un grand commerce.
Heureux Indiens ! L'élevage du mouton et des volailles se trouve là réduit à sa plus simple expres'^ion, et le **stiuggle for life," le terrible "stiuggle for life," ce hideux vampire de nos régions inclémentes, n'embrasse ni les matelas ni ks couvertures, chez ces excellents Indiens de l'Equateur t . .
* ^k it
Mais n'avons nous pas entendu dernièrement, nous aussi, parler de tissage de fibres de bois ? Eh oui ! La trans-
formation de la fibre de bois en un fort vêtement cÉt^ d'après la Revue industrielle^ réalisée pratiquement. On fait bouillir le bois, on le broie, les fibres sont séparées en lignes parallèles, séchées et tissées comme le coton ou la laine.
Et voilà 1 C'est simple^c'estpratique, et nous ne nous sur* prenons plus tant à -envier ces matelas économiques et ces couvertures de Demàiaja des Andes 1 Des habits en bois ! Où la science industrielle va se nicher 1
Le chêne et le caroubier font, paraît-il, de beaux vêtements, tandis que le bambou en produit un qui est élastique et solide à Texcès.
Ah ! le bon temps, n'est-il pas vrai ? qu&nd nos femmes gratifiées de solides toilettes en bambou, n'allongeront plus désespér.énient la note de la tailleuse, et quand nos mères de famille hiabilleront d'épinette ou d'érable leur innombnble postérité ! Ce sera l'âge d'or pour notre Canada^ qu ne manque pas de fibres de bois, et nous l'appelons de tons nos vœux ...
Henri Tielemans.
EXPOSITION DE CHRYSANTHEMES
La Reinie horticole des Boîiches-du^Rhbne^ du mois de septembre, annonçait une Exposition de Chrysanthème'^ qui devait se tenir, à Marseille, du 9 au 12 novembre. Dès les premiers jours du mois, nous avions nous-même l'une de ces plantes en fleurs. Les Chrysanthèmes fleurissent donc à peu près à la même date, dans tout notre héinîsphere boréal ? — Nous voyons, dans le Mayflower^ livraison de novembre, que dans la colonie du Cap, Afrique sud, les Chrysanthèmes sont en fleurs au milieu du mois d'avril.
Jonmaux et Revues
— Le Pionnier^ de Sherbrooke, entrait dernièrement dans sa 34e année. Nos félicitations à oe confrère, qui est renommé pour sa sagesse.
— Les Fleurs de la charité (Québec ; revue mensuelle ; 50 cts par an) ont commencé leur 4e année. Cet organe de Vœuvre intéressante du Patronage est habilement dirigé par M. Tabbé Nunesvais.
— VicKs Illt^trated Monthly Magazine (Rochester, M. Y» ; 50 cts par année). Cette belle revue d'horticulture, et spécialement de floriculture, paratt maintenant sous le format in-S**,
— University of Tennessee Index, Département of Agriculture, Revue mensuelle ; 25 cts par année. La livraison du mois d'août, que nous avons sous les yeux, décrit avec gravure» appropriées, l'enseignement agricole donné par l'Institution. (Knoxville, Tenn., U. S.)
— The Ottawa Naturalist est l'organe de l'Ottawa Field-Naturalists'Club. La livraison de novembre, parmi plusieurs articles de valeur, contient un compte rendu particulièrement intéressant de la 36e réunion annuelle, tenue au mois d'octobre, à London, de la Société entomologique d'Ontario. Cette association a des succursales à Toronto, à Montréal et à Québec. Le Rév. Dr Fyles, de Levis, en a été élu président pour Tannée suivante.
— Félicitations au Scùnt-Laurent^ heureusement parvenu à sa 5e année.
— Au Trifluvien^ qui vient de célébrer son 12e anniver. saire,nous faisons aussi nos compliments.Nous avons en haute estime ce journal, qui fait toujouis preuve d'un patriotisme sincère et d'un vrai dévouement aux intérêts de l'Église.
— Nos remerciements à M. A.-D. Selby, botaniste et chimiste de l'Ohio Agricultural Experiment Station, pour renvoi de plusieurs de ses mémoires sur des questions de botanique : Some diseases of wheat and oats, — Sources of the Ohio Flora, — Additional Host Plants of Plasmopara Cuhensis.
— Nous avons reçu les Rapports annuels» de 1893 à 1898, de r American Museum of Natural History, de New- York.
— Anales del Museo Nacional de Montevideo. Vol. II, fasc.i I. Etude sur les plantes utiles et les plantes nuisibles de rUruguay, par N.-B. Berro.
— Bulletin de la Société des Amis des Sciences naturelles de Rouen. Rouen, 1898. Fort volume, rempli de mémoires très intéressants sur diverses branches des sciences natu* relies.
— jjst Annual Catalogue of St, Viateur's College (Bourbonnais, 111., U. S.) 1898-99. Cet annuaire du grand collège catholique de T Illinois est très intéressant à parcourir.
— Annuaire du Collège Bourget, Rigaud, P. Q. 1898- 99. Belle et intéressante brochure de 78 pages.
— Le '*U. S. Geological Survey" nous envoie une grande carte, qu'il vient de publier, contenant la statistique des produits miniers des Etats-Unis de 1889 a 1898.
— Bulletin of the Geological Institution of the Univcrsi' ty of Upsala {Suéde). Vol .IV, part i, No 7.
— Bollettino del R. Orto botanico di Palermo. Anno II, fasc.3-4.
— Proceedings of the Indiana Academy of Science, 1^9^, Ce volume contient un grand nombre de précieux mémoires snr les diverses branches des sciences : mathématiques, physique, chimie, botanique, zoologie, géologie.
— Transactions of the Kansas Academy of Science ^18 ^yç8. Après beaucoup de travaux intéressant les sciences physiques, chimiques et naturelles, ce volume contient en appendice le sommaire détaillé de tous les bulletins et revues scientifiques reçues par T** Academy of Science" durant les années 1897 et 1898.
. — Hopnann^s Cathoitc Directory. October Number. (M. H. Wiltzîus & Co., Milwaukee, Wîs. — Quarterly. 75 cts per year.)
— Vie de sainte Apolline^ par l'abbé A.-P. Gaulier, de La Chapelle-Montligeon (Orne), France. Intéressante petite brochure, publiée en ex-voto de reconnaissance envers S. Apolline, "invoquée dans l'Eglise catholique pour la guérison du mal de dents."
— Proceedings cf the California Academy of Sciences.Third Series. Zoology. Deux mémoires sur des Odonates de l'Ouest américain, et sur le genre Sebastolobus,
( A suivre, )
Librairie J..B. Bailllère et His. 19, rue Hautefeuille, à Paris
FAUNE DE FRANCE, par A. Acloque. contenant la description de toutes les espèces indigènes disposées en tableaux anal^iques et illustrée de figures représentant les types caractéristiques des genres et des sous-genres, préface de Ed. Perrier, professeur au Museum.
Vient de paratUi :TÊàmmV^re^.\ vol in- 1 8 jësùs de 84 pages avec 209 figures 2 fr. 60
Il n'existe pas d'ouvrage d^ensemble sur la Zoologie de la France ; il faut, si l'on veut arriver à la détermination des animaux qui habitent notre pays, avoir recours à une foule de mémoires difficiles à se procurer. C'est pour réparer ime aussi regrettable lacune que M. Acloque a entreprisane /a««^ </<f/ra«« contenant la description de toutes les espèces indigènes. Il a employé la méthode dichotomique, seule disposition qui permît de condenser suffisamment les diagnoses des espèces. Dans les genres difficiles, il a complété les descriptions par des caractères confirmatifs permettant de vérifier si la détermination est exacte. La zone habitée parles différentes espèces est soigneusement indiquée. Enfin les figures, très nombreuses, ont été toutes dessinées par Tauteur, exprès pour cette Faune.
M. £d. Perrier, membre de l'Institut, professeur de zoologie au Muséum, a bien voulu présenter au public cette nouvelle Faune,
•* La Faune de M. Acloque, dit-il, comble et au-delà tous mes vœux. Bien souvent j'ai maugréé contre les auteurs de manuels qui ne se doutent pas que les jeunes naturalistes n'accordent aucune confiance aux livres qu'ils ne sup>pofient pas complets. Ils seront, comme moi, satisfaits.
- **Tous les débutants naturalistes, tous les instituteurs, tous les élèves de nos écoles normales et beaucoup de ceux de nos lycées accueilleront avec joie une publication que nous avons si longtemps appelée de nos vœux et qui est enfin réalisée. Sans aucun doute, en raison même de la science avec laquelle elle a été menée par un naturaliste amoureux de la science, 'te belle «euvre si honnête et si conciencieuse, est assurée d'un grand succès.'
La pubKcation de ce gros travail touche k sa fin. Le premier fascicule da <âeniier volume, consacré aux MammifèreSy vient de paraître et sera suivi à très bref délai d'un fascicule consacré aux Oiseaux.
Rappelons que les premiers volumes ont pour titre :
I. — ^CoLÉOPTÈRES. I vol. in- 18 de 466 p. avec 1052 fig- 8fr.
1:. — Orthoptères, Névroptères, Hyménoptères, Lépidoptères, HÉMIPTÈRES, Diptères, i vol. in-i8 de 516 p. avec 1235 fig io.fr.
m. — Myriapodes, Arachnides, Crustacés, Vers, Mollusques, Spongiaires, Protozoaires, i v.de 500 p. avec 1664 fig 10 fr.
^y Nous avons besoin, pour compléter notre coUection,de la livraison d' avril 1899 de la Revue canadienne jtt nous donnerions volontiers 50 cts pour nous en procurer un exemplaire.
^^LâBRàDOB et àNTICOSTI", par Tabbé Huard
Beau volume illustré, de 520 p. in-8o. En vente au bureau du Naturaliste €anadien, $1.50 \franco^ $1.60 ; E.-U. et U.P. $1.70. — A Vzrs&^au j>rix de 10 francSf chez A. Roger et F. Chernovix, Éditeurs, 7, rue des Grands- Augusdns.
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