‹ Le Naturaliste canadien (volume 5)Chapitre 17 sur 122 · CAPITA · texte numérisé non relu

CAPITA

Tous nos contrats d'assurance sont garantis par prèa da

$20,000,000 de sâretés.

Paterftoii A Mon» AgeiilM généraux, niontréal

Jos.-Kd. S^VARID Agent pour Chicoutimi et Lac Saint-Jean, Chicoutimi

COlPAfiNlii D'ASSUBA^K DTNGLKTKREK

CAPITAL : $10,000,000.— VERSEMENTS : $42,000,00f

^iurpliis dv l'actif »nr le passif:

Le plus considérable de toutes les Compagnies d'assurance conti* 1* fev

JOS.'±.D. i^AVARD

Agent pour Chicoutimi et Lac Saint-Jean

ÇHICOUllMI

LE

VOL. XXIV (VOL, IV DS LA oauxtSMtt bsaiK) No 6

Chicoutimir JuJa 1897

DirecteurPropriétùre : l'al/bé V.-A. HOARD

La question des *' baby crystals "

Québec, Mai 1897,

Je void piir U numéro da '* New York World " du 6 (lu ** courant^ soua Ten-tête : "Découverte étonnante du profes- " seur Von Schroen^Napleii — Cryataux enfantiiva (Buby crys- ** tftlaXcombdtîï entre eux — Nouvelle vérité qui vti révolution* " ner la philosophie et influencer toute science ! — Toute mu- " tièra e^t-elîe organique ï — ^Le Dr Ton Hoi>^t parle de pho- ** tographies qui font foi de la naissance et croinsance il os " pierres/* que le Dr Von Hoist/le rUnivcraité de Cliicagt>,eiit de retour de Naples avec la nouvelle toute aaidisaante que Von Schroen a découvert la vie dans les cryytaux*

Je puis ne p^is être de force k entamer une diacusaion à Vendroit de cette vitalité alléfruée, de ctitte prétiiution que les pierres sont d*orîgîne organique, et je suia encore loin d'y croire. Cependant le mode de formation de toute.^ subatances cryatalliuea peut être legardé comme uiieHorte de vitalité ; et il n'est pas besoin ie l'aide du microscope pour établir ce fait; car Toeil nu peut s* en convaincre dans la crystallisation du were d'érable et autre, loraque le sirop e^t assez bouilli pour la motiver, dans la formation du sucre d'orge (ainsi appelé en anglais : rock candy) autour d'un simple fil auquel les cry^taux puissent adhérer ; comme dans la formation de la glace à la surface de leau, où^ sous Tindueuce du froid ^ dos

82 tt NATtlHALISTE CAKADÏËÎÎ

crysinux-aipfinlle» s élancent flaiis toiitt^s les flin.=ctioiis à ]a surfacf, jusiju*à ce fju'ime couche, lanie ou pellicule iio f^lace Tuinee irahortl comme lîu papiur, ^i'éteiid sur la .surface de - IVau^ la couvre et «levient peu k peu plusi épaisyt», par latliJition qui s'y fait en Hotts-ceuvre Je cryytaux tuMîtionnelH.

On ne saurait mou phm dire que lu nei^e est de croissance organ itpie, quoiqu'tille st; couipase de crystaux qui se f^roupeut î^yrnétriquetiient autour iruti noyau ou eeutre commun, et cela eu tonnes ou fiffurt^fe hexiigonale^, riiexa^oiie étant, â part du carré, la seule fif^nre <jui puisse emplir un espace, couvrir une surface, ytum, coiiirne dans le dis de Tocto^ouc^ laisy* T un vidi.* er^tre les fi;:(uri.s juxtaposées. L'un en voit une preu%'e dans la eryn ta Miration des Imsaltes lorsque cetti; roche eruptive, sortant eu fusion des tju trail les de la terre, vient sti soliilifîer à ^a surface comme dans la " Chaussée des Géautn/' L'idjeill^, lu guêpe affectent aussi cette forme dans lii formation de leurs cellules ; Cîvr urm sitaîeuient li^ cercle, e^ffaleraent aila^tuhle au corps dt; rinsecte, tuL laisné des vides fuiiiikis et réduit (rautint l'esi^uLce pour le miel, mais cette figure eut rctpiis au lunins riO ]>«air ctMit dti ci ri' dj surcroît à coni['!U"ei à i'hexa^ojii: où chat pie pan ou cloi:iua de 1h cellule fait double devoir, eu fonuiuit t^u même temps lu paroi de la cellule avoiiïiioante.

Oui, rémission des cry^tuix sVLuiçaat d'un crystal -noyau jient être regardée eoimiie une sorte de vitalité, connue lorsque la cellule protoplasme douLc naissance à d'antrea cellules qui par ycission on ii-utrvtuent se pro|>ii|^ent. ne raniment autour de la celhde-mere. Comrjie encore parnd l<^s pi au tes le Ciictus *^ruMsit, ^rathlit, se dévt^k>p[*ij i-u ]ati(;aut de nouvelles feuilles, i|ui preu lient naissanc^j: non setiieuient t^ur la tige principale de ht [>hiutepm:tis s<irtent intlidereiument une ft^uille tie Tatitre: cvjunoe etiilii, dans le règne aniuinl, It^s polypes ae propa;:ifeijt eji !se seiddiLut ou eîi poussant autour d'eus des lïoutons (pli à luui" tfMU" en éni ttent i Tau très, ces i hinders de nouveaux f^ermeson honr^^eims, et ainsi de suite.

Mais il y a crltr (îifléiejice essentielle entre les deux procédés, que^ pendant que les cellulciS, lus gL-i-mes, le.-^ boutLins

Ik QUESTION DES '* UAHY ?UVSTAI*.S *' 83

croissent at gro.^sms(;iit I'li s'assiinilrint le^^ Tiiatieivs iiutritivefs qui leur HOnt propres, et (jii'ils tiivnt do la t-^rn'. iIjî rt*jin, d** rattnrjsphere cr* *jiii constitua la véiréUition, hi vie réolK*. îin pro(r<?fJt»or^«tiic]iio ; li*s cryjifcriux: au contiM-iro ue c re î^^s-^ m t fiu« |ïar a^Tegatian ou }>ar un pioc^^il^ \xmv ninwi (Wro nitemique ou pliyfti(jin\ <n\ traiitre?* crystaiix, flt^n crysfcaiLx !i:Mitioîtnfîlti, viennent s'y ajot:tor ^ous unu influence olr'^trtïjULi et par attraction de cohésion.

Mais pii^TiJant <jnc lc:n cry s taux do nt^iirn et K; [lierre se propai^uiit on pnrtuit d'an noyau c^^ntral, et cilii sy met ri< pigment et plus oa nioÎTis t'ijalt^nvunt tout autour, ut même en formes Hpli^^riijnes et ijt>'y*"''tlt itpie,^, il punTit plus ilil^lciltî de h' expliquer le procédé mm syitietrique dont Schroen dit avoir été témoin, et qui est en iinitntion frApp,inti3 \le la croissance des formes végétales et or;^niniques ; .si ce n'est qu'Ici encore on a la prcuvef do nari- vitalité, de non-arf:(aiu,sTae. ae^fc-à-dire que le pracédé, le pliéiiornène n'e^^t ni vital ni aucuuemant or^^anique, dans la formation, wouh riniluence ile la ^elée, sur le? vitrei* de nos fenètriis, de ces imitations oxquises tîe vie végétale ; feuilles de toutes espèces, Lrancln s, rameaux, fougères, etc.| que chacun a vus^ formés et en v(jie de formafcîori, lor^ïqne l'eau, la vapeur d'une atmosphere intérieure ou extérieure snrcliars:rée, satiirée d'humidité, vient s'y dis])Oi:ier,s'y condenser.

Et il y a encore la ditrérence entre cette erystallisatitm îmitutive lie la végétation, , et la vé^étîitïuu réelle et qui est d elle-inênie suffisante pour empêcher de cuîifundre li^s deux procédés, ou de chercher la vie ou elle n'existe aucuneuietit, quf ^pendant que la vie réelle ou or^riLnir[ue,véi^i^tiile ou animale, bubit rinfluence du soleil et se dresse invariablement vers cette source de toutf^ vitalité sur la terre, les formes végétales qui par crystal! it^ati on se déploient sur nos fenêtres^ le font inditierennnent en tous sens : du haut en bas comme latéralement, de bas en haut, et, en un mot, dan^i une direction quelconque, mais prenant naissance toujours le lotig d'un des petits bois séparant les vitres^ ou de l'encadrement du vitrage, d'où partent invariablement encore les cry staux- aiguilles

le Lft KAttTRAtTSfE CA?f ADIÊN

qui, S0U3 une influence plus que féerique et absolument inconnue, s'élancent à la suite les uns Jes autres,! es uns le long de ou autour des autres, pour former entin ces délicieuse créations que Ton connaît.

Mais ce qu'il y ev de pi up étrange dans ce que le microscope a révélé à Tceil étonné de Scliroen, et dont je seraia^ surtout curieux d'être témoin, ce sont ces Imtaillea dont il parle^ ces combats entre crystauîc surtout de souches différentes et où, dit-il, l'un tue Tautrô ou le détruit peut-êtrCi conformément & la théorie deDarwinoù le plue fort survit — Maie dans tout ceci, Je ne puis voir un procédé vital, ni aatre chose qu'une imitation plus ou moins parfaite de la vie organique, »ans y trouver la réalité.

Page 1