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Jos.-Ed. Si^V^RD Agent pour Chicoutimi et Lac Saint- Jean, Chicoutimi
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CAPITAL : 110,000,000.— VERSEMENTS : $42,000,000 Nuriilnti de l'actif mur I« paHStf :
L6 pluâ couaidrrnble de toute» tea CctDl[m^pil^H d'aacïPrftiicO contre le feu \>v'xia., ^OitleTT '.jS^boii'I; K^'^^^B*'!' XIA^xi'troaJ.
JOS.-En. SAVARD
Agent pour Chicoutimi et Lac Saint4ean
CHIOOUTIMJ
LE
VOIjl XXIV (VOL. IT DE LA DEUXIEME SERIE) No 10
Ghicoutimiï Octobre 1897
DirecteurPropriétaire : fal/bé V.-A. HUARD
Quelques insectes à combattre
L'Histoire iiatarelle,plii8 que toute autre^est une science d'observation. Pbovanchxr.
Un simple profane vient demander la permission de mettre le pied dans le sanctuaire des sciences naturelles qu'on appelle le NATURAXiiSTi, promettant bien de ne pas faire comme la lice de La Fontaine qui.une fois qu'elle eut un pied chez sa compagne, y mit les quatre et ne voulut plus en sortir.
Pour uia pirt, je ne demande qu'un court séjour afin de signaler à l'attention de mes compagnons de travail, les cultivateurs de l'est de la province de Québec, cinq insectes ennemis dont j'ai eu l'occasion de constater les ravages dans les champs et les jardins de cette région, pendant les deux années dernières.
Le premier de ces insectes est I'Anthomye du chou (Anthomyia Brœaicœ, Cahhage Fly ou Cabbage root maggot), diptère de la famille des Anthomyzides. Pour nous, cultivateurs, la présence de cet insecte se manifeste dans nos choux vers le 10 juillet Les jeunes plants qui en sont attaqués prennent une teinte d'un vert bleuâtre et leurs feuilles s'a-* mollissent. Si on les arrache, on trouve que des petites lar-* Tes blanchâtres, cylindriques, sans pattes, ont envahi les racines et y ont creusé des petits trous. Une fois qu'une plantation de choux est attaquée, les dommages se multiplient très vite, car, si l'on n'y apporte un prompt remède, ces larves se }9.-Qot^bre 1897,
146 m KATQiuxjffne oakadibn
changent en chrysalides dès qu'elles oot^ att^ii^t une loufpieur d'environ un quart de pouce, et devieaaeat mouches &u bout d'une quinaaine de jours. Celles-^i poi&detitAlèùr ^ tôur; et plusieurs générations de larves ou vers se succèdent jusqu'à novembre; Oomiûe^renièdè, on teèàcùmaUcié d'abord de ne jamais planter de choux '.deux fois de' suite sur le inème ^terrain, ni dans le terrain' avoisihàà'i 'ï^is^'ôxi'' âéfend d'employer, sur le terrain dé la plantation, du fumier vert qui, du reste, n'est pas du tout l'engrais qui convient, si l'on veut avoir une belle récolte, ^eci èSt coiJinië' "reiù^e préventif. Contre les larves elles-mêmes, une fois qu'elles ont attaqué les choux, monsieur le professeur Fletcher, d'Ottawa, recommande l'emploi de l'ellébore blanc comme suit. II explique d'abord' que lorsque, àù commencement de juillet, les feuilles de choux indiquent la présence des larves, il y a c.4éjà plusieurs jours que les choux sont attaqués^ puis il, dit camment il a procédé : " Vers le 1er de juillet, accompaj^né chin- ftide, je parcourus une pièce de.lSQO choux.. . Vun portait un .«eau contenant 3 gallons d'eau où étaient 4élay^ deux Quce9 d'ellébore bknc, et une seringue ordinaire de serre ; l'uutre, plaçant la main gauche, la paume en basi, ^ dçuK doigta d(^ chaque côté de la tige, découvrait la racine du chou, et« euÂuême temps, de la main droite, faisait pencher un pen H- tôte^ du chou, de sorte que la terre au pied fût bien e^posée.^ Le premier jetait alors avec la seringue environ une demi-tasse, du liquide autour des racines ; puis la terre était tti^m&e rapidement autour de la tige. Comme résultat de cc^.t^aiJbe.Qi^nt, il ne fut perdu qu'environ un pour cent. de. choux." Hademoiselle Ormerod, célèbre entomologiste d'Angleterre, recommande de son côté l'eau de chaux préparée en éteignant de ladiaux avec un peu d'eau d'abord, puis en igoutant un surplus d'eau, et en la laissant reposer en9uite pendant 24 heures, avant de l'employer. On en applique à peu près une. tasse à thé par plant. Ce moyen m'a parfaitement réussi. , On doit, eu outre, brûler toutes les plantes infestées qu'on e*»,t forcé d'enlever du terrain. Les mêmes ravages sont exercés, sur les choux par YAnthomye des rOfCinea ^{ATUhomyia radi*
QUILQUIS IFSBCTES A COMBlTIM 147
€ti77i. Root Fly) et VAnthomye des raves^ {Antkomyia JIotuli^. Radish Fly), et les mêmes remèdea leur aont applicables. Il ne fatit pas confondre les ravages de l'Anthoi nye du chou avec ceux du Tubercule de la racine du chou qui est un charn* pignon, Pla£8nu)diophota Brassicœ ou Olub-root, et (ju'on appelle eommùûéiDettt la patÀté du chou.
Le second des infectes que j'ai à mentionner est la Bruche DIS ¥OiQ{BrHchus piêi, Pea Weevil ou Beetle), ooléoptère de la fatuillè dés Curcalionides. La bruche est plus souvent appelée' {hinaise de pois par nos cultivateurs dont bien peu la coniialssèttt sôiis sdn vrai nom. t^et insecte pond ses œufs sur la petite côsse de poîé aU moment où la fleur fanée tombe. Je laissé encore- ici la parole à monsieur Fletcher qui décrit ainsi le travail de là làtvé^; ^Dès que la larve est éclose, elle pénètre en longeant dans la cosse, puis dans le grain de pois le plus
rapprôbli'é ; le trbii 4 tràveis la cosse do bouche bientôt
La hitve, ' ([ixi est un petit ver jaiine, atteint bientôt toute sa {[rosdeûr et se change, éh automne, en insecte parfiEtié à l'intérieur du grain. ^* Un certain nombre de bruches sortent des poisl^'t^automnëi/d^autrèt pendant i^hiver, et^ enfin, un grand nomore restent ctans les pois jusqu'après Te nsemencèment, au printemps siïiviànt.' Les pois qui ont été habités par la brucne * "germent, pour un certain nombre, malgré tout, mais ne font que des plantes faibles et d'un pauvre rapport. Il faut donc toùîours éviter d^ se servir de ces pois infestes pour la semence, même ai l'on est sûr que la bruche en est sortie. On a prétendu que les pois q^i contiennent des bruches pout^ facilement triés du reste de la sapience, si |'o|i nç^et t^^mper lés pofs dansi'eau^.ppce ^uq, dans ce^^s^ les, peis i^festé3 flottent sur . l'eau et 8''^snÛvent fàcilemenjkf Plusieurs essais qu^ j'ai, faits m'ont jjroifvé queJ)ien des pois opntenftut des brijches pe surnagent pas. ,j Je n'ai pas mjieuz réu3si, en ]aissai;it, comme on le conseille, les pois à Ift, chaleur pendftnt Thiyer. Beaucoup de bruches Bont restées dans les pois malgré la douce température à laquelle elles ont été exposées l;out I'Uiver. Les marchands ea gro» de semence de oois détruisent la bruche au
148 LE NATURALIBTE OâNADIES
moyen de bisulfure de carboDe, mais ce remMe n'est paed'applicatioQ facile, chez le cultivateur. Un moyen qui m'a bien réusai est de mettra dans une jarre à lar^e ouverture, en verre ou autre substance, de 1* essence de térébenthine, de recouvrir cette jarre d'une toile métallique à raaiilea assez serrées pour empêcher les pois de pas^ner à travers» bien attachée sur la jarre, et de mettre cette dernière, de la cooteaance d une chopiue à peu près, au fond du quart ou baril dana lequel on met les pois de aenience. — Il est bon, dans ce cas, de les tenir dans un local temper^. — Lea émanations de térébonthine font périr les bruchea. Uu autre moyen encore plus sûr est de ne se servir que de grains de semence de deux ans. Alors on est certain que pag une bruche a eat restée dans les pois qui sont aussi bons que ceux d'un an quant à la force de germination.
J'en viens maintenant au troisième insecte que je veux dénoncer. 11 a' agit de la Cantharide noire ou Epicaute de p£NSYLVASiE {Epicaiita FennsylvanicayBldck Blister BeetU^ coléoptèrc de de la famille des Cantharîdées, Au contraire dos deux insectes précédents, c'est Vinaecte parfait qui cause du dommage, dans ce cas-ci, en s attaquant aux feuilles de la pomme de terre qu'on appelle plus volontiers, quoique incorrectement, patate, par chez nous. La cantharide noire apparaît tout à coup, par milliers, sous forme d'un insecte à teinte d'un noir bleuâtre qui, daqs le temps de rien, dépouille les ti^ ges de patates de leurs feuilles. Heureusement que, s'il va vite en besogne, il ne travaille pas longtemps. Il est rare qu'il can.se un dommage trèâ considérable. Il arrive cependant que, ai les tiges ont été dépouillées de leurs feuilles à la veille d'une aécherease prolongée, elles ne peuvent en reprendre de nouvelles, et alors le rendement en tubercules est fort diminué. Du moment qu'on s'aperçoit de l'arrivée de la cantharide, une application de vert de Paria dans la proportion de 1 livre de vert mêlée à 50 livres de plâtre, ou de 1 livre de vert mise dans 100 gallons d'eau, suffit pour l'empêcher de caiwer du dommage. L'important est d'agir vite, car j'ai va un rang de patates attaqué le matin par la cantharide dé-
QCILQUES INSECTES A COMBATTRE
pou il lé complètement de ses f euillea vers quatre heurea de Tapràe*midi.
Le quatrième insecte dont j'ai à parler ne non% attaque pas dans noa récoltes, mat^i menace le^ arbres forestiers et.plua particulièremetit, les arbres d'ornement que nous avons au* tour de nos habitations. Je .reux parler de la MOUCUE a scie ou LoPHYHE DU SAPfK {Lophyrun Abietis, Sprace Saw-Fly), hyménoptère de la famille des Tenthrë dinides. Depuis deux ans, je vois apparaître les larves de Lophyre sur le pin des rochers {Pinus Banksiana) que nous appelons communément mais improprement cyprès. Ce sont des larves de 324 de pouce à 1 pouce de longueur, qui vivent en société, et qu'on trouve, eonséquemment, réunies par groupes quelquefois très considérables, sur les rameaux, Ces larves se changent généralement en chrysalides sous l'arbre même dont elles ont détruit les feuilles, et le meilleur moyen de prévenir une nouvelle invasion Tannée suivante, est de ramasvser, à l'automne, les débris d'herbe et de feuilles sèches qu'il y a au pied des arbres et de les brûler, puis de bouleverser la surface du sol, afin de faire périr les cocons qui y seraient restés. Quant aux chenilles elles-mêmes, on les détruit en les écrasant avec la main munie d'une mitaine en cuir ; ou, si Ton ne veut pas se livrer à cet écrasement qui est un peu dégoûtant, on les détruit en projetant sur les groupes de l'eau bouillante, au moyen d'un arrosoir ordinaire. Il est très important de procéder immédiatement à la destruction de ces insectes encore peu nombreux dans notre région, car, si on les laisse se pro- • pager, ils produiront les ravages qu'ils ont produits dans rOuest, où des milliers d'arbres ont péri sous leurs atteintes. U ne me reste plus qu'à mentionner un autre insecte qui, lui aussi, s'attaque à nos arbres. C'est une Tordeuse (Tortrix. .,t Spruce ou Pine bud nioth), lépidoptère de la famille des Tortricides. Est-ce la tordeuse du pin, de l'épinette ou du genévrier ? Je n'ai pu arriver encore à sa complète identification, bien que je l'observe depuis deux ans, en quantités très considérables dur un brise- vent d'épinettes que j'aiprès de mon verger. Les larves se développent sous la petite pel-
150 LE HàTURALISTE CâNABÎBN
licule qui recouvre les bourgeons tôrmitiaus, au moment où Cêux-ci s'ouvrent, au printemps. Elles ont alor^ un quart de pouce de longueur, environ, et se nourrissent en mangeant les jounos feuUlea le long des bour^^eons nouveaux. J'ai constaté, cette année, toute une invasion de ces larves sur les épinettefi de nos forêts, dans notre district. J'ai raison de croire que, îïUr nos arbres d*ornement, une application de vert dft Paria projetée avec une pompe à bec pulvérisateur, dans la proportion de 1 livre dans 100 gallons d'eau devrait nous débarrasser de ces larves.
11 me semble qu'on ne doit rien négliger pour combattre cea deux ennemis de nos arbres, après avoir été témoin du ravage causé, il y a quelques années, à nos forêts de mÂlèee, ou d'épmetta rouge comme on l'appelle, par la némate d*ErichsoD, qui en a fait périr des milliers.
Je n*ai plue, maintenant, qu'à remercier bien cordialement le sympathique propriétaire du si vaillant et utile NA- TURALISTE de r hospitalité qu'il a bien voulu me donner dans ses colounes, hospitalité dont j'ai peut-être un peu abusé, malgré la promesse faite en commen^^nt.
J.-C. Chapais.
RÉD.^-^Nous remercions chaleureusement M* Chapaifl, aa-
sis tant- commissaire de l'Industrie laitière, de l'article intéressant et rempli d'utiles conseils qu il a bien voulu écrire pour notre revue. Fidèle abonné du Natu/raliMe depuis bientôt un q[nart de siècle, il nous permettra» espérons -nous, de le compter au nombre de sts collaborateurs. , , . pendant au moins tout le prochain quart de siècle.
La vitalité des graines
Il peut arriver que Ton désire se procurer une plante que l'on a déjà rencontrée quelque part, et qu'on ne la retrouve pas à l'endroit déterminé où elle vivait. D après un écrivain du Qo^rdrnvm^e Chronicle, il faut recueillir de la terre du lieu
EÉSISTAXCS D£S VEE3 £T DES INSEOTZS ^ ^ 161
Resistance des vers et des insectes dans les grands froids
(Noa3 tra<liiÎ3ona du Scient lâc Ammcan (23 octobre 189T) Text rai t suivant d'un article de M. James Weir, jr, M. D,, où l'oD verra que le Criateur a doué certaines espèces ani-
(1) Trai^ éiémcrUaire de botaniqite (1ère édition), p. 66,
même où Ton a observé la plante qa^ Ton déaire, et la mettre daoa dea conditions favorables k la germination des graines qu'elle pout contenir. L'on aurait alors bien des ehancea dé voir fle développer Vespèce végétale qne Ton recherche. Certain botaniste se serait procuré de la sorte, dernièrement, une fougère " qu'il savait, dit la Revue scientijique (citée par le Cosmos du 9 oct. 1897), avoir existé dans une certaine localité : il a pris de la terre, il l'a répartie dans des germinateore, et bientôt il a vn apparaître une abondance de jeunes fougères. Les spores avaient conservé toute leur vitalité."
Beaucoup de graines, enfouies dans le sol, conservent ainsi une vie latente, et germent parfaitement quand des circonstances favorables se présentent On n'explique pas autrement Tabondante flore d espèces diver^^es qui se développe, lorsqu'une partie de forfit a ét^ coupée ou incendiée. '
L'abbé Provancher a citi^ (1) deux cas remarquables de la totalité des graines. Le premier est celui (rapporté par le botaniste Lindley) de graines de framboisier qu* '* trouvées i
dans la cavité ventrale d'un squelette hu::^ain, près de Dor- I
Chester, en Angleterre, ont pu germer après plus de seize &iè* clés de léthargie, puisque le même tombeau renfermait des |
médailles do l'empereur romain Adrien/* Dans le second exemple, il lâ'agit de noyaux trouvés dans une couche de sab!e , qu'on rencontra à plus de vingt pie Is sous terre, duns le Mai- ' ne, E,-U. : ces noyaux germèrent et produisirent des pruniers ; maritimes. ,
112 LS ïlàTUEÂLISTB CàîTàDIËK
males d'un extraordinaire pouvoir de réj^iatance ûontre le
froid.)
Le ver de terre commun (L. terrestris) peut geler raide sans éprouver le moindre dommage. Je retirai pluaieura de ces vera d'un '* vermicularium " et les plaçai daaa une jarre contenant de la terre. J'eua soin de procéder de bonne heure en automne, afin que mes sujets eussent le temps de a'kabituer à leur habitat avant Tarrivée de Thiver. De temps à autre je répandis sur la surface de cette terre des matières végétales en dëcompoaitîon, feuilles, bois pourri, etc. ; en outre je fis sur le tout quelques arrosages. Les vers eurent done là en abondance de la nourriture et deui'eau. La jarre fut mise en plein air, recouverte seulement d'une planche pour la protéger contre la neige et la pluie. Elle subit de la sorte tout le froid d'un hiver rigoureux. Une fois, durant dix ou douze heureâ, le thermomètre se maintint à — 10 ^ P*t au milieu de la jarre. Dèa le retour de la douce température du printemps, les vers se mirent a circuler , quelques-uns même déposant leurs œufs : cela montrait bien qu'une température de plusieurs degrés au dessous du point de la gelée ne leur avait pas fait dommage. — En une autre expérience, plusieurs vem furent retiré.^ d*un " vermicularium" et enveloppés d'une couche de terre humide d'un pouce d'épaisseur ; puis on les laissa, dix heures durant, soumis à une température de — 10^ F. Quand on les examina ensuite, ils étaient presque raid es ; plusieurs même Tétaient tout à fait, se cassant lorsqu'on essayait de les plier Eh bien, ces vers — non pas sans doute ceux que Von avait cassés, — tu dégelant graduellement, ne parurent pas avoir été autrement aflfectéa.
L'automne dernier, je vis un bourdon qui prenait ses quartiers d'hiver sous i'écorce d'un saroubier. Le fragment d'écorce sous lequel il s'était glissé était peu soulevé, de sorte qu'il se trouvait jusqu'à un certain point retenu en place par 1 élasticité même de cette écorce. Sauf les épaules et une partie de l'arriëre-train, l'insecte était exposé à Tair de tous les côtés ; le morceau d'écorce formait un véritable toit qui le mettait à couvert de la neige et de la pluie. Certain jour dç
BlCnFiCATlON D*UNE " ERREUR D^OUTRS-ME " 15S
froid, lorsque le thermomètre marquait — 6 ^ F., je soulevai récorce et je retirai Tiusecte de aa cachette, en le prenaDt avec des pincen. Car je n'aurais? pas voulu le toucher ave* mee doigte, dane la crainte que leur chaleur ne produisit dei chuLDgements de température à certains endroits du carpi à% l'insecte, ce qui aurait pu lui causer des engelures. De faîi, Buiraiit les apparences, le bourdon était f^elé de part en pari. Voici*donc, me disais-je, cet insecte, qui n'est -recouvert que de son enveloppe veloutée, dans cet atmosphère dojt la ieni'* pérature est d'une demi-douzaînc de degrés en dessous de aéro. L'arbre même où il rep<jsait éclatait et se fendait sons la violence du froid. Vivait-il encore, ou n'avais-je au bout àt mes pinces qu'une masse inanimée et gelée d'ailes diaphanes, de pattes, de corps, d'intestins, etc. ? Je n'eus la réponse à cette question que bien plus tard, c'est-à-dire le quatre d'avril, jour où l'insecte s'éveilla de son long; somnïeil de l'hiver et reprit sa place dans l'économie de la nature animée. Je me trouvai dans le voisinage lorsque ce bourdon revint à la connaissance et sortit sur la surface de l'arbre. Il commença par lisser soigneusement sa robe de velours noir et jaune, et s'envola à une petite distance. Puis il vint se po^er sur le bord d'an vase rempli d'eau et but longuement Enfin il s'en alla BUT la pelouse, ayant l'air de chercher quelque chose. El c'est aussi ce qui avait lieu. Il cherchait à découvrir un en* droit propice à l'établissement d'un nid. Il finit par fixer son choix dans les environs d'un massif de rosiers, et disparut dans le gazon.
Rectification d'une '' erreur d'outre-mer *
DaDB notre liTraison du mois d'août dernier, none avons relevé, sous 1« litre Errtwe éP outre-mer ^ quelques fausses affirmations concernant le Canada, ^e nous avions trouvées dans certaines publications de France. Entre autret «rretiçv, no«s avons reproohé-^non sans quelque vivacité —i^ M, P. OombeSi
20— Octobre 1897.
154 ' LK NATURALISTE CANADIËlî .
naturalîâte de Parie, d'rvoir ** refusé " 1# cadr^fThuj/a ^xcidenialiSf Lé) à 1a pro vine» de Qutibeo-
NouB venons de r»ceroir à ce sujet une lettre d« M. Cooibes, qae noua ftlIoQS^ aveu le plus gratid plaiâïr, vommuttî^^aer à nos lecteurs. Noud ^ommta li&ureuE que le raUid delà pr^^ente livra^flon noua permette de publier tout de tallith 1a recti ucoilion dem^ndc^t;,
NoB eonfrèras de la JVr;^, du Courrifr du Canada^ de VÉi^Tieminf, de Qutbtc (et pent'ttre ^uhbi de la Sftti^^r'r^ de Montréal : noua qq noua l'sppc Kni^ plue bî<^u}, q^aî oat [eproduii. notre si tide du molsi d'août, v'oudront*m «,iifiai faire connaître à leiir psibHc la louable rectification de M. Coaalï£3 ?
C'eat le pt^jir^ier caa, k notT% coniifiLiâ^iincâ, d'un auteur tur*p^ en qui tîtnt compte fîes observations ^r lesqueUes, m^^ieis fréquemment, notre presse ai gnal* les ÏTieiactitudes que Von publia tiop souvent en Fi'aoce sur Im choseï d' Anii^i Iqae.
Paris, le 27 octobre lS97i
MoDëieur Tabbé,
La rédaction du OoBmo3 me communique le No d'août 1897 du Nattirallste canadien, dans lequel, entre autres " erreurs tl'outre-mer/" eyt si^nai^e celle que j'ai commise en dooiiant le 45e parallèle oomme limite septeutrionale de Taird d'habitat du Thuya d'occident.
L'erreur viatérielie eat évidente. Mais VénovTïiitd ménie de cette errei*r aurait dd donner à aoupçoorier à votre collaborateur qu'il y avait peut-être là une ai rap le faute de traascrîption.
Et tel ei^t, en effet, le cas. Que celui à qui pareille mésaventure n* en t jamais arrivé© me jette ia première pierre :'
C'est j^à*^ parallèle qu'il faut lire; et ce renseignement^ je Tai puisé, à Québi^c même, sur une carte forei^tiere du ministèrti, où il voua sera aisé de le /éritier.
J'ai parcouru le Canada, depuis Toronto et Ottawa juaqaa Rimouski et aux Scpt*llea,~?ans compter Anticostij — et j'y ai vu parto^it le Thuya d'occident J'avais d'ailleurs, au préalable, étudié la dore de ce paySj dans Michaux et dans la Flore canadienne de Tabbé Provanchtir, et je savaia fort bien que le Thuya d'occident esit indigene dans les provinces de Mutiitoba, d'Ontario, de Québec, du Nouvean-Brunswick, et dans la partie ouest de Tile du Prince* Edouard. J'étai^i doue fort loin de soupçonner Terreur colcrasaïe dont me rendait res^ pensable mon article, et c'eat le Maturaliste canadien qui nie Vîi fait apercevoir, — cruellement l Je ne l'en remercie pas iiioia^, puisqu'il ma permis de la réparer.
J*uae et^pérer, uionyieiir Tabbé, que vous voudrez biea faire part de cette rectification à vos lecteurs, et m'en aviser