Epilogue du " fléau des chenilles au Saguenay
Au mois de juillet nous avons longuement parlé du nombre extraordinaire des chenilles du Clisiocampe d'Améinqae qui ravageaient à cette époque les forêts du Saguenay. Donnant quelques détails sur Thistoire naturelle de cette espèce de papillon, noua disions, entre autres choses : " Chaque femelle pond de deux à trois cents œufs. Elle les réunit en un anneau ovale autour d'un rameau d'arbre, et les recouvre d'unô espèce de gomme qui lerf protège. On pourra, dans quelque temps, voir de ces anneaux sur les petites branches d'arbres...."
Depuis ce temps, M. l'avocat L. Alain, de Chicoutîmi, nous a lait remettre deux rameaux de saule, portant chacun un anneau d'œufs de Clisiocampe. L'un de ces anneaux est devenu trop grand et "joue " librement le long du rameau auquel la dessiccation a fait perdre de son volume.
De son côté an autre de nos abonnés de Chicoutîmi, NL J.-B, Petit (de la maison commerciale Tessier & Petit), noua nymit dit r(iie les arbres dépouillée de leurs feuilles par les cliLitiilks, le té dernier, avaient complètement reverdi dans la yuitc, noua lui fîmes part du désir que noua avions de voir comment s'était opéré ce renouv^ellement da feuillage de ces arbres. Nous craignions, en effet, qu'il ne provînt du développement des bourgeons déjà formés à Taisselle des feuilles et destinies à ne s'ouvrir que Tannée prochaine : en ce cas, Pavenir de noaforêta aurait été au moins fort compromis.
M. Petit nous a donc envoyé un rameau de peuplier baumier dont le^j feuilles avaient été toutes dévorées par les che* ni lies et qui s'était enauite bien regarni de feuilles nouvelles, Xoua avons aussitôt constaté que nos craintes» n'étaient heureusement pas justifiées. Toutes les nouvelles feuilles sont sorties du bourgeon terminal de chaque ramiUe,qui n'a fait que continuer eon développement, activé probablement par la suruboudance des sucs nntriÈifs qui ne trouvaient plus leur utilisation. Soit aux cicatrices hitssées par les feuilles détruites par les chenilles, soit à Taisselle des nouvelles fetiilles, nous voyons des bourgeons bien formés qui assureront le feuillage de l'année prochaine, c'est-à-dire du pain pour lea cheoilles d'alors.
Ce rameau de peuplier est encore intéressant parce qu'il porte à la fois le cocon d'une chrysalide de Clisiocampej un anneau d'œufa de cette année, recouverts de leur gomme protfctri'^e, et même un anneau d*une année précédente dont les alvéoles sont presque toutes vides.
En teimiuant notre article du mois de juillet concernant le Oli^iocampa Aniericana, Harris, nous ajoutions ceci : les parasites qui ont coutume de les attaquer peuvent peut-être les faire mourir en bon nombre avant la ponte des œuf s/'D'autre part, nous avions dit que des quatre chenilles vivantes que Ton nous avait apportées, trois avaient passé à l'état de chrysalides, dont seulement deux avaient éclos. Or^ qu'estril advenu de la ti'oisiéme chrysalide ?
Cette troisième chrysalide a été précisément la proie d'un panisite* — Un jour, certain grand insecte, une " mouche " à quatre ailes, est venue percer la peau de la chenille et déposer un œuf dans la plaie. Pendant que la chenille a continué de se développer, de ce petit œuf est sorti un petit ver qui s'est développé aussi en se nourrissant des substances graisseuses de la chenille. Lorsque cette dernière fut passée à l'état de chry*